‹ Les coulisses de l'expositionChapitre 109 sur 212 · COMMISSAIRE GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

COMMISSAIRE GÉNÉRAL

C’est M. Antonin Proust, député, qui a assumé la lourde responsabilité d’organiser et d’installer toutes les expositions qui se rattachent aux Beaux- Arts. Et voici comment il a divisé cette section :

1° L’Exposition de l’art français de 1789 à 1878 (peinture, sculpture, gravure, etc.). C’est ce qu’on appelle l’Exposition rétrospective ou centenale, elle

se compose de cinq cents à six cents tableaux, choisis parmi les meilleurs dans les écoles qui ont successivement triomphé en France depuis cent ans.

2« L’Exposition décennale de 1878 à Ï889. Celleci est internationale. Les œuvres d’art de la France et de l’étranger ont été admises après une sélection assez sévère, surtout en ce qui concerne les peintres de notre pays.

Ace propos, on raconte que le Jury a refusé inconsidérément des tableaux que certains artistes de beaucoup de talent avaient fait venir soit d’Amérique, soit d’Angleterre, et dont leurs propriétaires s’étaient dessaisis dans le but assez naturel de les voir triompher à ce rendez-vous de tant de chefsd’œuvre. Y a-t-il eu là maladresse ou méchanceté? Il serait imprudent de se prononcer, mais il est facile de se rendre compte du dommage causé ainsi, tant aux peintres qu’aux amateurs, sans compter la déconsidération qui peut atteindre l’art français lui-même.

Les artistes étrangers n’ont pas eu à redouter pareille avanie. On les avait divisés en deux classes : ceux dont les gouvernements ont adhéré officiellement à l’Exposition universelle et ceux qui, à défaut de cette adhésion de la part des pays auxquels ils appartiennent, se sont constitués en syndicats.

Les premiers n’ont eu qu’à adresser leurs ouvrages aux commissaires généraux de leur nation et les autres se sont entendus entre eux pour recevoir ou éliminer les tableaux présentés.

En dehors de ceux-là, il y a encore une troisième catégorie de peintres, de sculpteurs, de graveurs et

de dessinateurs appartenant à des nations qui, n’ayant pas assez de surface artistique pour organiser elles-mêmes une exposition des Beaux-Arts, ont demandé qu’on nommât un jury chargé d’examiner et de juger leurs tableaux. Le gouvernement français s’est empressé d’accéder à leur désir, et certaines nations qui ne peuvent présenter qu’un ou deux peintres, se sont ainsi facilité l’entrée du palais des Beaux-Arts, pour leurs artistes.

3° L’exposition des arts et manufactures; Beauvais, Gobelin, Sèvres, dont la direction a été confiée à M. Philippe Burty. Cette section a été placée exceptionnellement, à cause de son essence même, sous le grand dôme central de M. Bouvard et comme on l’a vu dans le pavillon des manufactures de l’Etat au pied de la Tour Eiffel.

4° L’exposition de l’enseignement du dessin, de la peinture, etc., sous la direction de M. Guillaume, inspecteur général, et qui figure, comme on le verra dans la cinquième journée, au palais des Arts libéraux.

5° L’exposition des monuments historiques.

6° L’exposition rétrospective de l’orfèverie française, comprenant plus particulièrement les trésors des cathédrales.

Nous avons parlé de ces deux dernières, lors de notre visite au Palais du Trocadéro.

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