nlroductciir des ambassadeurs, donl dous venOi
tiVirenge nveriliin.' a ur bnl de In duclicssi' de Rerry.
gent se prodigue^ fiD« de TOpérm. habhs brodés, beaux équipages, jeo de doppes: sa dépoise va tous les mois à 100 000 lîrres. Je connab qudqu^un qui Toyage à bîeo meineiir marché.
Le gnmd nzir arrire iocessamiiieiit, échappé aux cordons de soje et anx muets dont fl a fidt une grande déconfiture.
TrouTCz personne qui tous taise moius de nou- ▼efles que moi.
Argenson.
28 novembre 1716.
Le cardinal de Rohan, en arrivant de Strasbourg, a été voir le cardinal de Noailles, et ils sont convenus ensemble à Tamiable de faire prêcher pendant TAvent devant le roy un tbéatin nommé le Père Boursault *.
30 novembre 4716.
Le marquis de Richelieu veut absolument que sa femme aille dans un couvent. Il a chassé son fils de chez lui, parce qu'il voyait sa mère '.
Toutes les petites véroles vont à merveille.
i. 11 no prêcha qu'î\ Noël ; aucun sermon n'eut lieu pendant le carômo, ce qui clioqua extrêmement.
2. Louis (le Vifirnerot du Plossis, marquis de Richelieu, gx)uverneur de I^ Fère, d'une branche cadette, épousa Marie de La Porte-Mazarin, fille du duc de La Meilleraye et de Ilortense Manclni. Leur flis unique, comte d'Agenois, épousa en 1718 Mlle de Oussol.
Il y a eu un voyage de Chantilly où Ton a beaucoup bu, et après boire il y a eu une querelle entre le duc de Richelieu et Marville. Il y a eu quelques coups donnés qui ont obligé M. le duc d'Orléans d'envoyer hier un garde au bois de Boulogne à la suite du duc de Richelieu, qui chassoit avec M. le Duc.
Les banqueroutes sont fréquentes, et on ne voit pas un écu.
Caumartin de Saint-Ange.
12 décembre 1716.
Le roy et Mme de Berry ont tenu sur les fonds de baptême le fils de l'ambassadeur du Portugal et l'ont nommé Louis. Jamais la cour n'a été si magnifique : les dames étaient couvertes de diamants.
BoissY.
4 janvier 1717.
La chambre de justice * continue toujours ses poursuites avec un zèle et un désintéressement dignes d'admiration et de respect. Leur amitié pour mon père ne s'est point refroidie ; mais M. le duc d'Orléans s'est tellement opposé aux marques qu'ils vouloient lui en donner^ qu'ils ont été obligés de modérer leur
1. Noailles et Rouillé avaient décidé le Régent, malgré les conseils de Saint-Simon , à créer une chambre dite de justice (12 mars 4716), dans le but de faire restituer des sommes importantes par les traitants, accusés d'avoir acquis 1800 millions. La chambre publia plusieurs arrêts et prononça pour plus de 300 mil- Jfons de restitution.
100 LES œRRESPONDANTS
empressement. Les taxes font maintenant ce que tous les prédicateurs du monde n'avoient jamais osé seulement entreprendre. Le luxe est absolument tombé et une simplicité noble, mais modeste, a pris sa place. Les ris sont à la vérité plus modérés ; mais les financiers commencent à goûter le repos que donne la bonne conscience et que leur assurent les quittances et les arrêts de décharge que Ton leur fait prendre, par lesquels on leur remet toutes les malversations, exactions, vexations, concussions et autres crimes qu'ils ont commis : et ces titres magnifiques qu'ils transmettront un jour à leur postérité seront la première illustration des maisons dont ils seront les chefs.
Les bals de FOpéra et de la Comédie sont aussi déserts que l'antichambre de M. Desmarets ou de M. de Pontchartrain. Les églises sont un peu plus fréquentées. On y voit par exemple des gens d'affaires, qui n'ont pas encore été taxés, demander aux pieds des autels un sort plus doux que celui de leurs compagnons; mais Dieu n'écoute ni leurs prières ni leurs larmes, et l'on voit, quatre jours après, les gens qui ont reçu leur arrêt, le renier et le maudire, comme si cela avoit été sa faute. On y voit de pauvres molinistes, affligés du triomphe de leurs adversaires, soupirer après la paix ecclésiastique et le rétablissement de la puissance des Jésuites. Ou y voit mainte jeune fille en pleurs regretter la bourse des traitants qui les entretenoient avec tant d'éclat et de profusion,
OU se plaindre de la dureté de ceux qui ont maintenant part au gouvernement et qui travaillent à bâtir leur fortune avant que de songer à faire celle de leurs maîtresses. On m'y voit moi-même quelquefois, fort embarrassé où aller dîner ou souper, et devenu dévot à force d'estre désœuvré.
Vous prendrez peut-estre ma lettre pour une satyre ; mais je vous avoue que je l'écris dans toute l'amertume de mon cœur, à jeun, à dix heures du soir, après avoir passé tout l'après-midi chez un homme «rafTaires où j'étois prié à souper avec plusieurs autres et où Ton nous a renvoyés chacun chez nous, en nous faisant voir un petit billet que le maître de la maison venoit de recevoir, par lequel on lui signifioit une taxe de 600 000 livres.
Le chevalier d'Argexson.
G janvier.
Il y eut dimanche dernier une assemblée chez M. le duc d'Orléans, où se trouva M. le cardinal de Noailles, accompagné des évêques de Ghàlons, de Boulogne, de Bayonne et de Mirepoix. L'évêque de Boulogne fit assez connoltre qu'il n'accepteroit pas la constitution. M. le duc d'Orléans y avoit fait trouver le maréchal d'Huxelles, le duc de Noailles, le procureur général, le marquis d'Effiat et M. Amelot. On n'y prit aucune résolution, mais ils se doivent assembler demain .
M. le duc d'Orléans a empêché le Parlemeot de rien dire sur la lettre de l'archevêque de Reims.
Mme la duchesse d'Estrées a acheté 33 000 livres le beau meuble de velours de M. d'Armenonville, à condition de ne le payer qu'après sa mort.
La princesse d'Auvergne n'a été que huit jours à Paris, et elle s'est enretournée à Montpellier. Elle étoit venue terminer quelque affaire avec l'abbé d'Auvergne.
16 janvier i717.
Il n'y a point eu de conférence ecclésiastique chez M. le duc d'Orléans depuis lundi dernier : la dernière se passa en contestations assez vives entre le cardinal de Noailles et le maréchal d'Huxelles. On dit qu'on a fait des propositions toutes nouvelles et qui éloignent l'accomodement.
Toute la Sorbone en corps a assuré M. le cardinal de son attachement inviolable, pourvu qu'il n'abandonnât pas la cause de la foi. Les docteurs furent fort bien reçus ^
Mais M. le Premier Président a envoyé chercher le syndic de la Sorbonne et lui a dit que le Parlement trouvoit fort mauvais qu'ils eussent été en corps voir M. l'Archevêque, que cela ne s'étoit jamais fait, qu'ils n'eussent à se mêler que de répondre aux
1. Celte démarche eut lieu le lî2 ; il v avait cent trente-deux docteurs.
consultations qu'on leur feroit sur des cas de conscience et que, s'ils faisoient autrement, la cour enverroit deux conseillers interrompre leur délibération.
M. le duc d'Orléans ne parolt point satisfait des nouvelles propositions qu on a faites pour éloigner l'accomodement. Il est fort content de M. le cardinal de Rohan. Enfin on ne sait plus ce que cela deviendra.
Il) janvier 1717.
M. de Monille a vendu sa charge de procureur général au grand conseil à M. Héraut, avocat du royauGbâtelet, 164000 livres, dont il en dépensera une partie à son ambassade.
Messieurs du Parlement s'assemblent depuis six jours pour faire au roy plusieurs remontrances ou représentations^ savoir : 1° pour le paiement exact des rentes de la ville, dont l'argent ne passera plus par la banque de Law ; 2"" sur l'inuti- Kté des conseils, qui coûtent plus de 500 000 écus par an ; 3* sur le paiement des intérêts des billets d*Etat ; 4^ sur les doubles emplois ; 5"" sur le remboursement des charges supprimées, etc. iM. Fedeau *, conseiller, a parlé très fortement sur ce chef et a
I. Feydeau de Galende, airèté Tannée suivante avec le président de Blamont et exilé pendant quelques mois à Oléron, pour iivoir le Pariement à la résistance contn^ Law.
dit que la nouvelle maison de M. le Chancelier coùtoit au roy plus de 800000 livres. M. le président de Novion n'a pas assisté à toutes ces délibérations.
:2^ janvier 1717.
J'ay trouvé Paris beaucoup plus magnifique que je ne Tavois laissé, les spectacles et les bals doublés, et partout meilleure compagnie que l'hiver passé. On n'y voit guère que d'honnêtes gens. Les taxés se mortifient en apparence et se contentent de ne plus étaler que des écriteaux au devant de leurs maisons, qu'ils ne vendent pourtant point; mais au dedans ils se réjouissent et font aussi bonne chère qu'auparavant. Vous aurez sans doute entendu parler des grands troubles qui ont brouillé la famille royalle depuis peu : comme M. le prince de Gonty a mal pris les plaisanteries de M. le Duc, qui lui a fait donner dans le monde le ridicule nom de prince de Montaran, parce qu'il entretient MlIeHaran. Depuis ce temps-là, il a fait faire une tabatière par Clinchetel, dont j'essaierai de vous donner une légère idée sans blesser le respect que je vous dois. M. de Montaran y fait un personnage contraire à ce nom ; il est couché sur une banquette : il est reconnaissable à sa bosse et à son esprit ; dessus lui domine Mlle Haran ; le duc de Richelieu est par derrière elle : il la trousse et l'attaque par là, et dans l'éloignement du tableau on voit Mme Haran qui accourt
en fureur de Taffront que M. de Richelieu fait à sa Bile, et M. de Marton ' et CourcoUet à ses genoux qui la retiennent par où ils peuvent.M. le prince de Conty a menacé, tempêté, a eu des éclaircissements sérieux sur le ridicule qu'on lui donnoit et enfln vient de faire parottre la réplique, dans une nouvelle tabatière dont il dispense des copies à tous ses amis. On voit Mme de Nesle sans aucun voile importun qui cachent ses appas ; le peintre les a dessinés dans des proportions très irrégulières ; mais elle est dans une attitude qui fait estimer sa propreté ; elle s'essuie. M. le duc remet ses chausses ; Mme de Nesle y préside et d'une main couvre son bon œil et de Tautre présente et pousse M. de Soubize sur sa femme. Voilà les petits jeux auxquels nos princes s'exercent l'esprit et le corps. Pour nos princesses, ou vous a sans doute mandé le fort entêtement de Mlle de Charolais pour le duc de Richelieu * : elle a déclaré qu'elle ne voudroit jamais d'autre mari que lui.
M. de Richelieu n'a jamais été si à la mode qu'il est devenu depuis ce temps-là. On vous enverroit la liste des femmes qui courrent après lui. Cependant on interrompt mal à propos ses bonnes fortunes pour l'envoyer pour deux ans en Espagne porterie cordon bleu au prince des Asturies. On disoit hier qu'il
i. Colonel attaché à la maison du prince. 2. Voir à ce sujet les Mémoires de Richelieu^ composés, comme on sait, par Soulavie, et nos Pilles du Régent^ t. I.
106 LES œRRESPONDANTS
s'étoit attiré un congé plu8 fâcheux et qu'on TenvoToit durement en exil à Richelieu.
Argenson.
30 janvier 1717.
On ne parle plus ici que de la constitution : la dernière assemblée, qui fut mercredi, se passa assez bien, et l'on y convint de presque tout le corps de doctrine. 11 reste seulement quelques bagatelles qui dévoient être réglées hier entre les trois cardinaux. On doit faire mercredi prochain une assemblée pour examiner le projet d'acceptation de la bulle ; on espère que M. le cardinal de Noailles l'apportera, suivant l'ordre réitéré du duc d'Orléans.
3 février 17i7.
Avant-hier, M. Voysin, chancelier de France, en soupant gaiement, tomba en apoplexie et mourut trois heures après, sans avoir eu de connaissance. M. le duc d'Orléans, hier à huit heures du matin, envoya chercher M. d'Aguesseau, procureur général, et le fit chaneeher ' ; il le mena aussitôt au roy. M. Joly de Fleury, avocat général, a été fait procureur général, et son neveu sera avocat général
1. Prév( nu «nussiiôt par ses amis, il ne song'ea pas un instaiii à la possibilité crètro appelé à ce poste; le messager envoyé pour le ramener au Palais-Royal le trouva tranquillement à la messe. i\ Saint-AncIré-tïes-Arts.
quand il aura Tâge. Les deux autres avocats généraux exerceront seuls jusqu'à ce temps-là.
Toutes les pensions au-dessous de 600 livres seront payées sans diminution ; celles qui seront de 1000 à 2000 écus perdront un quart, et celles audessus de 12 000 livres perdront un tiers.
Mme de Polignac est accouchée d'un garçon que Mme la duchesse du Maine et le cardinal de Polignac ont tenu sur les fonds.
8 février 1717.
On n'a rien conclu sur la constitution dans l'assemblée qui se tint vendredi chez M. le duc d'Orléans, et l'on ne sait plus ce que cette affaire deviendra. On dit que le cardinal de Noailles a donné son projet d'acceptation et que M. le duc d'Orléans, après l'avoir vu, a dit qu'on ne pourroit jamais l'accepter.
M. le Duc a demandé justice au Régent de M. le duc de Richelieu et du chevalier de Rohan, qui ont manqué de respect à M. le prince de Conti en menaçant en sa présence M. de Nointel \
13 février 1717.
Toutes les conférences qui ont été faites jusqu'ici sur la constitution n'ont abouti à rien. On en fait encore quelques-unes chez M. le Chanceher, et l'on