CHAPITRE VllI
cjeux. Des peccadilles du même genre, renouvelées ' à Sidney , lui donnèrent une place dans la chaîne des condamnés , où il retrouva Bob Ânderson , son ancien compagnon.
« Ces deux hommes me parurent les plus propres à favoriser l'évasion que je méditais : Tun était (loué d'une -vigueur physique extraordinaire ; l'autre joignait à un grand fonds de cruauté la perspicacité et la finesse. Je comptais diriger ces deux forces remarquables et en faire les instruments de ma délivrance.
« Nous étions l'objet de la surveillance la plus ril^oureuse ; le moindre geste , le signe le plus myslérieiix étaient interprétés par nos gardiens. Cependant leur contrôle était moins efficace aux heures des repas. Tout en broyant le mauvais pain mêlé de sable qui faisait notre seul aliment, je ti*ouvai moyen de communiquer mon projet à mes deux compagnons.
« Je possédais un pistolet d'arçon et quelques munitions soigneusement cachés. Cette arme devait être le principal instrument de notre fuite. Comment l'employer? Tuer un de nos gardiens, ce n'eût été qu'une vengeance ; les autres n'en auraient montré que plus d'acharnement à nous poursuivre. Le principal était de jeter la confusion dans notre camp , et d'en profiter pour nous évader. Dirck se chargea d'aller placer le pistolet sur
i9l LES CONVICTS EM AUSTRAUE.
un arbre à peu de distance et de l'y assuj^tir fortement. Une ficdle était attachée au chi^i, de manière à faire jou^ la détente, et j'ea tenais le
bout à la main.
« Nous avions choisi , pour c^le opération « une nuit obscure et le premier sommeO de nos c(hih pagnons. Dirck m*ayertit que tout était prêt ; aussitôt je tirai la corde, le pistolet partit arec grand bruit, mais sans blesser personne. I^ détonation mit tout le monde en mouyemaot. (Test ce que nous avions prévu. Gardiens et condamnés se portèrent du côté où Texplosion s'était fait entendre.
« Nous profitâmes de l'étonnement et de Tagitation pour nous glisser, Dirck et moi , en rampant dans les herbes, jusqu'au bord d'un ravin peu éloigné. Il était fort escarpé; mais la végétation naine qui en couvrait les parois devait faciliter notre descente. Nous commençâmes ce mouvement difficile. Parvenus à une petite plate-fcurme , nous nous arrêtâmes pour respirer un peu et limer nos fers.
^ Bob Anderson, au Ueu d'imiter la prudence de notre retraite, s'était enM à toutes jambes avet si peu de précaution , que le bruit seul de ses 1ers aurait suffi pour attirer l'attention des gardiens de son côté. En efiTet , plusieurs coups de fusils furent tirés sur le fuyard. Ces balles passèrent en stfOant