Mort le 15 avril
On commence à parler d'une réforme dans l'ar- :née de vingt hommes par compagnie d'infanterie >-t de quinze maîtres par celle de cavalerie.
Le sieur Mustapha-Agha, officier dans les troupes ■ovales, chevalier de Suint-Louis, chef d'une acadtvmie de jeu de trois dés, qui se disoit frère ou du moins proche parent d'Achmet Vi/ir et qui eu >tte qualité se t'aisoit donner le Monseigneur el l'Altesse, a reçu ces jours passés une lettre de cachet our sortir de Paris en vingt-quatre heures et se rendre à Monthélianl , l'ambassadeur turc ayant demandé qu'il fut puni de son imposture. On assure ne cet aventurier étoit autrefois cuisinier dans le éminaire de Saint- Magloire, métier qu'il aurait uitté pour entrer dans le service, où il s'est réeUeneut distingué tant en France qu'à Venise '. C'est en Italie qu'il s'est avisé pour la première fois de se servir de sa prétendue lettre de consanguinité avec le Grand Seigneur.
Les lettres de Provence annoncent qu'il n'est mort que huit personnes à Tarascon depuis le 23. On espère que la quarantaine, qui vient d'être augmentée de vingt jours, purifiera entièrement cette ville. Il n'y a rien ailleurs qu'à Toulon, où est mort le gouverneur, M. Dupont, qui a servi avec distinction au siège de Pampelune.
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I. Sa conduite ïi l'année de Flandre lui avait valu la croix de liiil-Louis; le Itégeni l'a va II autorisé à avoir etici lui une acudéiie de jeu de dés.
Partout où M. Lass passe, il y fait grande figure, joue gros jeu; outre le palais qu'il a acheté à Rome, on assure qu'il est encore en marché pour un hôtel à Venise, pour y passer la belle saison.
Autant les Mississipiens avoient témoigné d'empressement à faire des acquisitions lors de leurs fortunes, autant font-ils paraître aujourd'hui d'envie de revendre leurs fonds.
Samedi saint.
Je trouvai l'autre jour l'impertinente Pleneuf. Vous savez les airs qu'elle se donne. Il semble que la misère ne l'ait rendue que plus impertinente. Elle me demanda des nouvelles de la nièce de Balleroy. Le degré de parenté m'étoit connu, mais l'air d'insolence me déplut ; il me semble que l'alliance n'étoit pas assez assortie avec les autres de la maison de Matignon pour être avouée si promptement. Je lui dis que je ne croyois pas que les Douilly fussent si proches des Matignon ; elle me dit : « Avez-vous oublié que la maréchale étoit ma belle-sœur? » Je lui dis : « Effectivement, je ne me souvenois plus que le maréchal avoit épousé une Berthelot; je ne songeois qu'aux pères et grand'mères Longueville i. »
Gaumartin de Boissy.
1 . Le maréchal de Gacé avait épousé, le 8 avril 1681, Marie-Élisabeth Berthelot, fille du secrétaire des commandements de la Oauphine et d'Anne Renault de Duchy; Tune de leurs filles
L'ambassadeur turc, qui, depuis sa visite chez le hevalierSutton,avoii été retenu par une dyssenterie 1 est complètement guéri, ne sortit que le 16 e ce mois, pour venir au Palais-Royal, où il eut une ndience particulière du Régent. Il s'y rendit dans i carrosse aux armes du Roi, ayant son interprète ur le devant ; quinze Turcs précédoient la marche, t quatre cavaliers du guet, ayant un officier h leur , suivoient le carrosse.
Une lettre de Nancy, du 12 de ce mois, porte que on a trouvé depuis peu, à une lieue au-dessus de la ille de Pont-à-Mousson, un monument d'antiquité ni parait digue de considération; on voit ce monument dans une carrière abondante où l'on trouve des pierres fort belles à bâtir. Il est composé d'une pierre unique que l'on croit avoir servi d'un autel à sacrifices dans un camp où quelques légions romaines étoient rassemblées : sur l'une des faces de cette pierre, qui est ornée en haut et en bas de quelques moulures et ornements de sculpture rustique, on voit une inscription en lettres romaines fort lisible; sur une autre face, on voit sculptée la massue d'Hercule, qui est attachée à deux animaux; sur les deux
èpDOH efl 17-20 le fils atnè de .Mme de Balleroy. M. Berlhelni,
i ■omir de Saint-Laurent, «tait le grand-père de la marquise de Prie
cl ) ■ des barons actuels de Baye, issus de son second llls.
Mme de Ploneut, femme de celui-ci (1081-1758), était une Douilly de iiiimï.
autres faces, il n'y a rien du tout; sur la surface du dessus, il y a une concavité de figure ronde; les uns y voient une chose destinée aux libations des anciens sacrifices, les autres le foyer pour le feu des sacrifices.
Le cardinal Alberoni, à qui Messeigneurs les cardinaux avoient écrit de se trouver au conclave, fut reçu du Sacré-Collège, à son arrivée de Suisse, avec tout l'accueil imaginable. S'étant tous assemblés pour y entrer, on tira au sort pour les loger; le premier billet portant son nom, S. E. choisit la première loge, qui est la meilleure.
D'après les dernières nouvelles d'Italie, Mme de Modène est toujours à Vérone.
L'ambassadeur turc a deux carrosses.
2(5 avril.
Vous êtes bien impertinente de traiter mon lit de bauge. Je suis bien aise de vous dire comment j'étois logé dans l'endroit où j'ai paru si mal à M. d'Argouges. Il faut qu'il soit bien difficile. Ma chambre premièrement est celle où Migneau de Tlsle prenoit son repas; il est vrai que la tapisserie est de deux toiles peintes un peu différentes, mais elles sont toutes deux à fond rouge. Le lit est celui dans lequel feu mon père couchoit, de damas rouge, véritablement un peu vieux. Il ne peut pas nier que je n'eusse un beau couvre-pieds, de l'édredon entre
[eux taffetas; mais des Normands ne commissent > magnificences. Je conviens (|u'i! »\ ■ à mon t qu'un matelas de crin et un lil de plumes, tous leail assez minces, mais la paillasse est fort épaisse, 1 m peu) mer qu'il n'y ait six chaises de canne et i fauteuil de maroquin à roulettes que j'avoia en- Djé chercher chez un grand cardinal. Quand ce ne Mît que cela, ce sera peut-èlre quelques jours une clique, si jamais on le canonise. Vous vomiriez ne l'on enfonçât dans un Ht comme une accouchée, mu moi, qui suis accoutumé ;i une vie plus mâle, i ne me plais jamais quand je suis trop m'en confie : et, quand je lais rabattre les matelas à Boissv, \ défends toujours que l'on ne touche au mie». Une des raisons pour lesquelles je n'ai jamais voulu HH remarier, c'est que je trouverais peut-être une femme qui roudroit un lit mollet.
Le mariage de ma fille est meilleur que je ne puis ous le dire.
J'aime le duc de Sully et suis charme de la déflation de son mariage. Il devient infirme; cela lui Influera une compagnie commode et bonne chez lui. s je ne puis taire que je ne suis taché de le voir us espérance de postérité. Il est triste, quoiqu'il y ait des gens de môme nom, que ces établissements osent à de si mauvais sujets.
Gai mautix us Boissv.
\iî LES CORRESPONDANTS
4 mai.
Le pauvre M. des Marets vient de mourir très mal dans ses affaires. Voilà ce que vous ne croirez peutêtre pas aisément et qui est cependant vrai. C'est une perte pour ses amis. Je me mets du nombre. Il m'aimoit, et je l'aimois tendrement. Je le lui disois plus volontiers depuis qu'il étoit hors de place. Il a voit 20 000 livres de pension. On en continue 8 à Maillebois, et on porte à 12 000 celle donnée il y a quelques jours à l'aimable baron de Ghâteauneuf. Voici comment elle lui fut octroyée. N'ayant pas un «tu, comme cela lui est souvent arrivé, quelqu'un à qui il s'en plaignoit lui dit : « Que ne demandes-tu 4000 livres de pension; on vient bien d'en donner autant à la Torillière. » Il alla tout courant faire son petit galimatias pour les demander. Le Régent lui répondit avec bouté qu'il seroit fort aise de lui faire plaisir, mais qu'il ue voyoit point le prétexte pour les lui accorder. Le baron lui répondit qu'il n'avoit pas un sol. Le Régent lui dit : « Je veux bien vous l'accorder, mais cela ne vous rendra guère plus riche, car on les paye peu. » Le baron répliqua que ce seroit toujours une marque de bonté dont il lui seroit obligé. Le pauvre M. des Marets, à qui il alla reudre compte de la grâce qu'on venoit de lui accorder, ne put s'empêcher d'en rire. Si bien traité à propos de rieu peu de jours auparavant, vous voyez qu'il n'y avoit pas de moyen de ne pas l'égaler à son
to. Quant ait troisième, qui n'avoit rien, e'a été B raison de ne lui rien donner.
y a eu mi grand tapage entre M. Le Blanc et de Broglie et de Puysùgur, au sujet de la forme. Tout le inonde étoit Contre li' système de s derniers. Comme les systèmes ne sont plus ii la f, ces messieurs, pour corroborer leurs affaires, donne un mémoire affreux contre M. Le Blanc, 'ils lui erachoieut est retombé sur le ne/, de 'uységur '. Les commis qui Iravailloienl sous ses ■ares reçurent avant-hier défense de retourner ci lui et injonction d'aller chez M. Le Blanc. Ce ils onl si bien exécuté, qu'il apprit hier sa destiion de gens qui en parloient eu attendant l'heure faire sa cour au Régent, de la bouche de qui la nette toi fat confirmée. Je doute que cette nouvelle fasse grand plaisir au comte d'Evreux, qui pourrait bien perdre en même temps un autre procès qu'il procède contre le due d'Alljrct pour le relrait Tïnicarvillc.
Os craint beaucoup pour la santé de M, le Duc, ii est d'autant moins bonne qu'il ne t'ait rien de ce il faut pour l'améliorer.
Demain le Parlement est convoqué en grand coite pour l'affaire de M. de la Force, qui a fait disraltre la plupart des témoins dangereux :.
1 . Il avait li- service îles roules, qu'un adjoignit au contraire au
■ "■ut ilr Le lilaui:.
± Le PartaBÉfU déctdl qu les diverses requêtes seraient In m instraeUoM da prooèa Mt neoUneoi aTWdnedptfea
Le garde des sceaux est depuis huit jours entre la vie et la mort. Mais admirez l'habileté du médecin. Lemery, qui avec Hermand le voit, vint hier l'air tout effaré nous dire que le mieux qui paroissoit dans la santé lui ôtoit toute espérance, que c'était une preuve de gangrène puisqu'il ne sentoit plus de douleurs. Je lui demandai comment étoit le pouls; il me dit qu'il étoit fort bon et sans fièvre. Hermand nous confirma les mêmes faits et le même pronostic. Je leur dis que, sans vouloir discuter, il me parai ssoit impossible qu'il y ait de la gangrène sans fièvre. Ils me soutinrent le contraire, et aujourd'hui le garde des sceaux se porte beaucoup mieux, et ils conviennent même qu'on peut espérer.
Mme de Feuquières et Mme de Saucourt sont venues remercier le Roi des portraits enrichis de diamants dont Sa Majesté leur fit présent à l'occasion des cérémonies du baptême du comte de la Marche; on estime ce portrait 1000 pistoles !.
Le 29, le comte de Tavanes vint prendre congé du Roi pour aller tenir les Etats de Bourgogne en l'absence de M. le Duc, toujours souffrant à Chantilly.
Le cardinal de Noailles alla ces jours passés aux
des marchandises saisies, t Voilà, écrit Marais, l'affaire tournée à l'extraordinaire, et elle ne finira pas de sitôt. »
4. Pauline du Pas de Feuquières, morte en 1742, épousa en 1720 Joachim de Seiglières, marquis de Soyecourt, brigadier. — Thérèse de Mouchy, fils du marquis d'Hocquincourt et de Marie Mole, veuve depuis 1711 d'Antoine du Pas, marquis de Feuquières, lieutenant général, mère de la précédente.
Invalides, où il prêcha en habits pontificaux et donna la confirmation à 400 invalides, dont il y avoit un âgé de quatre-vingt-sept aus.
Le chevalier de Mianes ' ayant eu de grosses paroles avec M. de Novion, officier, pour une dette d'honneur, l'affaire fut portée devant les maréchaux, où M. de Novion prouva la dette. Les maréchaux ont condamné le chevalier à payer les 2000 livres et à quatre ans de prison.
On va jouer au Théâtre Français Esther, de feu Racine.
Gaumartin de Boissy.
6 mai.
Votre jugement sur le Conte du Tonneau est très juste; mais, quoique je convienne du résultat, je vous dirai que nous nous trouverions heureux d'avoir de temps en temps de pareils mauvais livres.
Gaumartin de Boissy.
.... mai.
Si vous n'étiez pas fort bien informée de tout ce qui se passe, je m'ingèrerois de vous mander que
i. Gouverneur du château de Nantes. Le Régent, qui avait eu besoin de lui pour les affaires de Bretagne, voulut le conserver en liberté. Les maréchaux, blessés de ne pas voir leur décision respectée, résolurent d'aller à deux tous les jours en entretenir le Régent; ils déclarèrent le 18 mai que, n'obtenant pas de réponse et leurs jugements étant inutiles, ils ne siégeraient plus.
le cardinal Paracciani est mort, que le cardinal Spinola est ministre du nouveau pape ; que la peste, qui avoit pénétré jusqu'en Languedoc et qui s'étoit fail vivement sentir dans une petite ville du diocèse de Mende, la Canourgue, et y auroit été portée par des marchandises que des muletiers auroient trouvé moyen d'y faire passer, est passée, par les soins qu'on a pris d'ôter la communication et de brûler ce qui pouvoit l'étendre; que MM. Paris, Sonin et Bernard prêtent 3 millions au Roi sans intérêt pendant trois ans pour assister les pays les plus éprouvés par la perte et la famine. M. de Breteuil, intendant de Limoges, a acheté 300 000 livres la charge de greffier de l'ordre du Saint-Esprit, du premier président de la Cour des Comptes, et la charge passe à M. de la Houssaye pour le décorer du cordon
bleu.
De Fraxcières.
H mai.
En un seul jour, la mort du garde des sceaux le matin et les articles du mariage de ma nièce à discuter et signer le lendemain, tout cela m'a ôté le temps de vous écrire. L'article du mariage est celui par lequel je commencerai !.
Jamais affaire ne paroissoit plus aisée à conclure et, pour mieux parler, ne devoit parottre. Jamais