Fulgore? cclair, lumiere surnaturelle
n"ai rien trouvé, sauf quelqu'un de ces drôles. Ils sont vigilants et cherchent à se procurer quelqu'une de nos lettres pour savoir nos affaires, mais si vous voulez, ils crèveront tous avec leurs bavardao-es.
Outre cela, je vous prie de me dire à qui vous avez donne votre lettre, car d'autre part, je crois que le compère Leonardo ne m'écrirait pas comme il l'a fait si vous ne m'aviez pas écrit. Donnez votre réponse au présent porteur, elle sera en bonnes mains et de cette façon, je l'aurai. Écrivez-moi, si vous voulez, une lettre où vous jetterez feu et flammes, je la montrerai au Pape pour l'exciter, et faites-y voir que vous comptez sur Sa Sainteté, car en vérité ce qu'il m'a dit prouve qu'il vous a en très grande considération et qu'il vous connaît. De plus, faites état, je vous en prie, de qui fait état de vous, c'est-àdire du Pape, car il n'y a pas au monde d'entreprise plus honorable que celle-là, comme je vous l'ai déjà écrit ; vous vous y vengerez de toutes les injures qui vous ont été faites et vous ferez taire les cigales qui ne crieront plus.
Dans cette salle, ont place les plus beaux faits d'histoire qui se puissent peindre. Il y a premièrement l'histoire de l'empereur Constantin, comment lui apparut dans l'air et dans un éclair une croix, dont le signe devait lui donner la victoire, et comment il tua un certain roi. Ensuite, sur le grand côté, une bataille, c'est-à-dire un fait d'armes, dont ces jeunes gens disent qui la veut commencer; puis, sur l'autre côté, une présentation des prisonniers à l'empereur. Sur l'autre grand côté, les préparatifs pour faire chauffer le sang des petits enfants; on entrevoit beaucoup de femmes, des enfants et des bourreaux pour les tuer et faire le bain de l'empereur Constantin.
Le Pape m'a dit que ceux-là (les élèves de Raphael) voulaient peindre ces faits historiques et qu'ils avaient les dessins de la main de - Raphael. .le lui répondis ce que je vous ai écrit dans une autre lettre. Il me semble que, comme sujets d'histoire, on ne peut mieux faire ni mieux choisir; ainsi décidez; tout ce que vous ordonnerez sera fait. Et je vous en prie, mon Compère, par l'amitié qui nous unit, daignez me répondre, pour que je sache ce que j'ai à faire, car je suis vitupéré par tous ces gens-là et surtout par le Pape, de ce que je ne
,ó LES CORRESPONDANTS DE MICHEL-ANGE
SO che lespondcrli, perchè lì va cossi l'onore vostro come ci mio.
Io non ve dirò altro. Cristo sano vi conservi. Adi 6 setembrio i520. El vostro fidelisimo compare, Sebastiano pictore in Roma.
Dno, Michelangelo de Bonerotis Sculptori degnissimo. Florentia.
/520. 7 settembre.
Char"" Compar mio : — Hozi per una vostra portata per Miniato ' ; la qualle è la risposta che mi fece scrivere el Papa ; a me pare quasi havervi facto più presto inzuria che a piacere per quello me scrivete. Io vi dicco cossi : che per l'amore et la benivolentia io vi porto, vi vorci veder imperator del mondo, perchè a me pare lo meritate et se a vui non vi pare esser quel gran maestro che vuj sette, pare a me et a ogni persona del mondo, ancora che non vogliano. Et di questo non e' è meglio judice di voi : et quando vui non mi potesti zovar né aiutar in cossa alcuna, né me facesti mai a piacere, io crederia certissimo lo facesti per non potere et non per manchemcnto di fede ne d'amore.
Et tuto quello che io ho parlato al Papa et i termini che io ho uxato circha questa hopera è statto per puro amore et riverentia vi porto. Et con mezo vostro far le vendete vostre et mie a un trato et dare ad intendere a le persone maligne che '1 e" è altri semidei che Rafael da Urbino con e soi garzoni; et poi per le parelio mi disse '1 compare Leonardo, che con littere sue quasi me afirmava vui esser più caldo di me in questa cossa. Et si ho comesso eror alcuno, perdonatcme.
Io penso me scrivete vi mandi le estorie che sono, per la littera vi scripsi el zorno pasato ve lo naraj cossi di grosso, perch' el papa me le disse cossi grosamente anco lui et queste quattro istorie sonno quelle di Costantino imperatore che hanno a depingcr e garzoni di Rafaello, ma a me pare che '1 papa quasi se habbi mutato d'opinione et hami mandato molte volte a intender se io ho havuta resposta vostra et io li ho declo de none : et lui mi fece ollcrire la salia da basso de Pontifici : dil che li resposi quello vui havcte inteso per 1' altra. .Ma le storie de la salla da basso non le so ancora.
I. Oiricicr florcnlin; noriimc plus tarJ « maestro d'artiglieria ».
sais que leur répondre ; votre honneur y est engage aussi bien que le mien. — Je ne vous dirai pas autre chose. Jésus-Christ vous conserve en santé. Le G septembre i520. — Votre très fidèle compère Sebastien, peintre à Rome. — Au Seigneur Michel-Ange des Boneroti, sculpteur très digne, Florence.
i52o. 7 septembre.
Mon très cher Compère,
Aujourd'hui une lettre de vous m"a été apportée par Miniato, c'est la réponse à celle que le Pape m"a fait vous écrire et, d'après ce que vous me dites, il semble que je vous ai fait injure plutôt que plaisir. Je vous le dis, l'amitié que je vous porte et le bien que je vous veux me font désirer de vous voir empereur du monde, car vous me paraissez le mériter, et si vous ne vous croyez pas le grand maître que vous êtes, vous me paraissez tel à moi et à tout le monde, même à ceux qui ne le veulent pas. 11 n'y a pas de meilleur juge que vous sur ce point, et si vous ne pouviez me secourir, ni m'aider en quoi que ce fut, ni me faire plaisir, j'aurais la certitude que ce serait de votre part impossibilité et non manque de foi ou d'amitié. Tout ce que j'ai dit au Pape et les termes dont j'ai fait usage à propos de ce grand travail, c'a été par pure amitié, par le respect que je vous porte, pour arriver par votre moyen à vous venger ainsi que moi, pour faire voir aux méchantes gens qu'il y a d'autres demi-dieux que Raphael d'Urbin et ses élèves, et d'après les paroles du compère Leonardo, qui, dans ses lettres, paraissait m'assurer que vous mettiez à cela plus de chaleur que moi. Si j'ai commis quelque erreur, pardonnez-moi.
Je pense à ce que vous m'écrivez de vous mander les sujets d'histoire ; dans ma lettre d'hier, je vous les racontais en gros, parce que le Pape me les avait indiqués, lui aussi, fort sommairement. Ces quatre histoires sont celles de l'empereur Constantin, que doivent peindre les élèves de Raphael, mais je crois que le Pape a un peu changé de sentiment ; il a envoyé bien des fois savoir si j'avais reçu votre réponse, je lui ai dit que non, et il m'a fait olïrir la salle d'en bas des Pon-
«s LES CORRESPONDANTS DE MICHEL-ANGE
Me scrivete ancora che non mimprometete afirmative : vi prego per l'amore mi me portate, vui vogliate resolvervi di questa cossa sì, over none, aciò possi tornar la resposta al papa, perche el manda a veder quello me havctc scripto et io dico che non ho havuta resposta ancora : et se vui volete li mostri la vostra littera, gè la mostrarò : dateme aviso di questo : che io non voria far cossa contra vostra volontà, perchè questa salla di sopra che è 1" importantia per amor de le stancie de Rafacllo da Urbino, non si poi aver senza vui, ma quella da basso mi basta l'animo de averla et far de le depenture comme gli altri : ma quello dessiderava io lo faceva per far miracoli et dare ad intendere a le persone che quelli homcni che non sonno semidei sanno depingere ancora loro.
Non ve dirò altro : Cristo sano vi conservi : perdonatemc se io vi son molesto. Addì 7 settembrio i520.
Vostro fidellissimo — Sebastiano pictorc in Roma — D"" Michel Agnjolo sculptori exellcntissimo in Firenza dd. In Firenze.
i^jo. jj (ictobrìo.
Car™" compare mio, maestro Zovani da Rezzo' mio compare, è venuto a Roma et hammi rasonato molte cosse, et ma.xime vui desidcraressi per vigor d'un breve da N'" Signor venir a Roma per ogni qualunque cossa Sua Santità volesse. Io credo per l'ultima havete reccvuta da me circha a questa partita, havervi datto quella informatione che sia possibile a vuj et al nostro compar Leonardo : bene è vero che decto m" Zovanni m'à decto vuj non havevi havuta resposta mia essendo lui in Firenze, che forsi li haveresti parlato di un altro modo : ma bora vi replico, che io ho facto intender a N™ Signore con tutto quel destro modo sia possibile che "1 faci questo breve et Sua Santità dice che non vi voi turbare de l'opere vostre da Firenze. Ft io dissi a S. Santità eh' al presente che è mancato Monsig' d'Aginensis -, vui potresti fare una digresionc circha a l'opera de la sepultura. 1.1
I. Probablement Giovanni Ja Reggio, »urnoiiimc le Zuppctta, peintre verrier. ;\'i>y. Tiraboschi.} I. I.c cardinal Lccmurilo dclln Rovere, evéiiue d".\gen et iicvcu de Jules II.
tifes, à quoi j'ai répondu ce que vous avez appris par mon autre lettre. Mais les sujets de la salle d'en bas, je ne les sais pas encore.
Or vous m'écrivez aussi que vous ne me promettez pas une affirmation; je vous prie, par l'amitié que vous me portez, de vouloir bien vous décider à dire oui ou non, pour que je puisse porter la réponse au Pape, qui demande à voir ce que vous m'avez écrit, et à qui je dis que vous ne m'avez pas encore répondu. Si vous voulez que je lui montre votre lettre, je la lui montrerai. Donnez-moi votre avis sur ce point, car je ne veux rien faire contre votre volonté. Cette salle d'en haut, qui doit son importance aux chambres de Raphael d'Urbin, ne se peut obtenir sans vous ; pour celle den bas, je me fais fort de l'avoir et d"y faire des grandes peintures comme les autres, mais je ne le désire que pour faire des miracles et montrer aux gens que des hommes qui ne sont pas des demi-dieux savent peindre eux aussi. — .le ne vous dirai pas autre chose. .fésus-Christ vous conserve en santé; pardonnez-moi si je vous importune. Le 7 septembre i52o. — Votre très fidèle Sébastien, peintre, à Rome. — Au seigneur Michclange, sculpteur excellentissime, à Florence.
ir>-jo. 1'- octobre.
Mon très cher Compère. Maître Giovanni de Reggio, mon compère, est venu à Rome et m'a parlé de bien des choses et, surtout, de ce que vous désiriez, en vertu d'un bref de Notre Seigneur, venir à Rome pour tel service qu'il plairait à Sa Sainteté. Je crois vous avoir donné, à vous et à notre compère Leonardo, toutes les informations possibles dans la dernière lettre que vous avez reçue de moi sur ce sujet. Il est vrai que maître Giovanni m'a dit que vous n'aviez pas eu ma réponse pendant qu'il était à Florence, car peut-être lui auriez-vous parlé d'une autre façon. Maintenant je vous réponds que j'ai fait entendre, aussi adroitement que possible, à Notre Maître qu'il donnât ce bref et Sa Sainteté dit qu'elle ne veut pas vous déranger de vos travaux de Florence. .J'ai fait observer à Sa Sainteté qu'en ce moment où monseigneur d'Agen vient de mourir, vous pourriez suspendre quelque
jo LES CORRESPONDANTS DE MICHEL-ANGE
papa disse al marchese et a me che non voleva essere origine lui de pervertirve di questa opera, perché a dirvi el vero si bisbiglia che "1 cardinale è stato avenenato et si N™ S'^ non se impazaria di cossa alcuna del chardinalc per non dar" occasione alle brigate di mormorare.
Però compar mio, se "1 pensier vostro e di venire a Roma, come me ha dccto m" Zovannj, vuj havette la meglio occhasione dil mondo per venire, cioè al presente che e morto questo Cardinale per vedere, e" facti vostri et come el cardinale ha lassato l'opera vostra ; perchè per quello si comprende, el Cardinale non ha lassato bordine nessuno a le cosse sue, perchè lui non credeva morire et è mancato cossi for di proposito : et saria molto ben honesto che vuj venisti a veder e facti vostri sì de la sepultura comme di ogni altra cossa, maxime di quella sappete vuj et ancora poi de un certo chastello di Canossa', che me ha rasonato m° Zovanni, che è un bel subiccto a metervi ci cervello in combustione, perchè comme vuj fusti a Roma meteresti fine a ogni cossa et otteneresti tato quello vuj vorresti non chastelli ma città, perchè io so in che conto vi tien el papa et quando parla di vui par rasoni d"un suo fratello quassi con le lacrime agli occhi, perchè m à detto a me vui sette nutriti in siemj et dimostra conoscervi et amarvi : ma lacte paura a 0"-nuno insino a" papi. Di questo non ve din') altro. (]redo sapiate N" S' è ito fuori di Roma et come torna credo se resolverà de la cossa nostra et subito ve darò adviso de ogni cossa. Né altro. Raccomandatemi al compare Leonardo et a Mess. Pier l'rancesco '. Cristo sano ve conservi. Addì 27 octobrio i520.
El V'" fidellissimo compare, Sebastiano, pictore in Roma.
Dnò Michelangelo de Bonarotis scuiptori dignissimo, Florcntic.
I. Voy. une IcUrc adrcsscc à Michel-Ange par un comte de Canossa, qui lui dit qu'il existe entre eux des liens de parenté. (Gotti.) ■2. Borglierini.
temps le travail du tombeau. Le Pape a dit au marquis et à moi qu il ne voulait pas être le premier à vous détourner de ce travail. De vous à moi, la vérité est qu'on dit tout bas que le cardinal a été empoisonné, aussi Notre Maître ne se mêlera en rien des affaires du cardinal, pour ne pas provoquer de commentaires.
Ainsi, mon Compère, si votre pensée est de venir à Rome, comme me Ta dit maître Giovanni, vous avez la meilleure occasion du monde d"y venir, à présent que ce cardinal est mort, pour voir à vos affaires et comment le cardinal a laissé votre œuvre', car, autant qu'on peut comprendre, le cardinal n'a laissé aucun ordre pour ses affaires; il ne s'attendait pas à mourir et il est mort, comme cela, à Timproviste. 11 serait très convenable que vous vinssiez voir ce qui vous concerne, au sujet du tombeau comme de toute autre chose, surtout de celle que vous savez. Et puis il y a encore un certain château de Canossa dont m'a parlé maître Giovanni ; vous avez là un beau sujet de vous mettre le cerveau en combustion. Quand vous seriez à Rome, vous mettriez tin à toute chose et vous obtiendriez tout ce que vous voudriez, non des chàteau.K, mais une ville, car je sais en quelle estime vous tient le Pape et quand il parle de vous, il semble parler d'un frère, presque avec les larmes aux yeux. 11 m'a dit, à moi, que vous avez été élevés ensemble et il fait voir qu'il vous connaît et vous aime, mais vous faites peur à tout le monde, même aux papes. Je ne vous dirai pas autre chose de cela. Vous savez, je pense, que Notre iMaître est allé hors de Rome; à son retour je crois que notre affaire se résoudra, et je vous donnerai aussitôt avis de toute chose. Rien de plus. Recommandez-moi au compère Leonardo et à messire Pier Francesco. .lésus- Christ vous conserve en santé. Le 27 octobre i52o. — Votre très tidèle compère Sébastien, peintre à Rome. — Au seigneur Michclange des Bonarotis, sculpteur très digne, Florence.
I. S'il a laissé quelques instructions ou pris quelques dispositions au sujet de votre œuvre de tombeau de Jules II.
i5>o. 4 novembre.
Compare mio car"" : Io ho ricevuto una vostra littera la qualle era resposta de la penultima ve scripsi. Et ho inteso el tutto ; ma venne troppo tarda ; perché non puosei far quello me haveva comesso el compar Leonardo, perche n'" S. subito facto l'ofiicio de" morti, cavalchô fuori et credo starà qualche zorno et comò tornerà subito farò r effecto.
El presente portator è un gentilomo venitiano ' et desidera conosservi, almanco vedervi et ami pregato ve vogli scriver per havcr occhasione de conosservi. Lui è gentilissima persona e virtuosissimo litterato sopra tutto, et delcttasi molto del arte. Se a vuj pare mostrarli qual cossa, fatte vuj : non vi voglio astringere a cossa alcuna contra v" volontà. Sapete vui come son facte le persone che si dilectano che sonno insaciabili del vedere : che di questo li possete perdonare facilmente. Non altro. Cristo sano vi conservi. Addì 4 novembre !520.
V™ Sebastiano, pictorc in Roma.
D"" .Michelangelo de Bonarotis scultori rarissimo, dd. Florentie.
i.^jo. 1) nnvcmbre.
Car"'° Compare mio : hozi questo di presente io ho reccvuto una v'-* facta addi 3 del presente et honne inteso el tutto et molto me maraviglio di vui, conossendo mio compare Zuan da Rezzo. Come una volta me ne rasonasti ne la Traspontina, vui conferite le cosse vostre con lui : che molto me n"ò maravigliato, benché m° Zuanni sia bona persona et homo da bene et che vi ama : a me pare non sia homo per manezar una cossa vostra, per che el crida un pocco troppo et la natura là facto a quel modo : ma habiamo havuto ventura che ne lui nò io habiamo ricerchata cossa nesuna, perchè subito vene la vostra littcra inanti questa ultima, io andai a palla/n per far ci bisogno, et n'" Signore era partito con quel camaricro voleva io. Et per questa causa siamo restati di far quello n' era stato comesso et