‹ Les couleuvresChapitre 3 sur 103 · UN BACHELIER · texte numérisé non relu

UN BACHELIER

Te$ précepteurs, mon bel enfant, Certainement sont de fiers hommes t Ton zèle à bon dfoit les défend.:

De leurs mains tu tiens trois diplômes; Ce sont les clefs de trois royaumes, Bachelier trois fois triomphant !

Tu sais du latin, de l'histoire.

Et mille choses, — sans excès!

Toute science, tout grimoire Te semble de facile accès ;

Pogr que rien ne manque à ta gloire, On fa poussé jusqu'au français.

La pédagogie éclectique

À su même te négliger :

Ton ferme esprit reste étranger

Au catéchisme catholique.

a — Hais qui Tiendra m'interroger,

Dis-tu, sur ce livre gothique?

« Nul politique n'en fait cas, L'Institut en masse l'ignore; Chez les extracteurs de ducats, Il n'a point de renom sonore; Je ne vois guère qu'on l'honore Dans l'ordre saint des avocats.

« Donc, qptc je parle, inie j'écrive, Ou que je prenne un autre soin, En quel chemin, sur quelle rive Du catéchisme ai-je besoin?

Je sais que je veux aller loin, Et je vois qu'au seuil il vous rive.

a Croit-on que j'ai pris tro|s brevets Pour murmurer des patenôtres,

Et qu'au collège je rêvais

Les palmes sèches des apôtres?

Non, non, mon cher monsieur, à d'autres !

Ce n'est point par là que je vais.

« Je vais où le monde regarde, Je vais au bruit, je vais à For.

J'illustrerai mon coffre-fort Des rayons que la gloire darde.

Laissez-moi passer, il me tarde ; Livrez la vie à mon essor ! »

Va, mignon, et je dois me taire.

Bois, mange, suis ton appétit.

S'il est quelqu'autre chose à faire, Tu n'en peux plus être averti...

Quand on ignore ce mystère, On est bête, mon cher petit !

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