avril
Mon très cher Compère,
J"ai reçu de vous une lettre qui m"a été fort agréable, car j'y ai vu l'amitié et Taffection que vous me portez toujours, sans que je le mérite. Il m'est pénible que l'on vous ait requis de m'écrire et de me presser de finir promptement le tableau de Messire Antonio Francesco degli Albizzi. Il était inutile de vous tourmenter d'une semblable chose, et peut-être vous aurait-on moins importuné en vous faisant faire une figure qu'en vous faisant écrire cette lettre. Je crois en effet reconnaître en bonne partie le tour d'esprit des gens dans cette affaire. 11 suffisait de ma bonne foi et de la promesse que j'avais faite à Messire Anton Francesco, et, bien que j'aie été en retard de cinq ou six jours, il n'était pas besoin de prendre tant de peine. Pardonnez-moi. Pour moi je trouve plus difffcile de faire une main ou un simple bout de draperie dans notre art que de faire toutes les selles' du monde; pardonnez-moi de vous écrire de cette manière, je crois écrire à quelqu'un qui me comprend, ne prenez donc pas la chose en mauvaise part. Je n"ai tant tardé que pour vous faire honneur ainsi qu'à moi et pour me consacrer à Messire Anton Francesco, qui me semble un homme digne d'être bien servi. J"ai laissé toutes mes affaires pour lui et pour le compère Leonardo, comme ils le savent, et je ne vous en dirai pas autre chose, sinon que je me recommande à vous mille fois. Recommandez-moi, je vous prie, à Messire Antonio Francesco, comme à Messire Pier Francesco Rorgherini, et dites-lui que dans le délai de deux jours son tableau sera fini. Jésus-Christ vous conserve en santé. Le 22 avril i525.
I. Pcut-ttic par allusion au iiitticr de sellier exercé par Leonardo Borgherinl.
cioè la sopra scrita, che tocca a lui esser unico, et non a me ; ma sete ben vui da vero unico sopra lui et tutti gli altri. Et basta.
Vostro Sebastiano pictorc in Roma.
Dno Michelagniolo Bonaroti sculptore dign""" : dd. In Firenze.
/5j.->. i''y aprile.
Compare mio Car""" poste (sic) salutationcs : — Non vi maravegliate vi sia molesto nel scrivere, perchè io son forzato a darvi noia perchè non posso fare di manco, lo ho facto una tavola da altare a mes' Joanni da Viterbo chierico di Camera, con tre figure mazor del naturale, cioè, un Cristo a la coIona con due figure che lo frustino, comme quelle di San Pietro in Montorio, et decta tavola è fornita za dua mesi, come mesf Anton Francesco credo ve ne informarà, che lui Fa veduta, et sa quasi la nostra differentia : che lui mi vorrebbe pagare a suo modo, et io vorrei essere pagato al mio, perchè siamo obligati in forma Camere • una parte et V altra, che io debio esser pagato quello à da essere e.xstimata per dui periti ne 1' arte, in tanto che non ce remedio alcuno de acordarne. Hora el decto mes^ .lovanni si à delliberato a far vui iudice, et mandarvi la tavola a sua spese, et ritornarla, che vui la iudichate, solamente per straciarmi a suo modo ; et per alcun modo non voi reffcrirsi al contrato, et non ha trovato altro e.xpcdiente che vui, per acordare questa cossa ; et so certo che lui ve scriverà, et ve ricercherà di questa cossa che vui la iudichate. Io ne sarci più che contento, ma ne pateria grandemente per el tempo che non potrei aspetare, perchè costui non voria altro se non aspetare che io havessi de bisogno de un pane, aciò io andassi col lazo a la golia per pura nccesità, et fare a suo modo, et io patirci più presto mangiare tutti doi mei figlioli, che farli a piacere de un sospiro, perchè è più che zudeo, et mi maraviglio che la terra non si apri per ingiotirlo. Hora vi prego per pietà vo-