Seconde fllle du Régent
On dit tout bas qu'après la quinzaine de Pâques M. le cardinal de Noailles, suivi de quinze évéques, fera son appel au concile général.
M. le Chancelier a réglé que le Roy donnera à MM. de Canillac et de Chivernv des brevets expectatifs de conseillers d'État qui seront datés du jour qu'ils sont entrés dans le conseil des affaires étrangères, et par là M. l'abbé du Bois marchera après eux.
81 mars.
Mademoiselle a pris hier l'habit à Chelles, entièrement incognito. Leurs Altesses royales n'y ont point été, ni qui que ce soit de leur maison. Les portes furent soigneusement fermées à tout le monde *.
M. de Gourcillon se porte beaucoup mieux. La Bèvre qu'il a eue quarante-cinq jours avec des redoublements est beaucoup diminuée.
M. de Harlay, conseiller d'Etat, qui est à la mort depuis le dimanche des Rameaux de la goutte remontée, a mieux passé la nuit, et on commence à espérer.
Albergotti, qui faisoit le pauvre et n'a jamais dîné chez lui ni soupe par avarice, a laissé 700 000 livres d'argent à Gennes et plus de 50 000 écus à Paris.
Breteuil.
1. Voir notre livre Les Pi/Zes du Régent^ in-8. Paris, Didot, tome 1 •
2 BYTll 1717.
M. d'Antin a prié le Régent qu'il trouvât bon qu'il ne s'occupât plus de l'Opéra, nation incapable de discipline. Il dit qu'il ne soupe point avec les musiciens et ne couche pas avec les chanteuses.
M. de Béthune mourut hier matin *. M. de Harlay est hors de danger. M. de Courcillon n'a plus la fièvre.
Le courrier que les quatre évoques avoient envoyé a Rome en est de retour depuis quatre ou cinq jours, après avoir affiché dans les lieux requis le placart imprimé de l'appel au futur concile. Il est arrivé à Rome quatorze heures avant celui de M. le duc d'Orléans. Le fait est que les évoques avoient leur arrangement si juste, que leur courrier étoit parti neuf heures avant celui du Régent.
Rousseau a fait l'ode dont vous m'écrivez comme
vous l'avez fait 2, mais c'est assez que quelque
chose ait de la force et de la malignité pour qu'où
l'attribue à Rousseau ou à Arouet, que j'ai laissé à
Saint-Ange depuis le commencement du carême.
J'avois autrefois toutes ces pièces fugitives, mais
comme je ne fréquente plus les jeunes dames ni
les jeunes gens, je ne les ai plus.
Breteuil.
1. Le duc de Béthune : « c'était un bon et vertueux homme, • dit Saint-Simon. 11 avait soixante-seize ans.
2. M. de Breteuil avait été l'un des protecteurs de Rousseau, alors passé à Pétran^er.
2 avril.
On vous parlera peut-être d'une lettre imprimée de l'abbé de Guitaut, et vous vous en prendrez à nous si vous ne l'avez pas, mais je vous assure qu'elle ne vaut pas la peine de la chercher. Imaginez-vous la plus fade ironie et le plus grand galimatias qu'un janséniste puisse adresser à l'évêque de Langres; trop mauvaise pièce pour être lue, pas tout à fait assez ridicule pour faire rire. Rien n'obligeoit l'abbé de Guitaut à écrire qu'il détestoit la constitution, et tout l'obligeoit à ne point faire publier sa lettre. Nous attendons d'un jour à l'autre le porteur d'une bonne excommunication : on sait que l'appel a été aflftché à Rome au Vatican. Le pape s'en meurt de rage; il a fait faire un beau fagot de toutes les lettres des théologiens du second ordre (malheureusement l'abbé de Guitaut ne s'étoit pas encore élevé) et a fait brûler le tout par la main du bourreau.
Les morts depuis que je vous ai écrit sont M. de Bessac, qui avoit le visage si long, mort de la poitrine*; M. de Brissac', des gardes du corps; Mme de Romant, Mme de Boufflers, religieuse, de la petite vérole.
La négociation pour empêcher le prince de Gonti