‹ Les corsaires sous l'ancien régimeChapitre 6 sur 103 · CROISIÈRES LOINTAINES · texte numérisé non relu

CROISIÈRES LOINTAINES

Déposition du pilote de Saint-Sébastien Ferez de Hoa. — Le capitaine corsaire Juan de Erauso. — Croisière sur le banc de Terre-Neuve. — Combat naval. — Prise du navire la Grande Fantaisie de Saint-Drieuc. — Batteries de côtes. — Débarquement des troupes. — Capture de vaisseaux terre-neuviers. — Prisonniers françai-î. — Armements à Saint-Jean-de-Luz. — Prise et incendie de Saint-Jean-de-Lnz. — Une armée d'invasion. — La pèche de la morue à Terre-Neuve. — Armements faits à Bordeaux de navires destinés à la pèche de la morue. — Artillerie, munitions et approvisionnements du Saint-Esprit.

Nous allons voir maintenant quelques-uns de ces corsaires, ne se contentant pas des riches proies qu'ils enlevaient sur les côtes de France, traverser TOcéan pour aller porter dans les pays étrangers la ruine et la désolation.

Le pilote Ferez de Hoa, natif de Saint-Sébastien, dit que dans cette même année 1553, il alla en course avec le capitaine Juan de Erauso, qui avait armé à ses frais un navire de 400 tonneaux, monté par 300 hommes d'équipage. Comme ce hardi marin avait formé le dessein de pousser jusqu'au banc de Terre-Neuve, il se joignit aux vaisseaux des capitaines Juanes de Lizarra et Miguel de Iturain, et tous trois, naviguant de conserve, arrivèrent en effet dans un port de cette île.

Ils y trouvèrent douze grands navires français chargés de morue et, parmi ceux-ci, Tun d'entr'eux, qui était appelé la Grande Fantaisie de Saint-Brieuc (1). Armés d'une nombreuse artillerie de fer et de bronze, tous ces vaisseaux étaient rangés en ordre de bataille et amarrés les uns aux autres afin de mieux pouvoirse défendre. Mais après un rude combat, ils furent cependant capturés par les corsaires guipuzcoans. Les prises ayant été réparties entre les trois navires, le capitaine Juan de Erauso mit un équipage à bord de la Grande Fantaisie.

Il se dirigea alors vers un autre port, situé au Nord de Terre-Neuve, et y trouva encore huit grands navires français qui avaient terminé leur chargement de morue. Ces vaisseaux, en bon ordre de combat, avaient, pour les défendre et les escorter, un autre grand navire, très bien armé, et appelé la Grande Française, de Saint-Malo. A l'entrée du port, les Français avaient élevé des bastions et des forts, qui étaient défendus par

(i) D'après le texte espagnol, la Gran Fantasia de San Briu.

une partie de leur artillerie, avec laquelle ils ouvrirent un tel (eu que le capitaine Juan de Erauso vit aussitôt qu'il ne lui serait i)as facile de forcer la passe. Il s'avisa d'un autre expédient : il s'éloigna avec ses vaisseaux et, arrivé sur un autre point de la côte, il mit à terre la plus grande partie de son équipage qui, formé en bataillon, bannières déployées et en belle ordonnance, fit une marche de nuit. Les corsaires prirent k revers les batteries françaises, qui furent enlevées d'assaut. Grâce à cette môme artillerie qui les garnissait et à ses vaisseaux qui venaient de pénétrer dans le port, il obligea les navires français amarrés les uns aux autres à se rendre immédiatement.

Dans cette affaire, le capitaine Juan de Erauso eut neuf hommes tués et les Français soixante-douze, sans compter un très grand nombre de blessés.

Pendant son voyage de retour en Espagne, il prit encore d'autres navires chargés de morue, en tout 18 captures armées de plus de 200 pièces d'artillerie de bronze et de fer. Quelques-uns de ces navires seulement furent rançonnés et, après leur avoir enlevé leur artillerie et leurs munitions de guerre, il revint heureusement à Saint-Sébastien. Ces prises, ainsi que celles des autres capitaines, faites à Terre-Neuve, montèrent au chiffre de 48, valant plus de 100,000 ducats. Juan de Erauso fit encore d'autres prises à Terre-Neuve, où il enleva un grand nombre de navires (1).

Le môme corsaire ajouta qu'il avait fait à Terre-Neuve plus de 500 prisonniers, auxquels il avait donné un navire et des provisions, afin quïl leur fût possible de revenir en France. Le jour de la prise des forts et batteries, qui eut lieu pour la Notre-Dame d'Août, il tua 72 hommes aux ennemis, leur en blessa 100 et fit oOO prisonniers. Les prises qu'il conduisit dans le port de Saint-Sébastien étaient armées de 130 pièces de canon.

Nous n'irons pas plus loin. Les preuves sont suffisantes pour démontrer le dommage affreux que chacun des deux partis faisait à l'autre. Quoique dans le précieux document que nous venons d'analyser les corsaires guipuzcoans n'expliquent guère que leurs succès, il est également prouvé, par d'autres pièces, que les corsaires français, et principalement ceux de Bayonne, Saint-Jean-de-Luz et Capbretgn, couraient les mers, où ils obtenaient de nombreux succès. Les chroniqueurs espagnols eux-mômes nous l'assurent.

(( Au moment où la guerre se ralluma avec l'Espagne, dit M. Goyetche, les bourgeois de Saint-Jean-de-Luz eurent à fournira leurs princes de

(i) Voyez Pièces justificatives.

moins stériles témoignages. Leurs navires furent augmentés en nombre et en puissance. Ils constituèrent de véritables escadrilles, bien pourvues de canons et arquebuses, et battant les mers les plus lointaines. Non contents de poursuivre le commerce espagnol aux abords du golfe de Gascogne et dans les parages de la Méditerranée, leurs capitaines, devenus plus audacieux, s'attaquèrent aux nefs de Tennemi, armées en guerre, et Ton voit, dans ses lettres patentes de 1539, François P' reconnaître et célébrer leur valeur et leur dévouement.

(( Attendu, disent les lettres susdites, la grande loyauté et fidélité que lesdits habitants ont toujours porté, tant à nos dits prédécesseurs qu'à nous-mêmes, principalement durant les guerres pendant lesquelles, continuant de plus en plus leur fidélité, ils auraient, à leurs propres coûts et dépens, équipé en fait de guerre douze galères avec lesquelles ils auraient, exposant leurs personnes vaillamment, résisté contre nos dits ennemis, iceux tenus en grande crainte et subjection, et jusques au royaume de Sicile poursuivis, tellement ([u'ils avaient conquis sur eux plusieurs navires, entr'autres une grande nef que nous vîmes au port et havre de Bordeaus et avons retenu pour notre service, octroyons et confirmons, etc. »

L'extrait suivant, d'un auteur espagnol, qui atteste les mômes prouesses, établit l'importance et la réputation maritime de la ville (1) :

(( Saint- Jean de-Luz est la première ville de France, en entrant par le Guipuzcoa, que les rois de France ont toujours fort ménagée, parce que les habitants sont très belliqueux, particulièrement sur mer. Leurs nombreux corsaires attaquent et pillent jusqu'aux vaisseaux qui reviennent des Indes. Enrichis par les prises qu'ils ont faites dans les temps passés, ils ont orné leur ville de superbes édifices. Il y a peu d'années que, poursuivant le cours de leurs déprédations, ils attaquèrent un domaine du roi d'Espagne sur la route des Indes; après l'avoir pillé et livré aux flammes, ils en amenèrent tous les habitants prisonniers. ))(2).

Ce fut probablement pour ces raisons que l'Espagne prépara, à deux reprises dilïérentes, des armements pour arriver à détruire ce nid de vautours. Déjà, en 1542, une armée provinciale, commandée par Sanche de Leiva, traversa la Bidassoa, renversa les milices de Labourd, qui avaient été se placer à Teillatua, brûla la maison forte d'Urtubie et se

(i) Baîlac. — Chronique de Bayonne.

(2) Nous pouvons ajouter à ces citations celles des lettres patentes de içç6 « portant pardon et abolition en faveur des nommés de Haristague, de Somian et d'Ansogarlo, capitaines Saint-Jean-de- Luziens, de la peine qu'ils auraient encourue pour avoir, sans congé préalable de Sa Majesté, enlevé plusieurs vaisseaux ennemis et plusieurs marchandises du côté des Indes ». Ici, les formalités manquèrent à l'expédition, mais on voit que le roi passa outre sur son irrégularité, et l'on en retire une preuve de plus de l'étendue qu'avaient à cejte époque les armements de Saint-Jean-de-Luz.

(Note de M. Goyetche).

porta sur Jean-Jean-de-Luz. Cependant, tout porte à croire qu'il n'y eut qu'un très petit nombre de maisons de Giboure pillées et incendiées (1).

Une nouvelle expédition fut mieux concertée, car une armée espagnole envahit la frontière à la fois par le Guipuzcoa et par la Navarre, et surprit Saint-Jean-de-Luz sans coup férir. La flamme dévora la ville, les marchandises furent pillées et les navires qui étaient dans le port détruits. Ce ne fut bientôt qu'un vaste bilcher. Ce désastre arriva le 31 juillet loi)8 ; Bertran de la Gueva, duc d'Albuquerque, vice-roi de Navarre, présidait à Texécution, et le célèbre Esteban de Garibay, auteur d'une histoire d'Espagne fort estimée, servait alors comme enseigne dans la compagnie de Mondragon.

Avant de passer aux expéditions de nos corsaires dans les lies et colonies espagnoles, nous devons dire quelques mots sur les armements faits par les gens du pays pour cette pèche de la morue à Terre-Neuve, qui jetait tant d'ombrage et suscitait tant de jalousie, que les corsaires guipuzcoans et biscayens se livraient aux aventureuses expéditions que nous avons vu plus haut, pour arriver à les détruire.

Nous n'aurions cependant pas de très grands détails sur cet intéressant sujet, si M. Th. Malvezin ne s'était chargé de combler cette lacune dans son magnifique ouvrage sur V Histoire du Commerce de Bordeaux. C'est à ce livre remarquable que nous empruntons les lignes suivantes, auxquelles nous n'avons eu, du moins pour le XVI® siècle^ rien à ajouter (2).

(( Un très grand nombre de navires de Saint-Jean-deLuz et de Rayonne allaient, à la fin du règne de François l^^, chercher à Bordeaux les

(i) Lopez Marti nez de Isasti, dans son Compendio Historial de la provincia de Guipuzcoa, 1625, imprimé en i8ço, assure que la ville entière fut prise et incendiée.

(2) Francisque Michel, dans son livre sur VHiitoire du Commerce et de la Navigation à Bordeaux^ a consacré deux chapitres à cet intéressant sujet. Il signale» au milieu du XVl" siècle, deux navires, le Lion et la Marie^ armés à Bordeaux spécialement pour la pêche de la morue. L'inventaire du Lion Doré de Bordeaux signale des eins ou hameçons de Terre-Neuve. Ce navire, qui avait été affrété à Saint-Sébastien par un marchand de Saint-Jean-de-Luz, était arrivé devant Bordeaux avec 104 paquets de morue sèche. — Le n avril i ^1, le patron de la Marie, de Capbreton, au moment de partir pour cette pêcherie lointaine, embauchait un canonni'îr, un tonnelier et des marins de Bordeaux. Des capitaines se bornaient à se munir de futailles toutes faites. Le 17 février :^4), le maître de la Primerolle, de Fécamp, déclare devoir à un marchand de Bordeaux le prix d'un certain nombre de baricauts « pour mettre et charger audit navire demi-millier de morue verte ».

Le 7 mai de la même année, noble homme Jean d'Aste, citoyen de Bordeaux, prête à la grosse ço ccus sol d'or au maître de la Catherine^ de Saint-Jean-de-Luz, pour le voyage de Terre-Neuve, payables au retour du navire sur le port de Bordeaux ou de La Rochelle. Le 19 avril i Ç48, un marchand de Capbreton, demeurant au Croisic, en Bretagne, reconnaît avoir reçu de Pierre Granhon, bourgeois de Bordeaux, ço écus sol d'or, à ;o pour 100, pour le même objet.

Presque tous les navires provenaient de Saint-Jean-de-Luz et de Bayonne. En i^ Si, n^us trouvons ravitaillement de la Madeleine, de Bayonne, et Jean d'Ansogarlo, bourgeois du navire la Jeanne y de Saint-Jean-de-Luz. Celui-ci était en même temp> baile de Saint-Jean-de-l-uz. — Jean Grenier, natif de Jonzac, garçon barbier, empruntait 27 livres 10 sous tournois à deux négociants « pour aller à la pesche de la molue en Terre-Neufve, dans le navire nommé la Jehanne, de Sainct-Jehan de Lus. n

On peut signaler, au commencement du XVI« siècle, la sortie cle l'Adour, pour le voyage de Terre-Neuve, du Saint-Pierre, de Bordeaux.

11 existe au Musée Britannique, Additional MSy i ç,4^2, un manuscrit qui se rapporte à Terre-Neuve et aux expéditions entreprises pour protéger les pêcheries contre les envahissements des Français.

capitaux et les armateurs destinés à faciliter leur commerce. C'est ainsi, dit M. Malvezin, que nous pourrions citer beaucoup d'actes notariés relatifs à ces opérations. Mais tous ces actes sont rédigés sur la môme formule. Nous nous bornerons d'en analyser un et à suivre les opérations d'un seul navire :

(( Le Saint-Esprit, de Saint-Jean-de-Luz, commandé par le maître Augerot Damisquet, et dont les sieurs du Halde et de Chebery étaient co-propriétaires, traitent avec Simon de Béhère pour ravitaillement d'un navire qui sera chargé pour la pêche de la morue à Terre-Neuve. Sur le produit de la pêche, le navire aura un quart ; du reste, les victuailles auront quarante parts et les compagnons trente-quatre parts.

« Le 16 avril, Gaucem du Halde emprunte sur le navire, à la grosse aventure, diverses sommes à sires Mathieu de Belin, J. Delesplan, Marsault Bordes, Jacques de Martin, Ramon de Soubies ; le 23, à François de Pontcastel. Il reçoit les espèces en pistoles, angelots, ducats, nobles à la rose, doubles ducats et monnaie courante. Le 22 avait lieu le compte d'avitaillement.

« C'est assavoir que le dit du Halde, pour équiper le navire le Saint- « Esprit, du port de sept vingts tonneaux, pour la pêche de la morue à (( Terre-Neufve, doit y placer 40 hommes, chacun garni d'une arquebuse (( ou arbalète ; plus, 20 pièces d'artillerie, garnyes de boulets et poudres, (( 2 douzaines de grandes piques, 2 douzaines et demie de demies piques. (( En outre, 6 chaloupes et 1 bateau. Ledit de Béhère, advitailleur, a (( fourni 1 tonneau de poudre, 20 tonneaux de vin, 120 quintaux de « biscuits, 10 quintaux de lard, 2 quintaux et demi d'huile d'olive, 22 « barils de vinaigre, 120 livres de chandelles, 1 barrique fèves, 2 barils • peseaulx et autres menues victuailles, pour faire le voyage. Accordé « entre les parties que toute la marchandise de retour sera conduite, « sauf les fortunes de mer, au port de Bordeaux, pour y être déchargée ; (( et que de toute la marchandise de retour, le bourgeois en prendra « pour le corps du navire une quarte partie, les compaignons un tiers « et le restant, entièrement, ledit sieur de Béhère, pour ses victuailles.

« Ledit tiers des compaignons se partira en 34 lots et demi Ledit de

(( Béhère a payé la moitié de la dépense de bouche que les compaignons « dudit navire ont faite en venant de Saint-Jean-de-Luz à Bordeaux. « Et quant aux mortes-payes du galion, le sieur de Béhère sera tenu de « les payer ainsi qu'il est accoutumé de les payer aux navires de (( Saint-Jean-de-Luz. Toutes les victuailles qui se trouveront au dit « navire, au retour du voyage de Terre-Neufve, demeureront au dit de « Béhère, qui sera tenu de faire à ses frais la despense des compaignons (( du dit navire jusqu'après la décharge de la marchandise de retour qui (( aura lieu au port de Bordeaux,

« Et si, en faisant ledit voyage, ledit navire ou équipage faisait aucune (( prise sur les ennemis du roi de France, les dits compaignons en « prendront la moitié ; ledit de Bélière, pour ses victuailles, un tiers (( entièrement, et les dits bourgeois, pour le corps du navire, le restant (1).

(( A la môme époque avait lieu à Bordeaux, dans les mômes conditions, le chargement des navires de Rayonne et de Saint-Jean-de-Luz : pour la pêche de la morue, le Baptiste, de Saint-Jean-de-Luz, la Catherine, d'Olonne; « pour aller à la pesche de la baleyne en Terre-Neufve »: la Marie, de Saint-Jean-de-Luz ; la Maieleinr, du môme port ; le Saint- Esprit, du môme ; le Nicolas, de La Rochelle ; la Saubade, do Rayonne ; le Saint-Jean-Baptiste, de Saint-Jean-de-Luz ; la Françoise, do Saint-Jeande-Luz, appartenant à Daguerre.

« Pour tous ces navires, les opérations sont les mômes: piôts à la grosse, navigation à la part, navires étrangers au port de Rordeaux, mais armés par les capitaux bordelais, retour et vente de la marchandise à Rordeaux. Depuis trois cent cinquante ans les habitudes commerciales pour la poche de la morue n'ont presque pas changé. Ce sont encore des navires étrangers au port de Bordeaux qui viennent y vendre les produits de la poche, et la navigation s'effectue encore à la part (2).

(( Le navire la Madeleine, d^ Saiut-Jean-de-Luz, dont était maître après Dieu Martin de Panche, avait heureusement effectué son voyage de Terre-Neuve et avait rapporté son chargement de morues de diverses qualités. Samsom de Réhère était intéressé dans l'opération proportionnellement à la somme de 630 livres tournois. Le règlement de la marchandise a lieu « en la raison que s'ensuyt, la grande moulue verte à if 12 livres tournois le cent, la moyenne verte à 6 livres tournois le cent, « la petite verte à 3 livres tournois et la moulue parée aussi à 3 livres « tournois le cent ».

Nous nous sommes vu dans l'obligation de faire ces longs extraits afin de montrer, d'après des documents authentiques, ce qu'étaient les armements de ces navires terre neuviers que les marins du Guipuzcoa et de Riscaye capturèrent en si grand nomhre, en môme temps que la facilité avec laquelle d'honnôtes vaisseaux pécheurs se changeaient en corsaires et rendaient à leurs ennemis coup pour coup.

(i) Bigot, notaire, 22 avril ij[Ç2.

(2) Malvezin. — Histoire in Commerce de Bordeaux. — 4 vol. in-S®.

Page 1