AU NOM DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE
Le Conseil exécutif de la République Française permet
par ces présentes, au de faire armer et équiper en
guerre un nommé le du port de tonneaux
ou environ, actuellement au port de avec le nombre
de canons, boulets et telle quantité de poudre, plomb et autres munitions de guerre et vivres qu'il jugera nécessaires pour le mettre en état de courir sur les pirates, forbans, gens sans aveu, et généralement sur tous les ennemis de la République Française, en quelque lieu qu'il pourra les rencontrer, de les prendre et amener prisonniers avec leurs
navires, armes et autres objets dont ils seront saisis à îa
charg-e par ledit de se conformer aux ordonnances de
la marine, aux lois décrétées par les Représentans du peuple Français, et notamment à l'article IV de la loi du trenteet-un janvier concernant le nombre d'hommes devant former son équipag-e ; de faire enreg-istrer les présentes lettres au bureau des classes du lieu de son départ ; d'y déposer un rôle signé et certifié de lui, contenant les noms et surnoms, âg'e, lieu de naissance et demeure des g"ens de son équipag-e, et à son retour de faire son rapport par devant l'Officier charg'é de l'administration des classes de ce qui se sera passé pendant son vojag-e.
Le conseil exécutif provisoire requiert tous peuples, amis et alliés de la République Française, et leurs agents de donner au dit toute assistance, passag-eet retraite en leurs
ports, avec son dit vaisseau et les prises qu'il aura pu faire, offrant d'en user de même en pareille circonstance ; mande et ordonne aux commandaus des bâtiments de l'Etat de laisser librement passer le dit . ... avec son vaisseau et ceux qu'il aura pu prendre sur l'ennemi, et de lui donner secours et assistance. Ne pourront les présentes servir que pour deux mois seulement, à compter de la date de leur enreg-istrement.
En foi de quoi le Conseil exécutif provisoire de la République a fait sig^ner les présentes lettres par le ministre de la Marine, et y a fait apposer le sceau de la République.
Donné à Paris le. . . . jour du mois de. . . . mil sept cent quatre-vingt.... Tan ... de la République Française. Par le Ministre de la Marine.
Délivré par nous, administrateurs du district de Boulog-ne,
au citoyen en conformité de l'art. III du décret de la
Convention Nationale, du 3i janvier dernier, relatif aux lettres de marque, et de notre procès-verbal du. . . . 1798, à Boulog-ne, le....
Siffiïé...
En plus de la lettre de marque, le corsaire doit emporter maintenant une commission pour les capitaines et conducteurs des prises qu'il fera au cours de sa croisière. On saisit ici sur le vif la complication progressive de la paperasserie administrative, amenée peu à peu, par le besoin d'améliorer, de préciser ses méthodes, et par leur extension à tout ce qui est susceptible d'entrer dans leur sphère d'action.