‹ Les corbeaux; pièce en quatre actesChapitre 34 sur 110 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

ne marche sur des roulettes. Ce qui est simple est compliqué, ce qui est compliqué est incompréhensible. Croyez-moi, oubliez un peu celui qui n’est plus pour penser à vous et à vos enfants. Je ne sache pas malheureusement que M. Vigneron vous ait laissé un titre de rente ou des actions de la Banque de France Non, n’est-ce pas? Sa fortune, c’était cette fabrique dont il était propriétaire pour une moitié et M. Teissier pour l’autre. Il possédait des terrains, c’est vrai, mais il en avait payé une bonne partie au moyen d’emprunts et d’hypothèques. Je vous rappelle tout cela de bonne amitié, parce que les femmes doivent s’avertir et se défendre entre elles; d’intérêts, il me semble que je n’en ai plus ici. Nous avions fait un projet fort aimable, celui de marier nos enfants. N’est-il que reculé, je le voudrais, mais je le crois bien compromis. Les engagements pécuniaires qui avaient été pris de votre côté, il ne vous sera plus possible de les tenir, et pour rien au monde, vous êtes mère, vous me comprendrez, pour rien au monde, je ne permettrais à mon fils de faire un mariage insuffisant qu’il serait en droit de me reprocher plus tard.

MADAME VIGNERON

Comme il vous plaira, madame.

Pause et moment d’embarras.

MADAME DE SAINT-GENIS, vivement.

Au revoir, chère madame. Faites ce que je vous dis, occupez-vous de vos intérêts, nous reparlerons de nos enfants une autre fois. Mais pour l’amour de Dieu, madame Vigneron, mettez-vous bien dans la tète la recommandation la plus utile et la plus amicale que je puisse vous faire. Méfie > vous de tout le monde, de tout le monde. (Elle se dirige vers

la porte du fond, reconduite très froidement par madame Vigneron; la porte s’ouvre, Teissier entre.) Restez, je vous en prie, ne m’acconv pagnez pas plus loin.

Elle sort.

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