‹ Les correspondants de Michel-Ange;Chapitre 13 sur 25 · C'est-à-dire au pape · texte numérisé non relu

C'est-à-dire au pape

SEBASTIANO DHL PIOMBO 41

tardé si longtemps ù vous rcponclre, c'est que je n'ai pu encore vous envoyer la tête de Notre Seigneur. Il est bien vrai que j'en ai une, peinte avant le sac de Rome, sans barbe, et que je ne crois pas devoir convenir. N'ayant pu trouver le temps d'en peindre une à mon gré, je n'ai encore rien fait, mais je m'en occuperai bien certainement et, le plus tôt que je poun-ai, je vous l'enverrai. J'ai tarde aussi, faute d'avoir trouvé un moyen de vous écrire et de vous envoyer mes lettres, comme vous m'enverriez les vôtres, sans qu'elles soient ouvertes, qu'en pensez-vous: .l'ai rencontré Bartolommeo Angiolini, qui me paraît un homme de bien et a toujours fait voir beaucoup d'affection et d'attachement pour vous, .le lui ai pai-Jé du fait de la lettre ouverte, et il m'a répondu que je pouvais sans crainte lui donner les miennes, qu'elles vous seraient remises en mains propres. Vous donnerez de même les vôtres à Lorenzo Mannucci, chasublier, sur la place, et faites la suscription d'une autre sorte de caractères pour qu'elle ne paraisse pas de votre main, ou faites faire la suscription par une autre personne pour qu'on n'y reconnaisse pas votre écriture, ou bien faites une enveloppe à la lettre et adressez-la à Bartolommeo Angiolini, en mains propres, à la douane de Terre; il m'a promis que personne au monde ne verrait vos lettres. 11 me semble que c'est une très, bonne voie. Comme dans votre lettre vous me dites qu'il vous serait agréable de savoir quelques particularités, mon très cher Compère, voici ce que m'a dit Menichclla : il n'y a pas lieu pour vous d'avoir aucun souci, ni de vous mettre en route et de venir à Rome pour des indignités qui ont pu vous être faites. 11 suffit d'une lettre de vous à notre ami ; vous verriez combien elle aurait d'effet, car je sais dans quelle estime il vous tient. Je crois que si vous vouliez faire une figure, à votre gré et de votre main, vous ne pourriez faire une chose plus à votre avantage, parce que je sais qu'il vous aime. Il vous connaît, il adore vos œuvres et les goûte autant qu'homme les ait jamais goûtées, c'est une chose merveilleuse et une bien grande satisfaction pour l'artiste. Il parle de vous si honorablement, avec tant d'affection et d'amour, qu'un père ne dirait pas de son fils ce qu'il dit. Il est bien vrai qu'il a été quelquefois contristé par certains bavardages qu'il entendait, pendant le siège

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d" un ligliolo quello dice lui ; ben e vero che alcuna volta se ha atristato de alcune zanzc li veniva ditto quando era I" assedio in Firenze : lui stringeva le spale et diceva: Michelangelo a torto; non li feci mai inzuria. Pero Compar mio ,sapiatevclo conoscer et pigliate le cosse per el bon verso et state di bona voglia che apresso le fatiche che durate per lui, che 1 sa et li vien referito che lavorate di et nocte, ne ha grandissima alegrezza ; pero non manco alegrezza 1" haveria quando el sapesse che fosti contento et che stesti con 1' animo quieto et che "1 medesimo amor che lui ha a vuj, vui lo havesti a luj. Pcrdonateme, Compare, se io parlo troppo a la scoperta : 1" amore et la benevolentia che io vi porto mi fa dir quel che vi dico. Vorej che in qualche altro conto che di picture over scolture li dimostrasti che li sete servitore et con simil cosse tagliaste le gambe et la lingua ali vostri inimici, per che saresti homo per bavere et far quello che voresti vui proprio.

Ma una solla gratia voriia da vui : vorei ve conoscesti e non degnasti cussi a ogni minima cossa et che ve arecordasti che le aquile non degna di mosce e basta : so ve la riderete de le mie chiachiare ; non me ne curo : la natura me ha facto a questo modu, et non son Zuan da rezzo.

Oltra di questo, venendo a Roma me trovaj a Pesaro con un pictore qualle sta con el Ducca d'I'rbino, si adimanda Hieronjmo da Zenga ', homo da bene et mostra esservi allectionato et perchè el crede che io possa assai con vuj, me disse che potria esser bon mezo a fare che "1 sig' Ducca fosse contento de vuj de l'opera de papa Julio, quale mostra de haver molto a core questa hopera. lo li risposi che 1" opera era in bonissimo termine, ma che"! manchava <>ct<> milia diichati che none' era homo che respondessi a questi octo milia duchati ; et lui mi risposse. che '1 Sig' Diicha li provederia lui, ma che Sua Signoria dubitava de non perdere i danari el 1 opera et mostrava d'eser molto in colera : ma dapoi molte parollc, disse non se potria mozzar questa cossa a qualche modo che fosse contento una parte e 1" altra? Ioli resposi che bisogneria parlare con vuj. Compare, in vuj consiste ogni cossa, credo purché

I. Oirolanin Oengn, peintre et iircliitccic, ilunt lo biographie u die écrite par Vasari.

de Florence ; il pliait les épaules et disait : « Michel-Ange a tort, je ne lui ai jamais fait injure ». Sachez donc le connaître, mon Compère, prenez les choses du bon côté et maintenez-vous en bonne humeur; car avec les fatigues que vous endurez pour lui, il sait et on lui rapporte que vous travaillez jour et nuit et il en a une très grande joie ; il n'en aurait donc pas moins sii savait que vous fussiez content, avec l'esprit en repos et que vous eussiez pour lui l'affection qu'il a pour vous. Pardonnez-moi, Compère, si je parle trop à cœur ouvert; l'affection que je vous porte et le bien que je vous veux me font dire ce que je vous dis. Je voudrais que, de quelque autre manière qu'en peinture ou en sculpture, vous lui fissiez voir que vous êtes son serviteur, et que par ce moyen vous coupassiez les jambes et la langue à vos ennemis ; car vous seriez homme à obtenir et à faire absolument tout ce que vous voudriez.

Je ne souhaiterais de vous qu'une seule grâce, c'est que, vous connaissant mieu.x, vous n'accordassiez pas votre attention aux moindres choses, et que vous vous souvinssiez que les aigles dédaignent les mouches. Et suffit. Je sais que vous vous moquerez de mon babil, mais je n'en ai cure, la nature m'a fait ainsi et je ne suis pas Giovanni de Reggio.

Outre cela, en venant à Kome, je me trouvai à Pesaro avec un peintre attaché au duc d'Urbin ; il s'appelle Jérôme de Genga ; c'est un homme de bien et qui montre de l'affection pour vous. Comme il croit que j'ai sur vous beaucoup d'influence, il me dit qu'il pourrait s'employer utilement à faire que le seigneur duc s'entendit avec vous au sujet du travail du pape Jules, travail que le duc paraît avoir fort à cœur. Je lui répondis que l'ouvrage était en bonne voie, mais qu'il fallait encore huit mille ducats et qu'il n'y avait personne à qui s'adresser pour cette somme. Il me dit alors que le seigneur duc l'avancerait, mais que Sa Seigneurie craignait de perdre son argent et l'ouvrage et paraissait fort en colère. Après beaucoup de paroles, il me demanda si l'on ne pourrait pas restreindre cet ouvrage de manière que l'on fût satisfait de part et d'autre. Je lui répondis qu'il fallait en parler avec vous. Compère, tout dépend de vous. Je crois pourtant

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uparessc qualche cessa de questa opera se contentariano de ogni cossa, perche atendono più a certe aparentie che a la propria verità et credo certissimamente che bisognaria pigliare medicina a sborsare questi <S milla ducati : però vui sete savio et prudente : inanti che se mova cossa alcuna, studiatela bene et non habiate paura de deminuire de gloria et fama, che a ogni modo vorete vuj, credo sarete el medesmo, perchesete troppo grande : ma io mi dispero che non ve conoscete et ve rodete da vuj medesimo ; che con una minima cossa si pi'i aquetar ogni cossa.

lo al presente non ve dirò altro : perdonateme se vi ho dato parollc, voria pur se possibil fosse questa pocca vita che ne resta, la consumasemo in qualche pocco de quiete, che seria horamai bora, flristo sano ve conservi. — Addi 29 Aprille ì?.U in Roma.

Vostro Sebastiano pictore.

Al molto car'"° mio Michelagniolo Bonaroti sculptorc in Firenze.

Kccellentissinio Compare. Credo vi maravigliaretc sia .<tato uniti giorni non vi al'liia scritto : la causa è stata prima per non avere avuto cosa meritasse, e l'altra per l'accidente quale credo oramai abbiate inteso, come nostro Signore papa Clemente mi ha fatto pinmbatore, e ànimi fatto frate in loco di Fra .Mariano', di moiln che se me vedesti frate, credo certo ve la rideresti, lo soncj il piìi bel fratazo di Roma. Cossa in vero non credo pensai mai. F venuto propio motu propio del Papa; e Dio in sempiterno sia laudato, che pare proprio che Dio abbi voluto cussi. 1^ cussi, sia. Ora. Compar mio, gli è venuto a Homa messcr Hicrunimn Ostaculi'' da Irbinn. e mi è vennlo a

t. Kra .Marinilo l'citi tic riorcncc, frcrc lai dominicuin, t|ui .succeda cn i5i4 ù Hraiiiniilc daii> l'ulTicc tic « pioinbutorc u. Il etnie rami et le protecteur de l'rn Bartoloninico della Porln, qui exécuta pour lui Ics deux tableaux représentant Siiiiil Pierre et Siiiiit Paul. (Vo\ . K. Mflnl/, Raphael. •• éd.. p. 43?.)

■i. Staccoli, nfjcni du duc dX'rbin a Umiic. Il eut il né.tocier avec MIchcl-.Nnge au sujel du ti.i. l'caii de JuIcK II.

que si vous faisiez voir quelque chose de ce travail, ils accepteraient tout, parce qu'ils tiennent plus à certaines apparences qu'à la vérité même, et je suis certain qu'il leur faudrait prendre médecine pour débourser ces huit mille ducats. Comme vous êtes sage et prudent, avant qu'aucune figure sorte de chez vous, étudiez-la bien, et n'ayez crainte de voir diminuer votre gloire et votre réputation, car dans tout ce que vous voudrez, je crois que vous serez le môme; vous êtes trop grand. Mais je me désespère de ce que vous ne vous connaissez pas et vous vous rongez vous-même, tandis que la moindre chose pourrait tout calmer. Pour le présent, je ne vous dirai pas autre chose. Pardonnez-moi si je vous ai donné de belles paroles. Je voudrais pourtant, s'il était possible, que ce peu de vie qui nous reste se passât dans quelque peu de repos, il en serait temps. Le Christ vous conserve en santé. Le 29 avril i53i, à Rome. — Votre Sébastien, peintre à Rome. — A mon très cher Mcssire Michelange Bonaroti. sculpteur à Florence.

Très excellent Compère, \'ous serez, je crois, surpris que j'aie été tant de jours sans vous écrire. La première cause de mon silence a été que je n'avais à vous dire rien qui en valût la peine, et la seconde, l'événement que vous avez appris, je pense : comment Notre Seigneur le Pape Clément ma nommé plombcur et m'a fait moine à la place de Frère Mariano. Si vous me voyiez moine, je crois bien que vous en ririez. Je suis le plus beau frocard de Rome, chose en vérité à laquelle je ne crois pas avoir jamais pensé. 11 est bel et bien survenu un luotii proprio du Pape; Dieu soit loué dans 1 éternité, car il paraît vraiment que Dieu l'a voulu ainsi, et ainsi soit-il. Maintenant, mon Com]ièrc, mcssire Jérôme Staccoli. d'L'rbin, est arrivé à Rome, il est venu chez moi, et ne m'ayant pas trouvé, il m'a parlé aujourd'hui à la C^hancellerie et m'a rapporté toutes les négociations qui ont eu lieu avec le seigneur duc d'Urbin, au sujet ilu tombeau de Jules. Il m'a dit énormément de paroles; pour conclure, il dit avoir offert des partis à choisir à Son

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trovar insino a casa. E non me trovò : e oggi mi ha parlato in Cancelleria, et mi ha referito tutto quello ha negotiato con el signore duca d'Urbino circa la sepultura di Julio, e mi ha detto assaissime parole : in conclusione dice aver ollerto dei partiti alla eccellenza del

duca vostro che vi siate disposto finir 1' opera di papa Julio secondo

r ordine del contratto faceste con Aginensis, cioè 1" opera grande, ma che bisogna provvedere al restante de" danari. F. il duca rispose che il non posseva provvedere el resto de" danari , ma che sua Signoria era molto più contenta che vui facesti 1" opera del secondo modo, cioè che fusse breviata per la valuta dei danari havete ricevuti. Et più mi disse el detto mcsser Jeronimo, che partito da Urbino, gli mandò drieto uno in posta con una lettera, clic a ogni modo el dovesse trovare di assettare questa cosa, che a ogni modo la si faccia, ma che "1 duca vorria che gli facesti uno disegno come ha da esser 1' opera, che sopra quello el si risolveria della sua volontà. Io gagliardissimamente risposi al detto messer Jeronimo, che vui non eri uomo da far prove di disegni, nò modelli nò simil frascarie, che questa era la via di non finire mai questa (jpcra ; che la Eccellenza del duca si può bene contentare, che voi v" inclinate a voler far 1" opera di quello secondo che s" era disegnato, e che apprezziate tanto 1" onore vostro, quanto altra persona apprezzi il suo. E mi rispose messer Jeronimo a che modo si potria fare questa cosa? Io gli resposi, a questo modo : che la 1-lccellcnzia del duca con tutti gli credi di papa Julio se contentassi d'annichilar il contratto che fu facto per Aginensis, cioè de l'opera grande, e far un altro contratto, come vui vi contentate de fargli una opera... della valuta de' danari avete recevuti, e rimanere a vui in coscicnzia vostra ogni quantunque cosa grande non mettessi altro che un sasso in opera, che loro si contentassi di tutta la vostra volontà. Et cosi come il miglior tempo della vita vostra si sera comò di stiavo, che vi restituiscano al presente la vostra libertà, e che non

vi ligano a cosa nessuna solum farvi patrone di ogni cosa come

volete vui : che gli metterà molto meglio conto a fare a questo modo che volerla minuzzare per altre vie. Di modo che detto messer Jeronimo confessa che questa è la via. e mi ha detto vi debba scriver che ci farà

Excellence votre duc' : que vous étiez disposé à finir le tombeau du pape Jules... en suivant les conditions du contrat fait par vous avec Aginensis, c'est-à-dire le grand projet, mais qu'il faudrait pourvoir au reste de l'argent. Le duc a répondu qu'il ne pouvait fournir le reste de l'argent, mais que Sa Seigneurie serait bien plus satisfaite que vous missiez à exécution le second projet, c'est-à-dire que l'œuvre fut réduite à la valeur de la somme que vous avez reçue. Messire Jérôme ajouta qu'après son départ d'Urbin, le duc envoya derrière lui un homme en poste avec une lettre, lui ordonnant de trouver moyen, n'importe comment, d'arranger cette affaire et d'assurer l'exécution du tombeau, mais que le duc voudrait que vous lui fissiez un dessin du projet à e.xécuter, dessin d'après lequel il prendrait une décision. Je répondis très gaillardement à messire Jérôme que vous n'étiez plus homme à faire des dessins de projets, des modèles, ni de pareilles bagatelles; que c'était là le moyen de ne jamais finir ce travail; que Son E.xcellence le duc pouvait bien se contenter de vous voir disposé à exécuter ce travail suivant le dessin existant, et que vous teniez à votre honneur autant qu'un autre peut tenir au sien. Messire Jérôme me demanda comment cela pourrait se faire ? \oici comment, lui répondis-je : Que Son Excellence le duc et tous les héritiers du pape Jules consentent à annuler le contrat dressé par Aginensis, c'est-à-dire celui du grand projet, qu'ils en fassent un autre comme quoi vous (Michel-Ange) consentez à faire un travail de la valeur de la somme reçue par vous, qu'ils laissent à votre conscience toute chose et, quand vous ne mettriez qu'une pierre en oeuvre, qu'ils se soumettent en tout à votre volonté. Que comme le meilleur temps de votre vie aura été un esclavage ils vous rendent présentement votre liberté, ne vous obligent à rien, et seulement vous fassent maître de toutes choses à votre volonté, car ils se trouveront bien mieux de faire ainsi que de se jeter dans une voie de détails minutieux. Sur quoi messire Jérôme avoua que c'était là la marche à suivre, et me dit de vous écrire qu'il fera consentir le duc à tout ce que vous voudrez, vous et son ambassadeur,

1. 11 ne peut Otre question du duc île Florence, souverain de Michel-.\nge ; vostro s'applique évidemment au duc d'Urbin, comme le prouve la suite.

che el duca si contentala di tutto quello che vorrete vui e 1* ambasciador suo. Et con messer Jeronimo in nome del duca e de li eredi di papa Julio annichilarà el contratto, e ne farà un altro come volete vui nella forma che gli ho offerto io, cioè di far Hnir detta sepoltura nel secondo modo e in termine di tre anni, e spender del vostro doi milla ducati, computando la casa; che detta casa si venda, e gli danari di detta casa suppliscano al numero di doi milla ducati : e non ho voluto offerire più, e credo questi basteranno, e si contentano troppo. E li par molto bella cosa che quest' opera la vogliate fare senza che elli spendano un quattrino, et che voi vi contentate spender gli doi milla ducati. E messer .leronimo mi ha promisse di scriuer al duca che

faranno che "1 duca vi scriverà et rimetterà ogni cosa a voi et voi

vi degnerete rispondere al duca quello vi parerà, ma non offerite piii danari. Hora mi par che la cosa stia in bonissimo termine e resoluzione, come avete a fare questo secondo contratto. K mandatemc una forma del contratto, come volete che "1 stia, che non si preterirà parola. E ancora mandateme una carta di procura che in nome vostro io possa annichilare il contratto primo e fare il secondo, e promettere in nome vostro tutto quello mi comandarete : e cosi credo sarete contento e starete con 1" animo in reposo. E credo che nostro .Signore sera tanto contento di questa cosa per amor vostro, quanto vui, et mi ha detto, ci faremo renzovenir di 25 anni. Altro non ve din') di (Questa cosa. Fate vui e state di bona voglia.

Perdonatcme che ancora non ho linita la lesta del pajKi, ma spero a ogni modo mandarvela quest' altra settimana. Le cose di questo ulïicio me ha impedito. E Dio sa quanto mi duole non esser possuto venire a i-'iren/e come... vi aveva promesso. .Ma Dio ha voluto cosi. Spero venirvi a veder questa state, e non mancate tiella promessa. acciò le godiamo un poco insieme.

Prcgovi raccomandatemi alla signoria ili mes.-^er liariolomeo N'alorl e ditegli che io seguiterò !" opera sua, e sarà servito. ]i cosi vi prego ancora raccomandatemi al mio signore messer Zuan (ìaddi cherico ili Camera. E a vui mi raccomando per infinite volte, (tristo sano vi conservi.

qu'avec messire Jerome, au nom du duc et des héritiers du pape Jules, on annulera le contrat et on en fera un autre comme vous le voulez, et dans la forme que je lui ai offerte, c'est-à-dire qu'on achèvera le tombeau suivant le second projet, et dans le délai de trois ans. Vous aurez à payer de vos deniers deux mille ducats, en comptant la maison, cette maison sera vendue, et le prix viendra en déduction du chiffre de deux mille ducats; je n'ai pas voulu offrir davantage, je crois que cela suffira, et ils s'en contentent volontiers. Ils trouvent satisfaisant que vous acceptiez ce travail sans qu'il leur en coûte un Hard, et que vous consentiez à payer les deux mille ducats. Messire Jérôme m'a promis d'écrire au duc et qu'ils feront que le duc vous écrira, s'en remettant pour toute chose à vous. Vous prendrez la peine de répondre au duc ce que vous voudrez, mais n'offrez pas plus d'argent. Maintenant il me semble que l'affaire est venue à très bonne fin et solution, puisque c'est à vous de faire ce second contrat. Envoyez- moi un modèle du contrat comme vous voulez qu'il soit, on n'en omettra pas un mot. Envoyez-moi aussi une procuration pour que je puisse annuler le premier contrat en votre nom, faire le second et promettre en votre nom tout ce que vous me commanderez. Je pense qu'ainsi vous serez content et aurez l'esprit en repos. Je crois que Notre Seigneur sera aussi content de cet arrangement, par amitié pour vous, que vous-même, et il m'a dit : Nous le ferons rajeunir de vingt-cinq ans. Je ne vous dirai pas autre chose de cette affaire. Faites ce qu'il faut, et tenezvous en bonne disposition.

Pardonnez-moi, car je n'ai pas encore fini la tète du Pape, mais j'espère vous l'envoyer de toute façon la semaine prochaine. Les affaires de ma charge m'en ont empêché. Dieu sait combien je suis peiné de n'avoir pu aller à Florence comme... je vous l'avais promis. Mais Dieu l'a voulu. J'espère aller vous voir cet été et ne manquez pas à votre promesse, pour que nous nous réjouissions un peu ensemble. Je vous en prie, recommandez-moi à Sa Seigneurie Messire Bartolomeo Valori, et dites-lui que je continuerai son travail et qu'il sera servi. Je vous prie aussi de me recommander à mon seigneur messire Giovanni Gaddi, clerc de la Chambre. Je me recommande à vous mille

Tutto vostro frate Sebastiano di Lucianis pittore fece scrivere. D"° Michelagnolo de Bonarotis domino meo colendissimo in Firenze. In Firenze '.

i53i. il) jugnin.

Compare mio car""", Io ho recevuta una vostra in resposta de la mia con una inclusa directiva a nostro Signore, quale li ò datta in man propria et àia havuta molto accara, et più ha voluto ancora vedere quella me scrivete a me et maravigliasi molto et li rincresce che vui habiate sospicione de' cicalonj, che quando li mancano sugetti di intertenir sua S'-\ rasonano di Michelangelo et de le cosse sue per parere ingeniosi et intendenti de 1" arte et dicono certe parolaze for di squadra che fariano ridere e sassi. Ma Dio sia rengratiato, che sua Santità li conosce tanto bene, che par proprio che li odano con le mie orechie et aponto ne fa quel conto che ne faciamo nui ; et credo certissimamente in questo caso, in tuto V universo non potresti trovar homo più al vostro proposito di sua S'' : et ami ditto expresamente che io vi deba scriver da parte sua, che non manco apiacere li farete a levarvi queste suspicioni del cervclo di queste cichale, che se li facesti in un zorno tutte le opere sue : perchè sonno certe passione superflue. Et ami ditto che '1 doverresti pur conoscere horamai ; et sa quello possete far et quello non possete far. Et se stupì quando el lesse la vostra littcra in mia prcscnlia, de le figure ditte che son finite, et disse che mai tu ci mazor lavorante de' vui quando volete : tutto T opposito delle cichale ! Et ancora mi chiamò et mi disse : scrivegli che '1 prego che "1 piglia r opera in piacere et che "1 facci quel che "1 pcs che non voria li intravenise qualche desordcne, che '1 se tirasse adosso qualche infirmità : et che qualche volta andate a spasso : et molte altre parole : che invero el

I. Cette lettre, dont l'original est au Musco Britannique, a. ili publiiic par Grimm [das Lcben Midtelangclo's, p. 711). On l'a considérée comme écrite en i5j5; mais, dans sa lettre du lo avril i??i, Sébastien parle du portrait du pape, qui n'est pas commencé ; dans cette lettre-ci, le portrait est presque (ini. Jusqu'en 1 53 1, Sébastien ne prend pas dans ses lettres la qualité de « piombatore 1. ; dans celle-ci, il apprend n MIchcI-Angc sa nomination. Il parait donc très probable que cette lettre est postérieure BU 29 avril i33i.

fois. Le Christ vous conserve en santé. — Tout vôtre, Frère Sébastien des Lucianis, peintre. (Dictée.) — Au Seigneur Michclange des Bonarotis, mon seigneur très respectable, à Florence.

i53i . iG juin.

Mon très cher Compère,

J'ai reçu de vous une lettre en réponse à la mienne, avec une autre, incluse et adressée à notre Maître; je la lui ai remise en mains propres, il en a été fort satisfait et a voulu voir aussi celle que vous m'écriviez. 11 s'étonne beaucoup et regrette que vous ayez souci des bavards qui, à défaut de sujets d'entretien avec Sa Sainteté, parlent de Michel- Ange et de ses oeuvres, pour paraître gens d'esprit et connaisseurs, disant de grands mots à contresens et qui feraient rire les pierres. Mais, grâce à Dieu, Sa Sainteté les connaît si bien qu'elle semble vraiment les entendre avec mes oreilles, elle en fait juste autant de cas que nous, et je suis certain qu'à cet égard on ne pourrait pas trouver dans tout l'univers un homme plus à votre gré que le Saint-Père. Il m'a dit e.Kpressément que j'eusse à vous écrire de sa part, que vous ne lui feriez pas moins de plaisir en vous ôtant de la cervelle vos soucis au sujet de ces cigales, que si vous lui faisiez en un jour tous ses travau.x, parce que certaines peines sont inutiles à se donner. Il m'a dit que vous ne devriez pourtant pas ignorer qu'il sait ce que vous pouvez ou ne pouvez pas faire ; il est resté stupéfait, en lisant dans votre lettre, en ma présence, ce que vous dites des figures qui sont finies, et il a dit qu'il n'y eut jamais de plus grand travailleur que vous, quand vous voulez : tout le contraire des cigales. Il m'appela encore et me dit : Écris-lui que je le prie de faire ce travail à l'aise, de n'en faire que ce qu'il peut ; car je ne voudrais pas qu'il se surmenât, qu'il s'attirât quelque infirmité ; dis-lui de faire quelquefois une promenade, et il ajouta beaucoup de bonnes paroles, car il montre vraiment qu'il vous aime et fait grand état de vous, avec tant de sincérité et tant d'affection que Dieu sait combien j'en suis heureux, et vous pouvez être content vous aussi. Mon Compère, je ne

dimostra amarvi et far cunto de vui con quella sincerità de animo et con tanto amore, che Dio el sa quanto ne son contento : et possete esser contento ancora vui. Compare mio, io non posso negarvi che io non vi ami sopra tutte le cosse create del mondo, et che non faci più chonto de vui, che de tuto '1 resto : et non m' ingano per 1" afectione vi porto : ma io ve dico ben questo, che s' io conoscesi 1' amico de altra natura verso de vui di quello vi scrivo, io patirei più presto mille morte, che mai io vi scrivessi una cosa per un' altra; et si la intendesse altramente, quando non ve lo potessi scrivere, in persona venirei insino a Firenze a farvelo intendere : et certissimamente 1" amor non m' in<^'-ana : et per molte vie me n' ò voluto chiarire. Et sapiate certo che io ho in questo caso bon gusto, et non m' ingano ponto. Et non credete che in mia vcchieza mi fusse nieso a diventar cortesano ; se io non conosese molto bene la moneta quanto vale et quanto ò per nui : et basta, ec.

Circha la cossa de .Tulio, N'° Signore ha lecta la mia littera come di sopra et un' altra volta reletto el capitolo de l'aviso ve ho datto del Ducca d'Urbino. Et volse che io li dicesse chi me n' à parlato di questa cossa. Io dissi a sua Santità el tutto et ancora pregai sua Santità che volesse aiutarvi et favorir in questa cossa : che invero el ve faria tornar de 25 anni. Lui con bonissimo animo mi rispose, che lo faria de bonissima voglia et che 1' averia molto accaro. Et mi disse che io non scrivesse a nisuno del Ducca, se prima non intenderà la vostra volontà et mi ha comisso che io ne scriva, et che me faciate intender prima la volontà vostra di che modo voresti aconzar questa cossa et ancora farlo intender a sua Santità el sapia quello 1' abia a ollerir da parte vostra et prometcr a li agenti over anbasator del ducca de Urbino. Et credo certissimamente ancora con el favor de sua Santità farà asai, et con più reputationc et credito et con più facilità se asetarà la cossa. Siche, Compar mio, resolvetcve molto bene quello volete fare et studiatela bene. Et tanto quanto vorcte vuj, et ordenarete, tanto sera facto, et non ponto più. Io ho aprcsso la persona del ducca uno M. Oratio, grandissimo mio amico et è ci primo homo habbi la IC.\"' del ducca ; et ancora el e" è el mio medico, ci quale credo ve ne arccordai ; che

puis nier que je vous aime plus que toutes les choses créées du monde, que je fasse plus grand compte de vous que de tout le reste, et l'amitié que je vous porte ne me trompe pas, mais je vous le dis bien, si je connaissais notre ami comme étant dans d'autres sentiments à votre égard, je souffrirais mille morts plutck que de vous écrire une chose pour une autre, et s'il changeait de sentiment, dans le cas où je ne pourrais pas écrire, j'irais de ma personne vous le dire à Florence. Bien certainement l'amitié ne me fait pas illusion, j'ai voulu m'en assurer de beaucoup de manières ; soyez sûr que j'ai bon goût sur ce point et que je ne me trompe pas. Ne croyez pas que dans ma vieillesse je sois devenu courtisan, si je ne connaissais pas très bien la valeur de la pièce et ce qu'elle est pour nous : bref, il suffit. Pour l'affaire de Jules', Notre Seigneur a lu ma lettre, comme ci-dessus, et relu une seconde fois le passage de l'avis que je vous ai donné au sujet du duc d'Urbin. Il a voulu que je lui disse qui m'avait parlé de cela. J'ai tout dit à Sa Sainteté, je l'ai priée de vous aider, de vous être favorable dans cette circonstance, ajoutant que vraiment elle vous rajeunirait de vingt-cinq ans. Le Saint-Père me répondit avec une grande bonté qu'il le ferait bien volontiers et qu'il serait enchanté. 11 m'a dit de n'écrire à personne de l'entourage du duc avant de savoir vos intentions, et m'a ordonné de vous écrire pour que vous me fassiez connaître votre volonté, comment vous voudriez arranger cette affaire, afin que j'en informe Sa Sainteté et qu'elle sache ce qu'elle peut ofïrir de votre part et promettre aux agents ou à l'ambassadeur du duc d'Urbin. Je suis certain que la faveur de Sa Sainteté fera beaucoup, et que les choses s'arrangeront avec plus d'honneur, de crédit et de facilité. Ainsi, mon Compère, décidez bien ce que vous voulez faire, réfléchissez-y bien ; ce que vous voudrez et ordonnerez sera fait et rien de plus. J'ai, près de la personne du duc, un messire Oratio, mon très grand ami et le premier homme que possède Son Excellence le duc. Il y a encore mon médecin que vous vous rappelez, je crois; je vous ai montré son portrait chez moi, dans le Trastevere ; il sera, lui aussi, un bon intermédiaire, avec le Cìenga. Tous

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