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fondeur de la mer n'a pu prévenir du danger. Quelque intéressants qu'ils puissent être, les récifs en champignons sont trop rares pour qu'ils puissent servir de base à une théorie générale des iles de Corail ; l'idée de Forster que les îles de Corail étaient des espèces de cônes fixés par leur pointe au fond des mers fut donc généralement repoussée, et beaucoup de naturalistes admirent que les atolls devaient leur forme circulaire tout simplement à ce que les Coraux qui les formaient poussaient le long du bord de cratères sous-marins eux-mêmes circulaires. C'est contre cette opinion généralement répandue que s'élevèrent successivement, dans deux ouvrages mémorables, Ciiarles Darwin, en 1842, et James Dana en 1872. Tous deux arrivèrent à cette conclusion, que les formes diverses présentées par les îles madréporiques ne se rattachaient nullement à la présence des volcans; qu'elles étaient la preuve d'un lent alTais-
j. — AlilIciK.ire l'oine d'Elan.
sèment de la plus grande partie du fond de l'océan Pacifique; qu'elles nous révélaient un phénomène géologique des plus grandioses et nous permettaient de prendre sur le fait l'une des causes de ces transformations profondes dont notre globe a été le théâtre. La théorie de Darwin et de Dana a rallié, jusque dans ces derniers temps, les suffrages de la plupart des géologues. Elle était basée sur une connaissance approfondie de l'organisation et des mœurs des architectes des récifs coralliens. C'est de ces architectes que nous devons maintenant nous occuper.
Trois sortes d'èircs vivants prennent une part importante à la fabrication des récifs madréporiques : 1° les Nullipores ; 2"' les Polypes ; ;^ les Bryozoaires. Les Nullipores ne sont pas des animaux, ce sont des algues encroûtées de calcaire ; elles ne se développent guère qu'à la surface des parties supérieures du banc, qu'elles protègent contre une destruction par les vagues. Les Bryozoaires
sont des animaux (l'organisation assez élevée, JKiIjilanl clans de petites loges pénétrées de caUaire, s'associanlen grand nombre, mais ne formant jamais de sociétés snflisamment importantes pour constituer à elles seules un récif; ils contribuent surl(nit h con^oMn- le banc de corail en so d(''vcloppant dans les
. — Slylast^:!' l'Vi.'iilitil.
interstices, qu'ils remplissent leu à peu. En somme, les Nulliporés et les Bryozoaires ne font que parfaire et préserver de la destruction l'œuvre prmcipale, presque entièrement due aux Polypes. Nous les laisserons de cote pour nous occuper surtout de ces derniers.
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Les squelettes calcaires qu'ils accumulent présentent une variété infinie de formes bizarres ou élégantes. Les Millépores (fig. 2) nous apparaissent sous forme de masses ramifiées d'un calcaire poreux, présentant à leur surface une multitude de trous dont quelques-uns, plus grands, semblent des espèces décen-
tres autour desquels les autres se disposent. Les Slylasler (fig. 3) sont plus ramifiés encore et plus élégants que les Millépores ; sur leurs ramuscules on observe de petites cavités en forme de calices, divisées en compartiments réguliers par des cloisons rayonnantes. Ces calices vont se retrouver sur le squelette calcaire, le Polypier comme on dit, de toutes les autres espèces. Ils sont encore
E. PERRIEU. — LES COlLUiLlALIlES ET LES ILES MADIUÎPORIQUES
petits chez les M adir porcs (fig. -4), les Pocillopores, les Porites (fig. 5), dont la substance calcaire présente des espaces vides si grands et si régulièrement disposés, qu'elle scmlile une délicate dentelle de pierre ; les Madrépores ont
Fig. G. - i. Oruline vierge. — 2. Portion de rameau du même Polypier grossie.
Fig. 7. — Aslrée ponctifère.
leurs calices saillants et distants les uns des autres, les Pocillopores ont des calices contigus et serrés les uns contre les autres, comme les alvéoles d'une ruche; ils sont, comme les Madrépores, ramifiés à l'infini, tandis que les Porites forment des masses volumineuses, qui prennent parfois la forme
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Fig. 8. — Méandriue cérébrifurme.
Fig.7,9. — Fongie agariciforme.