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certaine retraite après ces quelques années fort agitées. Du moins n'entend-on plus parler de lui, sinon pour apprendre son second mariage, le 22 février 1664, avec Catherine-Madeleine de Verthamon, fille du baron de Bréau, conseiller d'Etat, et de Marie Boucher d'Orsay, jusqu'au moment où le roi le choisit pour tenir les sceaux de la commission des Grands Jours d'Auvergne (août 1665). II paraît cependant qu'il avait repris avec ardeur ses travaux de maître des requêtes, car c'est par sa grande aptitude pour le travail, particulièrement dans toutes les questions personnelles qui étaient soulevées devant le conseil, qu'il attira l'attention de Colbert. Grâce k Fléchier, qui l'avait accompagné en qualité de précepteur du fils qu'il avait eu de sa première union, nous sommes mis au courant du rôle considérable joué par lui en cette grave circonstance.
La commission était composée d'un certain nombre de conseillers au parlement présidés par M. de Novion. Dès le premier jour, Gaumartin y affirma son rang en assistant à la messe du Saint- Esprit immédiatement après le président (26 septembre). On s'en émut, mais il n'y fit aucune attention. Sa. situation lui donnait un rôle important, et c'est à lui que s'adressaient de préférence les familles des condamnés. Mme de Ganillac, notam-
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ment, le supplia de délivrer des lettres de rémission à son mari : il y avait décidé Novion, mais il se heurta à la vive opposition de l'avocat général Talon *. Gaumartin passa outre, et, en qualité de maître des requêtes tenant les sceaux, il délivra les lettres, approuvé, dit Fléchier, de tout le monde.
Avec sa femme, il tenait table ouverte, offrant presque chaque jour des festins, des parties de campagne. Il était très modéré envers les gentilshommes poursuivis, et il en donna des preuves notamment dans le procès de MM. de Montvallat et de Puy-GuiDaume.
Gaumartin occupa en réalité la première place pendant ces fameux Grands Jours. « Il a su si bien, dit Fléchier, mêler la civilité d'un galant homme avec la gravité d'un juge, les divertissements avec les bienséances et la dépense avec la modestie, que ceux qu'il condamnoit même se louoient de lui et que tout le monde trouvoit à faire bonne chère et se divertir chez lui, d'une manière que les heureux trouvoient fort agréable et que les malheureux ne
1. n écrivit une longue lettre à ce sujet au chancelier Séguier, le i9 octobre; elle a été publiée dans 1 édition des Grands Jours donnée par Sainte-Beuve. Gaumartin y consulte le chancelier sur ce qu'il doit faire, en lui exposant qu'il n'a pas cru devoir refuser des lettres de rémission, le cas imputé à M. de Canillac lui ayant paru tout à fait rémissible. Le procès fut instruit régulièrement, Taccusé fut condamné à mort et exécuté le 23. Gaumartin ne se cacha pas pour blâmer une mesure qu'il trouvait excessivement rigoureuse.
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pouvoient pas désapprouver. Il vit comme trois séries diflerentes dans sa maison : au commencement, tous les conseillers des Grands Jours y étoient très assidus, et il se piquoit d'y tenir une table fort propre et qui pouvoit même s'appeler quelquefois magnifique. La contestation de la présidence étant survenue, et ces messieurs, à la persuasion de quelques-uns des plus zélés, s'étant interdit la fréquentation et la familiarité qu'ils avoient avec lui, les principaux de la ville prirent leurs places et témoignèrent une amitié fort tendre et fort sincère ; la troisième fut celle de la noblesse, qui, s'étant rendue à Clermont, après avoir vu qu'on ne vouloit pas dépeupler l'Auvergne et qu'on faisoit quartier à bien des gens, ne trouvoit pas de maison plus commode que la sienne et où on reçût le monde avec plus d'accueil. La politique du président à ue lui donner aucune part du secret des affaires lui donnoit occasion de servir avec plus de hardiesse ceux (}u'il pouvoit assister honnêtement. Aussi il se ménagea si bien et avec tant de modération dans le différend de la présidence, qu'il fit toujours connoître que c'étoit un différend de charge qui ne devoit point passer jusqu'aux personnes et s'acquit l'estime de toute l'Auvergne *. »
i. Caiimartin avait avec lui sa mère et sa femme; plusieurs de ses collègues avaient fait de même, comme MM. de Novion et
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M. de Gaumartin avait réclamé avant son départ la suppléance de la présidence en cas d'empôchement de M. de Novion, dont la santé était très délicate et qui comptait d'ailleurs assez de parents dans la province pour être souvent récusé. En prenant congé du roi, il avait cru, suivant le conseil de Golbert, devoir lui en parler. Louis XIV lui répondit qu'il avait donné des instructions à ce sujet et qu'il les connaîtrait après l'ouverture de la Chambre. Le 26 novembre 1665, M. de Novion reçut l'ordre de faire enregistrer la commission royale attribuant la vice-présidence à M. de Gaumartin, et, en môme temps, Golbert écrivait à ce dernier de ne point attendre d'autres avis à ce sujet. L'émoi fut très grand parmi les parlementaires, indignés à la seule pensée de se voir présider par un maître des requêtes ; on intrigua pendant trois semaines sans se soucier du tort que ce retard causait aux affaires pendantes. Gaumartin affectait une extrême patience, vivant toujours avec ses collègues dans la meilleure intelligence et les recevant autant qu'ils le voulaient, de sorte que tous reconnaissaient que le choix du roi eût été excellent si M. de Gaumartin
Talon, ce qui ne diminuait pas les dirflcuités en multipliant les rivalités. C'était toute une coterie parisienne implantée en province avec le désir de s'amuser et de se moquer des dames du pays, que « ces airs évaporés éton noient toujours et indignoient parfois •.