XX INTRODUCTION
Paris au moment de l'arrestation du cardinal (15 décembre 1652), qu'il avait, par tous les raisonnements possibles, essayé de le détourner d'aller ce jour-là au Louvre. Dès qu'il eut été renfermé à Vincennes, Caumartin redoubla de zèle; « il fit dans cette occasion, écrit Retz, tout ce que l'amitié la plus véritable et tout ce que l'honneur le plus épuré peuvent produire. » Et il ne se ralentit pas un jour pendant les quinze mois que dura cette captivité. Il complotait sans cesse avec Guy Joly, écrivait deux fois par semaine régulièrement au prisonnier et en recevait autant de lettres. Après la mort de Mgr de Gondi, qui faisait passer au coadjuteur l'archevôché de Paris, c'est Caumartin qui sut faire, sans perdre une minute, les actes utiles pour la prise de possession du siège archiépiscopal au nom de son ami (21 mars 1654); il travaillait sans cesse à faire ouvrir les portes de sa prison et harcelait en ce sens BelUèvre, qui cherchait au contraire à obtenir la démission du prélat. Quand Retz fut transféré à Nantes, M. de Caumartin était encore au nombre des amis qui l'attendaient à la sortie de son carrosse (avril). La mort de Mme de Caumartin, arrivée brusquement le 15 janvier précédent, ne ralentit pas le zèle de son mari. C'est lui qui décida Retz à s'évader, en l'effrayant sur les périls de sa situation, qui organisa sa fuite et rentra aussitôt à Paris
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pour réchauffer ses amis. Cette fois, le gouvernement trouva que Gaumartin, qui venait d'être nommé maître des requêtes le 12 juin 1653, allait un peu loin dans son dévouement. Cinquante archers furent dépéchés dans son hôtel pour l'arrêter; il parvint à se soustraire aux recherches de l'exempt, — dépisté d'ailleurs par la découverte d'une échelle qu'il pensa avoir servi à la fuite de Gaumartin, — en se cachant derrière une tapisserie. Il s'empressa ensuite de prendre le chemin de la Franche- Comté et se réfugia chez sa mère, qui y demeurait; il passa ensuite quelque temps chez le baron de Languet, sur la frontière, jusqu'à ce que M. de Bellièvre lui eut obtenu la permission de se retirer dans une de ses maisons auprès de Paris, à Boissy. C'est même là que Retz devait passer un certain temps avant de se rendre à Saint-Mihiel (juillet 1675), en quittant Gommercy, où Gaumartin vint faire de fréquentes visites, continuant à l'aider de son amitié et aussi, d'après Guy Patin, de sa bourse. C'est par cette liaison que M. de Gaumartin entra en relations intimes avec la marquise de Sévigné. Le 5 juin 1675, elle mandait à sa fille qu'elle était allée à Grosbois faire ses adieux au cardinal, où il se trouvait « avec trois fidèles amis » ; elle y dina et y coucha.
M. de Gaumartin parait avoir vécu dans une