‹ Les correspondants de la marquise de Balleroy (volume 2)Chapitre 64 sur 90 · M. d'Argenson fut nommé garde des sceaux le 28 janvier · texte numérisé non relu

M. d'Argenson fut nommé garde des sceaux le 28 janvier

2. Louis de Foudras, comte de Chàteauthiers, capitaine aux gardes françaises, marié en 1705 à Mlle de Tiercelin, d'une famille du Poitou.

3. Chef d*escadre, originaire du Béarn et nommé ainsi partout à cause de Pexcessive petitesse de sa taille; c'était un homme très modeste et prodigieusement instruit. II jouissait d'une rare considération et la mérita constamment. En 1719, il proposa au Régent un projet de taille proportionnelle très prôné par Saint-Simon et mourut peu après de l'excès de travail auquel il se livra à cette occasion.

parle et qui répond ; c'est ce qui a obligé M. le duc d'Orléans à faire M. de La Force président des finances. On soupçonne cependant que le garde des sceaux s'en mêlera tant soit peu.

M. Rouillé du Coudray a été remercié et a eu une pension de 6000 francs. Il est certain qu'il ne s'est pas enrichi. M. le garde des sceaux aura la surintendance sur tout.

Lundi dernier, les députés du Parlement firent leurs représentations à M. le duc d'Orléans : elles roulèrent principalement sur la grande dépense que faisaient les conseils, dont la plupart des conseillers avoient des appointements d'ailleurs. M. le duc d'Orléans leur dit qu'il y auroit égard autant que le bien de l'État le demanderoit et qu'au reste le Parlement devoit être persuadé de sou amitié par les marques qu'il leur en avoit données, mais qu'il ne souflFriroit jamais que pendant la Régence on donnât atteinte à l'autorité royale.

Le conseil de guerre ira à l'ordinaire, à la résene qu'on n'enverra plus toutes les semaines à M. le duc d'Orléans toutes les résolutions qu'il s'y prendra et Son Altesse royale ira y présider dans les occasions importantes. M. de Chartres y a été et y a présidé, mais sans prendre les avis, parce qu'il n'a pas voix délibérative.

15 février 1718.

Le marquis de Simiane * est mort et sa charge donnée à son frère; il y a un brevet de retenue de 20 000 écus qu'il faut qu'il paye.

La duchesse de La Meilleraye est accouchée de deux enfants : Turt est mort, l'autre ne vaut guère mieux, et elle est en grand péril *.

M. de La Force ne se mêle plus d'aucun détail des finances; on croit que M. des Forts va avoir aussi son congé ; ils ont pris l'un et l'autre soin de mettre de côté de quoi se consoler.

Le Roi fut voir jeudi Mme de Lorraine ; elle soupa ce même jour au Luxembourg, où il y aura lundi une grande fête et un bal ; il y en a eu un aujourd'hui avec un souper chez M. le Duc, où il y a eu cent femmes priées. M. des Marets, le grand fauconnier, est mort; son fils, qui n'a que six ans, a su charge.

Le roi d'Espagne a fait savoir au roi d'Angleterre que, s'il envoie plus de quatre vaisseaux dans

1. Premier gentilhomme de la chambre du Régent et lieutenanf général en Provence. Il avait épousé la pelitc-fllle do Mme de Sévigné.

2. Elle ne moanit pas et se remaria en 173.S avec le maréchal duc de Duras. Louise de Rohan-Rohan avait épousé Jules de La Porte-Mazarin, duc de La Meilleraye.

s» LES CUBBESPONDA^fTS

la mer .\Milernuiêe, il rompra tout commerce avec les Anglais lutit en Europe qu'aux Indes.

Le marquis de Goigity a obtenu l'entrée au conseil de guerre sans appointements.

C'est aujourd'hui la ft^le que le maréchal de Villeroy donne an Hoi : on ta répèlera plusieurs fois.

La cour de lorraine arrive samedi. On publia hier un traité entre le Roi et le duc de Lorraine par lequel les liniilt^>s de ces deux Etats sont réglées.

On n^réseutera à l'Opéra, pour l'amour de M. dp Lorraine. les opéras de Holand, dMmflrfts, A'inné v\ un autre.

On a publié un arrêt du conseil par lequel les vieilles espèces seroient re(;ues k la .Monnaie et payées comptant, même en portant nu sixième en billets d'Étal.

.Mille pardons, ma chère tante, du peu de soin que j'ai eu depuis quelque temps à vous continuer mes gazettes! Je m'en vais recommencer sur nouveaux frais. J'augmente en reconnaissance de vos bontés, en envie de vous plaire aussi bien qu'un commis. Sur certains fonds du sceau, je me suis doimé un écrivain qui vous adressera de gros cahiers de nouveautés; mais faites mieux : venez les recevoir. Quand je n'aurai pas le talent de l'exhortation, je me mêle d'une chose bien faisable, de vous prier de

DE LA MARQUISE DE BALLEItOÏ 25Î

uitttM- la basse Normandie pour Paris : on n'y parle

[Ue de magniliccnces et de plaisirs. Mme de Lor-

«iiie arriva hier '. Tous les jours seront marqués

r des bals, ballets, opéras, comédies. Mme de Ri-

'chebourg la vieille est morte; de môme en a fait

Mme Delpech la mère; le mariage de Mme Bouchu

avec le chevalier de Bouillon est rompu.

■ Quand vous voudrez, nous parlerons livres : je

nrétends que mon buste soit dans la bibliothèque

de Ballcroy, où est Pic de La Miraudole et quelque

grand personnage qui ne sut précisément que lire.

«La proposition n'est peut-^tre pas encore bien me-

wrée : je tire plus vers le dernier.

Adieu, ma chère tante ; voici l'heure du Journal les savants : les journalistes m'attendent pour hire corriger leurs extraits.

Argenson.

Il se présente aujmndhui nue difficulté pour laquelle on est en mouvement : Mme d'Argensou voudroit bien avoir le tabouret chez le Roi, la garde des sceaux ayant les mêmes honneurs que la chancelière; la duchesse ne le vouloit pas, disant que la chancelière n'a le tabouret qu'à la toilette de la Reine et que, n'y ayant point de toilette chez le Roi,

l, ScEur du Réjrent; clic arriva le !R à quatre lieurt's. (i'nitrés 11, pl rm ro^ue avi'C les plus gramls lionnniirs.

elle n'en doit point avoir. Gela sera réglé aujourd'hui ou demain *.

M. et Mme de Lorraine arrivent ce soir. On dit que le Régent ira au-devant d'eux jusqu'à Bondy; ce va être pendant le reste du carnaval tous les jours bals, ballets et comédies.

Ma lettre étoit écrite d'hier que M. et Mme de Lorraine arrivèrent d'assez bonne heure pour ôtn^ à l'Opéra. Mme de Berry a fait présent à Mme de Lorraine d'un déshabillé magnifique et d'une très belle commode, pleine d'écharpes, de coifiFures, de rubans, etc. ; on croit que cela vaut 50 000 écus.

Balleroy.

25 février 1718.

Le pauvre marquis de Simiane mourut enfin hier, et à l'instant sa charge de premier gentilhomme de la chambre de M. le duc d'Orléans fut donnée au chevalier de Simiane, son frère. On dit qu'il a trouvé de l'argent pour le brevet de retenue; il y a des gens qui croient qu'il ne l'a demandée que dans le dessein de la vendre incessamment, car on prétend qu'il en aura près de 50 000 écus en argent. L'argent est si rare que j ai peine à le croire. Quoi qu'il en soit, le voilà gros seigneur en comparaison de ce qu'il a été jusqu'aujourd'hui, car, quoique M. de

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