‹ Les correspondants de la marquise de Balleroy (volume 2)Chapitre 29 sur 90 · M0RL · texte numérisé non relu

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Paris, 8 février 1708.

M. le maréchal de Tessé a eu un brevet de retenue de 200 000 livres sur la charge de premier

écuyer de Mme la duchesse de Bourgogne. On croit qu'il commandera encore l'armée du Dauphiné.

Le bal en masque à Versailles a esté fort beau, quoique peu de dames de Paris y aient esté.

On commence à croire que les troupes seront payées cette année aussi bien que l'année passée.

Le marquis de Béthune, neveu de la reine de Pologne, épouse Mlle d'Armenon ville *, à qui on donne 400 000 livres, le logement et la nourriture pour six personnes pendant six ans.

M. du Guast, qui se prétend descendre de l'empereur Bérengé et qui n'est que colonel d'infanterie, épouse Mlle de Zurben, Suisse, qui a 200 000 livres présentement et en aura encore autant.

II y a eu quelques bruits dans les garnisons de Flandres; on leur a donné de l'argent, et tout est appaisé.

Paris, 11 février 1708.

M. le comte de MonasteroUe, qui a 112 000 livres de rente, a épousé Mme de La Gitardie, qui, en se mariant, perd la garde noble de son fils, qui monte à 26 000 livres de rente. M. de MonasteroUe, pour la récompenser, lui assure 20 000 livres de rente. Il est

i. Ce mariage n'eut pas lieu : lils de Mlle de La Grange d'Arquien, sœur de la reine de Pologne, il épousa une sœur du duc d'Harcourt, c plus touché de Falliance que du bien, i Mlle d'Armenonville épousa en même temps le comte de Gassion, lieutenant général, petit-neveu du maréchal : elle était fille du garde des sceaux.

•>(j LES œRRESPONDANTS

allé à Mons pour faire approuver son mariage à M. de Bavière. C'est le roy qui a dit cette nouvelle ^ .

Il va y avoir des comédiens italiens à Paris, M. d'Argenson ayant représenté que les spectacles empêchent de plus grands désordres.

Paris, 18 février 1708.

M. de Châtillon, président du Parlement de Besançon , mande que la diète générale des Suisses a résolu de mettre la principauté de Neuchâtel en séquestre jusqu'à la paix, suivant les intentions du roy. Il en enverroit le revenu à M. de Brandebourg.

Mme de Beaumont-Loison a une lettre de cachet pour s'éloigner à quatre-vingts lieues de Paris. M. le duc de Berry l'avoit trouvée fort johe à un bal de Versailles où elle vint en masque ^

M. le duc d'Orléans a donné la charge de secré-

i. « (jros joueur, ^rand dépensier et fort dans la belle compa- ^n\o^ » Monasterol épousa la veuve de La Chétardie, gouverneur de Belfort, qui avait pour frère le curé de Saint-Sulpice, directeur de Mme de Maintenon; elle était ellc-niême très dépensière, très ^^alante, et Monasterol ne tarda pas à se repentir de s'être laissé subjuguer par elle.

2. Mlles Loison étaient deux soeurs très jolies et très galantes : « le duc de Montfort et bien d'autres s'y ruinèrent, » dit Saînl- Simon. L'une d'elles se Ht épouser par M. de Beaumont, conseiller au grand conseil. Il y eut le 8 février 1708 un bal masqué chez M. de Ghamillart, où Mme de Beaumont eut défense de venir. Dange^u nous apprend qu'elle n'écouta pas cet ordre, y parut et y dansa à visage découvert en face de la duchesse de Bourgo- ^ne, « ce qu^on a trouvé fort mauvais. »

taire de ses commandemens, vacante par la mort de M. de Téseu, à M. l'abbé de Téseu, son frère; elle vaut 13 000 livres de rente*.

On dit que le roy va faire six maréchaux de France, savoir MM. de Bezons, de Gasté, de Médavy, les ducs de Villeroy, de Guiche et de Noailles.

M. le duc de Berry a supplié Monseigneur avec tant d'instances de rappeler Mme de Beaumont qu'il l'a obtenu ; elle sera au bal que Mme la duchesse du Maine donnera à l'Arsenal les jours gras ; il lui en coûtera 20 000 écus moins qu'à Sceaux.

Au dernier bal de Versailles parut un don Quichotte fort bien armé et vêtu, qui vint mettre sa lance aux pieds du roy et lui fit un compliment en bon espagnol ; il dansa ensuite avec les duchesses de Villeroy et de Noailles et ne voulut jamais se démasquer : on crut que c'était un seigneur espagnol, c'était le cuisinier du marquis de Tessé.

Le P. Alexis Dubuc , théatin , a soutenu des thèses pour l'infaillibillité du pape et contre le temporel des roys. Le roy l'a redemandé comme son sujet, le Pape l'a refusé.

Le roy a défendu à M. le président de Lesseville d'être juge à l'avenir dans aucune affaire de M. de Sailly.

Madame a eu la fièvre hier assez violente et ne veut faire aucun remède.

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