‹ Les correspondants de la marquise de Balleroy (volume 2)Chapitre 65 sur 90 · Elle fut admise à cet honneur le 27 mars · texte numérisé non relu

Elle fut admise à cet honneur le 27 mars

ï-fiimiaiic laissi> doux filles, le chovalitT ne laissera

s d'avoir dans la succession pour 8 à 10 000 francs

Itde rente de terres qui sont substituées aux mâles;

■ oela, aveccequ'il gagnera sur la chargée! l:iitO francs

de rente que je lui ai ouï dire plusieurs fois qu'il

avait pour sa part, convertini environ ses cent francs

(en mille.

Mme de La Meilleraye, la fille du prince de Rohan . se porte beaucoup mieux ; son ventre s'est débnuchiS ■et la fièvre a beaucoup diminué; mais il n'est point question d'accoucher, et on ne la tiendra hors de danger que quand elle sera accouchée, d'autant plus qu'on dit que le neuvième mois est passt^.

M. le Duc donne aujourd'hui une fHe magnifique

^k M. et Mme de Lorraine : un souper magnifique et bal devant et apri'-s. M. deBerryen fera autant aprèsdemain, qui sera lundi. M. le duc de Lorraine est ici incognito sous le nom de comte de Blamont. Ou

tdit qu'U s'ennuie déjà fort ici ; chez lui il se couche tous les jours au plus tard à minuit, ici on le fuit Goucher beaucoup plus tard; chez lui il mange avec tous les seigneurs de sa cour, d ril et badine avec eus, et ici il faut qu'il mange toujours gravement; enfin tout cela l'einuiie.

On m'assura hier que M. le duc de La Force a remis les affaires dont d étoit chargé, qui étoicnt la taxe des traitants, et qu'il reste simplement président dos finances, sous M. d'Argeuson s'entend et sans aucun déparlement. Le bruit est que tous ces con-

seils ne dureront pas longtemps. Le public souhaite fort que M. des Forts suive l'exemple de M. de La Force. Voilà, ma chère amie, tout ce que j'ai ramassé de nouvelles.

Je dînai hier chez M. de Gaumartin avec l'abbé de Ghoisy, qui m'assura que son valet de chambre étoit bien exact à votre égard. J'ai fait ce qu'il falloit pour cela; mais ce n'est qu'une fois la semaine, et j'avoue que c'est bien peu.

fiALLEROY.

28 février.

M. le Duc donna hier une grande fête à M. et Mme de Lorraine, un souper de 200 couverts, qui fut précédé d'un grand jeu et musique, et suivi d'un bal masqué. 11 y arriva un contre-temps : chacun des hommes avoit laissé à son laquais son domino pour le prendre en sortant de table; les laquais, trouvant que leurs maîtres étoient trop longtemps à table, s'avisèrent de se masquer tous avec les dominos de leurs maîtres, entrèrent dans la salle du bal burent toutes les liqueurs, et, étant presque tous ivres^ ne vouloient pas laisser entrer. On dit que Mme de Lorraine fut repoussée rudement; à la fin pourtant, les maîtres chassèrent les valets; mais ensuite on se trouva si incommodé du chaud, que, les fenêtres se trouvant engagées dans les barres et par là ne pouvant s'ouvrir assez promptement, ou

fut obligé de les enfoncer à coups de hache pour ne pas étouffer.

Balleroy.

Vous savez Taffaire de Bretagne comme ceux qui l'ont faite; vous êtes à la porte. Ou dit ici que Ton y envoie des troupes qui feront bien 7 à 8000 hommes.

Hier on disoit qu'il n'en iroit que la moitié de cela : des colonels nommes pour partir, aucun ne Test encore. J'ai vu hier à l'Opéra M. de Fervac, M. de Goesbriand et M. de Bernille. On a donné une déclaration qui remet les États à la majorité du Roi et ordonne que les impositions seront levées à la manière ordinaire au nom du Roi et non plus des États. Le Parlement de Bretagne vient de l'enregistrer; les troupes en garantissent l'exécution, n y a une grande difficulté : le trésorier est en avance de plusieurs milHons; il devoit entrer au mois de janvier en exercice de faire son recouvrement. Savoir si le Roi aura égard à ce marché, qui étoit passé entre lui et les États.

M. de GeU * est intendant de Lille à la place de feu M. de Bernières '. M. de Bernage ^ a poussé le

1 . Conseiller d'Étal, fils de Harlay, le plénipotentiaire de Ryswick.

2. Charles-Élienne Maignard, maître des requêtes, mort le 20 décembre 1717, sans enfants de Estlicr de La Mothc.

3. Louis do Bornage, conseiller d'État, marié à Anne Rouillé.

temps par l'épaule pour que cette mort arrivât avant qu'il fût parti pour Montpellier. Il est revenu à Paris, a demandé a M. le Régent de ne point aller en Languedoc, où il est nommé. M. le Régent lui a dit qu'il souhaitoit qu'il ne s'y opposât plus, qu'il avoit besoin d'un homme d'expérience tel que lui. M. de Bernage n'a pas laissé de remuer par Mme de Mouchi ; Mme de Berry a vu sur cela M. le duc de Noailles ; on les a dit raccommodés et que le sceau de la réconciliation seroit de donner Lille à M. de Bernage; vous voyez qu'on s'est trompé.

Ou a pris à Metz l'assassin de M. l'abbé de Bonneuil. Je vous ai mandé la dernière fois le meurtre de cet abbé et de son valet de chambre. On plaignoit ce pauvre valet d'avoir été enveloppé dans le malheur de son maître, qui étoit un hâbleur, un m...., un méchant homme; les oraisons funèbres ne finissoient point sur ce pauvre abbé. Il se trouve que le valet a été la cause de la mort de son maître, parce que l'assassin n'eut pas le temps de se retirer, que le maître rentra trop tôt. L'assassin, qui veuoit d'assommer et de poignarder le valet, entendit rentrer l'abbé ; il éclaira au haut de l'escalier connne l'abbé sortoit de sa chaise et qu'il étoit à moitié endormi; il ne reconnut pas qui l'éclairoit. Il dit adieu à ses porteurs, qui entendirent encore : Ah! mon valet. L'éclaireur se mit aussitôt derrière la porte, et connne le spectacle du valet étendu près de la cheminée, et qui avoit la tête en compote, occupoil

ibé, l'assassin lui fit sauter la cervelle d'un coup Mtou, puis pour plus grande surette l'titraiijçla, lui plusieurs coups de dague et emporta ce qu'il ut trouvé d'argent dans un coffre, ta montre, la atièrc de l'abbé, le tout dans un sac qu'il eut ie ig-froid de cacheter la, et, ce qui est extraordinaire , isa de l'argent dans la pocbe de l'abbé. Cet assas- I, qui est un soldat de la compagnie do Mergeri^, imciiça par arrêter un passant qui passoit avec laoterne, lui demanda sa lanterne, se considère voit tout ensanglanté ; de dépit il casse la lanae contre le pavé et court bien fort au premier lU ruisseau, où il se roula dedans pour se taire. »pre, et alla prendre des porteurs. Il alla avec [ boire de l'eau-de-vie dans un endroit et du afia dans un autre parce qu'il commençoit à s'af- )lir; il leur dit de le porter; il alla acheter une ulardc et la porta cuire chez un cabaretier, honte homme qui a le premier mis sur les voies de affaire-là. Le cabaretier refusa de cuire la ■de, parce que c'étuit vendredi; comme le Lt alla chez un rôtisseur pour la faire cuire et 'il se faisoit matin, il k> pria au moins de garder MC cacheté : le cabaretier ne voulut pas. Si cela comme cela, dit le soldai, je m'en vais le donner m cousine, qui demeure vis-à-vis; il y alla ; le sac donné à la cousine, qui le donna à un petit 'CDU, qui le cacha dans sa paillasse. Or cette isîne étoit la femme du défunt valet, prise pré-

cédemment dans un b.... et mattresse du soldat, qui d'ailleurs voyoit souvent celui qu'il a assassiné. Ils avoient comploté, après avoir tué et volé, de s'aller marier en Lorraine. Le soir le soldat alla voir ouvrir le corps de l'abbé et joua son rôle fort bien ; la femme ne l'a pas si bien joué ; on a soupçonné quelque chose, et la déposition du cabaretier a rachevé. C'a été une vraie inquisition. Sitôt après ce meurtre, on a mis en prison tout ce qui étoit dans cette maison, qui est à Langlois cordonnier, tout ce qui l'approchoit, sa mattresse, les parents de son valet et sa femme, et de plus un pauvre diable appelé Ruel, qui avoit fait un billet à Tabbé sans avoir eu aucune part k cette affaire-là. Il s'est trouvé un autre meurtre sur son compte, tout à fait distinct. Ce pauvre Ruel sera pendu. On a envoyé force huissiers après le soldat, et il a été pris.

Je joins ici plusieurs chansons et un placet qu'on a trouvé joli, d'un avocat appelé Thierry, au Régent. Le maréchal de Villars a voulu d'autorité avoir sa chambre pour y loger une petite fille qu'il entretient, parce que cette chambre est dans une distance commode de chez lui au Palais-Koyal. M. le duc d'Orléans a écrit au bas du placet : « Tenez bon jusqu'à ce que je vous secoure. »

Je ne vous expliquerai pas parfaitement ce que c'étoit le libellé du type, qui vient d'être brûlé et dont voici la chanson. C'étoit, je crois, un édit qui fut

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rt'nciu environ sous le règne de Constantin; on en avoit fait un parallèle avec l'édit qui àéienà de parler des affaires de Rome. Sur une colonne étoil notre édit, sur l'autre le type, et sur une troisième 'des riillexions de l'auteur; le Parlement vient de le ,liaire brûler.

Une affaire qui intilrresso M. le Chevalier, c'est une fïrande brouillerie entre Rome et l'ordre de Malthe au sujet des preuves de noblesse d'un aspirant qui a élé reçu, nommt Inguimbert de Parimbraitle(?J. Le Pape a composé une congrégation de prélats, qui doivent juger souverainement et eu première instance de ceux qui se présentent. Pour an'èter cette innovation, chaque langue a présenté sa requête au souverain dont elles sont. L'Empereur a promis de ne Jamais reconnoitre ce tribunal.

Le prince de (Jalles a été cbassé du palais du roi d'Angleterre et est en arrêt dans l'appartement qu'on lui a dotmé. Il a voulu faire tenir son Qls pur un prince d'Allemagne. Ce prince a nommé mi-

lord pour le représenter. Ce milord a été assez

impertinent pour le tenir en son nom. Au sortir du baptême, le prince de Galles a fort maltraité le milord, l'a traité d'insolent et lui a dit en anglais :

« Va et sois f. » Le milord a demandé justice

'ftu roi de cette injure.

On va pendre ces jours-ci un chirurgien nommé Chabert, dont l'histoire est horrible. 11 airaoit fort la *ervante d'un agioteur nommé Faitier. Ils comploU

rent ensemble d'empoisonner Panier. A la première occasion que Ghabert soupoit chez lui, il lui donna du vin dont Panier sentit sur-le-champ l'effet. Il s'écria : Ah! je suis empoisonné. Ghabert s'empressa, lui donna du faux contre-poison, qui avança (*ncore l'effet du poison; la servante et Ghabert volèrent la maison et ont vécu longtemps impunis.

L'amour troubla ce bon ménage. Ghabert devint 4imoureux d'une méchante femme appelée Fleun . Gette dernière exigea de lui qu'il tuât sa première maîtresse. Il y consentit; elle demanda pour preuve 4|u'il lui apportât ses souliers et sa coiffo.

Ghabert va prendre sa maîtresse en fiacre, la mène promener à la plaine de Grenelle : ils descendent, vont à pied beaucoup. Elle propose d'ellemême d'entrer dans la remise de Javelle. Ghabert la fit coucher sur le dos et, comme elle s'attendoit à toule autre chose, la poignarda, prit ses souliers et sa coiffe et les apporta à la Fleury. On a trouvé une ftîmme morte, on a recherché, et la justice divine a permis que les preuves se soient trouvées complétées des deux crimes.

Geci est d'une autre espèce. Quatre frères, bons gentilshommes de Brie, appelés MM. de Ghevr}\ qui y demeurent dans une petite terre qu'ils ont là avec ime sœur non mariée, l'autre jour étant à la chasse, il vint deux hommes les demander. La sœur leur dit d'attendre jusqu'au soir. Les deux hommes lui présentèrent des lettres. Plusieurs gentilshommes

(les environs, dirent-ils, et grand nombre de la Champagne s'assemblenl pour délibérer ce qu'il y auroit à faire dans ce temps-ci pour arrêter le cours des vexations que nous essuyons; on \ient vous prier d'en ^trc. MM. de Chevry ont livré ces deux hommes; on les transféra dimanche et M. Le Blanc les interrogea.

Mme de Polignac aime M. de Bavière. Dernièrement, je ne sais ii quel propos, le chevalier dit à Mme d'Alluye qu'il lui douneroit un souper dont elle noinmcroit ceux qui en seroient. Elle nomma Mme de Nesie, Mme de Goligny, MM. de Soubise, de La Motte, de Villequier, de Melun, etc., et point Mme de Polignac. Au milieu du souper, Mme de Polignac vint faire à la porte un vacarme enragé. MM. de La Motte et de Villequier descendirent en bas, montèrent dans son carrosse et de la meilleure manière du monde apaisèrent son chagrin; cela la c^ma quelque temps; elle recommença, fit le diable, vouloit mettre le feu à la maison. Le chevalier de Bavière descendit et la calma aussi ; elle recommença, il redescendit aussi et s'efforça de calmer encore la piiuvre dame. En sortant cette dernière fois de son carrosse, il lui dit tout baut du ton dont un diroit : J'aurai incessamment l'honneur de vous revoir : « Prenez patience, madame; je serai dans une demiheure dans votre lit. »

On a volé le coche de terre de Dijon et le coche d'eau de Seine à Paris. Argenson.

Mars 1718.

Les nouvelles du carnayal, madame, ne sont que jeux, spectacles, bals et repas magnifiques dans la famille royale pour régaler M. le comte de Blamont. Avant hier, M. le Duc donna une fête magnifique ; je suis bien aise de ne pas m'y être trouvée, sur ce qu'on m'a rapporté. Il y avoit huit tables de vingt-cinq à trente couverts. Mme de Berry étoit à une tenue par Mme la Duchesse, où elle avoit un fauteuil, M. le duc d'Orléans, Mme de Lorraine et M. de Blamont des sièges à dos. M. le Duc étoit en bas avec une table de trente couverts ; M. le prince de Gonty et Mme la princesse de Gonty à d'autres^ afin que tout le monde fût content. Au bal, il fallut casser toutes les vitres pour pouvoir respirer, et l'on commençoit les reculades vers Saint-Germain TAuxerrois. Ge soir, il y a un superbe bal chez Mmede Berry, où il y a quatre-vingts femmes et quatrevingts hommes, deux tables de quatre-vingts couverts et quatre autres tables pour les suites des princes et princesses, et un grand bal après où il y aura, selon toutes les apparences, autant de monde en campagne, car hier matin j'en trouvai à dix heures qui eu revenoient encore. Il y a deux jours que M. de Blamont alla voir le maréchal de Villars et lui dit que^ s'il restoit si longtemps, il mourroit, parce qu'on faisoit des jours les nuits et des nuits les jours, et que

DE LA UAKyirsE DE BALLEROY -m

I l'on Caisoil trop grande chère. On dit qu'il retournera le 15 de ce mois-ci, et Mme la duchesse de Lorraine ne s'en retournera qu'après la profession de Mlle d'Orléans.

On dit que le président Biiillcul vend sa charge «le président au mortier, que c'est M. de Béringhcm *iui la ménage pour M. Chauvelin, qui vient d'épouser Mlle Beauvais ', et que sa charge d'avocat général «era pour un des fils de M. le Garde des sceaux.

Il )■ a un président de Bretagne et deux conseillers qui ont ordre de venir rendre compte de leur conduite ; le président est M. de Rochet'ort, proche parent de M. le maréchal de Villars '. On avoit mandé à l'intendant de leur donner 200 000 (-eus

l^pour payer les troupes; on dit qu'il avoit mandi' que, si l'on nsoit de la moindre violence, il étoit inbrnié très bien que toute la province étoit en armes «l qii'd arriveroit un des plus cruels carnages que Ton ait vus depuis longlemps. Losdcputésdu Parle-

Imeut sont tonjours ici, demandant à faire leurs remontrances; il quoi l'on n'a pas voulu acquiescer taulls ne les communiquassent avant, à quoi ils ont

I. La vi>ntc itVat lieu qu'au mois de novembre. M. de Bajllciil I Oiileaugonthier en recul 650 000 franes, el Chauvelin ■^■cIm I cbarge k H. GJll)crl des VuisEn», matlre des requêtes, [Hiur )0 000 francs.

■9, Il Èlalt cousin gurinnin depa marèchole cl trkre de Mme de IcniBrla. Le Hëiient le renvoya h tiennes le 17 mars, après une Vère réprimande. Ayant refusé à son retour de voir le mat^lial I Montesquieu, Il fut exilé ù Audi, où il resui jusqu'au moi* ' ïùt.

dit qu'ils n'avoient point ordre de le faire, et ou écrit au Parlement pour envoyer l'ordre.

La lettre qui est écrite de l'autre part au Régent a été montrée à qui le voulut voir. Vous trouverez les airs de ces chansons.

« Lettre au Régent par Mme de Sabra n.

« Race de chien, j'ay esté plusieurs fois k ton pallier pour te voir : tu m'en as fermé la porte. Ne doute pas quand tu viendras que je n'use de représailles. Tu ne sais ni aimer, ni donner, ni écrire ; mais tu sais lire : lis donc, monstre. Je t'enverrai demain mon mâtin; fais-le ton chambellan, si tu veux. Quant au brevet de retenue, tu en raisonneras avec ton garde des sceaux. Adieu, chien ^ ! »

1 . On remarquera que ce texte diffère assez de celui du recueil de Maurepas, cité dans les Maitrosses du Régent de M. de Lc^scuit». page 310. Mme de Sabran, née de Foix-Rabat, fut un moment la maîtresse du Régent ; elle garda une grande influence par les plus basses complaisances.

Le chancelier d'Aguesseau, S'estanl mis en teste Qu'on lui rendît les sceaux, Jour et nuit répète :

Va-t'en voir s'ils reviennent, Va-t'en voir s'ils reviennent.

Languissante patrie, Toi qu'autrefois On vit si fleurie Sous d'augustes rois, Ta gloire flétrie, Ton peuple qui crie

DE LA MARQUISE DE BALLEROY 27i

3 mars 1718.

Mgr l'archevêque de Cambray, qu'on croyoit hors d'affaires, mourut avant-hier * ; on croit que cette place regarde M. l'abbé de Lorraine.

M. de Fieubet est mort subitement *.

Mme de La Meilleraye se porte mieux, mais n'est pas encore accouchée.

La fête de Mme de Berry a été la plus magniflque qu'on ait encore vue. Mais il y a eu des mécontents» La table de Mme de Berry était en fer à cheval et composée de cent quarante couverts ; à la première table, il y avait un fauteuil et à tout le reste des chaises. Elle s'est mise dans ce fauteuil ; on dit qu'elle en a le droit, mais on croit cependant que M. et Mme de Lorraine, pour qui la fête se faisoit, se flattoient qu'elle le feroit ôter après l'avoir fait paroître. Autre chose qui regarde M. de Lorraine.

Fait honte à nos lois.

Sans vertu, sans justice, Sans foi, sans crédit, LMgnare caprice Aujourd'hui te régit, Et rage qui nous suit Ne verra que du vice L'infâme produit.

Ciel, sois-nous propice, Confonds ces auspices Dans l'épaisse nuit.

1. Jean d'Estrée, neveu et frère des maréchaux d'Estrée, nommé 1716, mort avant d'avoir reçu sa bulle. 3. Doyen des conseillers du dedans du royaume.

Après être entré, il dit à M. de Saumery, premier maître d'hôtel de M. de Berry et qui a joué un grand rôle dans cette fête, que, comme il connaissoit peu de monde, il seroit bien aise d'avoir avec lui les deux seigneurs qu'il avoit amenés pour lui faire compagnie, et on les fit entrer aussitôt. Mais ces deux messieurs s'amusant à regarder les beautt's de la galerie et M. de Lorraine étant passé dans une autre pièce, M. de Saumery les fit sortir : ils eurent beau se réclamer de M. de Lorraine; il fallut sortir et furent dehors pendant toute la fête.

Mme de Berry avait prié Mme de Greuly '. M. de Creuly alla avec elle d'abord à la musique et ensuite crut devoir être aussi du souper; mais, comme il étoit près de se mettre à table, M. de Saumery lui dit qu'il n'étoit pas sur la liste; à quoi M. de Creuly répondit fort sagement que, Mme de Berry ayant fait l'honneur à Mme de Creuly de la prier du souper et de toute la fête, il croyoit que cela pou voit le regarder aussi ; mais on l'assura que ce n'étoit pas comme à Marly, où Ton alloit à cheval, et aussitôt il se retira : il eût été à souhaiter pour tous les autres qu'ils eussent été aussi sages. On dit qu'on fit sortir de table M. do Saint-Sernin % autrement dit le faux Villars, parce qu'il copie ce maréchal, non sans quelques paroles.

1. M. de Crouly, second lils du marquis de Seignelay, marié à Mlle Spinola, belle-s(pur du fils de M. de Nevers.

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