‹ Les convicts en Australie (volume 2)Chapitre 106 sur 112 · LES ÉMIGRÉS FRANÇAIS DANS LA LOUISUNE · texte numérisé non relu

LES ÉMIGRÉS FRANÇAIS DANS LA LOUISUNE

moins restreinte, ne saurait se faire une idée des isensations du nouvel arrivant qui se trouve pour la /première fois en présence de ces forêts et de ces plaines sans fin ; il éprouve, surtout s*il est seul ou en compagnie peu nombreuse , une sorte de vertige, une sensation semblable à celle de Thomme qui lutte contre les vagues de l'océan. Cependant , tant que nous n'eûmes que les prairies à traverser, nous nous tir&mes assez bien d'affaire, quoique nous enfonçassions quelquefois jusqu'à mi-corps dans le sol humide et marécageux ; mais quand nous arrivâmes aux terribles forêts de cyprès , peuplées de milliers d'alligators, de tortues, de hérons et de hiboux, où l'on ne trouve que de loin en loin, pour poser le pied, un tronc d'arbre à moitié pourri, et où un faux pas peut vous précipiter dans une vase noirâtre d'une vingtaine de pieds d'épaissem-, nous commençâmes à perdre courage. Nous essayâmes de nous frayer im passage dans une autre direction, à travers les bois de chênes verts ; mais là, des épines d'une longueur et d'une force prodigieuses eurent mis en moins d'une heure tous nos vêtements en lambeaux. Nous donnâmes à tous les diables le pays et notre concession , et regagnâmes notre habitation de fort mauvaise humeur.

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