La croix du Trahoir, à Paris
2. Le chevalier avait élé très inconvenant à TOpéra envers le prince de Conti; mis à la Bastille le 8, il en sortit le lendemain, sur la demande du prince. Le soir même, il entra dans la loge do la princesse et dut en être mis hors.
3. Louis-Nicolas Le Tonnelier de Breteuil, baron de Preuilly el premier baron de Touraine, seigneur d'Azay-le-Féron, Fouverais. Pecq, Fonbaudy, la Vallée Brulain, etc., naquit septième fils du mariage de Louis, seigneur de Boissette, contrôleur général des linances, et de Chrétienne le Court, le 15 septembre 1648, à Mont-
22 février.
On annonça avant-hier à la pau\Te Mme d'AIbret qu'elle doit se préparer à une mort prochaine. Elle
pellier. 11 fut successivement lecteur ordinaii'e du roi, envoyé extraordinaire à Mantoue, enfin introducteur des ambassadeurs le 29 novembre 1698. Il épousa d'abord, le 3 avril 1679, Marie-Anne Le Févre de Mormant, morte six jours après; puis en 1697 Anne de Froulay. Ce pauvre baron était un des hommes les plus ennuyeux du monde, paraît-il. Un jour, le comte de Marsin entra chez Mlle de Périgny, femme de chambre de la reine, et, la trouvant en conversation avec Breteuil et le marquis d'Estrades , il lui demanda après leur départ pour qui elle était en deuil, et elle de répondre :
Je prends mon habit de deuil
Et suis malade, Quand je vois entrer Breteuil
Avec Estrade.
Tous trois étaient honorés en même temps de sa faveur.
Le noble introducteur des ambassadeurs est souvent chanté dans le recueil de Maurepas. Quand il revendit sa charge de lecteur h Tabbé de Vaubrun pour 100 000 livres, le chancelier trouva le choix mauvais, et Fannotateur y qualifie Breteuil d' « étourdi, grand bavard et grand menteur t. En 1715, il vendit sa charge d'introducteur, moyennant 2J)0 000 livres, à Foucault de Magny, qui eut la triste carrière que nous verrons.
Breteuil avait cependant avant ses deux mariages inspiré un roman véritable, dont nous voulons dire quelques mots d'après la nouvelle édition des Lettres de la présidente Ferrand, publiée avec tant de soin par M. Eug. Asse. Fille d'un riche flnancier italien, qui fit de grandes affaires sous Colbert, mais que trop d'habileté conduisit à la Bastille, Anne Bellinzani ayant, à quatorze ans à peine, rencontré Breteuil dans un bal (1671), en devint éperdument éprise. Cette passion donna naissance à V Histoire des amours de Cléante et de Belise, écrite par la jeune fille, devenue, malgré elle, en 1676, femme du président Ferrand, ce qui ne l'empêcha pas de continuer sa liaison, qui n'avait rien de platonique, comme on peut en juger par la correspondance que publie M. Asse, correspondance singulièrement passionnée et qui dure de 1680 à 1684, au grand dam du pauvre
se coufessa hier au curé de Saint-Eustache : ainsi
voilà le passeport de cette pauvre femme expédié.
Nous étions la veille huit ou dix à la ruelle de
son lit, et elle entroit dans la conversation avec
gaieté.
Breteuil.
président. Breteuil en efTet n*avait pas subi immédiatement le mémo entraînement : l'enfant était trop jeune, et il était d'ailleurs occupé de son côté ; de complexion très amoureuse, comme ses frères, il était au moment c du coup de foudre « l*aman( de Mlle de Périgny; il passa peu après à la veuve du ministre de Lyonne (1675). Une autre aventure, celle-là nous touche de plus près, fit bien plus d'éclat. Vivement épris de sa cousine germaine Anne-Marie Le Febvre de Mormant, de cinq ans plus jeune que lui, admirablement belle et spirituelle, il Pavait épousée secrètement, sans que nous en puissions découvrir la raison, étant orpheline et n'ayant qu'un frère assez peu sérieux pour ne pas être un guide gênant. Devenue mère en 1675, Mlle de Mormant se réfugia dans un couvent, où elle mourut le 5 mars 1675, api-ès avoir fait régulariser son union le 9 du même mois, à son lit de mort. Anne Bellinzani, en apprenant la liaison de M. de Breteuil, s'était retirée aussi dans un couvent, mais sa famille Pen flt sortir pour la marier. A la mort de la pauvre jeune femme, elle se reprit à espérer. Cette fois, M. de Breteuil répondit ardemment à sa passion, mais fort peu longtemps : la constance n'était pas dans son caractère. II se remaria en 1696 avec Mlle de Froulay, mariage ciui l'alliait à la famille de Guise et plus tard à ce même duc do Mantoue auprès duquel il avait été accrédité :
L'introducteur habile De nos ambassadeurs, De toute la famille Veut faire les honneurs :
« Pour augmenter mon bien Vous savez mes menées, Seigneur, je vous réponds,
Don^ don D'envahir tout l'Etat,
Là, là.
Si je vis vingt années. »
Breteuil était un des originaux de son temps, un des « célèbres curieux », grand amateur des arts, protecteur de^ lettres, lié
DE LA MARQUISE D£ BALLEROY il7
M. le duc d'Orléans, en donnant à M. de Torcy la charge de grand maître des postes, lui avoit accordé un brevet de retenue de 50 000 écus :
avec Mme Deshoulières, avec Jean-Baptiste Rousseau ; La Bruyère en parle assez sévèrement sous le nom de Celse : c Celse est d*un rang médiocre, dit-il, mais des grands le souffrent; il n'est pas savant, il a relation avec des savants ; il n*est pas habile, mais il a une langue qui peut [servir de truchement et des pieds qui peuvent le porter d'un lieu à un autre. C'est un homme né pour les allées et venues, pour écouter des propositions et les rapporter, pour en faire d'office, pour aller plus loin que sa commission et en être désavoué, pour réconcilier des gens qui se querellent à leur première entrevue, i Mais je laisse la plume à Saint-Simon :
tu Le baron de Breteuil était frère de Breteuil, conseiller d'Etat, intendant des finances, père de celui qui a été secrétaire d'Etat de la guerre pendant la disgrâce de M. Le Blanc. Sa baronnie était d*étre né à Toulouse pendant que son père y était intendant, et de la vieille chimère que ceux qui naissent ont le titre de baron. 11 avait été lecteur ordinaire du roi et envoyé à Mantoue. C'étoit un homme à qui le contact de la cour, des seigneurs et surtout des ministres avoit donné une sorte de science du monde par un usage continuel et la familiarité qu'il y avoit usurpée. II se fit après lecteur du roi pour y avoir ses entrées, et s'attacha comme il put à quelques gens considérables. Le roi le traitoit assez bien, et il se fourroit partout et souvent où l'on ne vouloit pas, ou sans s'en apercevoir, ou sans en faire semblant. Il changea sa charge de lecteur, dont il conserva les entrées contre celle d'introducteur des ambassadeurs, qu'il faisoit bien, parce qu'il étoit fort rompu au monde; et il s'enrichit extrêmement par la protection de M. de Pontchartrain, tandis qu'il eut les finances, qui se moquoit de lui toute la journée et tout ce qui étoit chez lui, mais qui ne lui refusoit rien. Le ver de la qualité le rongeait sans cesse sans pourtant se déplacer et il mourut fort vieux et fort riche. Il y a des contes de lui sans fin. »
Sa seconde femme était fille de M. de Froulay, grand maréchal des logis de la maison du roi. c Ses enfants, dit Saint-Simon, n'ont ni paru ni prospéré. • Sa fille épousa un membre de la maison du Châtelet. Il mourut le 34 mars 1728.
HÉ UBSr éOaKBtfONDâiRS'
il lui en a accordé un autre de 250 000 firancs. M. de Torcy a marié sa fille à M. du nesâs-ChatilloD et lui a donné 200 000 livres «.
. Mme kt duchesse de Berrydbnnera lundi proeluda «u laixembourg une fête magnifique à M. de Lorraine! Elle a envoyé à Mme de Lorraine une commode où il y a pour 20 000 écus d'habits, d'^<^es, di fidius, de rubans. Madame lui a donné aussi une iK^beille {deine de byoux d'or.
• ii
aSféTrier.
Sa Majesté a donné à M. de Saint-Simon ses grandes entrée chez elle.
Nouvel incident entare le prince de Gonty et le chevalier de Rohan. Ce dernier étoit hier dans le chaufoy de la Comédie auprès du feu. M. le prince de Couty y étant entré, le chevalier se retira très respectueusement au coin de la cheminée ; mais en même temps il cria tout haut (c bonjour » à Marton, qui suivoit le prince, lequel, croyant que c'étoit une espèce de moquerie, dit au chevalier qu'il ne trouvoit pas bon qu'il se rencontrât au heu où il estoit; sur quoi le chevalier ayant répondu qu'il y restoit avec
1. Jean-Baptiste Golbert, pctit-llls du ministre, Fun des négociateurs du traité d'Utrecht. Il épousa Catherine Arnault de Pompone. Ses fliles épousèrent le marquis d'Ancezune, le marquis du PJessis-Ghatillon-Nonant et le comte du Mailly-Haucourt.
le respect qui lui étoit dû, M. de Gonty lui dit d'en sortir, et le chevalier dit : « J'en sors ; mais c'est pour m'aller plaindre au Régent, » ce qu'il fit sur-le-champ, et ce matin le prince est venu parler au Régent. Je ne sais pas ce que tout cela deviendra, mais je crois que M. de Rohan feroit tout aussi bien d'aller faire un tour dans les terres de monsieur son père pour quelques mois; au moins c'est une mauvaise pratique en France que les princes du sang irrités, mais cependant ils ne sont pas en droit de faire sortir un gentilhomme d'un lieu public quand il s'y trouve.
Breteuil.
28 février au matin, dimanche.
Le projet d'acceptation qu'on attendoit depuis si longtemps a été enfin porté à la conférence vendredi dernier par M. l'évêque de Châlons, en l'absence de M. le Cardinal, qui s'est excusé comme indisposé, et unanimement rejette par le parti contraire et même peu approuvé par les laïcs qui sont de cette conférence. On a dû envoyer hier soir la copie à M. le cardinal de Rohan pour la conférer au corps des évoques de son party, et, de la manière dont j'ai entendu parler hier un des plus savants, je ne vois aucune apparence à l'accomodement au moins quant à présent.
Outre le duc de Saint-Simon, M. d'Antin, M. de
LES CORRESl'ONIUMS
( veniy et M. de Giiiiuu-hrs mil vn les graiities en-
jes chez le roy.
Le ro7 nonuna hier deux oAbs àam U petite chi- I de son ^ipartanent. Lt fiUe de H. de Sfouchy
.ec la diic1ii>S8e de Berrff et le ffls de M. d'Arcy, ^etililhoiiinic: de la manche de Sa Abyesté, avec la duchesse du Maine. Sa Maje^, après le Iia^ttaie, (lonuu des tioudes d'oreilles à Mme de Monchy e< une bag;ii(> à Mme d'Arcj *. On dit ^e Sa Mqesté n'eu tioiulra plus : il en senùt accdd6 s'il vcH^oit luvndrt' le ptirti de vouloir être panin. Bbetwil.
Hii'rnmtiii.IaSoiitonneétantassemUéeaunwilve de cent deux docteurs pour travailler au corps de doctrine dont on a déjà parlé, MM. les évéques de Montpellier, Mirepoix, Senez et Boulogne demandèrent à entrer. Et, après qu'ils eurent pris leur séance, M. de Mirepoix prononça un discours très éloquent qui dura près d'une heure et qu'il conclut par dire qu'ils protestoieul tous quatre contre la constitution et en apelloient au futur concile général. 11 demanda ensuite le témoignage des docteurs pour cet appel. Les réguliers, au nombre de huit, sortirent dans ce moment; tous les autres, à l'exception de huit à dix seulement, convinrent de donner leur lé-