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Vous voyez que M. le comte de Toulouse est mieux avec la maison de Gondrin que le Roi son père.
D'Argouge !.
Vous savez à présent, ma chère tante, la mort de M. le duc d'Orléans. L'affaire fut bientôt décidée pour M. le Duc. car, dès que le Régent fut expiré, il monta chez le Roi, lui offrit ses services et prêta le serment. M. de La Vrillière se trouva là heureusement tout porté pour expédier le brevet. M. le duc de Chartres, qui étoit allé à Paris sur les quatre heures et n'en revint que sur les dix heures, trouva tout fait. Il se jeta aux pieds du Roi. On ne sait pas encore si on lui conservera la même maison qu'avoit son père. On ne sait encore que dire au sujet de M. d'Argenson. Le lendemain matin, M. le Duc, avec les quatre secrétaires d'Etat, alla porter les scellés sur les papiers du duc d'Orléans. On a envoyé des courriers partout. On croit que le Chanchelier et le duc de Villerov vont revenir. Pour M. Le Blanc, il parait plus éloigné que jamais. M. le Duc a offert la première présidence à M. de Novion ; mais, comme on ne veut pas lui permettre de garder sa charge pour son petit-fils, on croit qu'il n'acceptera pas 2. Le mariage du comte de
1. Seul frère survivant alors de Mme de Balleroy; il ne mourut qu'en 1725.
2. Il dut en effet céder sa charge de président à mortier à M. de
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7 décembre.
Le 27, M. le duc d'Antin alla à l'Académie de peinture, et il distribua trois médailles d'or, six d'argent et des ordonnances de pension pour l'académie de Rome aux jeunes élèves qui paraissent avoir le plus de talent. Cette distribution n'avoit pas été faite depuis quatorze ans.
Les dames de la Cour ont pris depuis quelque temps une mode d'Espagne fort utile pour le froid : elles portent des mantilles qui leur couvrent la gorge et les épaules et qui leur siéent infiniment.
On a rendu à l'ambassadeur de Portugal la tabatière d'or qui lui avoit été prise le jour de son bal. La princessedePons n'a pas retrouvé sa montrede mille écus.
On a porté au Val-de-Gràce le cœur du duc d'Orléans.
M. Couturier s'est retiré ; M. Paris du Vernay le remplace.
L'abbé Thésu avoit vendu quinze jours avant la mort du duc d'Orléans sa charge de secrétaire des commandements 150 000 écus.
il décembre.
Le 30, le feu prit au beau château de Maisons ; l'appartement de la reine a été très endommagé, et la perte se monte à 50 000 livres.
est racontée la mort du duc d'Orléans. On sait que ces lettres étaient confiées à la poste.
Le 2, le duc d'Orléans ayant dîné, contre sa coutume travailla une heure avec M. Couturier ; vers les six heures, il rentra dans son cabinet et défendit à M. Desnots, son premier valet de chambre, de lui annoncer aucune personne, à la réserve de la duchesse de Rohan et de Mlle de Falaris. La dernière de ces dames, étant entrée dans le cabinet de Son Altesse, l'entretint quelque temps sans que ce prince lui fit aucune réponse. Mais, se réveillant comme m sursaut, il lui dit qu'il ne dormoit pas ; il retomba dans son fauteuil, la tête abattue sur l'épaule. Mlle de Falaris cria au secours dans l'antichambre, et pendant ce temps ce prince glissa de son fauteuil sur le parquet. On vint à lui, on le déshabilla, pendant qu'on cherchoit un chirurgien ; on n'en put trouver qu'avec peine. Il fut saigné à trois reprises, et la valeur de six palettes qu'on lui tira ne put ramener ni la connaissance ni la parole.
Le duc de Chartres, qui étoit à l'Opéra, reçut à huit heures le premier courrier, qui lui annonça l'attaque ; il monta en chaise et, étant arrivé près de Chaillot, reçut la fâcheuse nouvelle de la mort. Il alla se jeter aux pieds du Roi, qui le releva; mais la douleur l'empêcha de prononcer aucune parole.
14 décembre.
Le mariage de Mlle de Blancménil, qui n'a que huit ans, est assuré avec M. de Courance, petit-fils
de M. le premier président de IVouvion, à qui M. de Blancménil doit dans dix ans céder le charge de président de son grand-père '. Vous me demanderez a que fera alors M. de Blaucméoil; on prétend que d. deNouvimi aéra las alors d'être premier président.
M. de Nourion n'a pas encore prèle le serment; n ne sait à qui il en a. On l'attendoit hier malin :hez le Roi pour cela. Lassé d'attendre, on envoya Paris savoir ce qu'il étoit devenu. Il répondit [u'il n'avoit que quatre chevaux, déni il y en avoit un boiteux, de sorte qu'il dépend maintenant de khi maréchal de lui prêter serment.
Le joyeux avènement est suspendu. Le droit de contrôle est supprimé pour Paris seulement. On a établi à la place une imposition sur le papier timbré. a première feuille d'un acte contera 50 s., la seconde 0 s., la troisième 30 s. et tes autres 20 s. Le comte de Toulouse présenta, le 6, son épouse au Koi.qui l'embrassa et lui fit. bon accueil. Le 8, our de la Vierge, ils allèrent ensemble rendre visite i cardinal de Noailles, et ils le font actuellement a ont le reste de la cour.
La célébration du mariage est du 22; elle fut aite dans la chapelle de l'archevêché par M. le car-
1. Ce miiriattr n'eut pas Heu. H. de Coannce, depuis iMrqnli Horion H pTéshtoni ■« Piitemanl ni l";u. epooM en !7St>
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iierne, comte de BeaiMlfle, miréelml 'if cunp.
dinal de Noailles, dont les deux aumôniers servirent de témoins à la marquise de Gondrin ; le prince eut le marquis d'O et le sieur du Jardin, son premier valet de chambre.
Le 5, on établit une garde de cinquante hommes des gardes aux environs du monastère de Port- Royal. On la relève toutes les vingt-quatre heures.
21 décembre.
Le 13 on leva la garde mise au Port-Royal l.
Le même jour, M. de Novion prêta serment à Versailles.
M. Le Lièvre de La Grange, qui s'étoit marié à la fille de feu la comtesse de Montluc, sa sœur, est mort au bout de la neuvaine de son mariage.
15a belle terre de La Grange et les autres biens de la famille Le Lièvre passent au comte de Vertus et à sa sœur la princesse de Gourtenay.
On assure que le duc de Bourbon viendra tous les jeudis à l'hôtel de Condé pour donner audience, à l'exemple des ducs d'Orléans.
M. Le Couturier n'a pas quitté sa place de commis des finances. Les comédiens italiens sont à présent aux appointements du Roi sur le même pied que les comédiens français.
\. A cause de la princesse de Conti, pour laquelle on craignait une tentative d'enlèvement.
24 décembre.
La maison du duc d'Orléans n'est pas encore réglée; elle augmente tous les jours. On parle aujourd'hui de huit chambellans, seize gentilshommes. M. de Beauvau a refusé d'être l'un des premiers ; ce n'est pas Beauvau du Rivau, mais Beauvau d'Espense. L'Infante a la fièvre : on craint la rougeole, peut-être pis depuis ce matin. Je viens de voir M. Mareschal qui en sort ; mais elle n'a jamais souffert qu'il la vît avec de la bougie.
Le Roi n'a pas encore travaillé seul avec M. le Duc; M. de Fréjus y a toujours été en tiers. Dieu sait combien sa cour est grossie !
De Maltot.
28 décembre.
M. de La Grange n'est pas mort, mais on Tavoit cru pendant quelques heures !. Le 20, M. de La Jonchère 2 fut jugé provision nellement sur ses comptes
1. Armand-Joseph Le Lièvre, marquis de La Grange et de Fourrilie; il se remaria le 27 novembre 1728 à Madeleine de Cassan d'Àuriac et mourut le 2 juillet 1727, laissant postérité. 11 avait pour sœurs Marguerite, femme de Henri d'Escoubleau, comte de Montluc; Anne, mariée en 1673 à Claude de Bretagne, comte de Vertus et de Goello.
2. Trésorier de l'extraordinaire des guerres; il avait été arrêté le 24 mai 1723 pour malversations financières. Comme il était mal dans ses affaires, on reparla de l'assassinat de son caissier; il fut finalement acquitté le 18 juin 172tt.
par la commission de l'arsenal. Il fut débouté de la demande de 1 1 000 000 qu'il avoit formée contre le Roi et condamné à payer à Sa Majesté en deniers comptants ou quittances valables 3 860 000 livres. Le Roi a donné au nouveau duc d'Orléans une maison à peu près semblable à celle du comte d'Angoulême sous Louis XIV. Il y a un premier gentilhomme, chevalier de Coriflans, un premier écuyerT comte de Glermont d'O, un capitaine des gardes, M. de Glermont Gallerande , un premier maître d'hôtel, M . de Court, et deux maîtres, un secrétaire des commandements, un premier médecin, M. Chirac, quatre autres médecins et quatre chirurgiens, deux chambellans, douze gentilshommes ordinaires, deux pages de la chambre, les huissiers ordinaires du feu duc conservés. Le comte d'Argenson demeure chancelier de l'apanage. Le Roi conserve à ce prince les trois régiments d'Orléans et les deux de Chartres, mais pas les compagnies de gendarmes. On ne traitera le duc d'Orléans ni d'Altesse rovalt1 ni d'Altesse sérénissime, mais seulement de Monsei-
gneur.
La contestation d'entre les princes du sang et les ducs pairs à l'occasion de la préséance dans les cérémonies publiques a été terminée : lorsqu'ils se trouveront ensemble au Parlement, ils s'assoiront sur une même ligne, avec cette différence que les princes auront des coussins de velours, et qu'entre eux et les ducs il y aura un espace de deux places.
4 janvier 4724.
M. de Tavanes, évêque de Chàlons, a été élu, diton, député du clergé à la prochaine assemblée des Etats de Bourgogne, dont son frère aîné est lieutenant général.
Le projet proposé pour la suppression des fiacres n'aura pas lieu; mais, pour les retenir dans le devoir, on établira un bureau sur chaque place, où Ton viendra demander les carrosses, qui ne marcheront qu'à leur tour, et il leur sera défendu de se tenir ailleurs que sur les places indiquées.
Le sieur Nicolas, qui travaillent à la Banque à Versailles, sollicite l'approbation d'un projet dont il est l'auteur et suivant lequel le Roi, réduisant tout d'un coup les espèces à leur ancienne valeur, feroit délivrer à la Monnoie des billets qui tiendroient heu de la perte que l'on auroit faite, et ce papier seroit donné en payement avec moitié de nouvelles espèces et perdroit 1 pour 100 de sa valeur à chaque fois qu'il changèrent de main .
La messe de minuit à Saint-Roch fut troublée par une querelle entre un mousquetaire et un officier. Le premier, averti par l'autre de cesser des propos licencieux qu'il tenoit en ce lieu saint, lui donna un soufflet, dont l'officier par pitié ne chercha pas à se venger.
On a posé depuis quelques jours quatre senti-
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nelles dans le parterre de la Comédie française pour maintenir la jeunesse dans le respect qu'elle doit au public.
4 janvier.
Balleroy m'ayaut conseillé dernièrement que je ferois bien de revenir prendre au conseil une place honorable et qui commence à être assez avancée, j'ai suivi le conseil avec tant de promptitude que j'ai remercié et remis l'Intendance à M. le Duc il y a huit jours. Sou Altesse Royale a combattu quelque temps ma résolution, puis cédé. Il y a eu des tracasseries entées les unes sur les autres. J'ai gagné mon procès sur chacune ; l'autorité a éclaté assez noblement où il a fallu. Le feu duc nous aimoit et nous souteuoit; enfin je me suis raccommodé avec le tracassier, et dans le temps du fort de notre amitié qui étoit devenue très solide, un honnête intervalle passé, j'ai dit adieu à la dignité provinciale. Dieu merci! Dieu merci!
Vous n'êtes pas la seule à trouver à votre intendant la langue bien déliée, et outre cela vous enten- Irez dire qu'il travaille comme un diable. C'est lui jui liquidait 800 parties en un jour à la Banque, et on crioit dans la rue Quincampoix : A vendre de bonnes liquidations à la Daube i.
L'Infante a la petite vérole.