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Los juifs de Melz dont ii a été parlé plus haut

DU LA MARiJUlSE DE BALI.EHOV

Le, 26, le cardinal Dubois alla à l'audience de

il. |r RégentdanslesoarKHnesdeSon Altesse Royale,

cédé de quarante valets de pied de Son Eminenee

I suivi de cinq carrosses a ses urines. Le Cardinal

ui fit un discours dans lequel il déclara qu'il étoit

devante a ce prince de Bon élévation, en ce que

on Allesse Royale aroît bien voulu le récompenser

U cette dignité des soins qu'il avoit pris de son

ducat ion. Le Régent lui a répondu que sfs mérites

t les services qu'il avoit rendus à l'Etat, lui avoieut

ilu ce rang.

Le 27. Son Emmenée alla avec le même ccréruo-

lial à l'audience de Mme la duchesse d'Orléans. Il

'iit reçu il la porte de l'antichambre, dont il n'y avoit

l'un battant ouvert, par la première dame d'hon-

ieur de la princesse, qui se leva dés que le cardinal

Dira dans sa chambre. Son Eminenee eut l'honneur

i baiser sur la joue, .suivant l'usage; après quoi, étant assis dans un fauteuil vis-à-vis d'elle, il lui lit

i compliment auquel elle répondit en peu de mots. Après, il fut reconduit comme il étoit venu.

M. de Fréjus a enfin accepté l'arche vécue de Rébus, qu'il avoit refusé.

Le Itoi a accordé un justaucorps à brevet à châCUn des deux lils du duc de SairiL-Simon.

L'abbé Bramer, chanoine de I'resbourg, agent du fînee Kugotski, qui avoit été nus a la bastille pour

sûreté des sommes qu'il avoit touchées pour ce prince, s'est coupé les veines et les artères des deux bras et a été trouvé mort dans sa chambre. On enleva il y a huit jours à l'hôtel de Tréville, rue de Tournon, la charge de deux charrettes et de plusieurs crocheteurs de meubles, papiers et coffres appartenant à cet abbé.

Le duc de Mortemart perdit ces jours passés une partie d'échecs contre le comte de Gordon, Ecossais qui passe pour le plus grand joueur de l'Europe.

Les lettres de Venise portent que M. Lass est parti sans qu'on sache pour où.

On a reconnu qu'on avoit à tort accusé M. de Lorangère de malversation.

10 octobre.

Il n'y a ici de nouvelles que la malheureuse évasion de Cartouche, qui fut repris hier matin, et, pour en conter l'histoire, je vous dirai que la veille, après un long interrogatoire dans lequel, par parenthèse, il répond sans s'embarrasser qu'il n'est point Cartouche, mais bien Jean Bourguignon, fils d'un drapier de Bar-le-Duc, il dit au lieutenant criminel qu'il niourroit de faim si l'on ne vouloit pas le faire bien souper. Le lieutenant dit que cela étoit juste et commanda un bon souper pour M. Cartouche dans le cachot. Il demanda la même grâce pour son camarade : elle lui fut accordée; notez que ce cama-

Dfc LA MAKU.UISE I>E BAUEROV

rade, Dominé Manant, voleur du coche de Lyon, n'avoil pas les fers aux mains et au\ pieds, comme Cartouche, lequel avoit moins envie de souper que Webserver la situation des lieux. Ce mot est placé h propos; c'est justement ce qu'il observa, et, dés que le souper tut fini, il proposa à son camarade de rompre ses chaînes et de se servir des morceaux pour défaire la terre, ou, si vous aime/, mieux, la poterie, ta Faïence du tuyau pour gagner la fosse et aller où ilspourroient. Cela s'exécuta; dans la fosse, ils trouvèrent, parmi ce (pie vous devinez, un gros fer qui leur servit à démolir, à gagner une autre Fosse voisine et à lever la pierre de dessus : ils se trouvèrent dans une cave d'une fruitière; mais il s'y trouva une maudite chienne avec ses petits, qui se mit à crier comme nue diablesse: le fruitier s'éveilla, cria au guet que Cartouche et son oamarade étoient après à ouvrir la perte de la boutique dans la rue. Le guet mal à propos passa, entra dans la boutique, prit le sieur Manant : Cartouche se oachoit sous une table, où il l'ut pris et remis in pace. Il ne fait qu'eu rire et dit que cela n'est pas étonnant, qu'on lui avoit dit qu'on le jouoit l'aprèsdinn a la comédie, qu'il avoit envie d'y aller. J'j ai été, moi qui vous parle; la pièce ne vaut pas grand'chose.

Calmartin de Boissv.

Lille, 42 novembre 1721.

Il y a eu à la porte de Lille avant-hier un beau duel : M. de Fimarcon et de La Roche- Aymon sont venus ensemble de Paris sur la frontière : La Roche- Aymon a été laissé pour mort de trois coups d'épée; on Ta porté sur la terre de l'Empire; on n'en espère pas grand'chose. Fimarcon a eu une blessure légère et a disparu.

Comte d'Argenson.

i 4 novembre.

Le Roi a écrit de sa main au Pape pour le gratis des bulles de l'abbaye de Saint-Etienne de Caen, donnée à M. de Fréjus, son précepteur.

On porta dimanche chez le Roi les habits do l'infante et la poupée de cette jeune princese, qui revient à 4000 livres.

On fait actuellement une quarantaine de santé dans la ville de Marseille. Lorsqu'elle sera finie, on délivrera des billets de santé parfaite aux habitants qui voudront sortir de la ville.

Le marquis de Brancas doit partir cette semaine pour la Provence. Il a pleins pouvoirs pour punir les officiers qui n'ont pas fait leur devoir.

On a envoyé aux membres du Parlement une circulaire pour les sommer de la part du Roi de se

DE LA MARQUISE DE lîAM.EBOY 3G5

■etrouvcr tous à Paris huit jours après la rentrée tour délibérer sur une affaire importante.

Trois particuliers travaillent séparément à un rojet de tontine composé de cinq classes. Le fonds

a de 300 millions, payables eu papier liquide. On oit aussi faire une loterie de 200 millions de mêmes ■ffets; de trois billets, il y en aura deux blancs et un loir.

La Compagnie des Indes va loger à l'hôtel Pomponne, place des Victoires, loué 15 000 livres. Le fait faire à Saint-Pétersbourg un magnifique onr à tourner, dont il a fait présent à M. d'Onz-en- Bray.

il novembre 1721.

Le dimanche 16 de ce mois, vers les deux heures ) l'après-midi, le prince d'Elbeuf, le chevalier de ■ainctot et M. Itemond, introducteur des ambassaeurs, allèrent, avec les deux carrosses de cérémonie i Itoi , prendre le duc d'Ossuna, ambassadeur extradinaire de Sa Majesté et le baron de Laullée, son nbassadeur dans l'hôtel du premier, et les conduisi- :iit au palais des Tuileries, avec toutes les cérémonies accoutumées. Madame, le Régcnl, la duchesse l'Orléans, le duc de Chartres, Mlle de Monpensier, Me de Beaujolois y arrivèrent sur les quatre heures, fan qui- le cardinal du Bois. Les autres prisées et irincesées, à l'exception de la princesse de Conti,

première douairière, les seigneurs, dames et ministres s'y étoient déjà rendus. La signature du contrat du prince des Asturies avec Mlle de M ontpensier se fit dans le cabinet du Roi, avec les cérémonies d'usage. Après la signature, le Roi alla à la salle de l'Opéra, où Sa Majesté vit la représentation de Phaéton, que le Roi donna gratis à toute la cour. L'opéra fini, Sa Majesté retourna au palais des Tuileries, où elle soupa, changea d'habits, se fit friser; elle revint ensuite au Palais-Royal, où elle commença le bal par un menuet avec Mlle de Montpensier. Après avoir dansé avec quelques autres princesses, le Roi se retira vers minuit; alors le grand bal fut ouvert, et les masques qui avoient des billets entrèrent. Il y avoit sept salles de danse, avec une prodigieuse quantité de toutes sortes de rafraîchissements.

Le 1 i, le Roi fit la revue des voitures et des chevaux qui transportoient les bagages de la princesse, qui partirent lundi. On a tenu un grand conseil sur la destination de plusieurs millions de marchandises qui sont dans Marseille et autres villes de la Provence. On a résolu de les transporter aux îles, où on les exposera sous de grandes halles que Ton doit y construire.

M. Anisson, député du commerce de Lyon, est mort.

Le 15, on mit au carcan un laquais qui civoit dit des paroles outrageantes à son maître, M. Derlac,

capitaine aux gardes suisses, et à madame son épouse. La populace et les laquais s'ameutèrent et attaquèrent les archers, au nombre de cent hommes, qui furent obligés de faire feu : il y eut trois hommes et une femme tués. Gela se passa rue Sain te- Anne.

La Tournelle commença lundi le procès de Cartouche, qui durera plus qu'on ne croyoit, à cause de ses grandes liaisons avec tous les voleurs des provinces.

Caumartin de Boissy.

23 novembre.

Le départ de la princesse des Asturies a donné lieu à de grandes réjouissances dimanche dernier. M. le duc d'Orléans donna gratis l'opéra, où le Roi assista, et le soir un grand bal, où le Roi resta pareillement jusqu'à minuit. Il est étonnant à quel point la jeunesse danse mal, tant hommes que femmes. Il n'y eut que le Roi et le duc d'Orléans qui entrèrent en cadence. La comtesse de Bournonville emporta le prix de beauté, Mlle de Gharollois celui de la danse, et la marquise de Villeroy celui de la magnificence : c'est une folie que la dépense que l'on fait pour les habillements. Il n'y avoit pas d'habit qui ne coûtât au moins 4 ou 5000 livres. Galpin, en un seul jour, vendit pour 80 000 livres d'étoffes ; tout a été payé comptant :

les marchands n'ont pas voulu faire de crédit. Il y a eu 5000 marcs de vaisselle portés à la Monnoie pour subvenir à cette ridicule dépense, et beaucoup de femmes ont mis leurs diamants en gage. Le bal n'a pas fourni d'aventures extraordinaires, si ce n'est celle de Mme de Sabran, à laquelle Mirepoix est attaché présentement. On dit qu'un marquis, passant auprès de Sabran, dit à un autre marquis de sa connaissance : « La Sabran est là-bas dans un coin avec Mirepoix qui travaille. » Sur cela, son mari l'alla trouver et lui donna, à ce que dit l'histoire, quatre ou cinq coups de pied dans le ventre. La pauvre battue alla porter ses plaintes au Régent, qui lui dit : « Mon enfant, j'en suis bien fâché; mais, que veux-tu ? Mirepoix ne paye pas. » Voilà toute la satisfaction qu'elle a eue. Vous savez la querelle que Fimarcon eut il y a dix-huit mois avec LaRoche-Aymon, pour laquelle ils avoient gardé prison pendant un an. Dès qu'ils ont eu leur liberté, ils se sont rendus chacun de leur côté à Lille, d'où ils sont sortis un matin pour aller se battre a une demi-lieue de là, sur les terres de l'Empereur. Fimarcon ayant aux premiers coups cassé son épée, La Roche-Aymon ne voulut pas en tirer avantage: il lui dit d'aller chercher une autre épée; ce qu'ayant fait, ils recommencèrent un autre combat, qui est rapporté différemment par les parties. Fimarcon dit que, ayant porté à La Roche-Aymon un coup dont il étoit tombé, il l'avoit cru mort, que sur-le-champ il avoit pris la poste et étoit revenu à Chantilly, où il avoit

outé son affaire à M. le Duc, uni lui avoit <

t conseillé

' retourner à Paris et île ne point parler de son

iventure. A son arrivée, il alla à l'Opéra, où il conta

i affaire à tous ceux qui voulurent l'entendre. Il

'ut pétulant deux jours fier de sa victoire; mais une

lettre que La Roche-Aymon a écrite à son oncle a bien

langé les choses de face : il dit qu'il espère être

tôt en état de tirer vengeance de l'infâme assas-

que Fimarcou a commis eu sa personne ; qu'il

étoîl d'abord battu et que, l'épée de Fimarcon

t cassée, il l'avoit renvoyé en chercher une au-

e; que dans le second combat, lui étant arrivé de

:omber par terre, Fimarcon u'avoit pas eu la même

[énérosité, et, après l'avoir percé de trois coups

d'épée par terre, il l'avoit laisse pour mort. Sur l'éclat

de cette affaire, les maréchaux et le Parlement ont

lit informer. Fimarcon a disparu; on dit qu'il est

Hé en Lorraine. Pour La Roche-Aymon, il est dans

h village auprès de Lille, où il n'y a que six maisons,

! trois sont a la France et trois à l'Empereur :

iiis celle qu'il occupe, il y a deux chambres qui ne

«ut séparées que par une cloison ; il loge dans celle

[ui est sur le territoire de l'Empereur; celle qui

ppai lii'iit à la France est remplie de gardes que

les maréchaux de France ont envoyés pour s'assurer

blessé, s'U est assez fou pour sortir de sa

lUIllbir '.

. M. de Cassagnet, fil^ de Jacques de Cnssagnel-Tillodet-Nar- IOHM, mrqtffl de Fimarcon (183!)- 1730), licuicniini général, ei de

Il est arrivé à Saint-Ghamans * une des plus ridicules aventures que Ton puisse imaginer : se promenant à Villenau ' dans un parc, il entendit des gens qui chassoient; il sortit pourvoir ce que c'était, et il fit rencontre de son vicaire, dont il n'avoit pas lieu d'être content; il voulut lui arracher son fusil; le vicaire se défendit; ils se gourmèrent l'un et l'autre, et dans le feu du combat le vicaire emporta avec ses dents presque le doigt. Saint-Ghamans voulut lui appliquer un coup de poing sur le visage. Le jardinier, qui survint aussitôt, tira son maître des mains de ce loup affamé; il y eut des plaintes et des informations respectives : on ne sait pas encore si /'archevêque prendra le parti du prêtre; ce qu'il y a de certain , c'est que cette insolence mérite une punition exemplaire.

L'affaire de Cartouche n'est pas encore jugée; on croit que ce sera pour la semaine prochaine. D est gardé continuellement, dans la crainte que Ton a que le désespoir ne le fasse attenter à sa vie. On le nourrit fort bien, et même ces jours passés il se crera

Madeleine d'Aubaïs, colonel du régiment Charolais. L'année précédente, Fimarcon était aux Tuileries avec une très jolie fille * l'Opéra, la petite Emilie; on délia La Roche-Aymon, mousquetaire, de l'embrasser; il voulut le tenter; repoussé par un coup de canne, il riposta par un soumet. Le duel eut lieu, grâce à la connivence du duc de Bourbon, protecteur de Fimarcon.

1. Le comte de Saint-Chamans, officier aux gardes do corps, très intime ami, paraît-il, de la reine d'Espagne, sœur du Régest. Ses tilles épousèrent, l'une le fils de Samuel Bernard, rautreSamuel Bernard lui-même, Agé alors de soixante-dix ans.

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