I. Pietro Paolo Marzi, secretaire ilti l'.ipc
fidèle Sébastien, et non d'un moine, que je le trouve tout à fait étranger aux idées que vous vous faites et bien éloigné de ce que m'écrit monseigneur messire Giovanni Caddi, qui semble avoir honte d'en parler. Sa Sainteté vous a fait écrire par messire Pier Pollo, son secrétaire, et par lui aussi vous connaîtrez sa pensée ; si j'apprenais le contraire, je vous l'écrirais hardiment sans crainte aucune. Je vous en prie, otez-vous ces soupçons de l'esprit, car le Pape est plus à vous qu'à lui-même. Laissez crier les cigales, qui peuvent bien crier, car on les traite comme elles le méritent. Je suis peiné de ne pouvoir vous expliquer cela par écrit, comme je le ferais de vive voix. Pardonnez-moi, je vous l'ai dit comme je le savais, ne vous étonnez pas que l'affaire se soit refroidie si longtemps, c'est à cause de l'absence de messire Jérôme Staccoli. Maintenant qu'il est à Rome, nous pourrons hâter et serrer de plus près les choses. Je vous préviens aussi que l'ambassadeur du duc d'Urbin va se rendre à Urbin, près de ce prince, et j'espère qu'il nous fera meilleur office avec lui que n'a fait messire Jérôme, car il s'y entend mieux; il reviendra avec la décision du duc, et ils s'en remettront à vous de toutes choses, pourvu que le tombeau se fasse à Rome, et que vous envoyiez quelque chose de Florence pour leur ôter cette idée du cerveau. Quand l'ambassadeur reviendra avec la décision du duc et son engagement comme souverain,'je vous en donnerai avis. Si bon vous semble alors, vous pourrez venir passer le nouveau contrat, annuler l'autre, et arranger toutes vos affaires. D'autre part, je m'offre à conduire l'affaire en votre nom, comme votre sincère et fidèle Sébastien que j'ai toujours été. Vous pourrez laisser vos ouvriers et faire travailler qui vous voudrez, car je serai bien plus diligent à faire marcher vos affaires que les miennes, et vous pourrez dormir tranquille sans plus y penser. Mais je vous en prie, si vous avez jamais été en belle humeur, soyez-y maintenant, car vos affaires ne pourraient aller mieux, et croyez-moi cette fois.
Je ne vous dirai pas autre chose. Recommandez-moi à monseigneur messire Giovanni Gaddi, qui est vraiment homme de bien et l'un de ces joyaux qui sortent de Florence. Je lui veux tout le bien possible, et dites-lui qu'il n'a pas besoin de se donner tant de mouve-
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manefatura in arecordarmi le cosse vostre; che le ò più a core che le sue, etc.
Non vi maravegliate che habiatc havuta la littera de Nostro Signore per messer Pier Pollo; che quel medesmo zorno fui a parlamente con li ao-enti del Ducca et mi diserò da poi le parole vi ho scripto. Cristo sano ve conservi. — Addi 21 novembre i53[, in Roma. — Tutto vostro fratte Sebastiano de Lucianis, pletore fece scrivere.
i53i. 5 dicembre.
Carissimo Compare mio. — Adi primo de questo mese io ho recevuto una vostra a me gratissima, et inteso particularmente el tutto, et ma.xime in ultimo de la lettera voi ditte che volete che li agenti del Ducca de Urbino facino fare la sepoltura de Papa Julio, et vui pagare nel tempo chavete scripto li danari nominati et darete noticia degli omeni che si sonno per farla, et aiutareteli quanto potrete con disegni et con modeli, ma che vui non volete el carico de farla fare, ne che r opera sia sopra de vuj. Queste quatro parolle ultime sconza ogni cossa, et ammi datto un grande fastidio che me parca bavere facto un bel lavoro. Et questi di son statto alquanto sopra di me ; et ultimamente io son andato da Nostro Signore et mostratoli la vostra littera quale ancora Sua Santità stette molto sopra di se, et me disse mai questi agenti del Ducca si contentaranno di questa cossa , si cussi apertamente la se li scopre che pare che Michelagnolo vogli abandonare V opera del tutto, et non haver a pensare più a questa cossa, che si susitasero tutti gli antichi che fur mai, ne se contentariano. A vui non ve nuoce altro che vui medesimo; cioè el gran credito che havetc, et la grandeza de le opere vostre; et questo non dico per adularvi el sapete cussi bene come me, però. Compare mio, a me me pare che si non ce un pocco de T ombra vostra, mai se condurano costoro a quello vogliamo nuj. Va parmi molto facil cossa, che volendo far vili quello che vui ditte, cioè modegli et desegni, possete bene alogare ancora appresso delta opera a chi pare et piace a vuj. Et si
ment pour me rappeler vos affaires; car je les ai plus à cœur que les siennes, etc.
Ne soyez pas surpris d'avoir reçu la lettre que Notre Seic^neur vous a fait écrire par messirc Pier Pollo, car ce jour-là même, j'eus une conférence avec les agents du duc, et ils me dirent ensuite ce que je vous ai écrit. Le Christ vous conserve en santé. Le 21 novembre i53i, à Rome. — Tout à vous. — Frère Sébastien de Lucianis, peintre. (Dictée.)
/5.)/. 5 décembre.
Mon très cher Compère,
Le premier de ce mois, j'ai reçu de vous une lettre, à moi fort agréable; j'en ai bien compris la totalité et surtout la fin où vous dites que vous voulez que ce soient les agents du duc d'Urbin qui fassent faire le tombeau du pape .Tules ; que vous paierez, dans le temps que vous avez écrit, la somme dite; que vous indiquerez les hommes qui devront le faire ; que vous les aiderez autant que vous pourrez de dessins et de modèles ; mais que vous ne voulez pas vous charger de le faire exécuter, ni du travail. Ces quatre derniers mots gâtent tout et m'ont fait beaucoup de peine, car je croyais avoir fait une belle besogne. Ces jours-ci je ne savais trop que faire, enfin j'allai trouver Notre Seigneur et je lui montrai votre lettre. Il resta longtemps pensif et me dit : Jamais ces agents du duc n'accepteront cela, quand on leur fera voir si ouvertement que Michel-.^nge veut abandonner tout à fait ce travail, et n'avoir plus à penser à une œuvre dont se déclareraient satisfaits tous les anciens s'ils ressuscitaient. Rien ne vous nuit que vous-même, c'est-à-dire votre grande renommée et la grandeur de vos œuvres. Je ne dis pas cela pour vous aduler et vous le savez aussi bien que moi. Je crois donc, mon Compère, que, sans un peu de votre ombre, jamais ces gens-là n'arriveront à ce que nous voulons. Il me semble bien facile que, voulant faire ce que vous dites^ c'est-à-dire des modèles et des dessins, vous puissiez confier ensuite l'exécution de l'ouvrage à qui vous conviendra et vous plaira, et si
considerate bene quel eh" io dico lo possete far facilmente , non farete nulla, et para facte ogni cossa et otenirete el vostro desiderio, et loro se contentarano. Bisognia un pocco de V ombra vostra, che si la pigliate per el verso è niente, perchè voglio che quello che volete che facino li agenti del Ducca , lo faciate vui ; cioè alogare V opera vui sotto 1" ombra vostra. Questa cossa è niente, et cussi Nostro Signore li piace questa rasone et me ha ditto che per niente scuopra questa cossa che bisognia farla et non dirla, et se loro se resentiseno et volesero dire come Michelagnolo non lavora de man sua, si pò molto ben respondere che non possete far ogni cossa de man vostra, et che guardino sul' opera che fatte per Nostro Signore, e ancora altre persone che lavorano. Et cussi starano cheti ancora che non vogliano. Nostro Signore e de opinione che la venuta vostra seria molto a proposito di questa cossa che più facilmente la se asetaria. Et haveria accaro pigliasti un mese de piacere. Et credo certissimamente che apreso ci contento di questa cossa, ancora Nostro Signore ve faria contento de qualche altra cossa. Et me pareria honesto che se Sua Santità ha facto cavaliere el S'^'^ Cavagliere, et me Frate, saria molto ben honesto che vi facese vuj Duca o re, overamente che ne cavasti ancora vuj la parte vostra de questo papato, del quale ne sete vui patrone, et ne possete bavere et fare quel che volete vui. Et di questo vi prego credetemelo che in verità è chussi, io conosco la materia tanto pronta, che non potresti desiderare meglio; però fate quello piace a vui, et tutto quello vi mete meglio conto. Nostro Signore ma detto che '1 tratarà questa cossa con quel modo che meglio el potrà, et che sia più propinquo a la volontà vostra. Et me ha detto che dia hordene con la Signora Felice, et li agenti del Ducca, che siamo tutti in siemc davanti Sua Santità, per tratare questa cossa. Et quella se bavera facto, subito ve avisarò el tutto.
Ancora hozi 1" ambasatore del Ducca de Urbino me ha detto che r à scripto al Ducca che li manda V instrumento over carta de procura che si possi concludere questa cossa in nome suo. Se vedesti in quanta alegreza è la Signora Felice, figliola de l'apa Julio, et questi agenti del Ducca stupiresti, etc. Io non ve dirò altro, iicrdonatomc si ho
VOUS réfléchissez bien à ce que je vous dis, cela vous est facile; vous ne ferez rien et vous paraîtrez faire tout; vous atteindrez votre but et ils seront satisfaits. Il faut un peu de votre ombre; si vous prenez ainsi la chose ce n'est rien, car de cette manière ce que vous voulez que fassent les agents du duc, vous le faites vous-même, vous donne/ à faire le travail sous votre nom. Cela n'est rien. Notre Seigneur approuve ce parti, et m'a dit que pour rien au monde on n'en parle, qu'il faut faire la chose et non la dire. S'ils se réveillent et veulent dire que Michel-Ange ne travaille pas de sa main, on pourra très bien leur répondre que vous ne pouvez pas faire tout de votre main, qu'ils regardent le travail que vous exécutez pour Notre Seigneur, et qu'ils voient les autres artistes. Ils seront ainsi réduits à se tenir tranquilles, malgré qu'ils en aient. Notre Seigneur est d'avis que vous viendriez à Rome fort à propos dans cette occurrence et que tout s'arrangerait plus facilement; il voudrait que vous prissiez un mois de loisir. Je suis certain qu'après la satisfaction de cet arrangement, Notre Seigneur vous en donnerait une autre. Il me semblerait juste que s'il a fait chevalier le seigneur Cavagliere et s'il m'a fait moine, il vous fit, encore plus justement, duc ou roi, ou que, vous aussi, vous eussiez votre part à ce règne dont vous êtes le maître et dont vous pouvez avoir et faire ce que vous voulez. Pour cela, croyez-m'en, je vous prie, car en vérité c'est ainsi ; je sais que la chose est toute prête, si bien que vous ne pouvez désirer micu.x, faites donc ce que vous voulez et tout cela tourne à votre avantage. Notre Seigneur m'a dit qu'il traiterait votre affaire de son mieux et dans le sens le plus rapproché de vos intentions. Il m'a dit aussi de donner ordre que la Signora Felice et les agents du duc se présentent tous ensemble devant Sa Sainteté pour traiter l'affaire. Si cela se fait, je vous donnerai aussitôt avis de tout.
Aujourd'hui encore, l'ambassadeur du duc d'Urbin m'a dit avoir écrit au duc de lui envoyer l'instrument, c'est-à-dire la procuration, pour qu'il puisse conclure l'affaire en son nom. Si vous voyiez en quelle allégresse sont la Signora Felice, fille du pape Jules, et ces agents du duc, vous en seriez stupéfait, etc. Je ne vous dirai pas
scripto cossa contra la volontà vostra. L' amore el dovere mi pare voglia cussi. Per amore de Dio guardatevi de qualche consiglio de amore melinconico che sempre v' anno ruinato , etc. Cristo sano ve conservi. Addi, 5 décembre i53i. In Roma.
El vostro fidelissimo Frate Sebastiano de Lucianis pictore et piombature, fece scrivere.
Sebastiano del Piombo da Roma a Michel" Buonarroti. In Firenze.
/5J)j. i5 dicembre.
Caris""" Compare. — Hozi ho recevuto una vostra con un disegnio d' una capella quale darò a Maestro Zuan da Udcne da parte vostra. Et tucto el restante ho inteso, et parmi siate resoluto benissimo a venire a Roma; perchè farete più in una mezora vui che io in un anno, et credo in dua parolle con la S'^ di Nostro Signore assetarete ogni cossa, perche Sua Santità dessidera di contentarvi. Et la venuta vostra sta a vui o in sino a un mese o un mese et mezo, perchè in questo mezo vera ancora la volontà del Duca, et la carta di procura. Io questa sera darò a Nostro Signore questa bona nova de la venuta vostra qualle V averà accaro, et dessidera che vui venite un pocco a spasso. Io me non vedo V ora di vedervi che da poi non ho possuto venire a veder vui, verete a veder nui. Io non ve dirò altro. Cristo sano ve conservi. Addi i5 dicembre i53i.
El vostro fidelissimo Sebastiano de Lucianis pictore et frate del Piombo, fece scrivere.
i5.).:. iS gennaro.
Car*"" Compare mio. — Io ho recevuto una vostra quale me avisate che presto sera la vostra venuta et Dio el sa con quanto dessidcrio vi aspetto, però con tutte le comodità vostre, et a vui sta. Io ho facta r ambasata a mes' Joan Caddi, et bolo rcngratiato da parte vostra de
autre chose. Pardonnez-moi si j'ai écrit quelque chose contre votre volonté. L'amitié et le devoir me semblent le vouloir ainsi. Pour l'amour de Dieu, gardez-vous de quelque conseil de l'humeur mélancolique qui vous a toujours été funeste, etc. Le Christ vous conserve en santé. Le 5 décembre i53i. A Rome. — Fait écrire par votre très fidèle Frère Sébastien des Lucianis, peintre et plombateur. (AdresseJ : Sébastien del Piombo de Rome à Michel-Ange Buonarroti, à Florence.
i53i. i5 décembre.
Très cher Compère,
Aujourd'hui j'ai reçu de vous une lettre, avec le dessin d'une chapelle que je donnerai de votre part à maître Jean d'Udine. J'ai compris tout le reste et il me paraît que vous êtes fort heureusement résolu de venir à Rome, parce que vous ferez plus en une demi-heure que moi en un an, et je crois qu'en deux mots avec Sa Sainteté Notre Seigneur, vous arrangerez toute chose, parce que Sa Sainteté désire vous satisfaire. 11 dépend de vous de venir dans un mois ou un mois et demi, parce que dans cet intervalle viendra aussi la décision du duc et la procuration. Je donnerai ce soir à Notre Seigneur cette bonne nouvelle de votre arrivée, elle lui fera grand plaisir, car il désire que vous veniez un peu vous promener. J'ai grande impatience de vous voir; et puisque je n'ai pas pu aller vers vous, ce sera vous qui nous ferez visite. Je ne vous dirai pas autre chose. Le Christ vous conserve en santé. Le i5 décembre i53i. Fait écrire par votre très fidèle Sébastien des Lucianis, peintre et frère du Plomb.
i532. 18 janvier.
Mon très cher Compère,
J'ai reçu de vous une lettre où vous m'avertissez que vous arriverez bientôt, et Dieu sait avec quel désir je vous attends, cependant prenez toutes yos aises, vous en êtes le maître. Je me suis acquitté du message à messire Giovanni Caddi, et l'ai remercié de votre part de
8o LES CORRESPONDANTS DE MICHEL-ANGE
l'offerte grande Sua Signoria vi ha facto. Però, Compare mio, possete fare quel vi piace. Io ho una camera et un lecto da povero pictore et non da frate ancora; et questa con tutto quello che io ho è vostro con quel amore et senzerità de animo che si recercha a un vero amico senza articolo alcuno ; però non vi astringo a cossa nisuna, fate vuj quello vi piace più, et la satisacione vostra, che quello piacerà a vuj piacerà ancora a me, etc.
È venuto el consenso del ducca de Urbino ; et el suo ambasatore s' è partito da Roma et è andato a Pesaro, et me ha ditto che "1 starà un mese a tornare. In questo mezo potrete venire con vostra comodità; che havcria a piacer che in questa cossa vostra el se ritrovase ancora lui, benché T abi lassato mes'' Hieronimo Ostacoli in nome suo. Tamen a me piaceria più che '1 si retrovase 1' ambasatore ancora, per essere persona più rasonevole, etc. Io non ve dirò altro. Cristo sano ve conservi. Addi i8 zenaro i532 in Roma.
Vostro frate Sebastiano de Lucianis pictore et piombature, fece scrivere.
Diio Michclagniolo de Bonarotis in Firenze, — in Firenze.
i53j. 8 febrajo.
Car™" Compare mio. — Ali zorni passati ho recevuto una vostra quale ho molto bene inteso el tutto, et facto T officio con T amico benissimo, quale mi disse che la avea provisto al tutto inanti che facesse tal officio, de modo credo a questa partita sarete satisfato.
Questa matina trovaj M° Benvenuto da la Volpaia quale mi dice havcrvi aconzo una stantia in Belvedere per la venuta vostra ; et che tardate la venuta, per una mia littera, quale vi ho scripto de 1' absentia de r ambasatore del Ducca de Urbino, quale ancora non è tornato a Roma. Subito zonto, io ve lo aviserò aciò non perdiate tempo, et ancora V ò accaro che in questi zorni non vi habiate messo in camino per le gran pioze, et malj tempi che son stati, che credo sia alagato tutto ci paese. In questo mezo che V ambasatore tornerà, forsi se aconzerano, et subito vene darò aviso. Io non ve din') altro. Cristo sano
SEBASTIANO D KL PIOMBO 8i
l'ofFre considérable que Sa Seigneurie vous a faite. Ainsi, mon Compère, vous pouvez faire ce qui vous plaît. J"ai une chambre et un lit de pauvre peintre, pas même de moine, et cela, comme tout ce que je possède, est à vous avec Taftection et la sincérité de cœur qu'on attend d'un ami véritable et sans aucune réserve. Je ne vous astreins donc à rien, faites ce qui vous plaît, que votre satisfaction soit complète, car ce qui vous plaira me plaira aussi, etc.
Le consentement du duc d'Urbin est arrivé, et son ambassadeur est parti de Rome pour Pesaro ; il m'a dit qu'il reviendrait dans un mois. Vous pourrez, dans cet intervalle, venir tout à votre aise, car je voudrais que l'ambassadeur aussi fût présent quand on traitera votre affaire; il a bien laissé, pour agir en son nom, messire Jérôme Staccoli, mais je voudrais qu'il s'y trouvât aussi, car c'est un homme plus raisonnable. Je ne vous dirai pas autre chose. Le Christ vous conserve en santé. Le 18 janvier i532, à Rome. — Frère Sébastien des Lucianis, peintre et plombateur. — Au seigneur Michelange des Bonarotis, à Florence.
i532. 5 février.
Mon très cher Compère,
Ces jours derniers, j'ai reçu de vous une lettre que j'ai très bien comprise de tous points, et, m'étant rendu près de notre ami, il m'a dit avoir pourvu à tout avant ma visite, en sorte que vous serez, je pense, satisfait à cet égard.
Ce matin, j'ai vu maître Benvenuto della Volpaia, qui m'a dit vous avoir préparé un logement au Belvédère et que votre voyage est retardé par la lettre oii je vous apprends l'absence de l'ambassadeur du duc d'Urbin, qui n'est pas encore revenu à Rome. Dès son arrivée, je vous en donnerai avis pour que vous ne perdiez pas de temps. Je suis heureux que vous ne vous soyez pas mis en route par ces grandes pluies et ces mauvais temps, car je crois que tout le pays est devenu un lac. En attendant le retour de l'ambassadeur, peut-être les choses sarrangeront-elles, et je vous en avertirai tout de suite. Je ne vous
ve conservi, et a vui per infinite volte mi racomando, etc. Io non vedo r ora de vedervi. Addi 5 febraro i532, in Roma.
Tutto vostro
Frate Sebastiano de Lucianis pictore et piombatore apostolico fece scrivere.
Dno Michelacfniolo de Bonarotis in Firenze.
Car""" Compare mio. — L' ambasatore del Ducca de Urbino è ritornato a Roma, et ha portato la concesione del Ducca de posser fare, et disfare tutto quello parerà a lui, et messer Hieronimo Ostacoli de comuni consensu tanto quanto fusse la persona del Ducca proprio, ne la causa de la sepoltura et appare de mano de notare, secondo me hanno detto, et ami detto che io ve ne debia scrivere ; et ànimi replicato da parte del Ducca che se vui sete contento de mandare quello che avete principiato, o veramente facto per conto de detta sepoltura, et far mcter insieme questo eh' è facto in Roma, et spender li doi milla ducati, computando la casa, si contenteranno de tutto quello vorete vui, et stanno fermi su questa opinione. Credo, Compare mio, queste paroUe ve faranno fastidio, ma se le pigliate per ci verso, non vi daranno noia alcuna, perchè a vui sta mandare quello pare jiiace a vui, se non fusse altro che doi pezzi de pietra abozata, loro non sanno quello e e particularmente, pur che con qualche demostratione appara che ce sia qual cosa per detta opera. Io so che tutta questa opinione è contraria a la volontà vostra, et mai ho voluto scoprirmi ponto di quello vorcsti per veder la cossa tanto descrepantc. Però io me ho imaginato un modo se a vui pare, che vui trovasti un homo chi paresse a vui che fusse sulliciente a fare quest' opera, et intender da lui se "1 voi finir quest' opera secondo la volontà vostra in quel modo breve che parerà a vui, et fare che questi agenti del Ducca li alogasi questa opera, et fare un novo contratto che dicca in lui, cioè nel maestro che la farà, et obligarlo come a vui parerà, tuttavia non nominando vui in simel contratto, et che totalmente 1' opera sia la sua con hirlL
dirai rien de plus. Le Christ vous conserve en bonne santé; je me recommande à vous mille fois, etc. Je suis bien impatient de vous voir. — Le 5 février i532, à Rome. — Tout à vous. — Frère Sébastien de Lucianis, peintre et plombateur apostolique. — Au seigneur Michelange des Bonarotis, à Florence.
i(j32. i5 mars.
Mon très cher Compère,
L'ambassadeur du duc d'Urbin est revenu à Rome, apportant l'autorisation du duc de pouvoir faire et défaire tout ce qu'il Jugera convenable, de commun accord avec messire Jérôme Ostacoli, et comme pourrait agir le duc en personne, dans la cause du tombeau. L'acte paraît être de la main d'un notaire, selon ce qu'ils m'ont dit. L'ambassadeur m'a chargé de vous en écrire, et m'a répété de la part du duc que si vous consentez à envoyer ce que vous avez commencé ou achevé pour le compte du tombeau, à faire mettre ensemble à Rome ce qu'il y a de fait et à payer les deux mille ducats, en comptant la maison, ils accepteront tout ce que vous voudrez. Ils s'en tiennent formellement à cet avis. Je crois, mon Compère, que ces propositions vous seront désagréables, mais si vous les prenez par le bon côté, elles ne vous donneront pas d'ennui. Vous n'avez qu'à envoyer ce qui vous conviendra, ne fût-ce que deux blocs de pierre ébauchés ; ils ne sauront pas ce que c'est en particulier; il sudit qu'en y mettant un peu d'importance on leur fasse voir que c'est quelque chose du tombeau. Je sais que toutes ces conditions sont l'opposé de ce que vous voulez, et je me suis bien gardé de découvrir quoi que ce soit de vos intentions, en présence de propositions si contraires. J'ai donc imaginé un moyen d'en sortir que je vous soumets : c'est que vous trouviez un homme qui vous paraisse suffire à l'exécution de ce travail et que vous sachiez de lui s'il veut l'achever en se conformant à vos intentions et en l'abrégeant comme il vous conviendra. Vous le lui feriez donner par les agents du duc, vous passeriez un nouveau contrat à son nom, c'est-à-dire au nom du maître à qui l'œuvre serait confiée, lui impo-
favore de parolle, che li farete desegni, modelli et tutto quello si potrà far in beneficio de detta opera, purché si venga al ponto che se anichila el vostro contratto, et paserli de parolle come tanti anni ve anno nutrito vui de parolle, et come havessino rotto el vostro contratto, vui sete libero et possete far quello piacerà a vui; ma sopratutto advcrtir de non esser nominato nel secondo contratto, che sia tutta r opera del maestro li meterete a le mano, et contentarvi de darli quello che e' è in Koma facto del vostro et mandarli qualche cassa ancora da Fiorenza, solamente per venir al vostro ogietto jìer usire di questo aliano, che facilissimamente potresti finirla a questo modo, maxime adesso havendo Nostro Signore da la vostra, che in ogni cossa vostra v' è perfectissimo scudo. Et detti agenti sonno resoluti che non è possibile che lavorate più per loro che "1 Papa ha chiarito .ogniuno che non volle che lavorate per altri se non per sua Santità. Et questo con grandissimo onor vostro, possete falla far a un' altro che ognuno contenterà havendo questo aposezo, cioè un Papa che si vede manifestamente che vi vuole, per Sua Santità, bisognia che tutti gli altri abbi |)acientia. Et questo è grandissimo mezo se vui volete pigliarla per el verso de liberarvi. Et perdonateme vi prego se io con troppo sicurtà vi parlo e che vi amo come 1" anima mia, et Dio lo sa. lo dirò pur un' altra parola con securtà, s' ci vi mancasse questa occasione del favor o veramente de questo scudo del Papa, io non so come 1" anderia, sahariano come serpenti et vo imaginando cosse che Dio ne guardi che intravenisse, saresti el più mal contento homo del mondo, perchè haveresti aliare con persone che vi haveria tanto pocco respctto che io non mi so accomodar parolle honeste per darvelo ad intendere. Io solamente lo lasso iudicare a vui ; però, Compare mio carissimo, mentre che bavette la fortuna prospera et che con pocca cossa possete usir di questo affanno, usitene che la gloria vòstra non consiste in questa opera né in le figure che ci sonno : havete facte tante de 1" altre che tutto el mondo tremerà come le vedrano. Si sapera molto bene che la causa non procede da vui. O Dio! quanto mi duole non posscr rasonar un ora con vui che so me intenderesti a un altro modo. Pacicntia; vi prego pigliate le mie parolle in bona parte, lassaicve consegliare da
sant les conditions qui vous conviendraient, toutefois sans vous nommer dans ce contrat, en sorte qu"il fût chargé de tout Touvrage ; vous lui promettrez des dessins, des modèles et tout ce qui pourra se faire à l'avantage de l'œuvre ; ce qu'il faut, c'est d'arriver à l'annulation de votre contrat et de les repaître de paroles, comme depuis tant d'années ils vous en nourrissent. Quand ils auront annulé votre contrat, vous serez libre et pourrez faire ce qui vous plaira. Mais surtout prenez garde de n'être pas nommé dans le second contrat ; ne remettez entre leurs mains que l'ouvrage exécuté par vous; consentez à leur donner ce qui est à Rome de votre travail et envoyez-leur encore quelque chose de Florence, seulement pour arriver à votre but, pour sortir de cette angoisse. Vous pourriez très facilement en finir de cette manière, surtout ayant à présent pour vous Notre Seigneur, qui vous est dans toutes vos affaires un parfait bouclier. Les agents du duc savent très bien qu'il n'est pas possible que vous travailliez davantage pour eu.\, car le Pape a déclaré à tout le monde qu'il ne veut pas que vous travailliez pour d'autres que Sa Sainteté. Ce tombeau, vous pouvez, avec le plus grand honneur pour vous, le faire faire à un autre, et chacun se soumettra vous voyant un pareil appui, celui d'un Pape qui montre bien clairement qu'il veut vous garder pour Sa Sainteté. Il faut que tous les autres prennent patience. C'est un moyen excellent de vous délivrer, si vous voulez le prendre par le bon côté. Pardonnezmoi de vous parler avec trop d'assurance, c'est que je vous aime comme mon àme, et Dieu le sait. Je vous dirai pourtant encore un mot avec assurance : si ce moment de faveur, ce bouclier du Pape vous était enlevé, je ne sais comment cela irait. Ils sauteraient comme des serpents et j'imagine qu'il surviendrait des choses dont Dieu nous garde. Vous seriez l'homme le plus malheureux du monde, car vous auriez affaire à des gens 'qui vous porteraient si peu de respect que' je ne puis trouver de paroles honnêtes pour vous le dire. Je vous le laisse seulement à juger. Ainsi, mon très cher Compère, pendant que vous avez la fortune prospère et qu'avec peu de chose vous pouvez sortir de cette angoisse, sortez-en. Votre gloire ne tient pas à cette œuvre ni aux figures qui s'y trouvent ; vous en avez fait tant d'autres
colloro che vi amano quanto lor medesimi, et credeteme questa volta. Circha la venuta vostra, a vui sta s' el vi pare posser acomodarvi a questa cossa, venite che non perderete el tempo, et tornarete più che contento a Firenze, ma si havete altra opinione come prima, io non ve ne consiglio, perche perderete el tempo et tornarete mal contento et la cossa sta molto meglio a questo modo che acender mazor fuocho, si che fate vui; studiatela molto bene, ogniuno vi aspetta con grandissimo dessiderio ma voria che ne ne tornasti contento. Perdonateme se io non vi ho mandato ancora la testa del Papa, io non l'ò possuta finire per certe cosse mie rabiose, ma omninamente quest' altra setimana vi la manderò. Io non ve dirò altro. Cristo sano ve conservi. Addi i5 marzo i532, in Roma.
El vfo. Frate Sebastiano de Lucianis pictore et piombatore.
Dno Michelangniolo de Bonarotis, — in Firenze.
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Car'"" Compar mio. — lo ho reccvuto una vostra addi 23 del presente, con una de m"" Zuan Francesco a me gratissima, quale sonno de un medesmo tenore. Io ho trovato m" Lodovico' et oli dimandato come si potrebbe rcscotere quelli denari de questa pensione. Fui me ha risposto che non ce ordine alcuno in sino che ser Zuan Francesco non manda una procura et constituischa uno in nome suo che babbi a rescoterc questi denari perchè el Spagniolo non crede che scr Zuan Francesco sia vivo, bisognia chiarirlo, et apena lo crederà perchè