CHAPITRE VIII. 2n
Tdoi, comme gages de triomphe, entre les mains ::3cs agents. »
Tel fut le récit du bnshranger, doizt les interrogatoires remplirent pendant pli^eurs jours les co- L ormes réservées, dans les journaux de la colonie, hJL la chronique judiciaire. J'en ai fait la lecture avec vui pénible intérêt, excité par le souvenir des rapj>orts passagers que j'avais eus avec 1^ deux corn* Y>lices de Michel Howe. A la suite de ces aveux , I>irck et lui furent condamnés à. mort. Le premier subit sa peine; mais Vautre profila pour s'évader d'un sursis qu'il avait demandé soi-disant pour faire de nouvelles révélations. Il fiit aidé puissamment dans l'exécution de son projet de fuite par sa concubine australienne, avec laquelle il avait trouvé moyen de correspondre.
Quelques années après sa fuite , j'ai appris sa fin en lisant un article fort intéressant signé J. Toimer. Je ne résiste pas au désir de citer le passage vraiment curieux . que l'écrivain a consacré à dércrire les derniers exploits de Michel Howe :
« Ce redoutable scélérat finit par être le chef d'une troupe considérable de ces bandits qui , évadés des diverses colonies pénales, parcourent les régions vastes et sauvages où ils espèrent l'impunité. L'indomptable nature et le courage féroce de Michel Howe lui assuraient la possession de cette indépendance sanglante qu'il avait usurpée. Tou-
tïB LES CONVICTS EN AUSTRALIE.
jours suivi de la femme aborigène qu'il avait achetée pour une pipe, et qui semblait lui rendre l'attachement profond qu'il avait pour elle , il construisit dans les épaisseurs d'une forêt , au sud de la Nouvelle -Hollande , une hutte où il se retirait avec elle, et où un jour il se laissa surprendre -
« Au premier bruit de branches cassées et de pas ennemis, le terrible Howe, craignant que sa compagne ne tombât vivante entre les mains de ceux qui le poursuivaient, enfonça son couteau dans le cœiii- (le la malheureuse femme et s'échappa. Il pénétra au fond d'une vallée couverte de buissons et d'acacias , où nul pas humain n'avait encore laissé de traces, y pratiqua une édaircie, y bâtit une cabane, sema tout autour quelques gi-aines qu'il avait emportées , et vécut seul. Un jour cependant il sortit de son repaire, et commit une déprédation qui révéla son existence et sa retraite. Trois colons suivirent sa piste, le traquèrent et le tuèrent comme une hôte fauve. On trouva dans sa cabane une espèce d'apocalypse ou de rêve manuscrit, écrit tout entier avec son sang, mêlé de dessins grossiers tracés de la même manière , et qui attestait à la fois l'ennui furieux, le désespoir incurable du meurtrier solitaire et ses efforts violents pour échapper à l'un et à l'autre. >