‹ Les correspondants de la marquise de BalleroyChapitre 75 sur 79 · Il rentra au cunseil comme conseiller d'Etat · texte numérisé non relu

Il rentra au cunseil comme conseiller d'Etat

Vous avez un M. de Belle -Isle qui est furieusement menacé et malgré tout son esprit terriblement poursuivi pour les domaines échangés, et ce sera bientôt affaire faite. Mais ils parlent de le défaire de sa charge de mestre de camp général des dragons, de dégradation de noblesse, de bagatelles comme cela. Il est certain qu'il est le roi de la fête et que, quand on aura démêlé les métaux, M. Le Blanc pourra bien revenir ici avec la pension de ministre l.

Comte d'âbgekso:*.

8 janvier.

M. d'Argenson a quitté son intendance et n'eu a pas mieux fait; le cadet a eu cette année la plus rude épreuve que la constance humaine puisse soutenir. Jamais une situation plus brillante que celle où il s'est vu pendant six semaines, et en un instant il passa dans un état bien différent ; après tout, l'âge «t l'étoffe donnent des ressources. Je suis ici juscpi'aux jours gras. Je regagne Bk>is pour le commencement du carême. A Pâques, je recommencerai mn cours de visites dont je n'ai fait qu'un tiers Tannée passée, et je voudrois bien dans l'été finir les

1. BellisJe tomba, au mois de juillet 1723, entraîné dans l'affaire La Jotichère ; décrété d'ajournement peu après, on ne tarda à constater les vols commis au sujet de rechange de Belle- Isle. Il fut mis à la Bastille avec Le Blanc au mois de mars 1721. ^)n les en fit sortir le 10 mai pour les exiler à Carcassonne et à Usieox. Mais M. de Bellisle ne demeura pas longtemps en disice; il fut nommé lieutenant général en 1781.

deux tiers qui me restent; après quoi, le poids de Tépiscopat se trouvera considérablement moins lourd. D'ailleurs, Tannée prochaine, il y a une assemblée générale du clergé, dont je serai apparemment. Ainsi je remettrais trop loin la visite de mon diocèse, si je ne la terminais à présent.

A dater du 20 septembre, je suis à votre service pour vous voir à Paris, à Saint- Ange ou à Blois; vous y verrez un presbytère où Ton peut fort bien recevoir décemment et dignement sa famille. J'en parle moins que le chevalier a fait de Ghâteaufort; mais, entre nous, je ne suis pas beaucoup plus raisonnable que lui sur ce que j'en pense.

L'évêque de Blois !.

9 janvier 172i.

La Chambre des comptes, où M. de Belle-Isle poursuivent l'enregistrement de son échange, vient de rendre un arrêt annulant ledit échange. Tout cela ne va pas traiter favorablement M. de Belle-Isle.

Le voyage de Marly est rompu.

L'Infante-Reine est en parfaite santé.

La nuit d'hier, le duc de Montmorency, fils aîné du duc de Luxembourg, a épousé Mlle de Seignelay, âgée de douze ans, qui lui apporte 135 000 livres de rente en terres.

1 . Mme de Balleroy était à Paris et son frère lui en exprime sa vive satisfaction ; elle demeurait rue Saint-Avoye.

M. île Bcauvais, notaire, qui a porté à signer au Roi le contrat, mourut subitement en sortant de l'appartement île Sa Majesté1.

11 janvier

Le Roi a fait depuis peu une nouvelle distribution tes appartement île Versailles : celui du feu duc

d'Orléans, à M. le Duc, qui n'a pas pris la surintendance comme on avoit dit: celui île M. de Clermont, capitaine lies suisses de Son Altessse Royale, a M. de Buin; celui du marquis de La Fare, au maréchal l'Uxelles; du marquis deSimiane, au duc de Sully; de M. Coche, à M. Chirac; du marquis de Noce, au marquis de Nangis; du marquis d'Estampes, au prenier écuyer, non encore nommé; du marquis de Ségur, au maréchal de Nesle; de M. de Cressy, au Tiaréchal de Matignon ; de M. de Cessac, au duc d'Aumont; de M. de Cours, au duc de La Feiiillml.' de M. de Villefranche, au marquis de Beauvau; du wmte de Bclle-Isle, au duc de La Valliére ; du duc de Bourhon, au prince de Dombeet au comte d'Eu: du marquis de Nangis, à M. Umbreau ; du marquis de iahran, au marquis d'Alégre; de M. Desmarets, à . Bontemps ; de M. Bontemps, ù M. Desmarets : du duc de Tresmes, au duc de La Kocheguyon.

Le 31), le maréchal de Villars entra pour la prépare fois au conseil royal des finances et obtint

t. Le cachet de cetlc lellre porte deux lions passant.

peur Mareeile k restitutk» da ttmmmre du café paurte Levant.

Le Roi a donné 500 M§ livres en phmnirs échéances pour rebâtir l'église de l'abbaye de Poissy.

18 janvier.

0» m jwyowaé le projet du sieur Nkotow.

lli» demaseU» dont Tédu«tio» a été soignée par Mue de Haatefort s'est portée pour fcériltfre du dec etcfekdud^swdeCboiseHl.DancelM^el^a^ assigner le doc de Lerâ k venir voir dédarer soa état certain et à frire un nouveaa partage des biens de eette maisa», dont il jmiC depuis quelques anttéca. Cette came sera phédée dewtf les chambres aasenMéesv1.

Ob assure que la maison de Bouillon sollicite à Rome des dispenses pour le mariage du comte d'Auvergne avec sa belle-sœur la princesse de Tureme.

On a arrêté près de Verdun sept voleurs d'une bande de seize; ils s'étoient retranchés dans un

1 . Âugustine-Françoise, fille de César-Auguste, duc de ChoiseuL, comte de Plessis-Praslin, lieutenant général, et de Gabrielte de (a Valkère, née le 8 octobre * 697. Elle fat élevée hors de » famille par Mme de Haute fort, amie de sa mère, sous le nom de Mlle de Saint-Cyr. Devenue majeure, elfe attaqua en justice son onde le duc de la VaJlière, qui, les trots autres enfants de M. de CaaiateJ étant morts, prétendait à la succession de sa sœur. Elle commença son procès te 30 juin 1729 et gagna définitivement par arrêt du Patleroenl du 18 juillet 1726. Elle nourut dee& ans après saas alliance et n'ayant pas fait de testament; sa fortune passa au marquis de la Vallière, le duc son frère y ayant renoncé.

petit château, dont la maréchaussée du pays ne les a pu tirer; on a été obligé de les faire attaquer par un détachement de quarante gendarmes, dont quatre ont été blessés et le brigadier tué.

Le bruit court qu'on va faire une maison à Mademoiselle, sœur du duc d'Orléans.

On a soutenu ces jours-ci dans les écoles de médecine une thèse fameuse contre la pratique de Tinoeulation de la petite vérole.

Le Journal des savants interrompu depuis sept mois vient de reprendre.

Le Roi a permis à Mlle de La Chaise de reparoitre k la Comédie-Française.

21 janvier 1724.

Nicolas a été mis à la Bastille pour éteindre entièrement le bruit du retour du papier.

M. de Jonsac est dans une grande dévotion depuis un voyage à la Trappe. Il y a trouvé une lettre d'un précepteur à lui qui y est mort en odeur de sainteté et qui lui y prédisoit l'avenir. De plus, il lui disoit que cette lettre lui seroit remise au bout de sept mois, et M. de Jonsac est précisément arrivé à cette date, de sorte qu'il a pris cela pour une grâce et qu'il est sur le point de se jeter à la Trappe, si sa femme, veuve de son côté, fait vœu de continence !.

1 . Louis Bouchard d'Esparbei de Lussan, lieutenant général en Saintonge, mort en 1751. 11 avait épousé une sœur du président Hémiult, remine d'esprit, très jolie, morte en 1727.

!L of V*«tml »? s* pxle pas bien : on diroit que a vtt? Jii j:un* &fgrê qu'il est premier présia-ar i « t *x i"w j>3#? u*»oeevable. et, n avant K*^auf >inc é.*» «pré. la t£te en est altérée.

n irfi* <t ;« rvvo? * fcrce à b Grève quelques

S. o» Fnmrji* a -:«reri la caisse de l'Opéra et v

t. irs à1 "!•► Jrce* p»xir s»>o usage sans permission.

n ïir^ûLe à lia •îTD*"i*r l'administration de l^^péra.

1* >tf»fti ni tfrji a ttolïniié l'échange de Yernon * n* jus».-» s:ac* Ba&^Uie. a certaines conditions o* -^suan^a i* r««:2> excédants.

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8 février.

On arrêta le 24 le sieur Champignolles, procureur au Parlement, pour avoir parlé indiscrètement.

La pension de 600 livres qu'avoit le feu sieur Boyer f, peintre du Roi, est donnée à M. Chavannes, paysagiste aux Gobelins.

Le 26, le comte d'Argenson fut nommé conseiller d'Etat.

Les comédiens françois jouèrent ce jour-là l'Impatient, comédie de M. de Boissy. La pièce eût mieux réussi si elle n'avoit eu que trois actes.

Le 2, le Roi créa sept maréchaux : MM. de Broglie, de Roquelaure, de Médavy, du Bourg, d'ÀIègre, de la Feuillade, de Gramont2, et quarante-cinq chevaliers des ordres^

1. Michel Boyer, de l'Académie de peintura, mort le 40 janvier.

2. Victor de Broglie, marquis de Brézolles, colonel d'un régiment en 1654, fit toutes les campagnes de Louis XIV; brigadier en 4675, mort le 4 août 4727, à quatre-vingts ans. — Antoine, duc de Roquelaure, capitaine de cavalerie en 1668, servit constamment aussi; en 4714, il repoussa les Anglais débarqués sur les côtes du Languedoc et favorisa un soulèvement des Cévennes. — Jacques Rouxel, comte de Médavy et de Grancey, cadet dans les gardes en 4673; il servit sans discontinuité pendant cinquante-deux ans; il se distingua particulièrement en Italie et fit lever en 4708 le siège de Toulon; mort le 6 novembre 4725. — Léonor du Maine. comte du Bourg, page en 4671 ; il servit dans les campagnes d'Allemagne et commanda en Alsace. — Yves, marquis d'Alègre, maréchal de camp en 4693 après avoir été blessé àSteinkerque et à Fleurus; il servit principalement en Flandre; gouverneur de Metz. — Louis, vicomte d'Aubusson, duc de Roannais, comte de La Feuillade, gouverneur du Dauphiné; servit presque toujours en Italie et en Dauphiné; mort le 29 janvier 1725. — Antoine, duc de

570 LES CMMWORMIITS

On a trouvé dans les minutes de feu M. Balaris, notaire, un acte par lequel Jean Lass déclare avoir acquis l'hôtel de Nevers, maintenant de la Banque, des deniers du Roi, et pour Sa Majesté. Ainsi la vente qui en devoit être faite au projet de» créanciers de Lass n'aura pas lieu, et cet hôtel reste affecté à la Bibliothèque du Roi.

L'affaire de Mlle de Ghoiseul contre le duc de ta Vallière pour constater son état se plaide cette semaine.

Le duc d'Orléans a donné au comte d' Àrgenson, chancelier de son apanage, le grand appartement du cardinal du Bois, au Palais-Royal. .

13 février 1794.

Ceux qui n'ont pas été fûts maréchaux de France se flattent d'une nouvelle promotion, dans laquelle 3s

espèrent être compris. Le nombre des mécontents est comme il doit être, infiniment grand ; mais ce qu'il y a de plaisant, c'est que beaucoup de ceux qui se plaignent aujourd'hui d'avoir été exclus n'auroient jamais osé il y a un mois se proposer d'avoir cet honneur. On voit depuis deux jours deux lettres de M. de Montpellier, écrites l'une à M. le Doc, l'autre à M. l'intendant du Languedoc, dont la fermeté et la force font connaître un évêque véritablement français. Gaumàrtin de Saint-Ange.

Gramont, colonel général des gardes françaises, membre du emiseil de Régence ; il se distingua brillamment à RamilKes et à Malplaquet; mort le 16 septembre 1728.

12 février 1724.

Le 4, on célébra à Saint-Denis le service pour le repos de l'àme du duc d'Orléans. Son fils y assista, avec le comte de Clermont et le prince de Conti. Les cours supérieures y furent invitées, avec l'Université, le Chàtelet et l'Election. Le Parlement n'entra dans le chœur qu'à midi et demi, après avoir verbalisé sur le refus de M. le marquis de Dreux d'aller l'avertir dans la salle d'assemblée. L'évêque d'Angers a prononcé l'oraison funèbre, ayant pour texte le verset 22 du chapitre xxx du livre de Job.

L'évêque célébrant étoit l'archevêque de Rouen, assisté des évêqucsde Verdun, Mendc, Rieux etGhàlons.

Le 5, les comédiens italiens ont joué le Prince travesti de M. de Marivaux; les deux premiers actes sont excellents et l'auteur a promis de corriger le troisième.

Une société respectable va donner au public une troisième histoire romaine très amusante en vingtquatre volumes in-4°, restituant les lacunes des auteurs originaux lus jusqu'à présent sur cette matière. Un particulier compose un livre pour prouver que les philosophes antérieurs à Jésus-Christ étaient de l'ordre des Carmes.

Les Jésuites de Louis-le-Grand demandent que leurs écoliers jouissent du même privilège que ceux des collèges de l'Université.

Les actions de la Compagnie des Indes sont à 2 500 livres et les bons de liquidation à 22 livres.

On a créé sur les recettes générales 4 000 000 de nouvelles rentes viagères, qui achèveront d'absorber le papier sur la place.

On annonce une nouvelle promotion de chevaliers des Ordres. L'évêque de Fréjus, qui a refusé te cordon, le demande pour l'archevêque de Lyon.

M. Poney, doyen des chirurgiens, est mort à cent neuf ans.

33 février 1734.

Le 16, M. le prévôt de Paris, avec le lieutenant général de police, le lieutenant criminel et le chevalier du guet, se rendît à la Grande Chambre pour instruire la Cour, suivant l'usage, de ce qui concerne la police et le prix des denrées du Carême. Le lieutenant général de police fît un discours qui fut fort applaudi et à la fin duquel il pria la Cour d'interposer son autorité pour réprimer les exactions des

bouchers de Paris. Le Roi, pour commencer à les punir, a établi quatre étaux dans divers quartiers, où l'entrepreneur fournira la viande à sept sous la livre. On assure que Ton a reçu offre d'une compagnie pour débiter après Pâques la viande à un prix raisonnable.

La dernière tempête dans la Mauche y a fait périr soixante navires, dont neuf de la Compagnie

des Indes chargés de tabac et de café. Le jeu de la garde-robe du Roi est défendu, et aussi dans l'hôtel des Quatre-Nations, où se fait le négoce du papier. On y a mis une garde.

On accorde une loterie à la Compagnie des Indes. Les billets seront d'un dixième d'action; le fonds de 10 000 actions; les lots se payeront en argent; la loterie sera tirée tous les trois mois; chaque billet non gagnant sera remis dans la boite jusqu'à ce qu'il gagne, et, si au bout de dix ans il n'avoit encore rien eu, il rapportera 25 livres de rentes viagères. Le bénéfice est le dividende des 10 000 actions que la Compagnie n'aura pas à payer.

23 avril.

M. le Duc a pensé mourir : il a été saigné trois fois en deux jours ; je ne sais même s'il est hors de danger '.

On annonce un arrêt mettant le Roi en possession de tous les biens acquis depuis 1719, sauf aux acquéreurs à prouver s'ils ont acquis de leurs deniers

propres.

De Maltot.

30 novembre.

On a appris que la fameuse abbaye de Longpont en Valois a été fort endommagée par le feu, qui

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