‹ Les correspondants de la marquise de Balleroy (volume 2)Chapitre 40 sur 90 · I. Pille de Mme de La Lande, soiis-tcouvernantp du roi · texte numérisé non relu

I. Pille de Mme de La Lande, soiis-tcouvernantp du roi

moignage, mais adhérèrent à Tappel au concile. Et les évoques ayant fait entrer les notaires qu'ils avoient amenés à la porte de l'assemblée, l'acte fut dressé et signé.

M. le duc d'Orléans, ayant été averti presque sur-lechamp, fit ordonner par des lettres de cachet aux quatre évèques de sortir aujourd'hui de Paris avant midi et d'aller dans leurs diocèses sous peine de désobéissance. Le sjudic de la Sorbonne est exilé k Collioure et est parti. Les notaires, dont l'un d'eux s'appelle Thouvenot, sont à la Bastille. Voilà un événement qui aura des suites fâcheuses, si Dieu n'y met la main.

Mme d'Albret mourut hier k deux heures après midi *. La veille, elle avoit soupe de grand appétit et joué jusqu'à une heure après minuit; après quoi elle dormit quatre k cinq heures fort bien ; mais la gangrène, qui gagnoit au dedans, attaqua tout a coup le cœur, en sorte que le curé de Saint-Roch, qui étoit auprès d'elle, ne put pas faire assez tôt venir le viatique pour qu'elle le reçût.

P.'S. autog. — Bonjour, ma chère cousine. Si ne vous m'aimez pas après tout ce que je vous envoie de nouvelles, vous estes une grande ingrate.

Breteuil.

1. Première femme du duc d'Albret, flile du duc de La Trémoille, I galante, mais qu'on ne pouvait s'empêcher d'aimer, » dit Saint- Simon. Elle obtint la survivance de la charge de grand chambellan pour son flls aîné. Le bruit courait qu'elle était morte pour sa complaisance à s'enivrer avec la duchesse de Bcrry.

8 mars.

M. (le Caillières \ plénipotentiaire a la paix de Ryswick, est mort. Il donne par son testament tout sou bien à T Hôtel-Dieu et fait seulement quelques legs à ses parents et amis. Il avoit un brevet de retenue de 80 OOOlivres sur sa charge de secrétaire du cabinet.

Le marquis de La Fare est fort malade d'une fièvre

continue. Il a pris Témétique et a déjà été saigné cinq

ou six fois.

Breteuil.

8 mars.

Je crois que ce sera gratitm opus agricolu que vous mander quelques nouvelles de ce pays-ci, ma chère sœur. L'affaire de la Sorbonne ne sera pas indigne de votre attention. Si vous êtes honorée d'une protection particulière de M. de Gouay ou de l'abbé (l(î Francières, vous en saurez plus par eux que par moi. Je vais toujours vous dire ce que je sais.

Pendant que Ton tenoit des conférences au Palais- Uoyal et que tout paraissoit presque aplani, MM. de Mirepoix, de Montpellier et de Boulogne, docteurs de la Faculté, et M. de Senez, qui n'en est pas, se transportèrent vendredi 5 en Sorbonne, où Ton tenoit une assemblée de docteurs. SV^tant fait annoncer, on

i. François de Callièros [M')"!.] — W mais 1717), diplomate disiinjjîué, plénipotentiaire au con^nès de liyswick, puis secrétaire du <"al)inet du roi; membre de l'Académie en HjSO.

envoya huit docteurs pour les introduire, un couple par chaque évêque. M. de Mirepoix harangua éloquemment sur la constitution, raconta comment plusieurs évoques et lui s'étoient opposés fortement au renversement de la théologie, morale, autorité royale, libertés de l'Eglise gallicane, etc. ; que, craignant avec fondement que les nouveaux tempéramens que l'on cherchoit ne nuisissent à la bonne cause, ils avoient cru que le seul moyen de salut étoit d'appeler au concile ; que leur acte d'appel étoit dressé et les notaires à la porte ; qu'ils en demandoient acte, et que la Faculté se joignit à eux. On fit entrer les notaires ; ils lurent l'acte ; la Faculté délibéra : de cent quinze qui la composoient, quatre-vingt-dix se joignirent aux évêques. Vivan seul forma opposition * ; les autres ne furent ni pour ni contre et proposèrent seulement des tempéramens.

Le cardinal de Rohan, averti sur-le-champ de la chose, récrivit au Régent; il en reçut réponse à l'instant, avec ordre de se rendre au Palais-Royal, où furent appelés pareillement le chancelier, le cardinal de Noailles, le procureur général, M. Amelot, le maréchal d'Huxelles, le marquis d'EfBat et autres Pères de l'EgHse. M. le Régent demanda un peu vivement au cardinal de Noailles s'il n'avoit pas su la chose. Le cardinal répondit qu'il les avoit souvent vus dans ce dessin, mais qu'ils lui avoient promis de

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