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MANUFACTURES D’ART DE L’ÉTAT

La partie centrale du Palais des Expositions diverses que nous venons de décrire avait, dès l’origine, été étudiée en vue d’une simple circulation d’entrée avec salons de repos. Mais, comme il arrive souvent dans ces grandes assises internationales, les exigences de l’exploitation, débordée par les

nombreuses demandes d’exposition, ont conduit l’administration à concéder cet espace aux manufactures d’art de l’État.

Au rez-de-chaussée, la porte centrale et le pavillon de gauche exhibent l’exposition des Gobelins, tandis que dans le pavillon de droite s'étale celle de Beauvais.

Au premier étage, les Gobelins occupent les deux pavillons, et les Arts décoratifs deux petits salons donnant sur la galerie de trente mètres.

Les Gobelins.

La manufacture des Gobelins est représentée par trente-trois tapisseries de haute lisse, et six panneaux en tapis veloutés dits « tapis de Savonnerie. »

Dans aucune exposition, la manufacture des Gohelins n’a produit une exposition d’un attrait si puissant : 1“ une série de dix-sept tentures composées par M. P. V. Galland, et destinées à la décoration du salon d’Apollon, au palais de l’Elysée; c’est une suite de figures allégoriques : « les Muses, les Poèmes, et un admirable Pégase » comme panneau central; 2° Huit verrières destinées à la décoration de l’escalier d’honneur du Sénat, et dont la composition a été confiée à plusieurs maîtres, tels que : MM. Flandrin, Curzon, Desgoffes, Bellel, Colin, Raphaël Maloisel. 3° Trois panneaux allégoriques consacrés à la symbolisation de 1’ « Imprimerie, » du « Manuscrit, » des « Lettres, Sciences et Arts dans l’antiquité. » Ces trois panneaux font partie de la série dessinée par F. Ehrmann, pour la décora-

tiou de la chambre de Mazarin, à la bibliothèque nationale.

Ces trois importantes séries sont complétées par quelques pièces isolées dues au talent de MM. Galland, Mazerolles, J. Lefèvre, Bourgeois et par plusieurs panneaux d’après Chardin.

Le lecteur n’apprendra pas sans intérêt comment les pièces dites « Savonnerie » ont emprunté leur nom à celui de la manufacture d’Etat où ce genre de produits a été fabriqué pour la première fois.

Au commencement du dix-septième siècle (les Gobelins existaient déjà depuis près de cent ans), un Français, nommé Pierre Dupont, suggéra à Henri JV l’idée d’installer à Paris une fabrique de tapis orientaux. Le Béarnais, qui ne résistait jamais à la tentation d’agrandir l’industrie française, fit établir immédiatement la fabrique de tapis, au quai de Billv, sur un immeuble qui avait été affecté d’abord à une usine de savon. De là le nom de « Savonnerie » qui fut appliqué à la nouvelle fabrique, et qui, par extension, fut donné aux produits de la manufacture.

Ce ne fut que dans les premières années du règne de Louis XV, en 1728, que la maison du quai de Billy fut abandonnée; on bâtit sur son emplacement des magasins et des bureaux affectés aux subsistances militaires, qui y sont encore installés, et on réunit la « Savonnerie » aux Gobelins.

Les ateliers de la « Savonnerie » ont envoyé à l'Exposition cinq panneaux allégoriques, destinés à la décoration de l’Élysée, et symbolisant, d’après

les dessins de M. Lamerie, les Sciences, les Arts, l’Industrie, la Guerre et la Marine.

Un sixième panneau, « les Sciences », d’après MM. Lavastre et Marson, est destiné à la Bibliothèque nationale.

Sèvres.

L’Exposition de Sèvres est particulièrement intéressante ; elle comprend quatre à cinq cents pièces, parmi lesquelles environ deux cents en porcelaine dure.

Les plus remarquables sont : une vasque immense avec deux paons gigantesques, de trois mètres de haut sur deux de large ; un vase colossal de deux mètres cinquante de diamètre , par M. Chevet; enfin, un autre vase splendide, avec une ceinture d’enfant, par M. Dalou.

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