CHAPITRE IX
L’espècede tente qu’on aperçoitle plus rarement est latente ordinaire du soldat, ronde et conique. Je n’en ai vu que deux de cette sorte. Mais toutes les autres variétés abondent : les prélarts en toile goudronnée, les toiles de coton huilées, les toiles cirées, les couvertures, les tapis même. Quelques individus ont poussé le luxe et l’amour du confort jusqu’à couvrir le sol où ils reposent d’un plancher de briques. Une bonne ménagère a pris soin d’apporter son poulailler, et, chaque matin, les échos du voisinage sont éveillés par le chant du coq.
Les objets dont se servent les mineurs pour contenir leur or sont d’une variété divertissante. Ce sont des sacs de cuir, des bouteilles de soda-waler, des bocaux , des étuis à lorgnettes et autres ustensiles.
«Voici le marchand de limonade, la meilleure limonade du pays ! »
Ainsi s’en va criant un individu qui traîne dans une charrette à bras deux tonneaux remplis de ce breuvage. Cet homme gagne, dit-on, douze cent cinquante francs par jour, à vendre sa limonade. L’eau est trop rare dans le pays pour que les verres soient rincés avec une propreté minutieuse. Cependant les mineurs boivent souvent cinq ou six rasades du liquide que les gobelets contiennent,
à raison de douze sous le verre. Or, les déboursés
du marchand se réduisent à la valeur de cinq centimes pour la même quantité.
Les cas de maladie sont fréquents. Beaucoup de mineurs ont péri par excès de fatigue ; mais la belle santé et la vigueur de la grande masse de cette population sont vraiment remarquables. On pourrait former avec la plupart de ces mineurs un de ces régiments de géants que Frédéric le Grand aimait tant à commander.
« Voilà la vie , me dit un jour un de ces jeunes hercules : beaucoup de travail pour vous tenir en haleine, du biscuit et de la viande à manger, du thé à boire ; excellent régime pour un mineur ! »
Toute sa personne exhalait un tel parfum de gin, que le thé n’était certainement pas son unique l>oisson.
Voulant revenir par Melbourne , je pris la poste.
Si vous vous rappelez ce qu’était une diligence en Angleterre avant l’invention des chemins de fer, si vous vous représentez un cocher gras et jovial , à ' physionomie de John Bull , assis sur le siège d’une bonne et solide voiture, quatre chevaux bien nomris et de bonne mine, des harnais neufs et propres, un trot uniforme , de courts relais , une route bien macadamisée et bien entretenue, vous aurez juste l’idée de ce que n’est pas une diligence australienne. Cette voiture a le double caractère d’un fiacre et