I. Lodovico del Milanese
dont la vue fera trembler le monde entier. On saura bien que la cause ne vient pas de vous. Oh Dieu ! combien je souffre de ne pouvoir m'entretenir une heure avec vous, je sais que vous me comprendriez autrement. Patience. Je vous prie de prendre mes paroles en bonne part; laissez-vous conseiller par ceu.K qui vous aiment autant qu'euxmêmes, et croyez-moi cette fois. Quant à votre voyage à Rome, c'est à vous d'en décider. Si vous croyez pouvoir vous arranger de ces conditions, venez, vous ne perdrez pas votre temps et vous retournerez à Florence plus que content ; mais si vous êtes, comme auparavant, d'un autre avis, je ne vous conseille pas de venir, car vous perdriez votre temps, vous vous en retourneriez mécontent, et l'affaire est beaucoup mieux ainsi qu'en allumant un plus grand feu. Ainsi décidez, étudiez bien la chose; chacun vous attend avec un grand désir de vous voir, mais voudrait que vous vous en retournassiez content. Pardonnez-moi de ne vous avoir pas encore envoyé la tête du Pape ; je n'ai pu la finir à cause de certaines miennes affaires enragées, mais infailliblement je vous l'enverrai la semaine prochaine. Je ne vous dirai pas autre chose. Jésus-Christ vous conserve en santé. Le i5 mars i532, à Rome. — A vous Frère Sébastien de Lucianis, peintre et plombateur. — Au seigneur Michelange des Bonarotis, à Florence.
i532. 25 mars.
Mon très cher Compère,
J'ai reçu de vous une lettre, le 23 du présent mois, avec une de messire Giovanni Francesco, à moi fort agréable ; elles sont d'une même teneur.
Je suis allé voir messire Lodovico et lui ai demandé comment on pourrait toucher l'argent de cette pension. Il m'a répondu que le seul moyen, c'était que iMessire Giovanni Francesco envoyât une procuration et constituât quelqu'un en son nom pour recevoir cet argent, parce que l'Espagnol ne croit pas que messire Giovanni Francesco soit vivant ; il faut le lui prouver et il aura peine à le croire, attendu
H mette conto a credere a questo modo per non pagare e danari. Et questo è quanto circha la pensione, et per amor vostro se m' Zuan Francesco me voi constituire me suo procuratore, io farò tanto quanto la fusse cossa vostra, et non mi darà noia alcuna.
Credo lunidi io bavero el contratto, et subito velo manderò, et ancora ho trovato V ambasatorc, et holi arecordato la rctifichacione del ducca. Lui me ha ditto che la sera presto qua la rctifichacione, et se ricomanda molto a vui, et dicemi che "1 vi crede tanto à vui, quanto al suo patrone. J-^t cussi ancora m' Hieronimo Stacoli el simile me ha detto, de modo che stano de una alegrezza che non potresti credere. -Molto mi maraviglio che cussi presto vogliate vendere le vostre substancie. Vorrei andasti un pocco più adasio, et aspetare quello si farà di questa pensione, et poi come sera rescosi li denari, ne farete quello parerà a vui. Perdonatemi se io vo troppo inanti.
Circha a la cossa mia pigliatela a vostra comodità, et quando vi viene bene, che tutto quello piace a vui piacerà à me. Arecordatavl che la va a lume roverso per amore de la porta de la chiesa. Cussi ancora grandissimo apiacere me faresti de un pocco de lume de la storia de la Natività de Nostra Donna con un Dio Padre de sopra con Agnoletti intorno pur al medesmo lume, facto grosso modo a me mi basta solamente chiarirmi come la intenderesti vui circha 1" invcntione, perchè fine tuo luminc nichil este in homine, et se io vi do troppo noia pcrdonateme, et sopra tutto advertite de mandarmi tal cossa de modo che non se smarischano, et che non capiti immano de altri che in le man mie. Et se non havctc messo più che fidato non le mandate, più presto aspetarò in sino à la venuta vostra et vui la le portaretc, siche io non ve dirò altro. Cristo sano ve conservi. Addi 23 marzo \532. Rccomandotcme à m' Domenico. Io ho datta la testa del Papa à m" Zuan Caddi, non so se 1' avete ancora recevuta. \'i iirego tlatcmene aviso.
Frate Sebastiano pictorc et piombatorc app" fece scrivere.
Dîiô .Michelangniolo de Buonarotis in Firenze. In Firenze.
son intérêt à croire le contraire pour ne pas payer Targcnt. Voilà ce qui concerne la pension, et, pour l'amour de vous, si messire Giovanni Francesco veut me donner sa procuration, je ferai comme si c'était votre affaire et cela ne me donnera aucun ennui.
Je pense que lundi j'aurai le contrat et je vous l'enverrai aussitôt. •Te suis allé voir l'ambassadeur, je lui ai rappelé la ratification du duc. 11 m'a dit que la ratification serait bientôt ici, et il se recommande bien à vous; il m'a dit qu'il a autant de confiance en vous qu'en son maître, et messire Jérôme Stacoli m'en a dit autant, de sorte que j'étais dune joie que vous ne pourriez croire. Je m'étonne que vous vouliez vendre sitôt vos biens; je voudrais vous voir aller un peu plus doucement et attendre ce qu'il arrivera de cette pension, et puis une fois cet argent rentré, vous en ferez ce que vous voudrez. Pardonnezmoi si je vais trop loin.
Quant à mon affaire, ne vous en occupez qu'à votre aise et quand cela vous est commode, car tout ce qui vous convient me conviendra. Souvenez-vous que l'on est à contre-jour, à cause de la porte de l'église. Vous me feriez grand plaisir en me donnant un peu de lumière sur l'histoire de la Nativité de Notre-Dame, avec un Dieu le Père dans le haut et des petits anges autour, éclairés de même, le tout fait grosso modo. Je voudrais seulement savoir comment vous comprendriez la composition, parce que sine tiin liimine, nihil est in ìioìiiiìie. Si je vous donne trop d'ennui pardonnez-moi et surtout prenez garde à m'envoyer certaines choses de manière qu'elles ne se perdent pas et n'arrivent pas en d'autres mains qu'au.x miennes. Si vous n'avez pas un messager plus que sûr, ne les envoyez pas; j'attendrai plutôt jusqu'à votre venue et vous me les apporterez; ainsi je ne vous dirai pas autre chose. Le Christ vous conserve en santé. Le 25 mars i532. Recommandez-moi à Maître Domenico. J'ai donné la tête du Pape à messire Giovanni Gaddi ; je ne sais si vous l'avez déjà reçue; je vous prie, donnez-m'en avis. — Frère Sébastien, peintre et plombateur apostolique. — Au seigneur Michelange des Buonarotis, à Florence.
90 LKS CORRESPONDANTS DE MICHEl.-ANGE
i.^y-j. 5 aprile.
Carissimo Compar mio. — Per esser venuto Hicronimo Scclario da Firenze et fattomi intender del vostro bene stare et ami detto che vui non aspetate altro che une mia littera che subito havuta ve me tereste in camino per venir a Roma. Io me ho maravegliato che se bene m' arecordo molti zorni fa, credo la setimana inanti la setimana sanata vi scripsi una mia littera, quale vi narava el tutto et vi dava aviso come 1' ambasator del ducca de Urbino era ritornato a Roma ; ma io credo per le parolle de Hieronimo non 1" abiate havuta. Si che de novo vi replico, come V ambasator m' à detto vi deba scriver et aspetavi con grandissimo desiderio ; et mi dice pur che Michelagniolo voglia mandar quello che è facto in Firenze per conto de la sepoltura, mandarlo à Roma, si farà tutto quello vorà Michelagniolo. Compar mio, non vi sbigotite per questo, perche a vui sta a mandarli quello parerà e piacerà a vui; però sapendo l'animo vostro non mi à bastato l'animo di scoprirli ponto 1" animo vostro, perche dubito come sapesero la fantasia vostra, se accenderia uno fuocho de sorta che se li meteria cosse nel cervelo che non le anno, et saria quasi inpossibile a levargele : che pur ancora senza questo so come bravano. Kt vedendo la cossa esser cussi descrepante, mi par la venuta vostra fora al proposito, et credo che in questo caso torneresti a Firenze molto più mal contento di quello vui sete. Et volendo vui aderire a quello vi ho scripto possete più con parole et promcsione de farli dissegni et modcli et paserli di quello che tanto tempo ve ano, notrito vui. Farete tutto quelo vorete vui et anichileranno el contratto et usiretc di questo alfano : et oltra di questo arrecordateve che havcte un Papa che v" è propicio et favorcrole, et vi ama quanto la persona sua propria. 1 usino che havcte la fortuna prospera sapiatela conoscer; che potria venir tal Papa che forsi la voria intender per un altro verso ; et forsi saria più propicio a la parte adversa di i]ucllo è (juesto. \'oi potresti dire s' el i\i|ia volesse, me potria liberare de ogni cossa. \'i rcspondi> che con onor
SEBASTIANO DEL PIOMBO yi
i53j. 5 avril.
Mon très cher Compère,
Jerome Scelaris, de Florence, est venu me voir ; il m'a dit que vous vous portiez bien et que vous n'attendiez qu'une lettre de moi pour vous mettre en route et venir à Rome. Une chose me surprend ; je me rappelle très bien qu'il y a déjà longtemps, c'était, je crois, la semaine d'avant la semaine sainte, je vous ai écrit une lettre qui vous mettait au courant de toutes choses et vous avertissait que l'ambassadeur du duc d'L'rbin était de retour à Rome. D'après ce que m'a dit Jérôme, je pense que cette lettre ne vous est pas parvenue. Je vous répète donc que l'ambassadeur m'a dit de vous écrire et qu'il vous attend avec impatience. 11 m'a dit : 11 paraît que Michel-Ange veut envoyer à Rome ce qu'il y a de fait à Florence pour le tombeau. Tout ce que voudra Michel-Ange sera fait. Mon Compère, ne vous effrayez pas de cela; c'est à vous de lui faire savoir ce que vous en pensez et ce qui vous convient. Aussi, connaissant vos intentions, je n'ai pas ose les lui découvrir entièrement, car, je le crains, s ils savaient quelles sont vos idées à cet égard, un feu s'allumerait, ils se mettraient dans la cervelle des choses qui n'y sont pas et qu'il serait presque impossible d'en ôter. Je sais comment ils crient déjà sans cela et, en voyant tant de désaccords dans cette affaire, il me semble que votre venue ne serait pas à propos ; je crois que, dans ce cas, vous retourneriez à Florence beaucoup plus mécontent que vous ne l'êtes. Si vous voulez adhérer à ce que je vous ai écrit, vous obtiendrez bien plus avec des paroles, en promettant de leur faire des dessins, des modèles et en les repaissant de ce dont ils vous ont nourri si longtemps. Vous ferez tout ce que vous voudrez, ils annuleront le contrat et vous sortirez de cette angoisse. Rappelez-vous en outre que vous avez un Pape qui vous est propice et favorable, qui vous aime autant que lui-même. Sachez profiter de la fortune pendant qu'elle vous sourit, car il pourrait venir un Pape qui comprendrait les choses autrement et favoriserait la partie adverse. Vous direz peut-être : si le Pape voulait, il pourrait me tirer d'embarras, et je vous réponds
go LES CORRESPONDANTS DE MICHEF^-ANGE
SUO non lo pò fare per molti respetti, che li sapete meglio di me : et chi ve dà ad intender altrimenti, non vi voi bene et non li meteno altro eh' a paroUe. Duolmi nel core non posser con la pena exprimervi quello che ho ne 1' animo; che se io potesse rasonar con vui una mezora, forsi la intenderesti a un altro modo. Però, Compar mio, a me pare che per usir de tanta servitù et de tanti ailani et pericoli vi meta conto de darli tutti quelli saxi et figure che sonno per questa opera et farla finir a un altro, et usirne di questo impizo meglio che possete; perchè hora havete lecita causa di posser recusar detta opera per respetto eh" el Papa vuole che lavorate per lui. Con questo scudo possete aconzarla come volete vui , che si contenterano. Che si '1 tempo si mutasse, forsi si mutariano anco loro et voresti forsi far de le cosse che loro non se contentariano, che la gloria vostra, et 1" onor vostro non consiste in queste figure che son facte né in quest' opera : eh" el sapera tutto el mondo eh" ci resto de 1" opera non sera de man vostra ; et non vi sera carico alcuno, venga come se voglia ; che troppo sette conosuto che resplendctc come el sole. A vui non vi poi esser tolto honor nò gloria : considerate un pocco che vui sete, et pensate che non havete altri che vi facia guera se non vui medesmo. Et conosendo questo, e possibile che con la vostra prudentia et ingegno non possete remediar a questa cossa, che e tanto facile per un verso, et tanto dificilc per un altro. Credo certissimamente ve la ridelte de le mie litterc et mi par ]Moprio vedervi : ma io da r altro canto di qua mi despero et renego el mondo che con parolle potresti otcnir tutto V intento vostro, et usir de un tanto affano. La conclusione è questa : se volete meter in opera queste figure che sonno facte et 1" opera de quadro, venite che sarete ci più contento homo del mondo, et facte conto che le siano in opera, perche tutto ci mondo le ha viste ; altrimenti, se non volete consentir a questo, non ve ne consiglio; che svcgliaresti cosse assai che dormeno.
Hieronimo me ha detto che se vui volete venire, che ne havisate, che lui vera a levarvi di Firenze et faravi compagnia insino a Roma, et vi ritornarà a l'ircnzc. Ancora a me mi piace singularmcntc questa cossa et vi consiglio lo facte, perchè vi sera grandissima conio-
SEBASTIANO DEL IMOMBO q3
que son honneur le lui défend, pour bien des raisons que vous savez mieux que moi. Qui vous donne à entendre autre chose ne vous veut pas de bien, ces gens-là ne savent que parler. Je regrette bien vivement de ne pouvoir vous exprimer avec la plume ce que j'ai dans l'esprit; car si je pouvais causer avec vous une demi-heure peut-être comprendriez-vous mieux. 11 me semble donc, mon Compère, que pour sortir d'un pareil esclavage, de tant de tourments et de dangers, le mieux est de leur donner toutes les pierres et les figures destinées à cet ouvrage, de le faire achever par un autre et de vous tirer d'embarras le mieux possible. Vous avez en ce moment une bonne raison pour refuser de continuer cet ouvrage, puisque le Pape veut vous faire travailler pour lui. Avec ce bouclier, vous pouvez arranger les choses comme vous voulez, ils accepteront vos conditions. Mais si le temps changeait , peut-être changeraient-ils aussi et peut-être voudriez-vous faire des choses qui ne les satisferaient pas. Votre gloire et votre honneur ne dépendent ni de ces figures déjà faites, ni de cet ouvrage; tout le monde saura que le reste du travail n'est pas de votre main et, quoi qu'il arrive, il n'en retombera rien sur vous, vous êtes trop connu pour cela, vous resplendissez comme le soleil. On ne peut vous enlever ni gloire ni honneur. Considérez un peu qui vous êtes et pensez que vous n'avez personne qui vous fasse la guerre que vous-même. Et, sachant cela, est-il possible qu'avec votre prudence et votre intelligence vous ne puissiez remédier à cette aO'aire, si facile dans un sens, si difficile dans un autre ? Bien certainement vous riez de mes lettres et il me semble vous voir; mais moi, de mon côté, je me désespère et je renie le monde, en pensant qu'avec deux mots vous pourriez obtenir tout ce que vous désirez et vous sortir de tant d'angoisses. Je conclus : si vous voulez faire emploi des figures qui sont faites et de la marbrerie, venez, et vous serez l'homme du monde le plus content ; considérezles d'ailleurs comme déjà en place, car tout le monde les a vues. Autrement, si vous ne voulez pas consentir à cela, je ne vous conseille pas de venir, car vous réveilleriez bien des choses assoupies.
Jérôme m'a dit que, si vous voulez venir, vous l'en avertissiez; il
cu LES CORRESPONDANTS DE MICHEL-ANGE
dità et contento di haver una compagnia talc, che e pratico et vi voi bene. Non habiate rispetto a farlo venire, che vi sarà di gran comodità, lo non ve dirò altro. Cristo sano ve conservi. Quest' altra setimana vi manderò la testa del Papa : V ò finita; non li manca altro che invernicharla. Addi 5 aprile i532 in Roma. Et per infinite volte mi racomando à vui.
El vostro frate Sebastiano de Lucianis, piombatore.
Domino Michelagniolo de Bonarotis in F'irenze. — In Firenze.
iJ^J.:. (j Aprile.
Car""" Compare mio. — Adesso io ho recevuto una vostra in resposta de la mia che tanto dcssiderava, che è sabato a 23 bore, quale vi replico per un" altra mia inclusa pur ci medesmo senso, et per questa vostra ultima facta a di 24 marzo trovo fiate d' acordo de ogni cossa ecepto al alogar V opera, cioè che s' aloghino loro, che credo non lo faranno mai, perchè non sanno a chi alogarla che potiano cussi far male come bene, a me jiarrebbe che per più honestà li trovasti vui uno maestro che fussi al proposito per finire detta opera et persuaderli che la facesero finire a lui et nel novo contrato loro alocasino detta opera al detto maestro de parer vostro. Et non che la lochassi vui per esser impedito ne 1' opera del Papa che questa v" è lecita causa ; ma con le promissione de parolle de favorire el detto maestro de desegni modelli, et tutto quello favor se li pò fare in detta opera, et promcter de parolle et indolcirli tanto che venghino al ponto de anichilare ci vostro contratto, come sete libero di questo, possete far quello piacerà a vui, che facilissimamente credo la faranno, perchè tanto ho predichato che si contentino di quello volete vui che sonno rcsoluli de tutto quello
ira VOUS prendre à Florence, vous accompagnera jusqu'à Rome et vous ramènera à Florence. Ce projet me plaît singulièrement et je vous conseille de l'adopter, car il vous sera très commode et très agréable d'avoir ce compagnon de voyage qui est homme d'expérience et vous veut du bien. Ne craignez pas de le faire venir, car il vous sera très utile. Je ne vous dirai pas autre chose. Le Christ vous conserve la santé. La semaine prochaine je vous enverrai la tète du Pape, je l'ai achevée, il ne reste plus qu'à la vernir. Le 5 avril i532, à Rome. Et je me recommande mille fois à vous. — A vous Frère Sébastien des Lucianis, plombateur. — Au seigneur Michelange des Bonarotis, à Florence.
i532. 6 avril.
Mon très cher Compère, Je viens de recevoir aujourd'hui samedi, à 23 heures', votre réponse que je désirais tant, et je vous réponds par une autre ciincluse dans le même sens. Je vois, par votre dernière lettre du 24 mars, que vous êtes d'accord avec moi sur tous les points, sauf pour décider à qui l'ouvrage sera donné à linir. \'ous voulez qu'ils décident eux-mêmes et je crois qu'ils ne le feront pas, car ils ne savent à qui s'adresser ni si leur choix serait bon ou mauvais. Il me semblerait plus convenable de trouver vous-même un maître capable d'achever ce travail; vous leur persuaderiez de le lui faire terminer et, par un nouveau contrat, ils confieraient l'achèvement de l'œuvre à ce maître de votre choix, dans l'impossibilité où vous êtes de traiter vous-même avec lui, à cause des travaux du Pape. C'est une excuse légitime. Vous leur promettrez verbalement de donner à ce maître les dessins, les modèles et tout ce qui pourra lui faciliter son travail. Adoucissez-les si bien, par vos promesses, qu'ils en arrivent à résilier votre contrat. Une fois libre à cet égard, vous pouvez faire ce qui vous plaira, et je crois qu'ils annuleront très facilement ce contrat, parce que je les ai tant prêches pour leur faire accepter vos conditions, qu'ils y sont