I. Un voyage sur la rivière Rouge
Ce fut par une belle et chaude matinée de juin que je m'embarquai » avec mon fidèle Baptiste, sur le bateau à vapeur de la rivière Rouge. Le soleil, resplendissant au milieu de l'azur foncé du finnament, dardait ses feux avec une force inaccoutumée : on ne sentait pas un souffle d'air; mais les grandes eaux du Mississipi semblaient exhaler une fraîcheur agréable.- Je fis, de la main, un dernier signe d'adieu à LassaUe et à sa femme , qui m'avaient accompagné jusqu'au lieu d'embarquement, puis je descendis dans le salon. |
J'étais d'assez mauvaise humeur. Pourquoi le nier ? Je venais de subir à New-York un petit échec matrimonial, et le tableau de bonheur domestique que m'avait offert pendant deux mois la maison de LassaUe , n'avait pas contril)ué à me réconcilier au célibat; c'était donc avec un médiocre plaisir que je songeais à mon retour sur mon habitation solitaire, où je n'allais trouver que des esclaves,