PRODUCTIONS DU PAYS
La Corée paraît être un pays exceptionnellement riche en métaux précieux, et particulièrement en or, en argent et en cuivre.
On manque toutefois de données précises à cet égard, la recherche de ces métaux étant interdite parles lois du pays. Le gouvernement coréen , pour éviter la convoitise des pays étrangers, avec lesquels il n'a consenti que dans ces derniers temps à engager des relations, s'est toujours efforcé de faire croire que le sol de la péninsule était excessivement pauvre ; et c'est pour réussir à donner le change qu'il a interdit, sous les peines les plus sévères, non seulement d'exploiter les mines, mais même de vendre l'or qui se ren-
contre presque à la surface du sol ou qui est entraîné dans le courant des rivières. Les mines d'argent de Siunheng-fou, dans la province de Kien-sang, sont, dit-on, les seules dont les rois de Corée aient autorisé l'exploitation. Le cuivre même est abandonné, et les Coréens font venir du Japon celui dont ils se servent pour leurs besoins journaliers.
En dehors de ces métaux, on cite encore^ parmi les principales richesses minières de la Corée, le fer, le soufre, le plomb, le charbon de terre et le cristal de roche. Les salines y sont très productives.
Les plus importants produits du règne végétal sont les essences forestières. Les forêts pourraient donner lieu à un commerce considérable de bois de constructions et même d'ébénisterie, si l'insuffisance des routes et des moyens de locomotion ne rendait pas leur transport aussi difficile que dispendieux.
Les grandes cultures sont généralement inconnues dans le pays, et les habitants se bornent d'ordinaire à faire des plantations aux alentours de leur demeure. Le riz, qui est la base essentielle de la nourriture chez les peuples de race Jaune, réussit cependant assez bien dans les innombrables vallées de la péninsule ; et, grâce aux nombreux cours
d'eau qui descendent des montagnes , les indigènes arrivent aisément à faire les irrigations indispensables au développement de cette graminée. Dans certaines localités, on recueille un peu de blé, de sorgho, de chanvre et de millet.
Le tabac n'a guère été introduit en Corée qu'à la fin du xvi" siècle, et le coton n^ a fait son apparition dans les campagnes que peu de temps auparavant. L'arbre à vernis y donne d'excellents produits, et le mûrier à papier y réussit en divers endroits. On rencontre dans les jardins plusieurs espèces de patates ; mais la pomme de terre y est presque inconnue, sa culture étant d'ailleurs interdite, on ne sait trop pourquoi*, h^jm-seng^ auquel les Chinois attribuent des qualités médicales extraordinaires, abonde dans toute la contrée ; il passe toutefois pour inférieur à celui qu'on tire de Mandchourie. Une espèce de lis y est plantée pour son ognon qu'on considère comme un excellent comestible. Il se fait aussi une grande consommation de courges.
L'ortie blanche enfin donne aux habitants des fibres à l'aide desquels ils fabriquent des tissus
1. Dallet, Histoire de V Église de Corée, Introduction, p. VI.
d'une solidité et d'une finesse remarquables.
La faune de la Corée est à peu près la même que celle de la Mandchourie. Quelques animaux carnassiers semblent cependant s'être répandus tout particulièrement dans la péninsule, notamment le tigre. L'ours, le sanglier, la panthère et le renard y sont aussi très communs. Les chevaux sont de petite taille.
Comme animaux de boucherie, les plus répandus sont le porc et le chien. La viande de ce dernier quadrupède est surtout fort appréciée des indigènes. Quant aux moutons et aux chèvres, le roi seul a le droit d'en élever, et il les réserve pour les sacrifier dans le temple de Confucius et dans celui des Ancêtres. Les lièvres, les canards sauvages, les poules d'eau, les cailles, les faisans et les tourterelles pullulent dans toute la contrée.
Les Coréens trouvent, en outre, de quoi alimenter leur industrie et leur commerce dans plusieurs produits de provenance animale, parmi lesquels les plus importants sont : les jeunes cornes de cerf, les fourrures ou peaux provenant des bêtes fauves des montagnes et des bois , les poils d'une espèce de renard avec lequel les Chinois font leurs meilleurs pinceaux. Ils fabriquent de l'huile, du papier, de
Tencre, des nattes, des éventails, et des objets de tabletterie remarquablement laqués et de couleur d'or, des tissus de soie, etc.
La sériculture, introduite en Corée^ à une époque fort ancienne, y a été longtemps florissante; on prétend cependant que, depuis quelques années, la culture du mûrier a été abandonnée dans une partie du royaume*.
La pêche est également pratiquée sur une grande échelle par les Coréens. Dans plusieurs provinces, elle constitue la principale source de Talimentalion du peuple.
1. Voy., sur la sériculture en Corée, mon Traité de l'éducation des Vers à soie au Japouj édition du gouvernement, p. xu
ETHN.DE IJi CORÉE. '^