Fille du duc de BeauvilJier, mort le 26 septembre
rifiurcs. » Le n'f^ment des gardes a eu ordry de se (enir prêt à marcher au premier coup de tambour, ainsi qtieltt maisfin du Roi. Le Parlement s'assemble ee matin sur la réponse du Rt'genl, qui a en\o)è une compagnie de gardes à la Monnoje, une à la Banque royale, une à l'Hôtel de ville et une à la Bastille. Ou espère que tout se passera en beaux discours et que Von ne tirera pas un seul des vîniri coups qu'un H donné il tirer à chaque soldat. La Chambre des comptes a t'té fort sage.
Balleboï.
Le Parlement rendit avant-hier un arrêt qui défend l'usage de la nouvelle tnoimoie; dès hier de grand matin, il y en avoit un du grand Conseil d'Etal afÏÏché par tout Paris qui le casse. Je dlnois hier avec un conseiller qui me dit que le procureur général réloit venu apporter k la Grand'Chambre et que, dès qu'il eut commencé le discours assez pour faire voir ce dont il éloit question, le premier président l'interrompit pour lui dire que le Parlement ne connaissoit point les arrêts du consed et qu'il pouvoit les reporter à ceux qui les lui avoient donnés; le même conseiller me dit que quatre députés de quatre parlements avoient demandé copie de l'arrêt du Parlement de Paris et l'étoient allés porter sur l'heure dans la cour. Balleroy.
^ juin.
Je commencerai par les nouvelles du temps, qui ne sont pas bonnes, à cause du mouvement du Parlement. Depuis qu'ils sont de retour de la petite vacance qu'ils ont prise à l'occasion de la Pentecôte, ils n'ont presque fait que s'assembler pour délibérer sur la déclaration qui met nos écus à 6 livres. Enfin ils ont été dimanche dernier faire des représentations sur cela à M. le Régent, qui leur répondit qu'en autre occasion il auroit égard à leurs conseils, mais qu'en celle-ci la chose étoit trop avancée pour y pouvoir rien changer, y ayant déjà beaucoup d'espèce nouvelle répandue dans le public.
Le Parlement se retira, et le lendemain matin, qui étoit hier, rendit un arrêt qui fait défendre de payer ni recevoir de nouvelle monnaie ; le matin, il en a été publié et affiché un du Conseil qui casse celui du Parlement, et on m'a dit que ce matin même le Parlement a rendu un second arrêt qui dit que, sans avoir égard à l'arrêt du Conseil de Régence, le premier qu'ils ont rendu s'est exécuté dès dimanche. Toute la maison du Roi a eu ordre de se tenir prête, et on leur a fait délivrer des balles et de la poudre à tous, excepté aux Suisses. Tous les bons citoyens sont consternés de ces mouvements du Parlement, qui peuvent avoir de fâcheuses suites.
Mme de Valentinois est hors de danger.
Il y a longtemps que vous auriez les mémoires de Joly sans M. de Gaumartin. C'est lui qui les a donnés à l'imprimeur, et il m'a dit vous en garder un exemplaire. Ils ne vous feront pas grand plaisir : c'est presque la même chose que le cardinal de Retz, excepté que cela n'est pas si bien écrit à beaucoup
près.
Balleroy.
ai juin.
M, le marquis de Nicolaï est mort *.
Mme de Montfort est toujours mourante, elle n'eu peut revenir.
M. du Mont *, beau-père de M, de Fiers, eut avant-hier une violente attaque d'apoplexie, mais il en reviendra.
Vous m'avez demandé mon voyage à Sainte- Mesmc ; le voici : Je leur avois promis d'aller passer les fêtes de Pentecôte avec eux, si mes affaires le permettoient. Cela est un peu par delà Dourdan ; ainsi on va par Baville, vous connaissez le chemin jusquelà. En arrivant à Dourdan, j'y trouvai un homme à cheval qu'ils avoient envoyé pour me conduire. J'y fus reçu comme le Messie. J'y trouvai M. et Mme de L'Hôpital, M. et Mme de La Potherie et
1. Frère du premier président de la Cour des comptes, titré marquis de Presles, brigadier des armées.
2. Louis de Pellevé, comte de Fiers, épousa en lOOi Mlle de Gaureault du Mont.
M. de Fécam. Vous me demandez ce que c'est que M. de Fécam : de profession soi-disant capitaine de cavalerie réformé, ivrogne et fort adonné à. toute sorte de libertinage, ami du duc de Brancas, duquel il parle sans cesse. Ce monsieur étoit devenu fort amoureux de Mme de L'Hôpital et le lui avoit dit ; elle jugea à propos sur cela de dire à son mari qu'elle feroit toujours tout ce qu'elle pourroit pour qu'on ne pût donner aucune atteinte à sa réputation, mais qu'elle craignoit qu'un long séjour de cet homme s'attribuât plutôt à amour pour elle qu'à amitié pour lui ; le mari vint aussitôt me faire part de cette réflexion de sa femme, qu'il trouvoit très judicieuse, et me dit qu'incessamment il le prieroit de se retirer. Il faut vous dire que depuis longtemps ce monsieur importunoit Mme de La Potherie de polissonneries. Enfin le jour même de cette réflexion faite par la femme au mari, il lui en fit encore une plus forte que toutes les autres devant M. de L'Hôpital, dont M. de La Potherie se fâcha sérieusement : paroles s'échaufiFèrent, entre lesquelles le Fécam dit qu'il y avoit déjà du temps qu'il lui en vouloit. Cela se finit par la proposition de se battre. Comme je n'étois pas à tout cela, on me vint avertir de ce qui se passoit; j'y allai promptement, et, dès qu'ils me virent, il ne fut plus question de rien. L'heure du souper vint aussitôt; mais, après le souper, M. de L'Hôpital pria M. de Fécam de partir dès le lendemain, ce qui fut fait. Voilà l'événement
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â juillet.
Le duc d'Orléans a conflrmé la donation de 10 000 écus de rente viagère faite par le Roi à Mlle d'Armagnac sur l'hôtel de ville.
Le duc d'Orléans a ordonné aux officiers de chevau-légers de saluer le duc de Ghaulues.
Ce matin, M. le garde des sceaux a répondu aux remontrances du Parlement que Sa Majesté vouloit que son dernier édit sur la monnoie fût exécuté, qu'ils devroient juger les affaires des particuliers et ne se point mêler des affaires d'Etat; que ce dernier édit feroit augmenter les terres, qui font la principale richesse d'un royaume, et que bientôt on ne verroit plus de papier dans le commerce.
24juillcl.
On fait un conte que je meurs de peur qui ne soit pas vrai ; le voici : Galpin se transporta il y a quelques jours chez M. le Duc pour lui demander le payement de 72 000 livres d'étoffes dont il avoit répondu ; après bien du verbiage qui donneroit de la grâce au conte, mais qui seroit trop long de rapporter ici, il le renvoya à Lass. Galpin le pria d'écrire et de signer le renvoi, ce qu'il fit. Galpin alla trouver Lass ; Lass refusa et porta ses plaintes au Régent, qui, après avoir dit qu'il ne se brouilleroit pas avec M. le Duc, conseilla de payer sans se faire tympaniser, que le public
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M. de Madaillan a épousé ces jours-ci Mlle de Nointel, avec 50 000 écus^.
Balleroy.
30 juillet 1718.
L'évêque de Sisteron est tombé d'une fenêtre et s'est tué ; on dit qu'il laisse 100 000 écus comptant'.
Le fameux M. Baluze est mort ^.
M. Lass a acheté la terre de Tancarville 800 000 fr. comptant. M. Grozat ne l'avoit donnée au comte d'Evreux que pour 350, qu'il remplacera pour la dot de sa femme, et le reste payera la maison qu'il fait faire au faubourg Saint-Houoré.
31 juillet 1718.
Le Parlement fit ses dernières remontrances, Madame, mardi dernier. Le matin et le samedi précédent, il s'assembla sur ce qu'on avoit dit à plusieurs de ces messieurs qu'ils se défiassent du premier président, parce qu'il avoit retranché plusieurs choses des remontrances ou changé et avoit fait ces remontrances très longues, pour porter la cour à