I. Elle mourut le
"I. Procureur général à la Cour des comples.
nr us CORKESPONDANTS
de la niariiiL'. M. lu Hégeot reprit la parole avec duucoiir Pt dit : Nous nous y opposons, s'il vous platt. M. le nian^chal est un de nos enfants, il a été élevé à nos affaires, il les entend et n'entend rien aux finanecs : nous le garderons, s'il vous pluit. Four vous, M. le duc, vous ferez bien de gouverner les finances ipie vous eiitt^ndez si bien.
On croit que les prisonniers vont sortir, sauf .M, de Ghastillon ijui y restera plus longtemps que les autres. C'est M. le duc do Chartres qui demande leur sortie '.
Aime de la Trémouille a fait la plus belle mort du monde de la façon du piSrc tlaillard. Le Montauban l'avait délaissée depuis quelques jours. On dit que le chagrin n avancé sa fin.
Dcu.t belles dames sœurs, filles de celle qui gardait vos peignes, alU'reiit il y a quelques jours dans un couvent oîi la cadette a été élevée. Il y avait la cérémonie d'un enterrement d'une religieuse qu'elles avoient connue. Comme elles comploient coucher dans le couvent, eUes n'emmenèrent point de femme de chambre. En passant dans Vincennes, elles trouvèrent deux ecclésiastiques à pied, auxquels elles demandèrent où ils aUoient : comme elles eurent appris que c'étoit au même lieu, charitablement elles les firent monter avec elles. Les bons prêtres
1. Us furent tous mis en llberié ie 17 juillcl et leur sortip, d'après Saint-Simon, eut plulàt un air de triomphe qae de pai^ don : ils furent conduits chez le Régent.
entrèrent dans le couvent avec leurs surplis et y séjournèrent, à ce que Fon dit. M. de Richelieu a dit depuis qu'il étoit l'un et le Montauban l'autre. Cela a fait une belle histoire. Le mari de la gardienne de vos peignes en a été au désespoir et les envoie dans une campagne éloignée avec son frère.
M. Baucheron m'a dit que le Parlement avoit fait enlever ce matin le commissaire Cailly * et quelques autres officiers de la police. Je ne me souviens que du nom de Champy. Ils étoient revenus depuis la fin de la Chambre de justice. Pomereu, soit qu'il se sentit plus coupable, soit qu'il fût homme de plus de précaution, ne s'est point rapproché d'ici. Je ne crois pas qu'il s'y rencontre de ^itôt.
Caumartin de Boissy.
10 juillet.
Enfin Mme de Gesvres vient de remplir sa malheureuse destinée ; elle expira hier , après une agonie de trente-six heures, entre les bras de sa famille. Elle étoit depuis plusieurs jours désespérée. Quand on lui parloit de se confesser, elle poussoit des cris horribles, ne pouvant pas distinguer la mort de
1. Commissaire au Châtelet, Ctiampy, exempl de M. d*Argenson, accusé de concussions, violences, etc. Le Parlement saisisj^it celte occasion d'être désagréable au lieutenant général de police. Ils ne Turent jugés qu'au mois de mai 1719. Cailly fut condamné à quatre mois de prison jusqu'à plus ample informé ; les exempts furent bannis.
f 78 LBS OOERESPONDANTS
k dernière confession. La religion a voulu que Ton engageât le curé de Saint-Sulpice à l'exhorter et à b confesser malgré elle. Dès que cela a été fait, elle a tourné à la mort : il est sûr que cela a avancé ses jours et lui a donné une si longue agonie, car elle étoit sans connoissance, ayant encore toutes ses forces. Il nV a pas le moindre testament, malgré toutes les tentatives qu'aient faites nos parties adverses* et on lui a proposé de signer des mémoires de créanciers, et on auroit pu mettre à la tète deux petits mots de disposition des dettes feintes. En dernier lieu, ils pouvoient trouver des notaires assez fripons, ce qui n'est pas rare, qui auroient écrit ce qu*ils auroient voulu pendant son agonie et témoigner pour elle : aussi ils ont été fort importunés de notre présence, et ils semèrent un bruit sourd qu'il y auroit du pourpre mêlé dans cette maladie.
Vous entendrez peutnMre parler d'un attentat du Parlement dans le gortt de la Chambre de justice: il a fait ariiHer le commissaire Cailly, Chantepie el deux inspecteui-s de jH^lice. Gela ne fait pas le moindre i*ha«rrin à ceux qui se sont servis de ces genslà. Il faut les reconnoître à présent pour fripons: tant pis pour eux si on les en convainc. lï faut que le Parlement en ait trouvé de grands coniniencenienls de preuves. Pour la Chambre de justice, elle étoit sur un diflférent pied dans le monde. Il étoit pardonnable de suivre de plus près ce qu'elle entreprenoit, et qui s>st tiré d'inquiétude peut éti'e
sûr de ne pas donner occasion aux moindres prétextes. Il est à la vérité bien dur d'être obligé d'avoir à faire ses remarques sur cela. Demandez-le plutôt à M. desMarets.
Argenson.
10 juillet 1717.
Voyez combien de divisions dans tous les ordres. Témoin ce qui vient d'arriver à la Martinique. Les habitants ont paqueté le gouverneur, nommé de Varenne, et Riquar, nouvellement nommé intendant, et les ont mis sur un vaisseau de La Rochelle avec une lettre au Régent. On dit que Ton va envoyer contre eux une escadre. Pour moi^ je crains, si l'on use de trop de sévérité à leur égard, que l'on ne fasse révolter les autres colonies. On les a laissé manquer de bien des choses, mauvaises farines, mauvaises chairs salées, et on leur vend tout cela au double de ce que les Anglais le vendent dans leurs colonies *.
Le duc de Noailles dit au maréchal de Villeroy, que l'on a, comme vous savez, nommé pour l'un des commissaires, qu'il le prioit de n'avoir point d'égard pour lui et de ne rien lui laisser passer. Le maréchal lui répondit qu'il croyoit le pouvoir faire sans
1. Les habitants se soulevèrent pour ne pas payer de droits nouveaux; le gouverneur, M. de La Varenne, capitaine de vaisseau, et Fintendant, M. de Ricouart, n'y apportaient peut-être pas la prudence nécessaire; on les embarqua de force pour La Rochelle, en envoyant au Régent un mémoire très modéré.
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tsn LES COftBESPONDANTS
le blesser; que l'on savoit assez que le système titoit des Paris et le discours de La Bliniùre ; qu'il n'y avoit do lui ijue les grâces de la prouoaciation, que persouuu ne pouvoit lui disputer.
Caimartin de Saint-Asge.
On a fait arr<^ter le commissaire Cailly, Chaiilepie, Le Roux et deux autres des principaux sbires de la police. La chose fait grand bruit. Ce qu'il y a de pire, c'est que la partie parait faite à mer\cille. II avoit évité la Chambre de justice, couipaguîe passagère. Il a aujourd'hui affaire au Parlement, très ameuté ; ce n'est mémo point laTournoIle, à laquelle président Lamoignon et Portail ; c'est la Grand'- Chamhre qui s'est conduite avec un secret impénétrable. Je crois même que l'on a pris un temps d'absence du premier président. J'en suis plus inquiet que d'Argenson ne le seroitde nous.
Le mariage du duc d'Albret s'avance, malgré ce que les Louvois y font. Je lui ai fait moD compliment d'avance de ce qu'une si vilaine famille lui fournit une si juste raison de n'avoir aucun rapport avec eux.
On propose un problème : Qui vaut-il mieui d'épouser M. de I-a Trémouille ou du marquis de Gesvres ? Je mets à part le rang et la naissance : on com{)arc le manque de forces avec la mauvaise santé.
Le jour de l'édit des princes, le comte d'Hautefort passa dans les Tuilleries l'air assez r^^veur '. M. le duc, qui l'aime fort, lui dit : n A qui en avez-vous de passer si droit? Craiguez-vous que je ne vous mange? — Non, Monseigneur, je suis trop coriace, le morceau seroit de dure digestion. » Le Maillebois, qui étoit avec le prince et qui vit que la réponse ne plaisoit pas, voulut se mêler k la conversation. Hautefort lui répondit : « Ho, pour vous, je vous croquerai avant que vous ni'eussiez envisagé. "
Tous ces messieurs et ceux qui leur sont attachés sont passablement aigris.
M. de Mortemart voulut l'autre jour interdire un officier du roy qui avoit donné la serviette à M. le comte d'Eu pour le service du roy. Saumery eut grande peine à l'empêcher et fit retirer M. le comte d'Eu, de peur que les difficultés recommencent après souper pour la chemise. M. et Mme du Maine s'en sont plaint au Hégent, qui adit que les honneurs de la cour ne dépendoient ni de l'édit de 1714, ni de la déclaration de 1715. mais du brevet que le feu roy avoit donné en 1711. Monseigneur le Duc a dit que les brevets étoiont cassés par la mort du feu roy. Un veut en donner de nouveaux. Monseigneur le Duc s'y opposa et demanda, comme grandmattre, a être logé dans le Louvre, dont M. du
, I Lieulenaiil général des t Comle de Toulouse, Torl rustre dtiabllelô » (Siiîiil-Sîmori).
mées novales, premier iViiyer du sans verlu, mais avec lieaucoup
IS! LES COtlKESPONDAlNTS
Maine ocriipe tout le bas. Oii croil qu'il va demander nu proniier jour l'i^diiciitioii, ne coiivenaiil pas qu'elle lui ilemeum, lorsqu'il est brouillé coranio il Test avec les priuces du sang.
Dans nii des derniers conseils de rt^gence, i! dt^fendit à M. de ]m Vrillière de nommer dans lis t^dits el dt^clarations les légitimés, disant qu'il no devoit nommer que les princes du sang. Le polit La Vrillière répondit qu'il ne recevoit des ordres que du Hégent. L'affaire n'est pas encore réglée.
Le Parlement l'ait de s difficultés an chancelier, qui pnurruit bien l'empêcher d'y prendre séance. Ils uc veulent point souffrir les robes de satin du conseil et veulent fain? mettre les conseillers d'honneur immédiatement après les ducs, ce que les conseillers d'Etat ne veulent jms souffrir. Les robes de siitin allèrent avec M. Voysîn. Pour ce qui est des cniiseillers d'honneur, ils s'obstinent, comptant que M. de Marillac, doyen du conseil, représentât pour eux. .\ujourd'hui U n'est plusen état d'y aller, et les conseillers d'honneur ne veulent pas qu'il y ait de grand conseil sans eux.
Vous savez qu'on a défendu aux ducs de s'assembler. Ils ont pris le parti d'aller en corps manger des matclottes au Port-à-VAnglaîs, oîi ils tiennent la cour de Paris. On s'en moque assez.
Autre belle aventure arrivée à Vitry en comité moins nombreux. La Pharre étant allée souper dans son château avec Lescarpin, Broglie et autres non
moins importants, y fit venir la présidente, qui depuis peu a relevé boutique avec quatre nimphes belles et bien vêtues. Le salaire se monta à 280 livres. Le partage fut ordonné, ce que la présidente voulut faire en particulier ; on sut que les filles n'avaient eu que 15 livres chacune. Lescarpin voulut faire refaire le compte ; la présidente compta d'abord 10 sols par escu pour M. Lescuyer (c'est le petit laquais qui va les chercher). Le sage aréopage qui devoit juger soutint que, suivant les plus anciennes lois du pontificat, la course de Lescuyer ne s'arbitroit qu'à 5 sols par escu. La présidente allégua l'augmentation des monnoies; quoique ce fût plus que le sol la livre, cet article passa. Le fiacre fut compté à 20 livres, et les habits loués par elle pour le surplus. Les sages étoient trop éclairés pour autoriser pareille vexation. L'on voulut la forcer à nouveau partage : les cris, les pleurs, les hurlemens survinrent, la gorge s'enfla, les grandes vapeurs, etc. Ces charitables messieurs lui jetèrent d'abord de l'eau dans des verres ; les aiguières furent employées, et, pour administrer un secours plus puissant, les seaux d'eau même furent mis en usage. Tous ces remèdes donnés si à propos ne calmèrent point la présidente, furieuse comme une lyonne ou comme deux. Elle jura, blasphéma, renia, etc., et protesta qu'elle s'en plaindroit à son maître.
Caumartlx de Boissy
18i LES CORRESPONDANTS
Le jugement des princes qui a ôt*i aux liigitimés la successiou k lu couronne et le titre de princes du sang n'a pas rétabli entre eux la tranquillité; il arrive tous les jours de nouveaux incidens : samedi dernier, on lut au conseil de r<!')feiice uu édit où ou faisoit mention de M. le duc du Maine et de M. licomte de Toulouse. M. le Due s'y opposa et dit eu leur présence qu'il ne falloit plus parler d'eux et di^tendil avec assez de hauteur à M. de La Vrillière de les nomnuT à l'avenir; il lui répondit qu'il ne reeovoil d'ordre que de M. d'Orléans; cet article n'est pas encore décidé. Il y avoit ou la veille un autre incident. M. de -Mortemart avait trouvé mauvais que l'nii eût donné la senietteà.M.le comte d'Eu. M. de Saumery le tît retirer poui" éviter un incident pour i:i chemise. Le Régent a décidé pour les légitimés, à cause d'un brevet qu'ils ont eu en 17il, qui leur accorde ces honneurs. On dit que M. le Duc veut s'opposer à ce brevet; cette prétention n'est pas si bien fondée que l'autre. Les gentilshommes qui sont en prison ont eu permission de voir leurs femmes; on ne sait point encore quand ils sortiront.
Il court un bruit que les ducs, pour obéir au Régent, qui deffend les assemblées, ont pris leur rendez-vous au Port-à-l' Anglais. Ce seroit assez ridicule.
Le Parlement ne veut pas recevoir le chancelier
comme il a reçu M. Voysin; vous voyez que l'i-sprit lie discorde se répacd de tous les côtés. On a a.rrHé le commissaire Cailly et les exemls de M. d'Argeuson, ce qui fait beaucoup de bruit. M. de Buissy vous écrit si longuemeul que je ue vous manderay pas davantage.
Caumartin de Saint-A-\ge.
13 jiiillel.
Les habitants de la Martinique se sont révoltés parce qu'on vouloil leur défendre le commerce avec les Auglois; ils ont arrêté le gouverneur et l'intendant et les ont renvoyé en France sur un petit bâtiment sans leur faire aucun mal. Il y a deux forteresses dans l'Ile où il y a garnison, mais on craint qu'elles ne manquent de vivres avant que le secours qu'on y envoie y soit arrivé.
La marquise de Gesvres est morte : elle n'a point fait de testament : elle avait cinquante ans et cinq mois. Mme de Caumartin, la grand'mère, hérite de plus de 200 000 livres : les grands biens sont substitués k M. de Mascrany La Kiviére, qui demeure & Lyon. On l'enterre dans la chapelle de MM. de Gesvres aux Célestins.
Le Pape ayant appris de quelle manière s'est passé le chapitre général de l'ordre de Cluny, où a présidé M. l'ahbé d'Auvergne, lui a fait présent d'une croix d'or pectorale, d'une bague avec une émeraude, d'une crosse et bougeoir de vermeil doré, de deux
186 LES œRRESPONDANTS
mitres d'or et d'argent, d'une chape magnifique el tous les autres ornemens pour officier pontificalement.
On remarie le marquis de Gesvres à Mlle Prondre.
M. le Duc avoit défendu aux officiers du roy, sous peine d'interdiction, de donner la chemise et la serviette à M. le comte d'Eu. Mais M. le Régent a décidé en sa faveur et M. le Duc a levé l'interdiction.
Caumartin de Boissy.
16 juillet 1717.
J'ai bien jugé, ma chère sœur, que vous seriez bien fâchée de la mort de cette pauvre Mme de Gesvres. Nous avons eu là un triste spectacle, ma sœur d'Argenson, mon frère l'abbé et moi. Ma mère y est bien sensible. Nous tâchons de la dissiper, et il y a bien des choses à songer. Il est constant toujours qu'il n'y a point de testament, de sorte que vous comprenez bien qu'il en revient au moins à ma mère 100 et 200 000 écus.
Caumartin de Boissy.
"li juillet.
On dit que Ton charge Lasse de tirer une grande partie des billets d'État et qu'on lui abandonne pour cela les fermes des postes et des tabacs. On parle aussi de le mettre à la tête de la nouvelle Compagnie que l'on veut étabUr pour le Mississipi; n'est-ce pas une
très grande marque de confiance que Ton donne à un Anglais de le charger d'une si importante colonie ?
Les prisonniers de Vincennes et de la Bastille sont sortis à la prière de M. le duc de Chartres. M. de Châtillon est sorti en même temps que les autres, mais il perd son logement et sa pension.
Le doux marquis soutenoit l'autre jour très vivement rintérêt de la noblesse contre les ducs devant M. de Brancas, qui, blessé de ce qu'il disoit, faisant semblant d'entrer dans son intérêt, lui dit qu'il falloit garder de la subordination entre les différents degrés et lui dit par exemple : « Voudriez-vous qu'un petit gentilhomme de simple tonsure s'égalât à vous? » Le marquis en convint. Le duc lui dit : « Vous avez raison, car il y a autant de différence de lui à vous que de vous a moi. » La réplique l'étonna et lui ferma la bouche. Vous voyez que, quoique votre ami ne soit pas glorieux, il sait défendre son corps. On disoit que Harouet étoit durement enfermé dans un lieu où à peine il voyoit le jour : le contraire s'éclaircit par la sortie des trois prisonniers. M. de Beauffremont l'a beaucoup vu et a même dîné avec lui chez le gouverneur.
Il s'est passé ces jours-ci une violence d'une nouvelle espèce. Le nommé Saint-Médard, grenadier des gardes françoises, n'étant pas absolument à jeun, rencontra un bourgeois dans les rues qu'il conduisit par force en sa maison ; il le mena dans sa chambre et le voulut obliger de coucher avec sa femme, qui
18b les œBRESPONDANTS
effectivement est assez jolie. Les refus du chastt* citoyen altirèreiil le quartier. On vit le soldai l'épùe ii la raaiu, le l)ourgeois très effrayi^ et la vestale crevant de rire. Le soldat, furieux, voulut tuer tous les arrivants, s'ils uelui promettoient chacun d'amuser deux fois sa femme. Les voisins conduisirent le soldat en prison. Mme de Chevilly nous fit l'autre jour un dises [lins beaux contes du monde de cette aventure. Le mariage de notre ami souffre toujours de grandes contradictions. 11 y eut audience vendredi. Elle fut remise k Imitaine. L'a\ocal de Courtanvauï fit une remontrance, fonilùe sur ce qu'il n'y avoit pas de procureur conslitué par la partie. Vendredi prochain, je compte qu'il dira la uH^ie chose, lis ne veulent rien que gagner les vacances . J 'ai grande peur qu'ils y parviennent. Cependant la pelolte des contradicteurs, le Grand, le comte d'Evreux, le prince d'Auvergne, le prince de Talmont veulent aussi inter\enir et s'opposer au mariage. Le pauvre duc est au désespoir de tous ces retardements. Il est bien amoureux, et je crois que la demoiselle dc soubaiti^ pas moins le mariage que lui.
Caumartis de Boissv.
Pour ce qui est des livres, il n'y a de nouveau que l'histoire du feu roi en sept volumes. On la dit de Larcy ; malgré cela on ne la trouve pas trop bonne.
DE LA MARQUISE DE ISALLEROY Itjig
Ces messieurs, qui t'ioient en prison pour uvoir protesté au nom de la noblesse, en sont sortis avuiithier par l'intercession du duo de Chartres, qui a assuré qu'il marqueroil toujours son dévouement à la noblesse. M. de Châtillon est le seul dont on n'oublie pas la faute. Il avoit pris élection do domicile dans l'acte à Port-Royal : on lui flte son logement Ht, qui pis est. sa pension. M. le comte d'Eu a eu grande dispute avec M. de Mortemart pour donner la serviette au roi. On a décidé en faveur du comte d'Eu, parce qu'avant 1714 il avoit le même honneur, même le grand cliamhcllan s'y trouvant.
.Mme de Gassé est retombée en pénitence; cette fois-ci on la confinera en province ; au reste, ce n'est jamais faute des accidents qui lui arrivent. Elle devoit souper avec Mme de Nesie et Mme de Polignac : pour .Mme de Nesie M. de Soubise, pour Mme de Polignac le duc de Richelieu, et pour elle M. d'Estrée. Il manqua au rendez-vous ; on eut pitié d'elle : Mme de Nesle offrit, de peur qu'elle ne filt si désœuvrée, son premier laquais. M. de Soubise dit qu'il en avoit un très bien fait et qui méritoit bien d'être choisi. Mme do Polignac voulut absolument que le sien y eilt part, et M. de Richelieu s'emporta fort pour la même chose, de sorte que, par voie d'accomodement, la pauvre rigoureuse eut affaire ce soir-là à quatre laquais. On n'a pas laissé do trouver cela mauvais chez elle, et elle ne paraît plus dans Iimonde. .M. de Soubise est tombé malade; on préteml