‹ Les convulsions de ParisChapitre 27 sur 63 · II. ^ LIS OOHTUMAZ · texte numérisé non relu

II. ^ LIS OOHTUMAZ

Excuses inadmissibles. — Les maJlieurs de la France n*ont été pour les révolutionnaires qu'une occasion propice. — Opinion de H. Jules Simon. — Les communards avant la Commune. — Les complots de rOpéra-Gomique et de l'Hippodrome. — En juillet i 869. — Le procès de Blois. — Tout Tétat-major est là. — Mégy. — Après le 51 octobre. — Ferré et G. Ranvier. — Au 22 janvier. ^ Arrestations. — La Commune en 1855. — Le Livre rouge de la justice rurale, — Insanités. — Les boulets rouges. — Le Qui live ! — Promesses. — La Montagne du 5 germinal 79. * Poésie. — A bord de V Yonne* — Le Bulletin de la Com^ mune, ^~ La mort de Mgr Darboy. — La Commune, almanach socialiste» — Manifeste de Pindy. — La justice promise par A. Dardelle. — Opinion des communards sur la mort de Chaudey.

Dès que la Commune eut pris Gn, dès que l*on eut secoué l'impression de désespoir et d^horreur que ses derniers crimes inspirèrent, on se demanda comment une si malfaisante insurrection avait pu se produire; on en chercha sinon les causes, du moins les pré-

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textes, car on répugnait singulièrement à rendre la seule perversité humaine responsable de tant de forfaits. C'est alors que quelques voix s'élevèrent, plus spécieuses qu'intelligentes, et que l'on entendit des phrases toutes faites : patriotisme égaré,* — fièvre obsidionale, — longues privations, — héroïsme inutile, — humiliation de la défaite, — haine de l'ennemi. — Cela fut répété sur tous les tons, et peu s'en fallut que de cet excès de crimes on n'essayât de faire un excès de vertus. C'est là un verbiage enfantin qui ne tient pas devant l'examen des faits. Quelques hommes ont pu être entraînés par un sentiment confus de patriotisme exaspéré , sentiment bien aveugle en tout cas, puisqu'il ne leur permit pas de reconnaître qu'ils combattaient contre la France si blessée, si sanglante qu'on l'entendait râler. Quant aux autres, aux membres de la Commune, aux généraux, aux colonels, à tout cet état-major d'ivrognes et de saltimbanques, le dernier sentiment qui ait fait battre leur cœur est celui de la patrie. Les malheurs dont nous avons été accablés, la captivité de nos soldats, la défaite de notre vieille gloire et de nos espérances, l'affolement d'une nation vaincue jusque dans ses moelles, la présence armée de l'ennemi sur nos terres, toutes ces douleurs, toutes ces hontes n'ont été pour eux qu'une occasion propice et une occurrence inespérée. Après Wœrth, après Sedan, après Metz,

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après la capitulation de. Paris, ce qu'ils ont d'âme a secrètement tressailli de joie, car dans refTondrement du pays ils ne voyaient que la prochaine réalisation de leur rêve. L'établissement de la Commune les préoccupait seul ; quant au salut de la France, il leur a servi de prétexte à propager leurs insanités : mais on peut affirmer qu'ils n'y ont même pa^^ songé, et l'on sait qu'ils n'ont jamais essayé d'y concourir.

M. Jules Simon, qui a été un des ministres du

gouvernement de la Défense nationale, et qui a pu

[ apprécier par lui-même le degré de patriotisme dont

les futurs héros de la Commune étaient animés, ne s'est point laissé prendre à la rhétorique prétentieuse derrière laquelle on a voulu masquer leur forfait. Il décrit : c Non seulement les hommes de la Commune ne sont pas sortis de terre, le 18 mars, comme une génération spontanée, mais on les connaissait par lcui*s noms depuis plus de deux ans ; on savait leur but, leui's moyens d'action ; on pouvait compter leure échecs et mesurer d'un échec à l'autre le progrès de leurs forces *. x> Oui, certes, on les connaissait, et ceux qu'ils ont surpris furent bien naïfs ou bien ignorants, car ils avaient eu soin de se dénoncer euxmêmes du haut de la tribune des réunions publiques.

* Le gauvememenl de M, Thien, par M. Jules Simor, 1. 1, p. 167,

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Mais bien avant l'époque où rEmpire» ouvrant la porle aux libertés, put compter ses adversaires, on avait vu ces hommes à l'œuvre, dans les conspirations secrètes. Sous prétexte de renverser l'Empire pour installer la République, sous prétexte de défendre la République et en réalité pour organiser la Commune, ils n'étaient et n'ont jamais été que des révolutionnaires de la pire espèce, prêts à tout, pourvu qu'ils pussent arracher un lambeau du pouvoir et y draper leur incurable vanité.

Le patriotisme égaré? Qu'a-t-il à. faire avec les complots de l'Hippodrome et de rOpéra-Qomique, en juin et juillet 1853? J'y retrouve Jules Âllix, qui déjà a été arrêté pendant l'insurrection de juin 1848 et qui sera membre delà Commune; j'y retrouve aussi Joseph Ruault, qui sera de toutes les sociétés secrètes, de toutes les échauffourées et que ses complices assassineront au charnier de larueHaxo. Le 15 juillet 1869, les détenus politiques de Sainte-Pélagie rédigent la lettre suivante : « Les soussignés, en présence de la conduite des députés de Paris, devant l'ordonnance de prorogation du Corps législatif, voyant leurs craintes justifiées, accusent hautement ces députés d'avoir manqué à leur mandat, et requièrent d'eux leur démission immédiate. » Dix noms signent cette sommation peu respectueuse; j'y lis ceux d'Emile Duval, Raoul Rigault, Théophile Ferré,

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Charles Amouroux, Gustave Flourens : deux généraux el (iH>is membres de la Commune.

Est-ce la honte de nos défaites et la colère contre la cession de deux de nos provinces qui fomentent le complot dont le dénouement éclate en juillet 1870 devant la haute cour de Blois? Là on voit apparaître les fabricants de bombes au picrate qui ne sont pas destinées aux Prussiens. Les accusés sont nombreux; parmi ceux qui les défendent je compte Protot, qui sera délégué à la justice, et Peyrouton, qui sera chargé de c l'éclairage » de Paris pendant la Commune. L'état-major de celle-ci est à Blois et prèle Toreille aux bruits inquiétants qui viennent des frontières. Yoilà Dereure, Ferré, Cournel, qui seront membres de la Commune; voilà Tony Moilin, délégué auYr arrondissement; Jules Fontaine, directeur des

* Lorsque « le complot des Bombes » fut déféré k la haute cour do Blois, tout le parti révolutiounaire déclara — naturellement — que ce complot n^existait que dans Timagination de la police. Un des auteurs les plus ardents de la machination s*est chargé d*en révéler les d^ls. Voici ce que Gustave Flourens a écrit : « S^emparer des Tuileries en une nuit, grâce à quelques intelligences au dedans, et en y terrassant ]es bonapartistes, s'ils essayaient de résister, au moyen de formidables engins de destruction mis par la science au service des peuples opprimés; paralyser k force d*audace tous les souteneurs, si terriblement armés, du tyran, et, avec quelques honunes d'une immense éoei^ie, affranchir de ses chaînes un grand peuple énervé : tel était le complot qui devait séduire alors un peuple généreux et brave, a (Gustave Flourens, Pans livré, 6* édition, p. li. Paris, Le Chevalier, 4875.)

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domaines et séquestre des biens du clergé ; Carreau directeur du Dépôt et de Mazas; voilà Joly, le directeur de la manufacture des tabacs; Verdier, aide de camp de La Cécilia; voilà Guérin, qui, modestement, sera huissier, et Razoua, qui sera lieutenant-colonel d'état-major; voilà Greffier, qui sera le commandant des Vengeurs de Flourens, le chef de la garde prétorienne de Rigault et de Ferré, qui signera de sa griffe Tordre d'exécuter un homme dont il ne sait même pas le nom.

Au cours des débats on entend parler de Raoul Rigault, de Gambon, — l'homme à la vache, — de Tridon, d'Arthur Arnould, tous membres de la Commune; de Jaclard, de Rousseau, du Comité central; de Cois, qui présidera la cour martiale et viendra lui-même, le 26 mai, chercher à la Grande-Roquette les prêtres et les gendarmes qui doivent aller vers la rue Haxo.

Le héros de la bande, c'est Mégy; il mérite quelque intérêt, il appelle l'attention, car il a tué un inspecteur de police chargé de l'arrêter. Par patriotisme, — pendant la Commune, — il commandera et abandonnera le fort d'Issy, il ira aider à tuer W Darboy. A son domicile, on a saisi, en mai 1870, une pièce de vers qui est tout un programme, le programme que Ton essaiera d'exécuter, — c'est le vrai mot, — après le 18 mars. A-t-il été composé

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par Mégy? Je ne crois pas, car l'homme m*en paratt incapable; mais cette paperasse est écrite et signée de sa main :

Aux bamcades ! feu ! levons-nous, prolétaires! L'éclatant drapeau rouge enflammera nos cœurs; Qu'on les détruise tous, bourgeois, propriétaires, Car il faut qu'à tout prix nous en soyons vainqueurs!

Les vers ne sont pas bons, mais Tintention en est excellente, quoiqu'ils n'aient point été improvisés dans un accès de fièvre obsidionale.

Dès que l'Empire s'écroule, le gouvernement de la Défense nationale, avec une imprudence extraordinaire, rejette ces hommes sur le pavé. On en a peur, ils tiennent la populace par le club et le cabaret. Ils demandent la sortie « torrentielle » pour mettre hors de la ville nos soldats, les mobiles, les gardes nationaux de bon vouloir, et rester maîtres du terrain où ils comptent bâtir leur Commune. Gomment ils comprenaient la défense de Paris, on le vit dans la soirée du 51 octobre. On en mit quelques-uns en prison; ils n'y restèrent pas longtemps; il faut glisser rapidement sur ces faits, car on éprouverait trop d'humiliation à s'y appesantir. Théophile Ferré se présente chez le préfet de police, et lui demande une autorisation qui lui est refusée; en se retirant, il

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