Capitaine de vaisseau
9. Nevea du mojor des gardes du corps, dont il avait eu le gouvernement de Guise.
d'aller en Hongrie a été menée par Mme de La Roche^ (|ui s'est racomodée par là avec Mme la princesse de Gonti. M. des Alleurs s'est fort opposé au voyage de M. le prince de Bombes; en Turquie, on fait cas des bâtards comme des légitimes. Ils trouveroient, dit-il, fort mauvais qu'on envoie des héritiers de la couronne pour leur faire la guerre, et la première nouvelle qu'on recevra de Constantinople sera qu'on y a égorgé tout ce qui s'y trouvera de Français.
Dans la première liste des morts que je vous enverray seront apparemment ces mourants : M. Dangeau, abandonné des médecins ; monsieur son fils, condamné pareillement et qui a un abcès dans le foie ^ ; M. de Harlay est un peu mieux aujourd'hui. La marquise d'Estrade est morte*.
Argenson aîné.
7 avril.
M. l'abbé du Bois est enfin entré dans le conseil des affaires étrangères : il y a eu la dernière place.
M. le duc d'Antin a abandonné le soin de l'Opéra. Les musiciens lui donnoient plus de peine que le conseil du dedans.
1. Ni Pun ni l'autre ne moururent encore. Le marquis de Dangeau, auteur du fameux journal, vécut jusqu'au 9 septembre 1720: son fils, marquis de Courcillon, jusqu'au 20 septembre 4719.
2. Marie-Anne Blouin, fille du premier valet de chambre du roi. seconde femme do Louis, marquis d'Estrade, mestre de camp de cavalerie, maire perpétuel do Bordeaux. Fort belle, son mari Pavait épousée par amour, dit Saint-Simon.
DE LA MARQUISE DE BALLEROY lia
Mme la marquise de Gesvres a loué une maison à Auteuil; elle en a fait nuitamment emporter les meubles , parce qu'on lui a dit qu'ils répondoient pour le loyer, et elle plaide pour ne pas payer, parce qu'elle étoit mineure l'automne passé. Mlle de Valois a pris avant-hier l'habit à Ghelles. Grand bruit de changement de ministère : le Rouillé tombe de jour en jour du cas que faisoit de lui le Régent*. Il est si rebutté de le voir toujours ivre, toujours brutal et plat boufTon, qu'il le porte partout sur ses épaules. Il s'est donné mille travers, comme d'aller faire des singeries parmi les comédiens italiens qui ven oient remercier M. le duc d'Orléans de vouloir chasser M. de Melun et le chevalier de Touches de l'orchestre. Enfin ledit M. Rouillé attend tous les jours une lettre de compliment au Goudray. On prétend que M. Amelot lui succédera, d'aucuns disent M. Desmarets, qui véritablement est bien mieux en cour qu'il n'a été. Il me paraît plus vraisemblable à ce que d'autres disent que M. d'Ormesson, beaufrère du chancelier, sera donné pour adjoint à M. Rouillé, qu'il aura bientôt débusqué tout à fait. M. d'Antin' a remis la direction de l'Opéra qui devenoit trop difficile. On retranche les pensions qui étoient dessus et le prix d'entrée va revenir, comme
1. Hilaire Rouillé du Coudray (1612-1729) devint procureur f^énéral de la cour des comptes, puis directeur des finances par la protection du duc de Noailles. 11 s'y maintint tant que ce dernier fut chef de ce conseil; il se retira avec lui en 1718.