‹ Les coulisses de l'expositionChapitre 155 sur 212 · FONDATIONS · texte numérisé non relu

FONDATIONS

Les fondations du Palais des Machines, commencées le 5 juillet 1887, ont été achevées le 21 décembre de la même année. Elles se composent de deux rangs de grandes piles destinées à supporter les pieds de grandes fermes de 115 mètres, et d’une série depoints d’appui entourant la grande nef et soute nanties piliers des galeries latérales et des tribunes. Cette vaste construction ne comporte aucune cave.

Les quarante piles sont des blocs de maçonnerie de meulière complètement isolés et distants les uns des autres de 21m 50 d’axe en axe pour les travées courantes. — Chacune des piles, recevant le sabot de fonte d’un pied de ferme, peut résister à une charge verticale de 412.000 kilogrammes et à une poussée horizontale de 115.000 kilogrammes.

Ces chiffres représentent lapoussée totale y compris le poids de la toiture et les charges accidentelles, effort du vent, etc.

Pour répondre à de pareilles conditions de résistance, il ne fallait pas songer à employer des matériaux de second ordre; aussi l’architecte n’a-til employé dans la construction de ces piles que le ciment de Portland. C’est ce même ciment quia servi à hourder la meulière et à couler le béton. Ce béton est dosé à deux parties de ciment et trois parties de cailloux.

L’homogénéité des piles est ainsi complète. La nature du sol est bonne dans les parties qui n’ont pas été remuées. A une faible profondeur, on y

trouve un banc épais de 5 à 7 mètres de sables d’alluvion formant une assise très résistante. Malheureusement, les fêtes et les Expositions qui s’y sont succédé ont souvent bouleversé le terrain et y ont laissé des traces profondes. C’est ainsi qu’on trouve à chaque pas des massifs de béton provenant des Expositions de 1867 et de 1878, des égouts abandonnés et jusqu’aux vestiges des fossés qui entouraient le Champ-de-Mars à l’époque de la fête de la Fédération.

Les travaux de fondation du Palais des Machines ont duré six mois, et n’ont donné lieu à aucun accident sérieux, malgré les difficultés réelles qu’ont présentées les fouilles et le battage des pieux au milieu d’un terrain de remblais sans consistance et de nature très ébouleuse.

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