Curé de Saint-Merry, depuis ^rand-vicaire à Strasbourg
lî( LES COKBESPONDANTS
lie rivii fain' iaiis favfrtir, et qu'il éloit fort suqiris qu'ils l'eussent fuit il sou iuseu. Ou mauda le uotain.' qui a\oit dressé l'acte, qu'il apporta. Le Régent Ta envovê à la Bastille : vingl-ciuq docteurs ont été exilés l»r lettres de e*chet et les quatre évéques reuvoyés dans leurs diocèses. Courrier à Rome , coiuplimeus au ttoiici', rien ne manqua. Voilà l'état des choses, sur lequel vous ferez vos réflexions telles qu'il vous conviendra. Pour moi. je iie crois pas qu'il y ait graiiii mal il tout cela : l'appel au concile, n'est-ce pas une voie de droit? Le paiK- en sera fâché, mais veut-ou le croire infaillible en France ? Si l'espérance de l» fortune a fait lâcher pied à la plupart des évéques, un parti d'entre eux nous conservera le précieux dépôt de la foi (peut-on mieux parler?), et lo second ordre s'unira fortement à eux.
Le pauvre duc d'Albret est plus touché que je ne puis vous le dire de la mort de sa femme '. On devroit faire une justice exemplaire de Chirac. Contre tous les autres, il a soutenu pendant les huit derniers jours qu'il n'y avoit point d'ulcères : il soutenoit que de gros morceaux de chair qui tomboient étoient des caillots de sang, que rien ne pressoit, qu'il y avoil espoir de guérison ou au moins de la conserver longtemps dans te même estât. Avec tous ces beaux raisonnements, il lui a persuadé que rien ne pressoit; son testament, dressé depuis huit jours, n'a point esté
1. Il se remaria cependant Irois fois depuis, avec Mlles de Bartiezieux, de Gordes et de Lorraine-ilarcourl.
signé; les domestiques sont demeurés sans récompense et beaucoup de créanciers en l'air. Voilà la situation où le plus habile médecin que nous connaissions a mis les choses par son opiniâtreté. J'y soupois encore trois jours avant la mort.
Que dites-vous, si vous le savez, des pièces édifiantes de la Comédie italienne? On y mènera les enfants pour leur apprendre l'histoire de la Bible. SamsoD, nouvellement mis au théâtre par Lélio, y attire tout Paris. Le Régent y vint il y a trois jours, quoique la pièce ne se jouât pas au Palais-Royal . Deux comédiens, avec leurs costumes de théâtre, portèrent des flambeaux au pied de l'escalier audevant du prince. Que pouvoit faire de mieux un conseiller d'Estat qui y préside, que de marcher au milieu, armé de la redoutable mâchoire, ornant sa marche de quelques pas de danse, afin de terrasser tous les ennemis du prince avec ce redoutable instrument? On dit que la réception ne laissa pas de le surprendre et qu'il ne pouvoit s'en taire.
J'apprends dans le moment qu'il n'y a de lettre de cachet que pour M. Ravechet *, doyen. Touvenot, ie notaire, est à la Bastille. Les quatre évêques ont simplement ordre de sortir de Paris. M. de Mirepoix est à Notre-Dame des Vertus, M. de Montpellier à Chaillot, etc.
Caumartin de Boissy.
1. Doyen de ]a Sorbonne; exilé à Saint-Brieuc, où il niourul peu de semaines après.
10 mars.
Il y eut hier une grande assemblée de tous les évoques acceptants chez le cardinal de Rohan. Ils
confirmèrent leurs six anciens commissaires et v
ajoutèrent l'archevêque d'Aix et Tévêque de Viviers. M. le maréchal d'Huxelles vint les remercier de la part du Régent de tout ce qu'ils avoient fait pour Taccomodement, et les prier de revenir après Pâques pour y travailler. Il y en eut qui témoignèrent vouloir revenir. M. Ravechet, qu'on vouloit
mettre à la Bastille, s'est caché.
Bretedil.
12 mars.
Avant-hier, le cardinal de Noailles, accompagné de sept ou huit évoques du party contraire au sien, alla prier le Régent de rappeler les quatre évêques exilés, mais ils furent refusés.
Je ne sais pas si la chambre de justice finira à Pâques, ou si elle durera pour l'exécution des taxes; mais il est certain que le dernier rôle sera arrêté pour les Rameaux.
Le prince de Bombes a demandé la permission d'aller faire la campagne en Hongrie.
Le duc d'Olonne épouse Mlle de Vertilly, fille unique, dont le père a été longtemps major de la gendarmerie ; on lui donne 430 000 livres en la
mariant, et oq dit qu'elle en aura encore près de 900 à la mort de son père et de sa belle-mère, qui n'a point d'enfant et lui donne ses biens *.
Breteuil.
17 mars.
L'état de consistance, ou pour mieux dire de suspension, où l'appel au futur concile a réduit la constitution, coupe court aux discours des nouvellistes^ du moins pour quelques jours; peut-estre que Rome réveillera bientôt cette langueur, et pour lors les libertés de notre Eglise gallicane ne nous manqueront pas au besoin, ni l'éloquence aux dignes successeurs de M. Talon.
La chambre de justice finira absolument avec le carême ; les jeûnes qu'elle fera faire dureront un peu plus longtemps. On va nommer des commissaires pour tenir la main au paiement des taxes imposées. Bourvalais a été taxé à 4 400 000 livres.
J'espère que vous ne désapprouverez pas le parti que j'ai pris d'envoyer mon fils faire la campagne de Hongrie'. Il m'en coûtera 13 et 14 000 livres^
1. M. de Harlus, baron de Vertilly, épousa en 1695 Anne-Angélique, flile de François Godet, viconote de Soudé en Champagne^ conseiller d'Etat et maître en la cour des comptes, et de Anne Joly de Fleury. Leur fille unique épousa Charles-Paul de Montmorency, duc d'OIonne, puis de Luxembourg.
2. Charles-Auguste Le Tonnelier de Breteuil, fils du second lit (1701-1731), capitaine de cavalerie, marié en 1728 à Mlle Goujor>
.1^ /-» Mt-.
mais vous m'avez appris, par votre exemple, à faire des efforts pour nos enfants.
Le public n'a rien perdu à la chute du dernier auteur du Mercure galant. Un nouvel auteur, soidisant abbé, a pris sa place et en a même diminué le
prix, afin d'avoir un plus grand débit.
Breteuil.
âO mars.
Le prince de Gonti va senir en Hongrie et mène avec lui MM. de Meuze et de Marton, parce qu'ils sont à lui, quoiqu'ils aient des régiments. Le Régent ne donne point de permission à ceux qui ont de l'emploi dans les troupes .
M. Le Grand donne à ses neveux, le prince de Pont et le chevalier de Lorraine, plusieurs chevaux de la grande écurie, richement harnachés.
Il y eut mercredi dernier un conseil extraordinaire de régence pour régler la dernière taxe des gens d'affaires qui ont donné leurs déclarations.
Breteuil.
âd mars.
Le Régent a donné au premier président du Parlement un brevet de retenue de 500 000 hvres sur
1. Ce voyage n'eut pas lieu : le Régent donna au prince le gouvernement de Toul et rentrée au conseil de régence pour le retenir, ne voulant pas qu'il pût se rencontrer en Hongrie avec le prince de Dombes, — fils du duc du Maine, — redoutant ranimosi té 'provoquée entre eux par le procès des princes.
sa charge. Il a rticompensii M. l'abbé du Bois, son précepteur, pour le traité de Hollande et d'Angle- (erre qu'il a fait cet hiver, par la charge de secrétaire du cabinet du roy, vacante par la mort de AI. de Callières. Gela vaut 9000 livres de rente. Il lui donne en outre une place de conseiller dans le conseil des affaires étrangères ; cela vaut 10 000 livres, et celle de conseiller d'État d'Eglise qu'il lui a donnée l'année dernière en vaut cinq.
M. de Coursilloii est toujours en danger de sa petite fièvre.
Le Régent a refusé la perraissjon d'aller en Hongrie aux otBciers qui la lui ont demandée, et l'a retirée, à la vérité avec toute l'hounêteté possible, à Chamerolles, fils de M. de Saumery, à qui il l'avoit accordée, afin de s'éviter toutes les iniportunités inutiles (jue cet exemple lui attiroit. En sorte qu'il n'y a que les jeunes gens qui n'ont jamais vu d'actions de guerre qui auront la permission d'y aller.
L'édit de la révocation de la chambre de justice, qui a été publié hier, met autant de joie dans Paris qu'il y a eu de consternation tant qu'elle a duré '.
J'enverrai mon fils faire la campagne en Hongrie.
Bretedil.
ft éoit DOW «m^poitar
je fiûs^nib je piriiw lo^loan, fltt^ dtttt ke MliK éort
eboplie dé Fode, «*eB mieir jeaiis riee à I sami- mffummÊÊÉA te nnra de IL Pewiireli kirs de eour nr raocttetioD de Li Feabin et «le carimiiée à Mnf aat de ïmaàsr
^pièe farcie «m pi]fé dellei, e*ert4-Ape Maf aat epièa m nmt M. le Chmcdkr «oit pegrtMt diMmé ramiée peade w eeactasioiBi à rajjovMnkent et èenfinootaiion de ee minislie.
M. de Maurepas époase MDe Daguesseau; M. le duc dOlonne, une héritière qui se nomme Mlle de Vertillv.
Il y a grand bruit dans TEglise; tout ce que nous sonmies d'orthodoxes gémissent bien de voir les excommunications prêtes à nous tomber sur le corps par cet appel téméraire des quatre évèques au concile général, à quoi la Sorbonne a adhéré. Depuis ce temps-là, il n'y a petit curé ou prestolet qui n'adhère aussi par acte qu'on reçoit au greffe de Tofficialité. Le Régent, voyant son autorité méprisée, sa médiation négligée, a exilé ces quatre évoques ;
mis le syndic de Sorbonne et le notaire qui a passé l'acte, à la Bastille. Le cardinal de Noailles a été demander, à la tête d'une députation, la liberté et le rappel de ces messieurs; cela leur a été refusé. Voilà où cela en est. Ceux qui ont un peu d'expérience disent que nous allons voir un schisme ou un concile national, peut-être l'un et l'autre, car, pour un concile œcuménique, ce n'est pas pour leur nez ^ J'allay hier à une belle comédie italienne tirée de la Bible : c'est Samson ; tout s'y passe avec beaucoup de décence. Le spectacle est fort beau ; Arlequin égaie un peu le sujet. Il devoit paroître déguisé en renard, venant de brûler les blés des Philistins
1. Nous croyons nécessaire à la clarté du récit de donner un résumé rapide de la question de raffaire de la constitution.
La querelle soulevée par la bulle Unigenitus, lancée en 1713 pour condamner les doctrines du P. Quesnel, janséniste, avait survécu à Louis XIV. Enregistrée sous réserve des libertés de TEglise gallicane, elle avait été frappée d'appel par le cardinal de Noailles et plusieurs prélats, et le clergé s'était promptement partagé en acceptants et appelants. En 1717, l'Université s'éleva vivement contre la bulle, et la Faculté de théologie adhéra à l'appel des quatre évêques. La lutte s'anima d'autant plus que chaque parti crut engager le Régent, qui cependant ordonna l'arrestation des quatre évêques et défendit de persévérer dans l'appel. N'obtenant rien à Rome, il convoqua des réunions d'évêques au Palais-Royal ; rien n'y fit, et la situation se compliquait : en 1718, il y avait quinze diocèses et de nombreux bénéfices vacants, le pape exigeant des conditions de soumission avant d'accorder l'institution. Le 28 août, Qément XI menaça d'excommunication tous les opposants. Noailles répondit avec ses adhérents par l'appel au futur concile ; le Parlement jugea contre la bulle; TUniversité lança un violent réquisitoire explicatif de son appel. C'est alors que Dubois prit rafTairc en main : on arriva non sans peine à un accommodement que dénonça une déclaration royale du 4 août 1720, et, après un refus suivi d'exil et de violentes discussions, le Parlement l'enregistra (4 décembre).
132 LES œRRESPONDÂNTS
avec une longue et grosse queue pleine d'artifices; mais les censeurs ont retranché cela. Si vous voulez lire de belles choses, je vous enverrai Daphnis et Cloé^ enrichis de figures en taiUe-douce, d'après des dessins faits par M. le duc d'Orléans; Roland r amoureux, traduit de l'espagnol, non pas de l'Arioste, il ne faut pas confondre, mais du chevalier Boujardo. Ce sont deux romans fort bien écrits et fort amusants.
Argenson.
Mardi après diner, 23 mars.
J'ajoute aux nouvelles que je vous ai écrites ce matin que M. le prince de Conti ne va plus en Hongrie et que, pour l'en consoler, M. le Régent le fait entrer au conseil de régence, et qu'on le fait gouverneur du Poitou, moyennant 100 000 livres qu'il donne au marquis de La Vieuville, qui jouira des appointements de ce gouvernement le reste de sa vie.
Albergoty est mort ce matin subitement *. Le régiment Royal Italien a été donné sur-le-champ à un autre Albergoty, son neveu, qui trouvera certainement beaucoup d'argent comptant dans l'héritage de son oncle.
Je vous ai ce matin fort mal renseigné du brevet
i . Lieutenanl général et chevalier des Ordres ; excellent officier, qui eut plusieurs affaires brillantes.
de retenue de M. le premier président. Il Favoit dès le temps du feu roy, qui lui avait donné une pension de 25 000 livres pour en faire le revenu. Aujourd'hui, M. le Régent lui fait payer les 500 000 livres
et lui conserve la pension .
Breteuil.
Mars.
Ma mère me charge, ma chère tante, du soin de ce supplément de lettre pour vous instruire du vrai de ce que vous avez entendu dire des exempts de la police et de la Chambre de justice. Les messieurs qui la composent, pressés de tout côté pour finir leurs séances, et par les misères des troupes et par la voix des peuples qui n'en espèrent pas de soulagement, n'ont rien trouvé de plus à propos que de faire arrêter deux pauvres misérables exempts, dont les biens montent à l'un à 2000 écus, à l'autre à beaucoup moins. Mon père fut averti de la capture du premier, nommé Pomereu, et alla trouver M. le duc d'Orléans à Saint-Cloud *. Il lui remontra la
1. Il était Tun des exempts de la police sous les ordres de M. d^Argenson^, arrêté avec deux collègues, le Régent prononça sa mise immédiate en liberté : la chambre de justice réclama avec vivacité, le Régent envoya au lieutenant général de police une lettre itérative de cachet dans le même sens. La chambre fit faire après cela une démarche directe par son président, auquel le Régent répliqua : • Prenez-le si vous pouvez! • Pommereu était alors en fuite et ses papiers en sûreté; on prétendait qu'il en avait constatant une tentative d^empoisonnement contre le roi d'Espagne, à l'instigation du duc d'Orléans. Son procès par contumace durait encore au mois de mai 1719.
conséquence dont il seroit qu'un commissaire de la Chambre de justice prît connaissance d'une infinité de papiers qui pouvoient renfermer les secrets de l'État; que ce Pomereu avoit reçu depuis peu des marques de la satisfaction de Son Altesse Royale, qui avoit répondu, sur une requête qu'on lui avoit présentée contre lui, qu'ayant approfondi les charges que renfermoit cette requête, il étoit fort content de cet officier ; enfin que de lui enlever ses exempts les plus entendus, c'étoit l'empêcher de faire sa charge comme il l'avoit fait jusqu'ici, et qu'il aiuieroit mieux quitter que de s'en acquitter avec désagrément.
M. le Régent fit plus que mon père ne demandoit : il fit expédier une lettre de cachet sur-lechamp, et l'exempt sortit le soir même. Le lendemain, la Chambre de justice se couvrit de sacs et de cendres ; elle ferma boutique, criant qu'on lui rendît son prisonnier ou qu'elle , allait finir. Mon père et elle plaidèrent contradictoirement devant le Régent ; il fut convenu qu'on n'attenteroit point sur la liberté d'aucun officier de police sans prendre l'avis de mon père. Cependant Pomereu a manqué de foi et a pris la fuite. Je vous laisse les conséquences d'une conduite aussi extraordinaire que celle de MM. de la Chambre de justice. Je ne vous dis pas quel tort on trouve qu'ils se font à euxmêmes par là ; leur animosité retombe sur eux, et on ne doute pas du motif quand on sait que mou
père opina vivement au conseil de régence quelques jours auparavant pour qu'elle finît.
Le CHEVALIER d'ArGENSON.
Discours de M. le Chancelier à la clôture de la Chambre de justice, 20 mars ilil.
Messieurs, je viens vous annoncer la fin de vos travaux et la satisfaction que le roy et M. le Régent ont eu du zèle et du courage avec lesquels vous avez fourni votre pénible carrière.
Les peuples du royaume demandoient la vengeance des concussions et des vexations immenses qui Tavoient affligé pendant de si longues années. Vous avez été choisis pour remplir un si redoutable ministère. Mais le3 remèdes peuvent devenir de grands maux lorsqu'ils durent trop longtemps. A la vue de tant de personnes qui gémissent des peines qu'ils endurent, le peuple tombe dans une espèce de consternation qui fait languir le corps politique, et telle est son inconstance qu'il passe tout d'un coup de la haine qu'il avoit contre eux à la compassion des misères où ils se trouvent réduits et s'accoutume enfin à les croire innocents lorsqu'il les voit trop longtemps malheureux. C'est à la sagesse du souverain à tempérer les lois avec l'indulgence.
Ainsi la même sagesse qui a donné l'estre à la Chambre de justice en ordonne présentement la fin et vous renvoie à des fonctions plus douces et
non moins importantes. Il auroit été plus avantageux au public et à vous, messieurs, que la même voix qui vous a rassemblés vint vous annoncer la fin de votre carrière. Mais je puis vous assurer que personne ne sent mieux que moi l'éloge qui est dû au zèle que vous avez témoigné pour la justice.
Si vous n'avez pu accomplir en son entier l'objet qui vous étoit proposé, du moins avez- vous la satisfaction précieuse d'avoir arrêté le cours d'une déprédation sans bornes et de voir que de la Chambre de justice va dater une époque où le bon ordre dans les finances va succéder aux abus qui s'y étoient glissés, et la lumière à l'obscurité. La sagesse qui nous gouverne n'aura que le plaisir de faire goûter ses bienfaits et d'établir la grandeur du roy sur le bonheur de ses sujets *.
23 mars.
Si je ne vous envoie pas de livres, ce n'est pas mauvaise volonté. J'ai porté malheur à la librairie. Ma censure trop sévère fait taire tous les auteurs. 11 n'a presque paru que des Mercures de mon temps. On a imprimé, dit-on, assez mal à propos les Lettres de FitZ'Moritz. Gomme on parle beaucoup de ce livre-là, j'ai cru que vous désireriez le lire. M. de La Cour en a un exemplaire, qu'il vous envoie. 11 vous fera tenir, si vous en êtes curieuse, la Vie de
i. De la main du clicvalicr d'Argenson.
Louis XIV par Larrey \ au moins les quatre premiers tomes, qui paraissent. Vous verrez que les mémoires de Retz, Joly, Artagnan, etc., qui traitent des mêmes faits, effacent furieusement Larrey. La suite plaira davantage.
M. de Charny est mort ; Tabbé Abbeil * ; un M. Lossine, qui étoit bien riche. M. de Bléru, conseiller, se meurt de la poitrine, le maréchal de Tessé d'apoplexie '. Le comte de Tessé a eu une attaque bien vigoureuse.
Rome lâche les bulles après bien des difûcultés, mais le pape les enchérit d'un tiers pour la peine.
Le Parlement s'assemble de temps en temps pour répliquer à la réponse aux remontrances. Les rentes sur la ville tiennent principalement à cœur; on a mandé le prévôt des marchands pour savoir comment elles se payoient. « Bien, » a-t-il répondu. Mais depuis on a découvert que le drôle mentait. Il y a les rentes des gens d'affaires rétablies qui n'entrèrent pas dans son calcul, et cela fait un article de 2 000 000 qui porte à faux. Pour remontrer plus
1. Isaac de Larrey, sieur de Courminil (1698-1719), protestant; il passa en Hollande, où il fut nommé historiographe des Etats; il devint plus tard conseiller aulique à Berlin. Il laissa de nombreux ouvrages historiques. V Histoire de Louis XIV parut à Rotterdam, de 1718 à 1722, en 3 vol. in-i* ou 9 vol. in-12.
2. Gaspar Abeille (1628-1717), d*abord secrétaire du maréchal de Luxembourg, poète plein de verve et d'esprit; il entra à TAcadémie. — La Biographie Didot ne le fait mourir que le 22 mai 1718.
3. W n*en mourut pas, et nous allons le voir au nombre des gentilshommes chargés de recevoir le czar.
scientifiquement sur cela, on le mande encore mardi et on lui tiendra ce discours : « Monsieur le Prévôt des marchands, ma foi, vous vous moquez des gens. Dites-nous pour combien on a fait revivre de rentes •et combien on en a créé depuis le 1" janvier. » Après que les rentes seront éclaircies, on procédera à la banque du nommé Lass.
Mon oncle est de la cour, et nous allâmes hier souper à Passy chez Cailly * ; nous trouvâmes dans une belle chambre Mlle Mimy en couches, ornée d'une corbeille de rubans et un cercle respectueux d'honnêtes gens qui faisoient conversation; nous avons bien bu, bien mangé.
Argenson aîné.
24 mars.
L'affaire du duc de Brancîis sur les juifs n'est pas encore réglée.
Mademoiselle ' prit hier Thabil à Chelles. On lui donne 10 000 livres de pension, et à chacune des religieuses, qui sont cinquante, 50 livres de chocolat, autant de café et de sucre.
On a brûlé à Rome par Tordre de Flnquisition la lettre que les curés de Paris ont écrite à M. le cardinal de Noailles.
1. Pierre Delpecli de Qiilly, avocat général h \a cour des aides, marié à Marie - ElisabeUi Le Fèvre de Caumartin, morte le 25 août 1747, « une des beautés de Paris i, remarque Dangeau.