‹ Les correspondants de la marquise de Balleroy (volume 2)Chapitre 10 sur 90 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

se plaint de ce que Alcaudre résiste à tous ses traits et que depuis la mort de sa première femme il demeure inflexible :

11 soupira jadis son amoureuse peine Et ne put s'afTranchir de ma première chaîne; Mais, après cette chaîne et ces liens rompus, 11 a repris son cœur et ne Tengrage plus.

Vénus répond alors :

Plus ces vœux sont tardiTs, plus ils seront constants; 11 diffère d'aimer pour aimer plus longtemps, Et sa chaîne, mon fils, qu'il traîne de la sorte, En sera quelque jour plus durable et plus forte. Relève ton espoir, et choisis seulement Une parfaite amante à ce {)arfait amant.

On sait que c'est à la prière de Mme de Gaumartin que Fléchier écrivit la relation des Grands Jours, comme, quelques années plus tard, le cardinal de Retz devait, pour lui plaire, rédiger ses Mémoires en les lui dédiant. « Madame, dit-il en commençant sa dédicace, quelque répugnance que je puisse avoir à vous donner l'histoire de ma vie, qui a été agitée de tant d'aventures différentes, cependant, comme vous me l'avez commandé, je vous obéis même aux dépens de ma réputation * . »

i. Mme de Caumartin, qui mourut le 26 octobre 4732, possédait le manuscrit autographe. Nous lisons en effet dans une lettre de Madame, du ii octobre 1717 : « Les moines de Saint-Michel ont les mémoires du cardinal de Retz en original (la copie) ; ils les tmt fait imprimer, et on les vend à Nancy ; mais il manque beaueoups de choses dans cet exemplaire. Une dame à Paris, nommée

INTRODUCTION xxxï

M. de Caumartin fut récompensé de ses importants services en se voyant nommer, au mois de janvier 1667, à l'intendance de Champagne, au moment où Ton allait procéder dans cette province à la recherche des faux nobles. Il remplaçait M. de Machault et avait sous sa direction douze élections, dont les circonscriptions représentent aujourd'hui au moins dix arrondissements. La Champagne était alors dans une situation déplorable, conséquence des guerres de la Fronde, comme on peut en juger par les dépêches adressées à Colbert par M. d'Herbigny, intendant des finances, qui avait été chargé d'une mission spéciale dans ces contrées en 1665*. Caumartin ne se départit pas de sa prudence habituelle et nous le voyons continuer à soumettre ses doutes au chancelier, sans vouloir se charger d'une trop dangereuse responsabilité. « J'javois espoir, lui écritil le 23 septembre 1667 ", lorsque je suis venu en Champagne, que j'y recevrois quelquefois l'honneur de votre coDMnandement et que cet exemple me feroit naistre des occasions extraordinaires de vous

Mme de Caumartin, a ces mémoires en manuscrit, où il ne manque pas un mot; quoi qu'on puisse Taire, elle ne veut pas les donner pour compléter ceux qui ont été imprimés, i Après la mort de Mme de Caumartin, ce manuscrit fut rendu h Tabbaye de Saint-Micbel.

i. Correspondance administrative sous Louis XIV (documents sur rhistoire de France), par M. Depping; voyez aussi notre Histoire du diocèse ancien de Châlons, tome I.

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