‹ Les correspondants de la marquise de Balleroy (volume 2)Chapitre 60 sur 90 · Femme d'un brigadier d'infanterie · texte numérisé non relu

Femme d'un brigadier d'infanterie

3. Anne-Jean Rouillé du Coudray, comte de Mesiay, mort dernier de sa branche, en 1725, à vingt-neuf ans.

i. Louise de Noailles, fille du maréchal, mariée en 1698 à Victor- Marie, duc d'Estrées, maréchal en 1703; morte en 1745.

leurs amants à côté d'elles, M. le Duc étant dans le balcon opposé. Le prince vient de reprendre Mme Martel, qu'il avoit quittée pour Mme de Meuse. Celle-ci a profité, pendant le peu de temps qu'elle a été favorite, d'un privilège dedonner à jouer un pharaon. Mais les joueurs n'ont pas d'abord répondu; pour les attirer, Mme de Meuse y donne un bal toutes les nuits et y fait venir plusieurs filles de la rue Fromento à vingt-cinq sous par tète et les masque très proprement ; elle-même se trouve au milieu de la troupe, et, adressant la parole aux mieux masquées, elle les appelle Mmes de Gourcillon, de Tallard, de Nesle, etc. Et toute la jeunesse peu versée à la cour se laisse accrocher à ces masques dans la pensée qu'on a affaire à ces grandes dames.

La faveur de semblables privilèges pour donner à jouer est inouïe ; à Paris, on compte 62 maisons dont les avenues sont éclairées de lampions : cela fait un fort bel effet; mais les garçons marchands désertent et volent, et les valets crochètent les armoires de leurs maîtres. Le gouvernement prétend faire monter le nombre de ces jeux publics jusqu'à 200 ; après quoi M. Lass a calculé qu'il les détruiroit et anéantiroil. M. Lass a perfectionné le biribi et inventé le nouveau jeu de mistigri, qui réussit parfaitement bien à la cour; il n'est pas encore parvenu à la ville et encore moins au Marais.

Mme d'Asfeld, mère du procureur général Fleury, est morte avant-hier de la petite vérole.

La dame de Nointel de Turmeuze a eu de grandes brouilleries avec son mari * ; elle vouloit qu'il chassât son valet de chambre, qu'elle prétendoit lui avoir manqué de respect ; pour lui, il vouloit l'obliger à ne plus tenir d'assemblées d'érudits chez lui par semaine, comme elle l'a pratiqué cet été. Sur cela, il la renvoie à ses terres sans le sol. Le froid et l'ennui commençant à la gagner, elle est revenue à Paris sans appel, coup assez hardi, qu'on ne saitcomment Court- Collet prendra à son retour de Chantilly.

Mlle de Charolais a la petite vérole depuis trois jours ; sa maladie a commencé par un grand chagrin, dont la cause est ci-dessus *. Elle n'est pas trop bien avec beaucoup de grains dans la gorge. On a eu pendant quelques jours Mme de Berry en grand danger; cela a fini par une ébuUition de sang, dont elle est relevée à présent.

Le prince de Piémont se meurt des écrouelles ^.

La beauté de la duchesse d'Aremberg, arrivée ici pour assister au mariage de son frère, fait grand bruit *. On n'a pas encore vu de plus belle taille ni de beauté plus parfaite. Son frère, le jeune marquis de Bizache-Pignatelli, qui se fait nommer le comte

1. Femme du garde du trésor royal, fille de M. de Maupeou, conseiller au Cliàlelel, morte le 22 janvier i719.

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