L*abbé de Caumarlin ; il n'eut que Tévêché de Vannes
7 septembre.
Ce qui m'a fait vous dire que la mortalité étoit sur les jeunes femmes en ce quartier, c'est qu'en voilà depuis un an cinq ou six qu'on voyoit à la belle messe des Minimes : Mmes de Richelieu, de Melun, de La Trémoille, etc.
Depuis dix ou douze jours, le Parlement n'a fait autre chose que de s'assembler, envoyer des députés à M. le Régent ; la dernière députation étoit de quatorze personnes, M. le premier en tête; c'étoit il y a environ trois jours. Ils arrivèrent chez M. le Régent à dix heures et demie et ne sortirent de son cabinet qu'à deux heures et demie. Ils y trouvèrent, d'un côté M. le Régent et le chancelier, de l'autre le duc de Noailles, qui leur rendit, dit-on, un compte fort exact de l'état des affaires du royaume; en quatre heures on peut dire bien des choses. Cependant il faut qu'il reste encore quelques scrupules au Parlement, car ils se sont assemblés tous les jours depuis ce tempslà et ne doivent aller que demain rendre compte de leurs délibérations. Un de ces messieurs m'a dit qu'il croyoit qu'on alloit faire une autre déclaration dans laquelle on réformeroit plusieurs choses de celles-ci sur leurs remontrances; que M. le Régent les a écoutés fort gracieusement dans cette dernière ; il chercha, dit-on, à dire quelque chose d'obligeant à tous ceux qui y étoient. On a dit qu'il a dit à Jaquier,
gendre de M. Dauteville, qu'il savoit bien qu'il avoit deux défauts, qui étoient d'aimer le vin et les filles, mais qu'il avoit tant de mérites d'ailleurs qu'il falloit bien les lui passer. Vous voyez que cela étoit sur un bon ton. On dit que M. le président de Blamont parle toujours comme Cicéron, et tout le monde l'admire. Le président Lambert n'est pas si admiré *, car il a changé de style tout d'un coup. Le président de Novion parloit d'abord plus haut que personne ; ou lui a donné la survivance de sa charge pour son fils et 2000 écus de pension ; il a changé de style absolument. Quelques-uns de ces messieurs lui ont donné des traits sur cela en plein Palais, de manière qu'on dit qu'il y vient à présent le plus rarement
possible.
Balleroy.
il septembre.
Il y a depuis peu un arrêt du conseil qui défend à tous les receveurs tant généraux que particuliers, commis ou en charge étant dans la ville et faubourgs de Paris, de recevoir ni payer en argent comptant, mais seulement en billets de Lass. On a voulu étendre cela sur l'Hôtel-de- Ville, mais les rentiers ont fait tant de bruit qu'on leur a donné de l'argent. M. Lass à présent a autant de crédit que personne.
i. Tous deux furent exilés au mois de septembre 1718, à cause de leur immixtion dans les afTuires de la banque de Law.
29 septembre.
Le lendemain des noces du fils de M. de Moncault avec Mlle d'Armenonville, toute la noce alla à l'Opéra et M. de Moncault aussi * ; il ne put pas rester jusqu'à la fin, parce qu'il se trouva mal, et revint chez lui, et l'attaque d'apoplexie se déclara; il est mort en vingt-quatre heures.
Les ports d'Angleterre sont fermés. On dit que les wighs et les torys se sont réunis pour chasser le roi. Quelques gens disent qu'ils ont envie de s'établir en république. Ce qu'il y a de certain, c'est que sur ce que leur ambassadeur à Paris s'oppose à l'établissement de la Compagnie du Mississipi, on a fait partir l'abbé du Bois pour l'Angleterre, et on dit qu'il est revenu ayant trouvé les ports fermés.
M. de La Feuillade ne va plus à Rome : c'est Tabbé du Bois.
Balleroy.
2 octobre.
Bien des gens croyent que la guerre est très prochaine. On dit que le prince Eugène est en Flandre et y établit 40 000 hommes en quartier d'hiver, et que M. de Staremberg en fait autant du côté du Rhin. Je veux croire que ce sont ceux qui voyent en noir qui disent ces choses ; ce n'est pourtant pas des