îNièce du duc de Melun; elle guérit
3. C'était la jeune duchesse de Mortemart, fille du duc de Beauvilliers; elle mourut le i septembre, comme une sainte, d'après Darig'oau et Saint-Simon.
i. La charge valait iO 000 livres de rentes. Le Régent déclara no pas s*occuper du choix du successeur, s'en remettant au due du Maine et au maréchal de Villeroy. Dodart fut nommé; c'était un homme instruit, sage et en dehors de tous les partis.
de gendarme. La gendarmerie a député à M. le Régent pour le prier qu'il trouvât bon qu'ils ne le reçussent pas. M. le Régent répondit qu'il lui avoit donné son agrément et avoit eu de bonnes raisons pour le faire ; qu'ils lui feroient plaisir de le recevoir et qu'il leur promettoit qu'il n'y seroit pas longtemps. Effectivement, Bernard travaille actuellement à lui faire un pompeux équipage pour l'envoyer faire la campagne en Hongrie ; il consulte tout le monde pour savoir de combien de couverts doit être la table qu'il compte lui faire tenir en ce pays-là. Le pauvre homme dit bien des sottises sur cela; par exemple, que c'est M. le Régent qui par amitié pour lui a arrangé ce marché , que sans cela il alloit acheter un régiment royal, mais que, ayant vu que M. le Régent inclinoit plus vers le guidon, il y avoit consenti. Il est étonnant comme, avec une sorte d'esprit comme a cet homme-là, ou puisse être aussi sot qu'il Test sur ces choses-là. Le fait est que M. de Rion vient de vendre une compagnie au lieutenant de gendarmerie pour acheter le régiment Dauphin-dragons, qu'il achète 40 000 écus ; que celui qui a acheté la compagnie de gendarmerie lui a donné en payement du prix un guidon qu'il avoit, et que M. de Rion vend ce guidon à Bernard son prix ordinaire, et en outre, à ce qu'on (lit, à condition qu'il payera le régiment Dauphin ; de sorte que, suivant le pubhc, ce guidon lui revient à près de 200 000 livres. Pendant qu'il sera en Hongrie,
SOI] père lui cherchera ici quelque régiment à acheter, et moyeunant cela il ne paraîtra point dans la gendarmerie. Je crois qu'il voudroit di^jà être en Hongrie, car il n'ose se montrer dans les lieux publics, crainte <ie rencontrer quelque ofBcier de gendarmerie qui
lui donne des coups de pied au car on dit qu'ils
lui en ont tous promis. Je crois pourtant qu'ils n'en feroient rien après ce que M. le Régent leur a dit.
M. d'Argenson a souhaité que sa femme prît ini valet de chambre tapissier; elle a pris celui de Mme de Richebourg.
La nouvelle arriva hier d'un grand traité signé nitre la France, l'Empereur, l'Espagne, l'Angleterre, la Hollande et le roi de Sicile. Je n'en sais point le détail; il sera publié incessamment. On dit qu'il contient entre autres choses la renonciation du roi d'Espagne àla couronne de France, que l'Empereur reconnaît le roi d'Espagne, qu'on donne bien des choses h M. de Savoie et rien à nous. On <;roit mémo que nous en donnons beaucoup, et entre autres à l'Empereur. Je vous embrasse do tout mon cœur.
BALLEflOV.
M. de Monasterol est mort subitement '. Il étoit allé en Bavière pour rendre ses comptes : il espé-
1. (iumiltiummc piémunCals, atiactié de loul temps il l'Elecleui'
roil que cela se feroit tête a tête avec M. de Bavière ; il lui a dit qu'il vouloit que sa chambre des comptes les arrêtât. Le lendemain, M. de Monasterol s'est trouvé mal et est mort eu un moment. On dit que l'opinion a eu bonne part à cette mort. Voilà sa femme qui va bien changer d'état; on dit qu'ils doivent près de 2 millions et qu'elle dit que, si elle a quelque consolation, c'est celle de ne rien devoir, parce qu'elle n'a, dit-elle, arrêté aucunes parties.
C'est Dodart, médecin de la princesse de Conti, qui est médecin du Roi. Boudin en est fort fâché. On dit que c'est Mme de Berry qui l'a empêchéde l'être.
M. de BeaufiFremont est encore à la Bastille d'hier matin. Je l'allai voir hier soir; il espère et tous ses amis aussi que sa prison sera courte, parce que le sujet n'est pas bien grave; le voici. Le secrétaire d'Etat de la guerre finissoit toujours ses lettres aux colonels par a votre très humble et très aflFectionné serviteur » ; le maréchal de Villars a trouvé cela trop long apparemment et prétend finir ses lettres aux colonels par un a parfaitement à vous », et en effet il leur a écrit à tous sur ce ton. Quelques-uns se sont plaints à M. le Régent, d^autres n'ont point
de Bavière et son ministre longtemps à Paris. Gros joueur, tK>ii vivant, il se laissa entraîner par la dépense, et, ne pouvant justiîier SCS conjptes, il se brûla la cervelle; son maître cacha ce suicide et défendit de parler d'autre chose que de mort subite. Il avait épousé la veuve de M. de La Chétardie, qui se consola par la galanterie.
fait de réponse, enfin chacun s'en est tiré doucement. M. de Beauffremont lui a fait réponse avec un beau Monseigneur en tète, mais sa lettre finit comme celle du maréchal. Il m'en a montré une copie ; en voici à peu près le contenu :
« Monseigneur (avec un grand espace), J'ai reçu votre lettre ; notre régiment n'est pas tombé dans les inconvénients que vous prévoyez, et j'ai même sur cela prévenu vos ordres; tout ce qu'elle m'apprend donc, c'est que vous êtes parfaitement à moi, chose flatteuse ; en reconnaissance, je vous assure que je suis aussi très parfaitement à vous. »
Le maréchal est apparemment allé sur-le-champ montrer la lettre au Régent, et dans l'instant lettre dt? cachet K
Il arriva avant-hier une bagarre assez violente entre la place des Victoires et les Petits-Pères. Un homme qui demeure là ayant fait quelque démonstration pour frapper son cocher, le cocher en fit une pareille, à ce qu'on dit; mais enfin le maître a mis le cocher en justice, et le cocher a été condamné aux galères et a été mis préalablement au carcan devant la porte de son maistre. Ce spectacle a soulevé la livrée, qui est bien nombreuse en ce canton-là; ils sont tombés sur le petit nombre d'archers qui étoient là, lesquels ont pris le parti de la retraite et d'en aller chercher d'autres. Pendant ce temps-là, la