CHAPITRE YIII
«t Le sort en était jeté, Bob sauta dans la salle. Il f était à peine que nous entendîmes presque simul* lanément un coup sourd et un grand cri ; le coup fivait retenti comme celui que produit la massue dont on se sert pour assonmier un bœuf. Il fut suivi d'une lutte courte et d'un second bruit pareil au premier. H parait que l'habitant de la maison , voyant l'inutilité de sa carabine, avait saisi un maillet qu'il avait sous la main; puis, réunissant toute sa force, il avait frappé le pauvre Bob au milieu du front. Celui-ci était tombé en poussant un cri, mais il s'était relevé aussitôt sur ses genoux; avant qu'il eût repris la pleine possession de ses sens, son adversaire déchargea sur sa tête un second coup de maillet qui l'étendit roide mort.
«« Nous n'attendîmes pas ce dénoûment. Voyant notre tentative manquée et l'éveil donné à toute la ville, nous prîmes la fuite, laissant pour la seconde fois le malheureux Bob dans un embarras' dont il n'y avait plus d'espoir de le tirer. La taverne nous semt encore de refuge ; mais l'hôte nous accueiUit fort mal, nous appela maladroits et jura qu'il ne ferait rien pour nous soustraire aux recherches de la police. J'eus beaucoup de peine à l'apaiser en lui promettant une prochaine revanche; mais je n'ai pas eu le temps de la prendre.
<t Le surlendemain, nous étions assis avec Dirck dans une des salles intérieures de l'établissement;
on V dansait, et le bruit des violons ccoiTrait la voL\ de Dirck , qui me développait le plan d'une nouvelle expédition dont le succès lui paraissait in&i<- Uble. Trois individus entrèrent et se mijnent à une table. Ils demandèrent du grog; mais, pendant qu'on le préparait, deux d'entre eux, s'avançant tout à coup de notre côté, exhibèrent leurs bâtons de constables et nous sonmièrent de les suivre, au nom de la reine. Une lutte s'engagea entre nous, et le troisième personnage, qui était l'habitant de la mais<Hi attaquée par nous l'avant-veiBe, vint prMer main* forte aux constables. Mais les habitués de la taverne, familiarisés avec de tels incidents, savaient ce qu'il y avait à faire en pareille circonstaiKe. Les lumières fiu'ent éteintes, et plus de vingt personnes se jetèrent à la fois sur les constables. Il s'ensuivit une terrible scène de confusion et de viol^Eice. Toutefois, pris à Timproviste , nous étions sans armes, tandis que les coifôtables étaient bien pourvus de moyens de défense. Le malheureux: Dirck en fit le premier l'expérience : il avait pris un agent de police à la cravate et il faillit l'étrangler. Ce dernier, à demi-suffoqué , tira un pistolet de sa poche et fit feu. Les doigts qui lui serraient la gorge se détendirent , et Dirck tomlm blessé sur le carreau. Cette catastrophe inspira aux aubr^ des eraintes sérieuses. Us reculèrent; des lumières reparurent dans la salle, et nous restâmes, Dirck et