‹ Les correspondants de J. Joubert 1785-1822Chapitre 40 sur 48 · Voir IV, 82, édit. de Penaud, 18i'J · texte numérisé non relu

Voir IV, 82, édit. de Penaud, 18i'J

324 LES COP.RESPONDAÎSTS DK .T. JOUliEUT.

madame de la Briche, belle-sœur de madame d'Iloudetot, celte femme célèbre par les passions qu'elle avait jadis inspirées, de comprendre quelques pages des Confessions, quand on avait vu l'objet des transports de Rousseau. » Elle avait, il est vrai, soixantequinze ans à cette époque, mais elle n'avait pas perdu toute prétention, et M. de Chateaubriand ajoute qu'elle s'écriait encore dans des vers agréables :

Et l'amonr me console!

Rien ne pourra me consoler de lui!

Quelques jours après, M. Mole s'adresse de nouveau à M. Joubert :

Sannois, samedi, 1805.

« Je suis passé hier soir deux fois chez vous; mais vous étiez chez Chateaubriand; il sera bien difficile que je vous attrape dans mes passages. Pour Dieu! Ne m'abandonnez pas, je ne puis me passer de vos conseils, et je ne me juge qu'en vous jugeant ! Je pense toujours à ces bonnes lettres de l'été dernier, et je voudrais bien que vous puissiez m'en écrire de semblables. Je dis que vous puissiez, car je ne doute pas plus de voire bonne volonté que de votre amitié. Ecoutez : vous m'écrirez quand vous pourrez ; je vous verrai (piand je vous trouverai, et je vous écrirai autant que Tenvie m'en prendra. Ne nous gênons

pas; aimoiis-iious, aidons-nous, mais sans contrainte el fort naturelloinent. Savez-vous à qui ce discours s'adresse? A celui qui vous l'écrit. Il est bon que vous sachiez qu'hier, en ne vous trouvant pas, je ne fus point content. Je remis à juger ce mouvement que je fusse à aujourd'hui, et de là ce que vous venez de lire. Me voilà confessé ! Quand nous aurons coulé à fond les deux chapitres que vous tenez, je vous enverrai le reste. En attendant, je fais des notes; je crois qu'il est bon que j'en fasse beaucoup, en les reléguant à la fin de l'ouvrage. Adieu, après tout, je suis fâché de ne vous avoir pas trouvé, car j'aime singulièrement à vous voir. Je voulais aussi vous rappeler nos Dialogues, Chénier, Flins % etc.. Je vous le répète, cela vous convient, et il est convenable aux gens tels que vous il'écrire. Si je ne m'arrêtais, vous auriez toute ma conversation d'hier. »

L'ouvrage parut vers la fin de 1805, sous le titre d'Essais de morale et de politique ; l'auteur, qui gardait Tanonyme, après avoir exposé dans la préface les divisions de son sujet, déclarait modestement qu'il abandonnerait sans repentir et sans honte ses opinions le jour où on lui en démontrerait l'erreur. Ailleurs il ajoutait : « Ce sont de simples réflexions que je publie; on y reconnaîtra, j'espère, un amour pur du vrai; j'aimerais mieux les anéantir jusqu'à

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