MARQUISE C
i empoché que l'on ne donne de la part de , comtesse d'Armagnac une assignation à M. le prince Charles, ce qui fait augurer un raccommodement prochain.
Le sieur Poisson et le sieur La Torillière, cornéliens, ont obtenu de Sa Majesté une pension de Vi m éeus chacun pour avoir diverti le Roi en difféeules représentations.
Le départ de Mme de Modène de ses États vous
ura apparemment un peu étonnée.
Son mari est avec elle à Nancy, d'où ils veulent
venir ici. M. le Régent défend a la fille de Tenir à
Paris. Madame en est dans une furieuse colère ; mais
la duchesse d'Orléans en fond en larmes ; cependant
tout le monde conte que l'on aura bien de la peine à
''empéeher d'y venir.
In homme de mes amis a vu hier une lettre
un nommé des Sottinnes, que l'Alberom avoit fait
■réter pendant qu'il étoit en Espagne. Sur cette
tire, il marquoit à son ami qu'il avoit été assez
heureux pour rendre service au Régent et au Roi
son maître; que la quadruple alliance étoit prête de
manquer et que M. le Régent avoit été mal dans
ses affaires ; qu'il avoit lié le Régent avec le roi
d'Espagne, le roi de Sardaigue et l'Empereur; que
la Hollande et l'Augleterre en seroient les dupes;
que la succession de la France , en cas de mort du Roi, étoit assurée à la branche d'Anjou, et celle d'Espagne au Régent et à sa postérité; qu'enfin cela alloit à mettre le Régent sur le trône incessamment. Cette nouvelle est belle si elle est vraie.
La pauvre Mme de Harouys vient de mourir ; elle substitue son bien aux enfants de son frère 1.
Gai MARTIN de Boissy.
16 avril.
Sur la nouvelle que M. le duc d'Orléans eut jeudi dernier de l'équipée de M. et Mme de Modène, il dépêcha un courrier à Strasbourg pour ordonner à M. Dubourg de ne les pas laisser passer outre; mais ils étoient déjà passés, et les courriers n'ont pu les joindre qu'à Lunéville. M. le Régent a pris toutes les mesures nécessaires pour les empêcher de passer plus loin ; mais ou craint que, malgré cela, ils ne viennent ici au moment où Ton s'y attendra le moins 2.
Le mariage du duc de Sully avec la comtesse de Vaux, qui est fait il y a deux ans, fut enfin déclaré
1 . Dans cette lettre, il donne a sa sœur des détails sur le mariage de sa fille avec M. de Ségur, « dont la mère a voulu, à cause de la hausse, pour 280 000 livres de vin. Mais, en temps normal, il y en a bien pour 100 000. Tout compté, tout rabattu, cela vaut bien un mariage de Paris... Mon futur gendre est le meilleur petit bonhomme, tout rond, que vous ayez jamais connu de votre vie. • On verra ce qu'il en dira plus tard.