‹ Les correspondants de Michel-Ange;Chapitre 11 sur 25 · I. I'mui- e (^nmeriL · texte numérisé non relu

I. I'mui- e (^nmeriL

SEBASTIANO DHI- PlOMlîO 33

J'ai encore à vous remercier extrêmement de la lettre que vous m'avez écrite en faveur de Jacopo Sansovino. Il a fait bonne impression sur le Duc, mais il n'a pourtant pas eu le travail, parce que, m'a dit le Duc, il faut en ce moment s'occuper des armes et non des marbres.

L'unique Arétin m'a fait convenir, en voyant votre lettre, c'est-àdire l'adresse, que c'est à lui qu'il appartient d'être unique et non à moi ; mais vous êtes bien, vous, l'unique au-dessus de lui et de tous les autres. Et sullit. — Votre Sébastien, peintre à Rome. Au seigneur Michelange Bonaroti, sculpteur très digne, etc., etc. A Florence.

/.Si' 5. 2'/ avril.

.Mon très cher Compère, après les salutations, etc.

Ne vous étonnez pas que je vous importune de mes lettres, j'y suis forcé, je ne puis faire autrement. J'ai fait un tableau d'autel à messirc Giovanni de Viterbe, clerc de la Chambre apostolique, avec trois figures plus grandes que nature, c'est-à-dire un Christ à la colonne et deux figures qui le flagellent, comme celles de Saint-Pierre in .Montorio. Ce tableau est terminé depuis deux mois, comme messirc Anton Francesco pourra vous en informer, car il l'a vu, et il connaît à peu près notre différend : c'est que lui veut me payer à sa manière, et que je voudrais être payé à la mienne. Nous sommes engagés de part et d'autre /// forma camera' K Le prix de mon travail doit être estimé par deux experts dans l'art, s'il n'y a pas moyen de nous accorder. Maintenant ledit messire Giovanni a résolu de vous nommer juge et de vous envoyer le tableau à ses frais, ainsi que pour le retour, afin que vous jugiez du prix, et cela uniquement pour me tourmenter à sa manière. 11 ne veut en aucune facon s'en rapporter au contrat et n'a pas trouvé d'autre ex])édicnt que de vous charger d'arranger cette affaire. Je suis certain qu'il vous écrira et vous demandera de juger entre nous. J'en serais plus que content, mais j'en souffrirais grandement, ne pouvant attendre si longtemps ; car cet homme ne voudrait autre chose qu'attendre que j'eusse besoin de pain et que la dernière

Page 1