‹ Les correspondants de la marquise de BalleroyChapitre 39 sur 79 · Le mariage de Mlle de Boissy avec M. de Ségur · texte numérisé non relu

Le mariage de Mlle de Boissy avec M. de Ségur

enfant n'a été plus diffieUe è décider. Le mariage paroissoît convenable de pari et d'autre; toutes l«-s parties le soufaaitOHHiL Nous n'étions occupés que de tout aplanir et de traiter les choses noblement : le médiateur était l'archevêque de Rouen, l'homme

«lu monde le plus concilient : mais une mauvaise tète brûlée de cousin commua, nommé M. des Aiguës, s'étoil fourré dans la négociation et gàloil tout, quoique rempli des meilleures intentions du monde, mais désirant de se rendre nécessaire; les flmses on) été pouseées si loin, que, ne me sentant plus assez de fond de patience, je fus obligé de lui dire devant la mère et le (ils que, si j'avois encore quelque ebose a traiter avec lui, j'aimais miens de bonne grâce renoncer au mariage. Le Président dit à sa mère ' qu'il le voyoit bien depuis quelques jours, qu'il la prioîl de lui laisser le soin de lînir l'affaire avec l'avocat qu'elle avoil choisi pour son conseil et

moi, que eYit.it le seul moyen tl'^n finir. Des Aiguës fut remercié; cependant, le soir, il se tronva chez

ravinai, mais la présence du (ils lui imposa. »■( tout fut réglé comme il l'auroil été il y a un mois, si le maudit cousin ne se fut mêlé de rien. Il ne reste plus que d'aller à la campagne faire le mariage et y

I. M. de séjour était le uooad lil* de Jtcqmn, seigneur île Ftuwe, capitaine de cavalerie, et de Jeanne de Garcy, qui décida IMI ri i. ■ ri I iVhnngrr MB épi1'* contre une robe de conseiller iin pnlaHnl de Ilordenu*. Il mourut en 17!1». Su braille ér.iii d.- \iriiie DoUetN di Gasoogne, mate nullement parenw de ■■"!!" de Nrigtwd.

t?S LES CORRESPONDANTS

rester une huitaine. Mais, pour cela, il faut attendre que les messes du garde des sceaux soient dites.

Venons au garde des sceaux. Je n'ai point vu son testament, que Ton venoit de lire lorsque j'arrivois; mais je vous assure qu'il y a de quoi faire plaider les enfants tout autant qu'il leur plaira. En gros, le cadet est légataire universel et de toutes façons tient le bon bout de son côté. Il dit que, Faîne ayant de grands avantages par la coutume de Touraine, il a voulu égaler en quelque façon le cadet et l'ainé par le legs universel. Je le crois infiniment plus riche. si l'argent comptant est remis.

CArMARTIN DE BofSSV.

14 mai.

Les enfants virent hier la nonne la supérieure de Trainel. maîtresse du garde des sceaux V qui ne sonna mot et ne dira vraisemblablement rien ni a l'aine, ni à la fille, ni même au cadet, que ce qu'il lui plaira. Le cadet est fort caché; je crois que vous le connoitrez sur ce pied-là. Le père ne laisse pas cependant de désigner son aîné pour succéder à la charge de Tordre. Le cadet avant et depuis la mort a fait, sans faire semblant de rien, toutes sortes

! . On publia v*»rs ce temps une estampe sur la mort de M. d'Argenson.où les souvenirs les plus offensants sont très plaisammen! groupes : l'allusion la moins accusée est celle concernant labbesse. .M. d'Argenson est représenté entretenant des religieuses avec cette simple légende : Mme du Trainel.

de démarches auprès du Régent pour l'avoir Le jour même de la mort, nous ail Ames saluer le Régent ( lui reporter les sceaux de l'ordre. Il venoit de lartir pour dîner à la campagne; nous ne le vîmes que le lendemain. Il reprit les sceaux des mains de l'aîné et parla assez gracieusement sur ses bontés lour les uns et pour les autres. En sortant, nous raisiuiiii'imes beaucoup sur ce qu'il ne les avait pas rendus sur-le-champ a l'aîné. Le cadet nous dit, pour détourner l'idée de sa manœuvre, qu'il craignoil Tort que le Chancelier n'eût fait des démarches pour joindre cette place à la sienne. Peu après, nous sûmes la vérité. .Mats tout a été réglé; la charge passe sur la tête de l'atné et va au cadel '.

A la dernière représentation du ballet, un officier aux gardes, nommé le chevalier de Fénelon, neveu de feu M. de Cauibray, voulant ajamber par-dessus des piquets de fer, s'empala sur un et mourut une heure après.

Un conseiller au Parlement, nommé le Goupilliou, (ils d'un intendant de frontière, se trouvoit, de

I. Le testament de M. tl'Argenson était ualé de novembre 1790;

Il y maintenait l'ainé dans tous ses droits d'aincsse et nommai! le idet son légataire universel, proposant ensuite un partage amia- Ic des immeubles. Il y avait BO 000 livrrs de lega, don) IB 000 u couvent du Trahie! et BOO livres de pension pour une petite

BtlençtM religieuse par charité. < On soupçonne que e'esl une bannie, i dil charitablement Marais. Mme de Collamlro fut réduite à * légitime. On ne trouva pas d'argent comptant, et Marais «Joule ;n'il y mil plu df BOO 000 ItvTW ' égW*W ■ Mitre tes mains de 'abysse. Phii lard, (''s Miaou do garde dM teeani formèrent

une plainte en justice contre alla.

y* LES CORRESPONDANTS

70 iiii libres de rentes, réduit à presque rien par ta actiotts. Son cocher lui vint demander de l'argent. <t. lui ayant parle un peu durement, le conseiller lui vas** le bras duo coup de pistolet et, s'enfermani «bus sa chambre, se cassa la tète d'un autre.

CUMARTIN DE BoiSSÏ.

I ( mai.

M. d'Àqteuson* qui fut enterré le 10 à Saintes *o*as «lu Chardonneret ', a fait en mourant un trament dans lequel il a ordonné que son cœur servit pour les Dames religieuses du Traiue/. à qui *: I***ue 15 000 livres: il lègue encore 70M lînvs au\ Thcatins. 2000 aux Capucins.

Le T. on arrêta le sieur Guillaume Lass. frère de M. l-ass. qui est à Venise, auprès d'Orléans, d'où il f ;t c»»!HÎuit a la Bastille: «m raisonne ici fort ditfrraniment du sujtq de cette arrestation. Les un> prétendent qiit1 la cour n'a pris ce parti que sur lavis qu'elle a eu qu'il a voit acheté trois terres en Ecosse: d'autres disent que c'est en \ertu de quelques sentences des conseils: les derniers enfin soutiennent que c'est au sujet d'une requête répandue contre lt* sieur lîuiilaume avec le par corps, parce qu'il e*t «'(ranger non naturalisé.

!. te cnwn \it tn*s sojindaleuv: les ha rangées voulurent voir V o -r \ s. ^vi:r Hnsuîier librement. Marais dit : < Je ne sais qui aun <•■•. àrv.o. :'. doit y avoir un beau débat dans l'autre monde comnw * ■• t*u -■: à «ju! l'emportera. •

On a rétabli la compagnie des six particuliers qui fournissoient au marché de Poissy les avances des deniers que les bouchers de Paris sout obligés de payer comptant pour le prix des bestiaux. Cette compagnie fera le prêt à trois semaines de crédit, au bout desquelles M. le lieutenant de police a ordre de faire arrêter les bouchers qui ne payeroient pas.

Le bruit court que le tabac va être remis en ferme, et Ton assure que l'adjudication en a été faite au sieur Daras, ci-devant directeur de l'ancienne ferme, moyennant 3 120 000 livres pour la première année.

L'affaire du duc de la Force, dont la décision avoit été remise au 7, ne fut point jugée définitivement : il fut seulement ordonné que le duc seroit confronté avec les témoins qui ont déposé tant contre lui que contre ses gens; qu'au préalable les scellés de la salle des Grands-Augustins seroient levés ; que les marchandises seroient mises en bonne et sûre garde, et qu'elles seroient vendues aux enchères au profit de qui il apparti endroit.

Le 10, l'ambassadeur turc assista aux intermèdes du ballet du Roi, où Sa Majesté ne dansa pas. Cette Excellence vit représenter dans la salle des machines la comédie de Don Japhet (V Arménie; tout le monde sait le malheur arrivé au ballet au chevalier de Fénelon.

30 mai.

Mme de Parabère se retire au Blanc. C'est Mme d'Avesne qui est en faveur *.

M. de La Vrillière a refusé la survivance de sa charge pour son fils.

M. T Archevêque de Tours dort toujours. Labbé Buchet, qui faisoit le Mercure galant, est mort.

7 juin.

Le conseil de santé s'assemble tous les lundis chez M. le Chancelier; le Contrôleur général; avec quatre secrétaires d'État en fonctions et deux conseillers d'État, dont M. Amelot, y assistent, et M. Dodart, premier médecin du Roi.

Les Etats de Bourgogne ont accordé au Roi en don gratuit 750 000 livres en argent et 150 000 en billets de banque.

L'abbé de Polastron a reçu une lettre de cachet portant défense de soutenir sa thèse, où il avoit intro-

1. Marie-Madeleine Coatquen de La Vieuville, fille d'un chevalier d'honneur de la feue reine, créé duc à brevet, et de Mlle de La Chaussée d'Eu, mariée en 1711 à César de Baudéan, comte de Parabère. Sa liaison avec le Régent commença en 1715: il y eupas mal de hauts et de bas; enfin le congé fut donné en mai 1731, sans que nous en connaissions la cause précise. Mme de Parabêr? continua sa vie galante et mourut à un âge avancé. On est incertain sur l'origine de la nouvelle maîtresse du Régent: suivant des auteurs contemporains, elle serait fille du marquis de Brézé,oude M. de Brégis, ou de M. de Beauvan du Ri vaut; elle épousa un lieutenant aux gardes, M. Ferrand d'Escossay, lieutenant général.

t quelques propositions contraires à la Déclara-

g du Roi sur la Constitution.

L'abbé do Saint-Albin est au séminaire des lionspriants, où il va recevoir le sous-diaconat.

['ai le moyen de 520 000 livres que la famille de

Tt'ii L'abbé de Mornay uvoit payées pour les bulles île

l'archevêché de Besançon, le prélat qui y sera

lommé sera dispensé de payer une seconde fois les

ulles qui lui seront délivrées.

On a découvert depuis peu chez un boulanger de

rue Saint-Houoré pour plus de 200 000 livres

i nippes et de bijoux que le fils recéloit. Il a pris la

e; il n'y a pas de doute qu'il ne fut complice de

us les vols qui se sont faits.

10 juta.

On dresse actuellement un théâtre dans la grande galerie du Louvre pour y représenter la même comédie qui fut jouée devant le Roi par les pensionnaires du collège de Louis-Ie-Grand ; elle a plu si fort à Sa Majesté, que les jeunes seigneurs de lu cour i apprennent les rôles pour les jouer eux-mêmes. Depuis quelques jours, il paroit une requête représentée au Conseil par le duc de la Force ; elle est ;née de M. de Sacy, avocat au Conseil; elle tend a i cassation de l'arrêt du Parlement et de toute la irocédure. Les plus grands moyens de celte requête ont fondés sur l'animosité prétendue du Parlement

33 i LES CORRESPONDANTS

contre le duc. Les domestiques du duc, arrêtés pour avoir prêté leur ministère au commerce qui fait le sujet de ce procès, ont été mis la semaine dernière au secret.

Versailles, 15 juin.

Versailles a été bien brillant pendant cinq jours. L'ambassadeur turc est venu ici : il y avoit un monde inBni qui étoit venu de Paris pour lui et pour voir les eaux ; il y avoit autant de monde dans les jardins que daus les beaux jours du printemps on en voit aux Tuileries, et des carrosses dans les cours et dans l'esplanade comme il y en a à la comédie les jours qu'il y a bien du monde. J'ai vu passer et repasser tout cela de mes fenêtres. L'ambassadeur est un Hercule de très bonne mine et laid et spirituel : il a été enchanté de Versailles et surtout des eaux ; il dit qu'il y a du surnaturel. M. le prince de Conti est venu le jour de la Fête-Dieu et a mené avec lui un fils de l'ambassadeur ou celui du Grand Seigneur, et pour grand chaperon Mme de Polignac et Mme d'O; ils ont fait un souper à l'hôtel de Conti, où il s'est passé de belles choses avec ces demoiselles de Paris, et on assure que Mme de Polignac a voulu savoir la différence des Turcs et des François. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'on a rapporté le fils de l'ambassadeur et son médecin à cinq heures du matin ivres morts *.

1 . Voir, dans la Conespondance de Madame et les Mémoires de Maurcpns. des détails trop crus pour être rapportés ici. On

1>E LA MABOUISE DE BAI.LEROV 303

Lu couleur à lu mode est cette année feuille mûrie

ou café: vous voyez une infinité de jolis taffetas de

. deux couleurs : on perte assez des nuiliaotes, qui

ni, à ce qu'on dit, très jolies: elles coûtent vingt-cinq

IWW; niais on m'a assuré qu'elles ne dureu! guère.

.es habits sont absolument inutiles, hors aux Tuile-

s; on va partout en robe de chambre : c'est une

ide bien commode.

J'ai été avec M. de Blois à l'hôtel de Sully, où j'ai reçu à merveille; les nouvelles de la peste ne ileut pas le diable; les pestiférés, forcés par la néces- : et manquant de bien des choses, ont forcé les ; et gagné une petite lie du Rhône, qui peut YOÏr douze à quinze lieues de tour, qui s'appelle la Camargue; il y a eu dis ou douze personnes tuées dans cette action, cl il n'y a plus qu'un bras du Jîhonc mire la peste cl le pays .pie l'on garde. Il y a aussi deux ou trois villages attaqués dans le Gcvaudan; on prend toutes les mesures possibles; on eu a déjà brûlé mi. C'est une cérémonie un peu ùulcceiile; ou l'ait dépouiller entièrement tous les habitants et habitantes; on les fait passer tout nus a travers des fumigations; on les fait entrer dans un enclos où ils trouvent des habits et tout ce qui leur

ï'éto Maternai qua l'un n'nfi songé qtfw) 17.1-2 .i mteuar

Unie de PoUgnae.

*« retsau*». L* y iiœc a çua^amauit?. *« od Icolr **jn*rait»a£ ** musito^. j» ju^-ôes. «. od mrf tout

La si:tùe j:: -« ■£**.- ur |*wr ô* M. Cartouche. C*k m -lattï i*?± + *wxr± -qm furast arrhes: il sr «rat ptr a *a*muKir . «>l ffwnd qoe depuis te tanpi-jà I ** sur j» va». * >«h £ ôescrad toute b d^c* p*;r v.ù*r Wifïti. <* qn'il « fait serment de ziê^t *£s& <>ra <çl i **:*«>:<:. \ .;<!* uœ 1^]*? ik«ui*£*. -j«r* fi>i>3~«a p»«i*>t3v> pas mie -.

M. ôr Nwir *s &smw pxir farter la queaeiiu h- 1 au s^.tv : .via <k«ae le o:>nk«c £4eu.

CBClAIJElt DE BaLLEBTO

rç.

Les Chartreux donnèrent au R<.i. quand il les alla v..ir. une petite ruche de vermeil d.>rv et de cristal au travers de laquelle on voit les mouches a miel travailler.

Un nommé Durand a été arquebuse à Lvon pour être venu de pays iufestés sans jwisseport.

1. 0/i i.-orumen«;a alors à craindre fort pour la Bourgcçr*, o!. levêque de Dijon ordonna des prières publiques.

2. .Nous allons voir souvent Cartouche revenir dans ces lettre?. Louis-Dominique Cartouche, né à Paris, d'honnêtes artisans, vers 1093, se signala dès l'enfance par le goût du vol: chassé d'un colle^e, puis de la maison paternelle, il organisa une bande en >ormandie, puis l'emmena à Paris, théâtre plus digne 'de son eices- •*ive habileté.

[>E LA MABQUlSI DE llALI.EROr 3:17

Le uiarquis de Saulx-Tavanes épouse Mlle Canal '.

Le marquis île Cliarliis-Busset a été mis à la Basile ».

Le Parlement continue l'affaire du duc de la Force ; été confronté avec les crocheteurs.

M. Colbert Saint-Mare, capitaine de vaisseau, épouse MlleGouffier 3.

Le duc du Maine ue veut faire les fonctions de ses barges qu'après être rétabli dans BOB rang.

Il court un bruit fort sourd que AI. Le Rebours ourroit bien être contrôleur général '.

On a eu nouvelle qu'il y avoit eu un trembleiciil de terre considérable à Vaujour, duché qui

I. Il y u une erreur évidente. Charles-Henri-tiuspard de Saulxmes, pru>Iw BcnUlhonuM du duc de Bourbon, lieulenanl fè-

'i ;il du M;i('»nri;iis, i-lieviilicr des Ordres. épousa, le -21) juin 1721. iis.ilieiti de M jilly du Breuil, lllle d'André de Mailly, seigneur ii iiieini, receveur «ruerai ù Tours, el de Françoise des Chiens. - 1:1 .Mile CaUraL, mie de H, de Saint-Oratfe», cooeeiltar au Parmenl, pclîir-niêeo du maréchal, ne se maria qu'en 1724, avec le m. m-, [iiis rie Saml-Simnn-Guirlomur,

■2. Louis de nourbon, comte do Dussel et de Châlons, marié en I7W I Anne Gnufiler, mort eu 172t.

!J. Marie-Char loue, dite du marquis de Uuudier d'Heilly el de Catherine de Luyues, épousa Charles Colbert, seigneur de Saïnl- V m. in.iiire de camp de cavalerie, dont le père était cliel d'esca- ,iie. Veuve le 2 mars suivant, elle se remaria en 1730 au marqua «le (muflier d'Espaguy, son cousin germain.

\. Moindre û> Beboore, wigneur de Bertrand-Fosse, conseiller iu grand conseil eu 1687, intendant des linances en 1714. Mort ■ ri 1730 MM hoirs.

il. - 22

avoit été donné par le feu Roi à la duchesse de la Vallière et qui appartient présentement à la prin-% cesse de Conti, première douairière *. On parle de plusieurs maisons ébranlées.

On a agité dans le dernier conseil la réunion de Tordre des Feuillants et de celui de Giteaux, étant de même origine. Mais le Régent déclara que cela ne se pouvoit faire sans le consentement de chacun.

Le sieur Le Maître, ci-devant cabaretier de VEpée de Bois, M. Poisson père, comédien , et Mlle Carbon. Mme de La Ferté, femme d'un médecin, et Mlle Autier, furent condamnés le 27 à mille écus d'amende pour avoir donné à jouer au pharaon.

On parle de mettre une taxe sur le clergé pour donner le produit aux villes affligées de la peste. Il n?y aura pas de foire cette année à Beaucaire a.

9 juillet.

La principauté de Poix, sise en Picardie, dont les maisons de Poix et de Créquy jouissoient depuis le xie siècle et qui étoit entrée par hérédité dans celle

1. Près de Beaugé, en Anjou, éri^ré en duché-pairie le il) mars

2. Nous noterons ici la terminaison de Fa (Taire du duc de la Force, dont cette correspondance ne parle plus. Le Parlement décida, le 12 juillet, la confiscation et la vente des marchandises au prort des épiciers de Paris pour un tiers, et des hôpitaux pour le surplus ; les quatre accusés, Orient, Landais, Bernard et Lespau. furent blâmés et condamnés à de faibles amendes. « Et sera tenu le duc d'en user avec plus de circonspection et de se comporter à l'avenir d'une manière irréprochable. »

UE LA MAHgiJISË DE BAU.EKOV 339

«le La Trérnoille, vient de passer diins celle de Richelieu par arrêt de la ( iniud'Chambre, déboulant M. <le i Trérnoille de la demande en retrait qu'il avoit ■ de cette principauté, qui déclare nulles les lires de B32 000 livres, avec la consignation que le uc de La Trérnoille en avoit faite en mai 1720. Après l'examefl de toutes les pièces de poésie qui t été fournies pour le prix qu'où doit distribuer à \cadrmie française le jour de la Saint-Louis prol'ode de M. de SainL-Di/ier, chevalier de Saintizarc, auteur du Voyage du Parnasse et de la B qui remporta le prix de l'année dernière, a été ouronnée.

Le vendredi 4, il y eut une contestation entre les «chers du baron de Hop, ambassadeur de Hollande, t du prince de Soubise. L'un et l'autre vouloient occuper la première place auprès du cul-de-sac de l'Opéra; le cocher de l'ambassadeur reculant précipitamment sur le carrossé du prince, un des chevaux de ce dernier s'abattit, le cocher hollandais continuant à reculer, malgré les cris du peuple. Le prince d'Auvergne, irrité, corrigea le cocher avec quelques oups de canne qui le raidirent sage.

19 juillet.

Les déclarationsles plus brillantes qu'on ait portées au visa sont celle de .Mme Chaumont , montant il 127 millions; celle de M. Farjes, de 20; cette de

M. Le Blanc, de 17 ; celle de Mme de Versus, de 38 ; celle de M. de La Faye, de 17. Pour celle de M. André, elle n'est que de 250 000 livres en billets de banque et de 150 actions qu'il déclare lui tenir pour 2 millions.

Le sieur Le Grand, comédien du Roi, doit donner incessamment au public une comédie de sa façon qui aura pour titre les Voleurs1. Les aventures de Cartouche lui en ont donné l'idée, et le principal acteur sera un héros de même espèce, qui ne recevra dans sa compagnie que des gens qui justifieront par des dépouilles considérables qu'ils sont dignes d'y être.

Gomme on attribue à ce Cartouche tout ce qui se passe dans Paris, on dit que c'est lui qui alla il y a quelques jours à l'hôtel d'Auvergne, au bout de la rue de l'Université, faubourg Saint-Germain, dans l'intention de voler les rideaux de l'appartement de M. le Nonce du pape, qui y demeure. Mais Son Excellence, entendant un bruit de ferrement que l'on faisoit à ses fenêtres, tira la sonnette du chevet de son lit pour faire venir ses gens. Le voleur se retira et se sauva par-dessus les murailles du jardin. On dit que ce voleur étoit Cartouche et qu'il a dit en se raillant qu'il n'alloit pas chez le nonce pour le voler, mais pour lui demander une absolution proportionnée à ses crimes.

1. Cette pièce porta définitivement le nom de Cartouche et fui représentée pour la première fois le jour de l'exécution de ce malheureux.

HE LA SUAQMSB DE KALLEHUV

On arrêta la nuit du 7 au H de ce mois Marie lundis, l'une des dames de ressources des associés du sieur Cartouche. Cette prise est de conséquence et mettra les magistrats au fait de bien des ntrigues.

Sur la représentation qui a été faite au roi d'Anrlelene parles médecins de Londres que, pour éviter es suites fâcheuses d'une petite vérole maligne, il Mmendroit de se servir du moyen dont les Turcs 1 servent pour la communiquer à leurs enfants en lias âge, Sa Majesté a donné des ordres au solliciter énéral d'examiner s'il étoit permis par les lois de faire une semblable expérience; on sait que, lorsque les Turcs ont découvert un malade dont la petite vérole ■st d'une bonne espèce, ils prennent le pus d'une des pustules en faisant uur ouverture à la veine du bras d'un de leurs enfants, font entrer ce pus, qui ne pumque pas de faire entrer dans le sang la fermentation qu'ils cherchent.

L'ambassadeur turc aura aujourd'hui son audience de congé du Roi et ira s'embarquer dans t jours à Cette. Le chevalier de Nangis le conduira chez lui.

Un grand prince se couche présentement à minuit et ne boit plus qu'une chopine de vin à ses repas '.

I.Voir Buval, dans son Journal île la liêycncu, II, 28!>. Ou XHMtlWra lu slmiiiiu.de eilreme des deu* correspondances.

23 juillet.

M. de Boissy va se faire recevoir dans la charge de conseiller d'État de feu M. de Cauniartin, son père, et le Roi lui a accordé les mêmes bureaux.

Mme de Parabère a vendu sa belle maison du village d'Asnières à M. Fourton, banquier, de qui elle l'avoit achetée. Cette dame, déjà touchée par les vives exhortations du curé de son village, vient de céder, dit-on, aux avis salutaires du curé de sa terre de Borart-sur-rOise, où elle s'est retirée. Le discours que cet ecclésiastique prononça il y a quelques jours sur le parallèle de la vie de ce monde et de la vie éternelle, joint à la vue du valet de chambre de cette dame qui mourut la semaine dernière en lui versant du café, Ta déterminée à se retirer dans un couvent pour ne plus penser qu'à son salut '.

Le marquis de Polignac, capitaine réformé à la suite du régiment du Roi, vient d'être cassé pour avoir enlevé à Mantes Mlle de La Roque, fille d'un officier du Régent. Il y a des ordres de la cour de l'arrêter.

Le duc de la Force, depuis son jugement, qui est affiché, paroît avec une livrée plus magnifique

1. Mme de Parabère avait été congédiée définitivement à la fin de mai 1721 ; elle tomba gravement malade, ce qui acheva sa conversion, mais ce qui ne l'empêcha pas de reprendre ensuite une vie trop galante, tout en demeurant cependant dévote : elle montra dans ses derniers moments seulement un sérieux repentir.

l)E LA MARQUISE DE BALLEROY 313

(u'il a jamais eue. Ce seigneur a pris la résolution f ne plus assister au conseil de Régence ; il se ispose à partir pour ses terres.

Le 18, le Roi, accompagné du maréchal de Vilroy el du duc de Mortemart, alla au jeu de la phère, vieille rue du Temple, pour y voir jouer à la aume; la partie était de deux contre trois, les sieurs » Kiiillc et Liebault contre le sieur Perdrix ri les eux Ilunel ; la partie Gnie, Sa Majesté alla à Berey, liez M. l'ajot d'Onzen-Br&y, où il vit des expériences e chimie.

Le 19, le Koi joua pour la première fois à la au me.

L'ambassadeur turc alla le 18 à la bibliothèque u Koi, où il resta jusqu'à sept heures du soir. Il fut rincipalemenl charme du grand nombre de mannslïts arabes qui y sont rassemblés.

Le cardinal de Nouilles doit faire, le 4, la eérélonie du mariage de M. le marquis de Villars avec Mlle d'Ayen ii Ooullans, ou Son Excellence donnera un grand dîner à toute la famille, après lequel les nouveaux mariés viendront à l'Opéra, pour aller de lit souper à l'hôtel de Villars. et ils coucheront dans la chambre de la maréchale.

Le duc de Chartres vient d'acheter de M. Le Pelletier de Soiuv sa maison de Ménilmontaal ; ce

prince en fera agrandir le parc jusqu'à Bagnolet, afin qu'il joigne celui de sa mère; les terres qui sont entre les deux sont vendues au prix de 400 livres l'arpent.

Le cardinal Dubois reçut la calotte des mains du Roi, le 27 de ce mois; ensuite de quoi il détacha sa croix d'archevêque, dont il fit présent à M. l'évêque de Fréjus, qui ne l'accepta que sur la condition d'en distribuer le prix aux pauvres.

On dit que la peste a presque entièrement cessé à Aix; elle est disparue depuis trois jours à Toulon, ou du moins il n'y auroit plus de nouveaux cas.

M. le Duc donna mercredi à Chantilly une fête magnifique à l'ambassadeur turc. Le comte de Toulouse va lui donner le plaisir d'une chasse au cerf près de Fontainebleau.

Le curé de Saint-Paul, appelant, porta, le 28, les sacrements à l'abbé Munier, aumônier de l'évêque de Saintes, qui est constitutionnel. Le malade, avant de recevoir le viatique, protesta qu'il mourroit dans la ferme persuasion que la constitution Unigenitus étoit une règle de foi pour tous les véritables catholiques.

La nuit du 30 au 31, Mme d'Avernes * donna dans sa maison de Saint-Gloud une fête très brillante,

4. C'est le 10 juin que le Régent avait envoyé « une corbeille i à Mme cTAveme. Le mari ne put se plaindre; il reçut le gouvernement de Navarreins, avec une compagnie aux gardes et le cordon rouge.

; U UAK.JIISE DE BALLERUV

ue le Régent honora de sa présence. Il y eut feu d'artifice, illuminations et symphonie.

Vous avez su sans doute, madame, la miiladîe du oi, qui a alarmé tout ta monde et n'a pas été sans ison, car elle a été très vive; grâce aux saignées, est hors de danger. Voici ce qu'en écrit Bourdin ce latin, après dix heures : « Le Roi prit hier la médecine, à huit heures et demie du matin, la fièvre étant fort diminuée et dans son déclin du redoublement; elle éloit composée uniquement d'une once de manne; il en vomit la moitié un quart d'heure .près; ou activa cette médecine trois quarts d'heure après de 1 grain 1/2 de tartre émétique. et, comme l'opération tardoit a se faire sentir, on en donna encore un grain trois quarts d'heure après, dans ni cuillerées d'eau, il a vomi quatre fois avec et sans Fatigue, et il a été plus de douze fois lias. Tout cela est venu doucement sans effort t sans que le pouls se soit élevé; cela a duré jus- ;u'à huit heures et au delà, par des boissons et du uillon de poulet dont on a soutenu l'évacuation, r là, nous n'avons trouvé aucun redoublement squ'a trois heures après midi, que le pouls a coinà se faire seutir plus fréquent et plus serré; is à peine s'est-il élevé davantage dans le reste <■ l'après-midi; le malade a été gai el a causé avec

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