‹ Les convicts en Australie (volume 2)Chapitre 40 sur 112 · CHAPITRE IV. 9i · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. 9i

ne prêtent pas facilement les mains à la fuite d'un prisonnier, et il faut que le fugitif parvienne à se soustraire à leurs regards pendant une traversée nécessairement fort longue. Aussi la plupart de ces évadés sont repris, soit durant le cours du voyage, soit au moment même d'arriver an port.

Cunningham rapporte un événement de ce genre : Le Dromadaire^ parti de Sidney, arrivait à Londres, quand , à peu de distance du port, un soldat, regardant par l'écoulille, aperçut sous le pont un Individu dont la figure lui était inconnue. Cet homme, se voyant découvert, et pressé par une soif irrésistible, demanda un verre d'eau. Tout étourdi de cette apparition, le soldat alla trouver le capitaine et lui raconta ce qu'il avait vu. On se moqua de lui et de son fantôme ; mais l'accent de vérité avec lequel il répéta sa déclaration détermina le capitaine à faire des recherches , et bientôt l'on tira par les pieds, d'entre les barriques où il était caché , un homme à la physionomie lamentable et au teint verdâtre. Questionné sur la ina^ nière dont il avait vécu, il répondit :

« Nous avons beaucoup souffert du manque d'eau, mais nous avons eu des vivres en abondance. •

Cette manière de s'exprimer au pluriel parut suspecte au capitaine, qui interrogea le fugitif. Celui-ci se troubla ; il balbutia et ne put faire une

r^Qse satisMsante. Les recherches continuèrent, et l'on découvrit un autre évadé égs^lenient caché dans la cale. La distraction du premier de ces deux honunes vint de ce qu'il avait bu tout le contenu d'un tonneau de rhum; elle rhum fut cause qu'il débarqua sur la terre d'Angleterre bien moins librement qu'il ne l'avait espéré.

Les con^cts réputés incorrigibles sont conduits dans un établissement particulier, où ils

portent continuellement des chaînes, et dont le régime est d'une extrême sévérité. Ils préfèrent généralement la mort aux horreurs de ce séjour. Un jockey, qui était devenu coupeur de bourses, et ensuite voleur dans les courses d'Angleterre, écrivait à son maître la lettre suivante, après avoir mérité d'être relégué dans un de ces établissements : « n m'est impossible de peindre la misérable condition à laquelle je suis réduit, et tous les maux que j'ai endurés depuis que j'ai été enfermé ici. Vous ne pouvez vous imaginer quel regret j'éprouve de vous avoir mis dans la nécessité de me faire infliger une punition si terrible. Vous n'en douteriez pas si je pouvais vous faire connaître l'eiacès de mes souffrances; votre cœur serait émn de la plus vive compassion : si le repentir que je vous exprime bien imparfaitement pouvait vous déterminer à me tirer de l'aflfreuse position où je me trouve, je serais trop heureux de vous consa-

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