LA FLEURISTE
Dans le logis étroit, les fleurs sont en prison.
Elles Violaient hier au jardin. La saison
Etait douce. La pluie embaumait leurs calices.
Dieu semblait les a-^oir faites pour nos délices.
Mais la fleuriste -Oint, ravagea le Nierger,
Et pour un -^\\ métal, au passant étranger,
Vend en bouquets menus de la beauté capti-Ce.
Les roses périront du baiser de l'eau Vi^e
AuK flancs d'un maigre -Case ou bien sur un dressoir.
Et les ozillets, si lourds de parfums, -Cers le soir
Se faneront sans grâce à quelque laid corsage...
Maudissez la fleuriste et son stupide outrage 1
LE rO^ER
Les hardis compagnons peinent au long du jour. A mi-ciel^ sous la bâche, ils ont fait leur séjour, Sculpteurs de bois, coupeurs de fer, tailleurs de pierres. Ils contemplent d'en haut les bourgs et les chaumières. Et deSJant la splendeur d'un si large horizon, Ils sont heureuK et fiers de bâtir la maison. Chantez, ô tra-Oailleurs. Le tra^Oail, c'est la joie, La mission divine où tout l'être s'emploie. •
T^ettez au toit nouveau la branche de laurier. Videz la coupe aimable en l'honneur du fo^er. Déjà s'élèN)e au ciel une fumée bleuâtre, Le premier feu, clair et jo^euîc, flambe dans l'âtre.