‹ Les correspondants de Michel-Ange;Chapitre 14 sur 25 · I. Le pape Jules · texte numérisé non relu

I. Le pape Jules

ve mostrai el suo retrato in casa mia in Trastevere'; che ancora luj sera bon mezo a questa cossa ; apresso el Zenga : quali tucti 3 costoro sonno homeni da bene; ma quello che pò tuto è mess. Oratio. Inanti che si scriva overo che si mova cossa alcuna, resolveteve molto bene et non si traterà cossa alcuna se non de vostro consenso.

Pili volte ho voluto scrivervi de la casa vostra. Invero le cosse vostre vanno molto male : è in mano de un sbirazo che brava et dice ha fatto et ditto, de modo che se li haverà a rifar de molti ducati : et ve ruinano la chasa. Et oltre di questo, Ï opera de quadro è precipitato sotto terra de modo che' 1 e' è un gran dano. Seria pur meglio farla levare de quella ruina et meter que' aconzi ne la botega grande, benché 'l tecto tutto piove : saria pur bono proveder non andasse a male quelle cosse; che' 1 e' è pur manifatura, tempo et spesa grande. Però fate vuj : tanto quanto hordenerete, tanto sera facto. Et non più, ec.

Io son vostro. Et per infinite volte me recommando. Cristo sano vi conservi. Addì i6 Jugnio i53i.

Vostro Sebastiano, pictore in Roma.

(Fuori) D"" iMichclangniolo de Bonarotis in Firenze. — In Firenze.

i53i. j2 Luglio.

Char""* Compare. — Non ve maravegliate che non babbi resposto cussi presto a la vostra ultima, quale ebbi a T ultimo del mese passato : di che me informate tutto quello io habia a movere a li agenti del Ducca de Urbino. Et per non preterire V ordine datto da nostro Signore, li mostrai la vostra littera; et la lesse molto diligentemente, et vide quanto r animo vostro vorebbe : del che molto si maravegliò che cussi absolutamcnte offeristi doi milla ducati et la casa, in far finir 1' opera de Julio, in termine de tre anni ; cossa in vero troppo larga de offerta, et ancora de troppo dano vostro. Che quando ve usisi di mano tre milla ducati, credo vi rencresercbbe. Compare mio, de comandamento del Papa ; che

I. Il s'unit de l"ranccsco Arsilli, celebre médecin de Sinipuplia. Il est question du portrait peint pour lui par Sebastiano dans les notes qui accompagnent une lettre de rartislc ù ce médecin, lettre en date du 7 juin l53a, publiée par Gualandi, dans les .'/fmon'c Originali di Belle Arti. Bolopnc, 1840. Série I, p. O4.

trois sont hommes de bien, mais celui qui peut tout, c'est messire Oratio. Avant qu'on écrive ou qu'on mette rien en mouvement, prenez bien votre résolution et Ton ne traitera sur aucun point que de votre consentement.

Plusieurs fois j"ai voulu vous écrire au sujet de votre maison. Votre bien est vraiment en fort mauvais état ; il est entre les mains d'un méchant sbire qui fait l'important et déclare qu'il a fait et dit, de façon qu'il faudra lui rendre bien des ducats, et ils vous ruinent votre maison. De plus, l'atelier de marbrerie est englouti sous terre, le dommage est grand. Le mieux serait de retirer les marbres de cet effondrement et de mettre ces épaves dans le grand atelier, quoiqu'il y pleuve à travers le toit. 11 serait bon de pourvoir à ce que tout cela ne fût pas perdu; il y faut beaucoup de travail, de temps, et une grande dépense. C'est donc à vous d'aviser : tout ce que vous ordonnerez sera fait. Et rien de plus.

Je suis tout à vous, et me recommande à vous mille fois. Le Christ vous conserve en santé. Le 16 juin i53i — Votre Sébastien, peintre, à Rome. — Au Seigneur Michclange des Bonarotis, à Florence.

i53i. 22 juillet.

Très cher Compère,

Ne vous étonnez pas que je n'aie pas répondu plus tôt à votre dernière lettre, que j'ai reçue le dernier jour du mois passé, et par laquelle vous m'informez de tout ce que j"ai à proposer au.x agents du duc d'Urbin. Pour ne pas contrevenir à l'ordre de Notre Seigneur, je lui montrai votre lettre ; il la lut très attentivement, vit quelles étaient vos intentions et s'étonna beaucoup que vous offrissiez ainsi, sans restriction, deux mille ducats et la maison, pour faire achever le tombeau de Jules dans le délai de trois ans. C'est vraiment une offre trop large et trop à votre désavantage. Quand il vous serait sorti des mains trois mille ducats, vous le regretteriez, je crois. Mon Compère, j'ai reçu les ordres du Pape, car cela ne plaît pas non plus à Sa Sainteté; il ne veut pas que je fasse une offre pareille du premier coup, mais il

fOKTKAlT DE JÉltOME GENG; Foc-similc de la gravure Je Vasari.

STATUE DE MOÏSE exicutvie par iMichel-Ange pour le tombou de Jules II. (Rome, Saint-Picrrc-aux-Liens.)

ancora a sua Santità non II piace questa cossa ; non ha voluto che io ofFerissi cussi al primo tratto ; ma mi ha comesso come da me, mosso da le parolle de Hieronimo da Zenga, io parli a 1" ambasatore del Ducca et a mes" Hieronimo Ostacoli. Et che veda come li trovo in questo chaso. Et che li referischa quello me rispondeno. Et cussi ho facto. Io andai a chasa de 1' ambasatore del ditto Ducca, et a caso trovai mes' Hieronimo Ostacoli, et come da me li narai el tutto et li dissi tutto quello mi parea in beneficio de 1' opera. Et tutto quello li potria intravenirc per ogni versi sì in fare tutta 1' opera, come in abreviarla; senza oflfrirli un quatrino in beneficio de detta opera : de modo che io trovai V ambasatore molto contento et dessideroso a questa cossa. Et credo che de lui sene faria quello se volesse. Ma trovai mes' Hieronimo Ostacoli alquanto bravo, et disse : io so molto meglio de vui quello vorebbe Michelangelo. Et me disse : Michelagnolo voria vendere la casa, et de quelli denari abreviare 1" opera et finirla, come a lui paresse : del che non e honesto. Lui ha havuto diccimilla ducati ; comincia a spendere de quelli, et vedasi che T opera vada innanti : che in ultimo quando si vederà che 1' opera sia in termine che si venda la chasa, per questo cfTccto la si venderà. Et me disse più, che la casa non era la vostra, che 1' era del cardinal Aginensis : et molte altre parole fastidiose : et più me disse che 1' avea facto litte con vui et che Y avea el contratto de 1" opera. ICt 1" ambasatore me disse : Michelang° si trova in desgratia del Papa, et non ha quel favore che r era solito avere, però el dubita de questa cossa. Io li resposi gagliardissimamente, che vui non dubitavi né de Papi nò Imperatori nò de Signori del mondo; ma che tutto quello vui dessiderate, lo facevi per 1' onore vostro, et per V obligo che havcte a la sancta memoria de Julio : de modo che con quelle parolle li placai tutti doi. Et in conclusione li dissi che li meteva meglio conto a loro et a la e.xelentia del Ducca sotometersi a la vostra volontà, che fate quello par a vui o per una via o per 1' altra, purché l'opera se finiscila, che star su questi pùntigli et su queste contention.

Et si per desgratia advenisc, che Dio noi voglia, che vui manc.isti, r opera non se finiria ne a una via nò a 1' altra, perchè non piovano i

m"a ordonné de parler à Tambassadcur du duc et à mcssirc Jérôme Staccoli, comme de moi-même et d'après les paroles de Jérôme de Genga, de voir comment je les trouverai disposés à cet égard et de lui rapporter leur réponse. Ce que j'ai fait. J'allai au palais de l'ambassadeur du duc et, par hasard, j'y trouvai messire Jérôme Staccoli. Je leur racontai tout, comme de moi-même, je leur dis tout ce qui me paraissait devoir faciliter Tachèvement de l'œuvre, tout ce qui pourrait intervenir dans tous les cas, soit qu'on exécute le projet tout entier, soit qu'on le restreigne, et cela sans leur offrir d'y contribuer pour un Hard. L'ambassadeur se montra fort satisfait, désireux de voir les choses marcher ainsi, et je crois que de lui on ferait ce qu'on voudrait. Mais je trouvai messire Jérôme Staccoli un peu roide. Il me dit : Je sais beaucoup mieux que vous ce que voudrait Michel-Ange ; il ajouta : Michel- Ange voudrait vendre la maison, et avec cet argent restreindre l'œuvre et la finir comme il l'entendrait; cela n'est pas honnête. Il a reçu dix mille ducats : qu'il commence par payer de cet argent la dépense, et qu'on voie l'œuvre s'avancer : puis à la fin, quand on verra le travail arrivé au point où il conviendra de vendre la maison, on la vendra. Il dit en outre que la maison n'était pas à vous, mais au cardinal Aginensis, et beaucoup d'autres paroles déplaisantes : il ajouta encore, qu'il avait engagé un procès avec vous, et que le contrat passé pour ce travail était entre ses mains. L'ambassadeur me dit : Michel-Ange est en disgrâce auprès du Pape ; il n'est plus en faveur, comme il en avait l'habitude : aussi a-t-il des craintes sur cette affaire. Je lui répondis très gaillardement, que vous ne craigniez rien ni des Papes, ni des empereurs, ni d'aucun seigneur du monde; mais que tout ce que vous désiriez faire, c'était pour votre honneur et pour les engagements que vous avez envers la sainte mémoire de Jules. Ces paroles les apaisèrent tous deux : et pour conclure, je leur dis qu'il valait mieux, pour eux et pour Son E.xcellence le duc, se soumettre à votre volonté de faire ce qui vous paraîtra bon, d'une manière ou de l'autre, en achevant l'œuvre, que de s'en tenir à ces pointilleries et à ces discussions.

Si par malheur il arrivait, ce qu'à Dieu ne plaise, que vous vins-

6o LES CORRESPONDANTS DE MICHEL-ANGE

Michelagnioli, ne si trovarebbc homcni che la sapescro guardarla, non che finirla. Et da poi non so de che modo se potria cavare de Firenze le figure che son facte per detta opera, sì le finite come le bozate, se non ne fusti vui. Queste parolle li trafise el core, et confessorno che io diceva el vero più in favore suo eh' a vostro. Et deliberorno de persuader ci Ducca a tutto quello volesti vui, maxime 1' ambasatore : et me disse che io non guardase a le parolle de mes'^ Hieronimo : che '1 faria tanto col Ducca, et ancora con mes" Jeronimo, che se redurano a quello voretc vui, tanto li sbigotì con le parole. Et li dissi che' 1 e" era un par de figure che valevano dieci milla ducati. Et che possano alzare le mano al cielo che vi trovano di questo bon volere : de modo che mes' Hieronimo è andato a Urbino, et àmmi promesso de far bonissimo ofiìcio ; et cussi ancora con littere ha scripto V ambasatore. Et tutte queste parolle ho referite a nostro Signore, le qualle summamente li è piaciute : et àmmi ditto che non dubiti de mes" Jeronimo, che lo farà far quello ci vorà lui. Et più Sua Santità mi ha comesso, che per più reputatione vostra vui ve tenite a 1" opera grande, et che volete esser securo del vostro restante che farete ogni cossa, et che ditte che de figure, et marmi lavorati et quelli che non sonno lavorati et la valuta de li danari havctc hauti. Et come loro intenderano che bisogna sborsare el resto, venirano a quello vorete vui che apena li meterete la casa. Et ami ditto Sua Santità, che quello che fa i relogij da la Volpaia, ha scripto al cardinale Salviati, che vui non dessiderate altra cossa che questa ; m" à ditto che vadi a parlare con sua Sig'^ et manizare questa cossa con lui, che sera a proposito a questa cossa. Avisateme quello volete che io faci. Et si pare a vui, scrivetemi una littera lìctiva che la possi mostrare a 1' ambasatore del Ducca. l"t a un bisogno s' el volesse mandarla al Ducca, che la si potesse mandare, tuttavia con bon animo, che ogni volta che fosti securo del vostro resto, finiresti 1' opera. Et al Papa et a me scrivete quello piacerà a vui, et tutto quello è el desiderio vostro. Compare mio, io trovo el Papa ogni di più dessidcroso de farvi apiaccrc che mai, et vi vuole un grandissimo bene : et haveria tanto accaro a contentarvi de questa cossa, quanto vui de haveria finita. Va ami dito che non accade a dir

SEBASTIANO DEL PIOMBO Gì

sicz à mourir, l'œuvre ne s'achèverait ni d'une façon ni de l'autre, parce qu'il ne pleut pas des Michel-Ange, et qu'il ne se trouverait pas d'hommes qui sussent la regarder, à plus forte raison la finir. Je ne vois pas d'ailleurs comment on pourrait tirer de Florence, si vous n'y étiez plus, les statues faites pour ce tombeau, tant celles qui sont finies que celles qui sont ébauchées. Ces mots leur percèrent le cœur et ils avouèrent que je disais vrai et que je parlais dans leur intérêt, plut(k que dans le votre. Ils résolurent de convertir le duc à tout ce que vous voulez, surtout l'ambassadeur, qui me dit de ne pas prendre garde aux paroles de messire Jérôme, qu'il ferait si bien, que le duc et messire Jérôme se rendraient à ce que vous voulez, tant mes paroles les intimidèrent. Je leur dis qu'il y avait une paire de figures qui valaient dix mille ducats, et qu'ils pouvaient lever les mains au ciel de vous trouver si bon vouloir. En sorte que messire Jérôme est parti pour Urbin et m'a promis de s'y bien employer. L'ambassadeur a écrit aussi dans le même sens. J'ai rapporté tout cet entretien à Notre Seigneur, qui s'en est montré satisfait au plus haut degré. 11 m'a dit de ne rien craindre de messire Jérôme, qu'il lui ferait faire tout ce qu'il voudrait. De plus. Sa Sainteté m'a ordonné de vous dire que, pour votre plus grand honneur, vous vous teniez au grand projet; que vous devez être tranquille pour ce qu'il vous reste à dépenser, car vous ferez tout, et que vous disiez la valeur des figures, des marbres, travaillés ou non, et de l'argent que vous avez reçu; quand ils verront qu'il faut débourser le reste, ils en viendront à ce que vous voudrez, et c'est à peine si vous leur donnerez la maison. Sa Sainteté m'a dit que celui qui fait les horloges, dalla Volpaia', a écrit au cardinal Salviati que vous ne désiriez pas autre chose. Le Saint- Père m'a dit aussi d'aller parler à Sa Seigneurie et de traiter avec elle cette affaire, où son intervention sera fort à propos. Dites-moi ce qu'il faut que je fasse et, si vous le trouvez bon, écrivez-moi une lettre fictive que je puisse montrer à l'ambassadeur du duc et qu'il puisse, au besoin, envoyer à Son Excellence. Toutefois témoignez-y l'intention de finir cette œuvre, dans le cas où vous seriez assuré pour le reste

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