Mort subitement après avoir parlé trop violemment
2. M. de Lescure ignorait ce détail en écrivant ses Maîtresses du Régent, car il donne pour époux à Mlle Desmares Philippe, fils de Paul Poisson, le célèbre acteur de la Comédie française. Hogguers était un fameux banquier suisse, créature de Desmarets, très intrigant, agent du baron de Gœrtz, et l'un des plus actifs du roi
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disent que c'est de ses épargnes, les autres que c'est le Régent qui ne veut plus qu'elle soit à la comédie. Les nionitoires contre M. de la Force vont leur train. Il a nié, comme vous le savez, que les marchandises fussent pour son compte. Le chevalier Landais les avoue. Cela ne le sauve pas de la confiscation ; mais il prétend que cela, joint à l'évasion qu'il a fait faire des principaux témoins qui déposèrent contre lui, mettra son honneur fort à couvert. Il fait même courir des états de ses dettes suivant lesquels il seroit ruiné. Si cela étoit, il seroit bien malheureux.
Il arriva avant-hier à ma porte un billet bien imprimé pour inviter à une cérémonie à Notre-Dame d'un service pour la mort du Saint-Père qui se devoit faire hier. Comme je n'ai jamais ouï parler de prières mortuaires pour celui qui a le passe-partout du paradis, je crus, et crus juste que c' étoit un godan du i" avril. J'ai deviné la boutique d'où cela venoit. Cela fait pourtant plus de chemin qu'on ne pensoit. Il n'y avoit eu environ que cinquante billets de distribués parmi les amis et connaissances de la maison
Charles XII, don! le Régent suivait les projets par la Desmaros, avec laquelle, suivant ses coutumes, il ne rompit jamais tout à lait. Mlle Desmares mourut sans alliance, le 11 septembre 1753, à Sainl- Germain-en-Laye.
d'où ils partoient. Il en est arrivé un par hasard eu Sorbonne ; hier, au prima memi&, on déclara si Ton suivroit l'exemple de Notre-Dame ou si Ton n'en feroit pas un dans la Faculté; docteurs de raisonner, chacun suivant sa mode ; les constitutionnaires outrés soutenoient un si saint Père au-dessus des prières. Dans le parti contraire, quelques-uns croyoieut qu'il ne falloit pas prier pour un hérétique, d'autres qu'il avoit grand besoin qu'on priât Dieu pour lui et que les prières étoient toujours bonnes; pas un de ces grands personnages n'a imaginé que ce fût un poisson d'avril.
Le cardinal de Noailles ne va pas à Rome : vous en devinez la raison ; le cardinal de Gesvres n'y va pas non plus, à cause de sa santé. Le cardinal de Polignac n'ose y paraître, parce qu'il doit cent mille écus. Le cardinal de Bissy partit lundi, et le cardinal devoit partir aujourd'hui; mais s'étant avisé de se faire visiter hier, parce qu'il avoit des hémorroïdes épouvantables, on a trouvé qu'il avoit une fistule, et Maréchal lui fit sur-le-champ l'opération. Cela réduit nos cardinaux français à ceux de Rohan et de Bissy.
Gaumartin de Boissv.
5 avril.
Le convertisseur a perdu jeudi son procès à la Grande Chambre tout d'une voix. L'assemblée y
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«'■toit belle, nombreuse; force pairs; le public y a battu des mains '.
Le (jardin) de Bissy comptoit eiuinencr comme «■onclavisfe l'abbé de Vauréal, son grand vicaire. Le Kégent lui a proposé le convertisseur. Le Cardinal s'en est défendu le plus qu'il « pu. Le Kégent s'est servi de ternies impératifs et lui a ordonné de l'emmener. Les mauvais plaisants disent qu'il faut qu'il y aille faire faire les pàques à ses prosélytes !.
Je ne sais si je vous ai mandé une sottise qui nous a fait rire. L'autre jour, Raymond faisoit quelques questions à l'abbé du Bois sur la manière dont il se devait conduire avec l'ambassadeur turc. Tout d'un coup, l'abbé se mit dans une grande colère, sans savoir pourquoi, et se mit à sacrer. Chirac étoit présent; Raymond se mit à rire et lui dit « : Monsieur le médecin, comment appelez-vous cette maladie? »
Graude querelle entre ledit Raymond et le gentilhomme ordinaire qui est à côté du musulman . nommé M. de La Baume. L'introducteur prétend le devoir mener partout, fut-ce à pisser, et la difficulté s'étoit terminé là; sur la mine, personne ne l'auroit pu disputer à Raymond. Mais la difficulté s'est émise sur l'Opéra, et que M. de La Baume aime la mu-
1. L'abbé de Tencin avait reçu m surnom depuis qu'il s'était iiciiveiiicii! cmplnyi' à In conversion ri'ligieusc île Law. Il venait • l'être poursuivi par l'abbé de Yayssières pour avoir obtenu à pri\ ■ l'argent un prieuré; le Parlement l'adjugea à M. de Vayssicres.
2. Le cardinal, suivant Marais, l'arrcplu avec lui, tout en déclnrui «pi'il ne serait pas son conelaviste. En réalité, l'intrigant abbé allait à llrniie pour s'occuper du chapeau de Dubois,
sique, et que cela auroit pu tirer à conséquence en cas d'introduction chez le président. Il a fallu porter l'affaire au Régent, qui a décidé en faveur de Raymond contre l'usage et la possession. Les gentilhommes ordinaires prennent le parti de leurs confrères contre le très extraordinaire introducteur et ne veulent plus aller chez l'ambassadeur, qui est d'autant plus fâché que la figure du descendant des comtes de Toulouse lui parott plutôt celle d'un vieil eunuque que d'un homme raisonnable !.
7 avril.
Le cardinal de Mailly, qui se disposoit à suivre M. le cardinal de Bissy, n'a différé son départ pour Rome que sur l'avis pressant de M. Maréchal, premier chirurgien du Roi. M. de Mailly, qui avoit reçu 50 000 livres pour faire ce voyage, lésa renvoyées au trésor royal. M. Maréchal lui ayant démontré que la fistule se formoit depuis ce temps-là, Son Excellence s'est mise entre les mains des chirurgiens, qui lui ont fait l'opération 2. Pour M. le cardinal de Polignac,
i. Ce Raymond, homme d'esprit et lettré, était fils du partisan Raymond surnommé le Diable, très en faveur auprès du Régent. • C'est un marchand mêlé, dit Marais, servant d'espion à Dubois et reçu par les plus notables de la cour. » Il se démit de bonne heure de sa charge, dont il reconnut l'inutilité, épousa la fille du joaillier Ronde et eut une bonne maison, où il reçut beaucoup de monde.
2. On croit que le chirurgien fut gagné à prix d'argent pour hâter l'opération et empêcher le cardinal d'aller à Rome, où notre gouvernement redoutait sa légèreté.
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• |itnii|ur M. le Contrôleurgênéral ait été employé pour
l'engager à partir pour Home, ou ne croit pas pour :ela qu'il se mette sitôt en roule. Comme ce carlinal a abandonné tous ses revenus à ses créanciers, I a contracté îles dettes à Rome assez considé- .blés et qu'il ne s'est réservé qu'une pension de ) illm livres, il a fait connottre à M. le Contrôleur puerai que, puisque l'on n'étaîl pas en état de lui donner plus de 50 000 livres, il lui étoit presque impossible de songer à partir, d'autant qu'il seroit obligé à faire de nouveaux emprunts qui accumuleoient encore ses premières dettes.
Les abbés de Tencin et de Vauréal sont partis • Rome avec le cardinal de Uissy. qui a pris la e de L'Allemagne; ils seront conclavistes des irdinaux de Bissy et de Rohan.
Des lettres de Toulon portent que le mal contagieux y faisoit beaucoup de progrès et que les médens el chirurgiens de -Marseille y étoient accourus. ) 30, le sieur Pliilidor donna au Roi sur la terisse un concert composé de violons, de hautbois, e timbale et surtout d'un petit tambour qui étoit jappé ayec tant de justesse par un Suisse, que panloi tout le concert il ne perdit pas une mesure i une note. Sa Majesté en a été si contente, qu'elle en est fait donner un second '.
I. Michel D.iuiam, dit Cliilidor, basson du Roi et fils d'un llùe tle Louis XIII, qui lui donna le surnom de l'hilidor, nomd'tu: lullwis célèbre de l'époque. Son fils fut un compositeur du plus
Le duc de la Force a fait imprimer un mémoire à trois colonnes qu'il a envoyé à tous les princes du sang et ducs *.
Deux nobles Vénitiens doivent arriver incessamment ici de la part du sénat pour faire satisfaction au Roi de tout ce qui s'est passé à Venise depuis dix ans contre la famille Ottoboni ; on croit qu'ils prendront le caractère d'ambassadeurs extraordinaires.
Le Parlement va décréter contre le libraire qui a fait imprimer le mémoire de M. de la Force.
Le maréchal de Villeroy, fatigué de la manière
dont le marquis d'Alincourt vit avec sa femme, a été
trouver Mme Daverne. Il a loué sa beauté, le goût
de son fils, et lui a dit toutes les gentillesses du
monde. La conversation a fini par une grâce qu'il
lui a demandée très instamment, d'ordonner à son
fils qu'il fit un enfant à sa femme *; que, dès qu'il
auroit un héritier, il ne lui demanderoit plus rien
sur ses droits ; que ce seroit Tunique consolation de
sa vieillesse 3.
;rrand mérite et un célèbre joueur d'échecs. Sa famille existe encore .
1 . En même temps, les sieurs Bernard, secrétaire du duc, Duparc, Orient, Mercier et Landais faisaient paraître chacun leur mémoire. Landais réclamait toute la responsabilité, en démontrant qu'il agissait librement et avec une parfaite loyauté en achetant des marchandises chinoises qu'il déposait chez des correspondants.
2. Camille de Neufvillc, marquis, puis duc d'Alincourt, marié le 4 septembre 1720 à Joséphine de Boufflers, veuve en i732.
3. Leur fils aîné ne naquit que le 25 août 1723. 11 mourut tout jeune au collège de Clermont. M. d'Alincourt fut le premier amant
Le 1" de ce mois, le syndic de la Facilita de théologie ouvrit l'assemblée par un discours qui fu! fort tpplaudi et qui tendoit principalement à taire ordonner qu'il seroit célébré, par les docteurs un service solennel pour le feu pape. On opina, et tous furent de l'avis du sieur syndic, a l'exception seuleni'-iil de quelques-uns, qui remontrèrent que la chose proposée, étant insolente, devoit être repoussée. Le sieur Delapierre ajouta qu'il aurait été plus expédient et plus sûr de ne pas désobéir au souverain pontife vivant que d'ordonner des prières pour lui après sa mort. Cet avis fut relevé par le syndic et fut cause qu'il demanda acte à la Faculté de la déclaration qu'elle faisoit de n'avoir jamais manqué au respect et à l'obéissance due aux successeurs de saint Pierre, selon les canons.
M. l'abbé Bignon, accompagné de M. Bignon de Blanzy, intendant de Paris, et de M. l'abbé Baguet, se rendirent ces jours-ci chez l'ambassadeur turc pour lui faire visite; comme l'ambassadeur eu
(k- Mme d'Averno, qui l'abandonna pour le Hégenl. A cause (Telle, a déttwaU -a femme, nui fui toujours un modèle do vertu et était exeeutaflMfll Jolie. — Celle lettre se termine usseï aigrement. M. de Boissy se plaint des reproches que sa stcur parait lui avoir adressés au sujet de la négligence de son style, de ce qu'il ne lui explique pas clairement ce qu'elle désire, en accusant son « imbécillité >. Il esi affligé aussi de grands embarras d'argent qui amènent la venie cl." leur maison de famille, « chagrin réel pour nous , ml savoir couper un bras pour sauver le corps. ■
rendoit alors une d'amitié à M. le chevalier Sulton, ambassadeur d'Angleterre en cette cour, le fils de Son Excellence turque reçut ces messieurs fort civilement. L'ambassadeur étant rentré, la conversation de lui et de M. l'abbé Bignon roula sur la différence de la musique orientale, celles de France et d'Italie. L'ambassadeur, fort instruit de la sienne, avoua que celle de France le charmoit davantage; et M. l'abbé promit à cet ambassadeur de lui démontrer en deux heures de temps notre façon de noter, qui étoit beaucoup plus facile et plus parfaite que celle des Orientaux. A la fin de cette visite, l'ambassadeur donna à M. l'abbé Bignon une liturgie grecque et deux manuscrits arabes dont M. le marquis de Bonac l'avoit chargé pour la bibliothèque du Roi.
Le baron Hoguer sollicite fortement M. et Mme de Ségur , pour obtenir la permission de faire frapper de nouvelles pièces de 3 sols, afin de s'indemniser des sommes considérables qui lui sont dues.
Le 7 , le Roi alla pour la première fois dans la plaine de Vincennes tirer a volée; la chasse finie, Sa Majesté remplit la bourse qu'on lui présenta pour tous les gens du vol.
Le Roi, qui avoit accoutumé de donner tous les ans une certaine somme aux Feuillants, les en a privés pour avoir appelé une seconde fois.
Ou assure que M. de Sourches, grand prévôt de
i. Fille du Régent et de la Desmares.